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 Ordre de mission

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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Ordre de mission   Jeu 21 Nov - 18:06


**CONFIDENTIEL**

ORDRE DE MISSION DE ANTOINE SIRKIS

CE DOCUMENT EST ÉQUIPÉ D’UN SYSTÈME ANTIVOL INVISIBLE.
TOUTE TENTATIVE DE SORTIE HORS DU CENTRE DE CONTRÔLE
ALERTERA IMMÉDIATEMENT L’ÉQUIPE DE SÉCURITÉ.


NE PAS PHOTOCOPIER – NE PAS PRENDRE DE NOTES


     What’s Up

     What’s Up est une société productrice de vêtements ultra célèbre aux Royaume-Uni et partout dans le monde. Crée en 2005 par Amanda Sofog en Grande Bretagne, elle a des débuts difficiles. Le succès est loin d’être acquis lors des premières exportations dans le pays. Personne ne mise bien cher sur la marque. Les employés sont remerciés l’un à la suite de l’autre. Il faudra bien du courage à Amanda pour survivre dans sa situation précaire.
     Sa vie vire au cauchemar à côté de ça. Son mari meurt du sida. Ce qui inquiète très fortement la femme, puisqu’il se peut qu’elle soit également atteinte. Un test chez le médecin prouvera néanmoins le contraire. S’en suivra une dépression chez Amanda, puisqu’elle comprend que l’homme qu’elle aimait tant l’avait trompé sans doute plusieurs fois. Son fils tombe dans la drogue assez jeune parce qu’il souffre de la situation de pauvreté dans laquelle il vie. Après plusieurs cures de désintoxications ratées, il finira par se suicider à l’age de 18 ans, en 2011.      
     En 2012, néanmoins, elle eu l’excellente idée de lancer une série de pull et vêtements à l’effigie des Jeux Olympiques de Londres de ces grandes vacances. Ils se sont vendus comme des petits pains depuis début Janvier. Surfant sur la vague de succès, Amanda lance ses vêtements à travers le monde entier,  dans un premier temps sur les jeux olympiques, puis sur d’autres choses sans rapport réel.
Les vêtements se révèlent à chaque fois d’excellente qualité, très solides, et peu chers.
     Nous avons assez peu d’informations quand aux activités de la société entre sa création et son accès sur les devants de la scène.
   
    Déclarations manquantes

    Il y a une grosse différence de main d’œuvre nécessaire entre une production locale – ce qui était le cas avant 2012 – et une fabrication mondiale. Or, rien ne semble avoir été entrepris par Amanda pour répondre à la demande croissante. Aucune déclaration de main d’œuvre supplémentaire, aucune déclaration de machines achetée ou loué, ni en Grande-Bretagne, ni ailleurs dans le monde.
    Cette situation laisse présager aux autorités- surtout organisatrice des Jeux Olympiques- le pire, sans pour autant trop s’avancer sur le fait de savoir comment la créatrice s’organise.

    Concours

    Amanda Sofog a organisé un concours dans le journal gratuit Metro, le premier prix étant de pouvoir passer un week-end dans le château de la directrice, plus une visite des usines de fabrique. Bien sûr, elle ne laissera voir que la face montrable de la production, mais ce concours est une occasion parfaite pour faire un premier  tour non suspecté.

    L’objectif de CHERUB
 
    Un agent sera envoyé sur place, le MI6 a arrangé l’affaire avec le journal pour prétexter Antoine comme vainqueur. Il aura imaginé le meilleur pull représentant la Grande-Bretagne aux Jeux Olympiques, ce pull sera d’ailleurs produit en édition limitée.
    L’agent se rendra  donc à la résidence d’Amanda.
Son simple rôle sera d’observer la demeure et la fabrique, de faire un petit tour pour voir si il n’y a rien de suspect dans ces deux zones là.

    Objectif de la mission
 
1) Se rendre dans la résidence de la créatrice de What’s Up ainsi que dans les usines – légitimement grâce à un concours- pour voir si il n’y a rien de suspect.
   
   
NOTE : CET ORDRE DE MISSION A ÉTÉ APPROUVÉ SANS RESTRICTION PAR LE COMITÉ D’ÉTHIQUE DE CHERUB
Cette mission est classée RISQUE FAIBLE. L’agent pourra agir de façon indépendante, sans supervision quotidienne de leur contrôleur de mission.


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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Jeu 21 Nov - 18:06

c'était dans les archives cherub man Wink


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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:35

Première partie de l'opération : Installation d'Antoine Sirkis dans la demeure d'Amanda et visite des lieux
[Personnage joué : Amanda Sofog]



Amanda ne cessait de se retourner dans son immense lit à baldaquins. Les mêmes soucis revenaient sans relâche dans sa tête recouverte d'un filet de nuit. Son problème majeur allait réellement commencer à son réveil, lorsqu'elle allait devoir inviter un enfant chez elle et vivre sous le même toit que lui pendant deux jours. En soi ce n'était pas si compliqué, il ne s'agissait que d'un week-end, et on lui avait assuré que l'enfant de 11 ans était parfaitement autonome. Mais elle n'avait pas vécu avec un garçon de cet âge depuis longtemps - depuis son fils en fait, et Dieu sait comment il a fini. C'était un fait, elle n'aimait pas les enfants, et elle allait devoir montrer le contraire car dans le monde du business, l'image est ce qu'il y a de plus important. Cependant elle ne regrettait rien de cette décision : le pull inventé par l'enfant relevait du pur génie, c'était à se demander s'il avait seulement 11 ans... La vente de cet article en édition limitée allait lui rapporter un joli petit paquet d'argent, quasiment sans frais. C'était tout l'avantage de l'idée du concours, ça lui permettait de contourner les droits d'auteurs qu'elle aurait du payer en temps normal... en l'occurrence elle économisait une somme non négligeable en invitant le gagnant chez elle à la place. Elle se félicitait elle-même de cette idée géniale, ses talents en affaire la surprenaient toujours, elle s'impressionnait elle-même.

Le soleil commençait à se lever, mais nous étions en plein été, il était donc moins de 6 heures du matin. Amanda décida de se lever, elle n'allait pas rester ici à retourner ses draps dans tous les sens. Elle se dirigea vers son dressing et, comme chaque matin, en fit le tour plusieurs fois en une dizaine de minutes pour trouver la tenue adaptée à sa journée - aujourd'hui il s'agissait d'un tailleur bleu marine Chanel, simple et sobre, avec une coupe moderne. Elle choisit avec ça une paire d'escarpins assortis et un collier en or massif qui recouvrait presque l'ensemble de son décolleté, et posa ces quelques accessoires sur son lit. Elle se dirigea ensuite dans la salle de bains donnant directement sur la chambre et y déposa sa tenue, avant de faire glisser sur sa peau ridée sa robe de chambre en satin. Elle aurait bien aimé se prélasser dans sa baignoire de marbre, avec un bon bain mousseux et parfumé aux huiles essentielles, mais elle n'avait pas envie de perdre de temps. Elle se glissa donc dans sa douche dernière génération et se lava rapidement, sous les feux multicolores de la pomme de douche. Elle ne manqua pas de monter le son de la chaîne automatique d'ambiance intégrée à la douche pour réveiller les domestiques. Ainsi, lorsqu'elle descendrait, son petit déjeuner l'attendrait tout chaud. Si Amanda avait vécu de nombreuses années difficiles, elle s'était très bien habituée à la vie de château et ne regrettait plus sa solitude. Elle avait acquis la conviction qu'aucun homme sur Terre ne serait digne d'elle, elle se contentait alors de les mener à la baguette.

Une fois sortie de la douche, Amanda passa trente petites minutes à se maquiller : phare à paupières, mascara, rouge à lèvres, elle ne mettait rien de côté pour masquer les cernes et les rides, signature des années passées. Elle passa trente minutes supplémentaires à ajuster son brushing, qui n'avait pas très bien tenu malgré le filet porté pendant la nuit. Heureusement, elle disposait de nombreuses lotions capables de redresser toutes les situations capillaires imaginables. Elle revint dans sa chambre pour enfiler ses escarpins et ses bijoux, avant de descendre l'escalier menant aux pièces à vivre.

" - Bonjour Madame, avez-vous passé une bonne nuit ? Votre petit déjeuner est servi.
- Merci Bernard. Pas très bonne, non, mais la journée sera meilleure. Avez-vous préparé les appartements de l'enfant ?
- Oui Madame, tout est prêt pour accueillir Antoine.
- Bien, veillez également à disposer le pull sur un mannequin dans le hall d'entrée.
- Tout de suite, Madame. "

Bernard, le majordome, se retourna en inclinant légèrement la tête avant d'exécuter les ordres. Pendant ce temps, Mireille, la femme de ménage, avait déjà investi l'étage pour nettoyer la salle de bain et la chambre après le passage de sa maîtresse. Amanda ouvrit le journal sur la longue table de la salle à manger et le feuilleta distraitement en mangeant ses oeufs au bacon. Le ballet du matin était parfaitement chronométré, et Amanda lut les dernières lignes relatant l'ouverture des Jeux Olympiques en avalant sa dernière bouchée. Elle se retira alors dans la salle de bains du rez-de-chaussée et entreprit de se brosser les dents et de faire les dernières retouches nécessaires à son maquillage. En attendant, Mireille se pressait dans la salle à manger pour nettoyer la table et la vaisselle avant l'arrivée du jeune invité. Amanda terminait son dernier trait de crayon à lèvres lorsque la sonnette principale du château teinta mélodieusement. Bernard alla ouvrir et fit entrer Antoine ; Amanda arriva presque au même moment, éclairée par le même lustre qui mettait en valeur le pull gagnant exposé sur le mannequin.

" - Bonjour jeune homme, bienvenue dans mon humble demeure ! "

Amanda prit son sourire factice ravi, celui qu'elle servait à tous les médias. C'était devenu une seconde nature pour elle de sourire sur commande. Bernard prit le manteau du garçon et le déposa sur le porte manteau avant de monter sa valise dans sa chambre. Amanda se retrouvait seule avec son invité, dont elle avait une fois de plus oublié le prénom. Sa voix prit l’intonation enjouée et cristalline qu'elle réservait aux invités de marque. Après tout, les enfants passent très bien chez les médias et peuvent ruiner une réputation aussi facilement qu'un as du métier...

" - Souhaites-tu que je te fasse visiter le château ? Il a été remis dans son état originel, tel qu'il a été bâti il y a deux siècles, je pense que tu seras à même d'apprécier certaines de ses pièces. "

Amanda fit passer le jeune garçon devant elle, le même sourire figé sur ses lèvres.


Un monde parfait? Regarde ce monde, c'est un grand carnaval !

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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:35

Le réveil sonna et indiqua 7h30 du matin.
Ellana, Kevin et moi levions la tête pour vérifier que tout le monde avait bien entendu.
Je souris. Cette journée serait encore pleine de surprises, d’instants de franche rigolade et de bonne humeur. Je m’assis sur mon lit en frottant les yeux, lorsque Zara débarqua dans la chambre, visiblement essoufflée. Nous nous sommes regardés. Nous n’avions pourtant rien fait de mal…

-« Bonjour Zara » finis-je par dire.
-« Bonjour à vous trois ! Antoine, nous devons te rapatrier absolument au campus. L’avion est dans une heure, je t’attends dans mon bureau avec tes bagages. »
Mon regard du paraître étonné ou craintif, parce qu’elle rajouta :
-« Ne t’inquiète pas, tu n’as rien fait de mal voyons ! »
Puis elle a claqué la porte. Nous avons commencé à discuter du pourquoi cette petite intrusion.
-« Je pense qu’ils vont m’envoyer en mission. » déclarai-je pour ma part « C’est ce que m’a fait comprendre ma responsable de formation avant notre départ. »
Une fois ma valise finie, je me rendis dans le bureau de la directrice. Je n’avais plus le temps d’aller me remplir l’estomac.
-« Ah, te voilà fin prêt ! Je profite de ton voyage en avion pour également rentrer au campus. Je dois régler quelques affaires. Tu pourras manger dans l’avion… »


Une fois arrivé au campus, je me dirigeai vers ma chambre, en attendant des ordres ultérieurs. Zara m’avait dit durant le vol que quelques travaux avaient été effectués pendant que nous étions occupés à nous amuser sur la plage. Les gros travaux, par contre, attendraient, parce qu’elle ne trouvait aucune main d’œuvre potentielle sur le campus et se refusait des ouvriers « étrangers ».

Mais je n’eu pas le temps de la rejoindre. Mon contrôleur de mission me rattrapa juste devant la porte. La détente ne serait donc pas pour maintenant : il était pressé, je le serais bientôt aussi.

Mais je n’eu pas le temps de la rejoindre. Mon contrôleur de mission me rattrapa juste devant la porte. La détente ne serait donc pas pour maintenant : il était pressé, je le serais bientôt aussi.
Tout en me faisant asseoir à son bureau, il me dit un flot de paroles quasi inintelligibles. Tout, depuis l’allure de Zara ce matin jusqu’à l’empressement pour le moins inhabituel du contrôleur de mission, m’indiquait que cette mission avait été préparée à la va-vite. Du moins, le dossier et le choix de l’agent, sans doute.
-« Bon Antoine, nous te confions une mission, petite, certes, mais c’est là une bonne occasion de montrer que nous te faisons confiance à nouveau. Tu nous as prouvé que tu le méritais en rattrapant amplement ton retard, et en prenant de l’avance même dans certaines branches. »
J’arrivai tout juste à placer un « merci » dans son monologue.
-« Je n’ai pas le temps de t’expliquer, mais tu découvriras tout dans le dossier : toutes les informations dont tu as besoin sont dedans. En fait, je dois bosser pour une autre mission super importante. »

Ceci signifiait donc que celle-ci ne l’était pas. Mais peu importe finalement, cette mission me paraissait déjà mieux que rien.
-« Tu peux bosser tout ça dans le bureau à côté du mien. Rappelle-toi que ce dossier ne peut sortir du centre. Si tu as des questions, je reste à ta disposition ici. »
Je parcourus en vitesse l’ordre, avant de me concentrer sur le contenu à connaître par cœur. C’est clair, le contexte semblait moins compliqué que la fois passée. Par contre, j’allais vraiment devoir jouer un rôle cette fois-ci, le genre de garçon à l’exact opposé de moi. J’allais donc, le temps d’un week-end, rentrer dans la peau d’Antoine Helmy, un pauvre con victime de l’effet de mode, un gosse de riche qui a assez d’argent pour acheter tout ce qu’il veut, mais surtout des vêtements de marque hors de prix : Abercrombie, Super Dry et bien sûr dernièrement What’s Up. Par contre, il possédait un talent immense en dessin et avait hérité, de son père- ancien styliste de mode lui-même d’où sa fortune colossale-, l’œil et l’imagination pour trouver ce qui marchait auprès du grand public.
Je ne disposais en fait pas du tout de ce dernier talent. D’ailleurs, je déteste les magasins de vêtements ! Mais enfin, ça allait être drôle et je m’imaginais déjà plus ou moins dans le rôle, avec les mimiques à prendre, les postures, le ton de la voix, les phrases typiques… Heureusement que j’aimais le théâtre. J’avais d’ailleurs plus ou moins déjà du endosser un tel rôle. Et puis, Amanda ne porterait sans doute jamais un seul soupçon sur Antoine Helmy, un petit garçon de 11 ans, un peu bête sur les bords de surcroît.
La page suivante me montra le pull en question. Les graphistes du MI6, spécialisés dans le design en tout genre, avaient fait un boulot de dingue, d’autant qu’ils ne savaient même pas quel était le but final de leur tâche. Il fallait que j’étudie le vêtement en question, et ses caractéristiques attentivement, ainsi que les raisons d’être des éléments présents, afin d’être paré à n’importe quelle question éventuelle.
Le sweat présentait un bleu spécial. Il y avait quelque chose de vibrant, de pétillant, de magique même. C’était sans doute un ton bien particulier et bien précis. Le logo de What’s Up avait été apposé sur la poitrine. Les couleurs du drapeau olympique avaient remplacé le blanc habituel. Celles-ci avaient, à leur tour, subit une modification pour en ressortir différentes.
Simple, finalement, mais terriblement efficace.
Puis, j’eu devant mes yeux le plan de l’immense château d’Amanda, avec ses quelques 5 étages et 110 pièces, entouré de son parc énorme. Cela signifiait donc 22 pièces environ par étage. Et si le plan m’indiquait la disposition des pièces, ils ne m’indiquaient pas leurs fonctions.
J’allais très certainement m’y perdre. Mais cela constituait une parfaite excuse si l’on m’y prenait à flâner dans certains endroits moins montrables.
Vint ensuite la biographie d’Amanda. Une liste avait été ajoutée sur un post-it à propos de ce qu’elle aimait (à savoir l’équitation, la mode, le vin et l’Asie) et ce qu’elle détestait par-dessus tout (les enfants, les maths, la mauvaise littérature). Mis à part le fait que je suis encore un « petit garçon »- chose à laquelle je ne pouvais rien changer- ces informations dépannaient toujours bien. Je pouvais ainsi savoir ce qui la ferait parler d’avantage, et ce qui pourrait l’énerver.
Une série de photo de presse de la créatrice avait été agrafée à la feuille précédente.
La femme, âgée de 48 ans, se barbouillait le visage de tout le maquillage possible et imaginable. Mais ce qui me frappa d’avantage, c’était son sourire, le même, à chaque cliché. Je ne savais pas trop quoi en penser, mais déjà je savais quelque chose : elle n’aimait pas les enfants, je n’aimais pas ce genre de femmes, ultra superficielles. Ce week-end s’annonçait décidément génial…
Enfin, il y eut une myriade de documents à propos de l’usine en elle-même : plans, bien sûr, mais également employés, machines, production, etc.

Je remontai dans ma chambre, lessivé par toute cette étude si sérieuse. Je n’avais pas très faim, j’étais crispé sans doute. C’est, du moins, ce que la boule que je sentais dans mon estomac m’indiquait.
Cette mission devrait être une réussite. Je ne pouvais plus échouer. L’heure était arrivée de faire ses preuves. Et c’était maintenant ou plus jamais.
C’est difficilement que je m’endormi, avant d’être réveillé sans aucune pitié par mon GSM à 5 heure du matin.
Sur ma chaise avaient été posés, durant mon sommeil, des vêtements, ceux que je devrais enfiler pour la mission.
J’avais ainsi droit à un complet de la marque : T-shirt, pull à capuchon, short, caleçon et chaussettes. Seul manquaient à l’appel les chaussures, dont aucune collection n’avait encore été crée. Mais cela ne saurait tarder, me dis-je, enfin ça dépend bien sur de ce que je découvrirai de charmant dans quelques heures. Celui qui avait préparé mon « uniforme » avait opté pour des Converse rouge vif, les préférées de la créatrice. J’allais devoir me comporter en véritable lèche-botte, jusqu’au bout. J’en riais d’avance.
Au dessus de la pile d’habits, je découvris un petit mot de ma responsable de formation, m’invitant à me rendre dans son bureau aux environs de 7h30, avant de partir.
Je pénétrai dans ma salle de bain pour prendre ma douche qui me réveillerait sûrement un peu. Une nouvelle bouteille trônait sur mon lavabo, ou ne traînaient habituellement que ma brosse à dent et mon tube de dentifrice. Je saisi l’objet, et tournai l’étiquette vers moi afin de lire. Le logo What’s Up apparut. Je souris et rentrai dans ma cabine.

Enfin vêtu, et ma petite valise prête, je jetai un coup d’œil à l’écran de mon téléphone. J’avais encore le temps de me remplir le ventre. Je descendis au réfectoire. La salle se démarquait à présent par l’inhabituel silence qui y régnait : soit en mission, soit en entraînement, soit en vacances, tout le monde était occupé autre part.
-« Tiens ! Un revenant ! Qu’est ce que tu fabriques ici ? »
Je levai la tête vers mon interlocuteur. Le personnel était réduit pendant les vacances. En fait, les autres étaient simplement transférés à la résidence d’été. Une femme assez âgée s’appuyait sur le comptoir.
-« On m’envoie en mission ce matin, mais chut ! C’est top secret ! » lui chuchotai-je avec un clin d’œil. Ma phrase et mon intonation n’avaient aucun sens, du fait de l’absence notoire d’autres personnes que nous deux, mais ça la fit couiner tout de même.
Je pris un croissant et remplis un verre de jus d’orange avant d’aller m’asseoir à une table.


-« Ça va, Antoine ? Pas trop stressé ? » commença ma responsable de formation lorsque j’ouvris la porte de son bureau.
-« Non, ça va, merci. C’est n’est pas une mission trop difficile. »
-« Tant mieux alors. C’est moi qui te conduis là-bas. Je crois que nous pourrions en profiter pour faire le point sur ton évolution depuis ton retour en janvier de Bruxelles. Qu’en penses-tu ? »
J’acquiesçai et la suivis au garage.


Trente minutes plus tard, nous avions atteint le nord de Londres, ou se situait le château. J’ouvris la porte et mis un pied dehors.
-« Je reviendrai te prendre demain. Je me ferai passer pour ta mère adoptive, un truc comme ça. On arrangera ça par téléphone, donc arrange-toi pour te retrouver seul un moment, dehors de préférence, pour qu’on puisse en discuter… Bonne chance, je suis sur que tu vas y arriver ! »
-« Merci, je te téléphonerai. A demain ! »
La porte claqua, la voiture démarra en trombe, me laissant seul devant l’entrée grillagée.
J’hésitai un instant, puis m’avançai vers le portail en métal noir brillant, brodée d’une colonne massive de pierres de part et d’autre, et puis d’une haie s’élevant à une hauteur vertigineuse. Le portail lui-même avait été habillement travaillé. Les barres métalliques convergeaient vers différents points. En reculant légèrement, je me rendis compte que cela représentait une abeille butinant une fleure. Mais le tout ne laissait tout de même rien passer, d’autant plus qu’un panneau « Warning, dangerous dog » avertissait tout intrus- ce que j’étais, en fait- du danger qu’il courrait si il pénétrait ici par effraction. J’essayais de garder cette idée aussi loin que possible dans ma tête. Non ! Je n’étais plus Antoine Sirkis, mais bien Antoine Helmy !
Au dessus de la sonnette sur laquelle j’appuyai, était gravé un grand 84, pour indiquer au postier le numéro du château. Il devait alors insérer les lettres et diverses factures dans le trou prévu à cet effet.
Après quelques Bip stridents, une voix grésilla dans l’haut-parleur.

Mon rôle commençait maintenant

-« Oui ? »
-« Bonjour, je suis Antoine Helmy, le gagnant du concours.»
-« Bienvenue ! Le portail va s’ouvrir. »
Fin de la communication.

Je fis un pas en avant, me retrouvant face au parc qui entourait le château. Il était digne des plus beaux jardins publics du monde. Je ne sais combien de jardiniers cela avait demandé. Et eux, étaient-ils déclarés ?
Le chemin que je pris pour me rendre à la porte d’entrée, était bordé de plantes taillées de manière magnifique, un peu comme dans Edward Aux Mains d’Argents, mon film préféré. J’avais donc tour à tour affaire à des dinosaures, tortues, dauphins. Si elle n’aimait pas les enfants, elle semblait aimer les animaux.
Il y avait d’ailleurs, non loin de là, une prairie entourée de barrières en bois poli. Une écurie en briques blanches s’élevait de la terre, légèrement voilée par une colline. Un cheval magnifique galopa vers l’extrémité de la parcelle. J’aurais beaucoup aimé le caresser, parce qu’il était vraiment beau, mais cela ne s’accordait pas vraiment avec le personnage que je devais jouer. On ne sait jamais que je sois filmé !
Je suivis le chemin en graviers jaunes, passant à côté de parterre de fleurs multicolores. A un moment même, une fontaine représentant une sirène faisait jaillir ses jets d’eaux. On aurait presque pu la croire avoir été déplacée de Copenhague.
Et puis, apparu devant moi la demeure. Elle était d’un style ancien. Le tout était d’un rose saumon, avec des colonnades grises, chacune surmontée d’une statue différente. De nombreuses fenêtres imposantes par leurs tailles néanmoins diverses devaient rendre l’intérieur du bâtiment assez lumineux.
Je m’approchai de la porte d’entrée et appuyai sur un des boutons pour signaler ma présence. Aussitôt la porte s’ouvrit, me laissant face à face avec un serviteur à l’air assez vieux et fatigué, et juste derrière Amanda. J’analysai brièvement son visage, et de nouveau, ce même sourire retint mon attention.

-« Bonjour ! » lançai-je en réponse à l’accueil de la créatrice.
Sa voix, comme son sourire d’ailleurs, ne semblait pas vraiment naturelle si on y prêtait attention. Sa voix était un peu mielleuse, ce qui rajouta un élément dans ce que je n’aimais pas dans cette femme.
Sa façon de jouer la comédie me rappelait un peu So’, cette fameuse nuit. Sauf que lui jouait l’indifférence et ne voulait pas paraître faussement enjoué de ma présence.
Puis, elle me proposa de visiter son « humble demeure ». Même si je le connaissais déjà grâce à mes plans, ce serait là une occasion parfaite pour poser quelques micros par-ci par-là. En quelques secondes, elle était déjà tombée dans le piège. *Bien fait pour elle* me dis-je.
Je répondis d’une voix la plus innocente possible, et la plus enfantine puisque c’était la que résidait tout le « génie » de CHERUB.
-« Oh oui, pourquoi pas ! Ca peut être intéressant…»


Un monde parfait? Regarde ce monde, c'est un grand carnaval !

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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:35


Amanda fut agréablement surprise par le comportement du jeune garçon. Il était loin du petit monstre qu'elle s'était imaginée. Evidemment, on lui avait bien expliqué que le garçon était aimable, bien élevé et parfaitement débrouillard, mais qu'il soit intéressé par l'architecture du XIXème siècle, ça c'était une surprise. Et une excellente, Amanda se réjouissait intérieurement, ce qui eut pour effet de déformer son sourire factice parfait en une espèce de grimace sincèrement réjouie. A force de jouer le sourire parfait, le véritable sourire paraît d'une laideur incomparable, mais Amanda ne s'en rendait pas vraiment compte, trop habituée à surveiller les clichés d'elle que véhiculaient la presse, où elle avait pris soin d'afficher le sourire spécial médias et haute société. En réalité, seuls ses domestiques la voyaient au naturel, parfois même pas maquillée (même si cela arrivait rarement). Eux seuls voyaient parfois son véritable sourire et son vrai caractère, même si en leur présence aussi elle se comportait comme une dame importante. Car après tout, c'était ce qu'elle était au fond d'elle-même, et ces courbettes d'image étaient devenues comme une seconde nature pour elle. C'était devenu son identité profonde, si bien que son for intérieur avait lui-même des allures de peinture surréaliste.

" - Bien, commençons la visite alors. "

Amanda se dirigea vers l'aile ouest du château, traversant un long couloir orné de lustres muraux. De temps à autre s'élevait une sculpture moderne qui contrastait terriblement avec le caractère baroque du château. Des portraits gigantesques s'élevaient également de temps à autre, représentations des barons et baronnes ayant habité ce domaine deux siècles auparavant. Amanda avait pris soin de faire restaurer ces portraits en même temps que le château lui-même. En effet, ce sont souvent les premiers propriétaires d'une bâtisse qui lui donnent une âme. Certains tableaux étaient tellement abîmés lorsqu'Amanda avait acheté la demeure que le peintre employé alors avait dû presque réinventer entièrement l'image à partir des quelques bribes visibles. Ainsi, si certains avaient été simplement restaurés, d'autres avaient été intégralement refaits. Mais Amanda ne comptait pas s'attarder dans le couloir, qui était loin d'être la partie la plus intéressante de l'habitation. Elle lâcha tout de même quelques commentaires, histoire de faire résonner sa voix ravie et cristalline dans ce long couloir. Et puis un hôte convenable se doit d'alimenter une conversation, même dénuée d'intérêt... Un long silence est catastrophique pour une personnalité médiatisée. Il peut être interprété de la façon la plus défavorable possible.

" - Ce sont les portraits officiels des propriétaires successifs de cette habitation, dans l'ordre anté-chronologique. Comme tu peux le voir, le bâtisseur était un baron proche de la famille royale, alors en pleine grâce du peuple. Tu dois avoir appris à l'école que si l'instauration de la monarchie constitutionnelle s'est faite dans la violence et le sang à la fin du XVIIème siècle, la population n'a jamais cessé d'aduler la nouvelle famille royale au cours des siècles qui ont suivi. La noblesse était donc traitée dans les années 1800 avec le respect et l'admiration qui lui étaient dus. "

Amanda déboucha dans une vaste pièce, la plus grande du château, la plus luxueuse aussi. En effet, si le reste de l'habitation respirait l'aise, chaque pièce était aussi teintée de modernité, à cause du mobilier et de la décoration design. En revanche, cette pièce était la seule à avoir garder intégralement son aspect historique, à cause de son caractère prestigieux. Il s'agissait d'une immense salle de bal, occupée par des canapés et des fauteuils antiques. Le centre avait été laissé vide pour accueillir un grand nombre de danseurs, le fond uniquement était occupé par les canapés et fauteuils. Les deux autres murs parallèles entre eux étaient bordés de longues tables nues napées de blanc soyeux. En plein centre de la salle se dressait le plus massif et le plus impressionnant des lustres de cristal de l'édifice. Ce dernier était entièrement recouvert de feuille d'or et finement gravé aux écussons de la famille du Baron. Cette salle constituait la plus grande fierté d'Amanda, cela dit elle la présenta avec son éternel sourire médiatique parfait, comme si elle s'attendait à être prise en photo.

" - Voici la salle de bal de l'époque, qui sert aujourd'hui de salle de réception. C'est ici qu'ont parfois lieu des ventes aux enchères destinées à des oeuvres caritatives, des réunions importantes avec de grands noms du textile mais aussi des conférences de presse. Le dernier évènement qui a eu lieu ici était la délibération finale du concours. C'est pourquoi la photographie de ton pull est encore affichée. Tu as une grande carrière de styliste devant toi mon garçon ! "

Nouveau sourire ravi et chaleureux de la part d'Amanda. Il était certain qu'un tel coup de génie ne pouvait être créé que par un styliste en herbe. D'ailleurs le jeune garçon avait déjà des allures d'artiste. Amanda adorait ce genre de personnage, sensible à la beauté féminine mais totalement désintéressés. C'est pourquoi la plupart des grands stylistes de ce monde sont gays. Ainsi, Amanda n'avait aucun doute sur la future orientation sexuelle de son invité. Finalement, ce week end s'annonçait bien. Le garçon serait probablement le premier enfant à gagner la réelle sympathie et le respect de la femme.

Après avoir traversé la salle de bal richement décorée, Amanda poussa la lourde porte centrale puis se dirigea à droite vers un escalier en bois craquant fraîchement ciré. Les marches polies étaient ainsi plutôt glissantes, et cet escalier n'étant pas central, il n'avait pas été serti d'un long tapis oriental comme celui du hall. En haut de l'escalier, les deux personnes se retrouvèrent dans un nouveau couloir. Amanda poussa une porte sur sa gauche qui découvrit une pièce de taille moyenne extrêmement lumineuse grâce à une immense fenêtre qui allait presque du sol au plafond. Un fauteuil de bureau y était adossé face à un bureau en bois massif exotique. Les murs étaient occupés par de grandes armoires mais il restait suffisamment de murs nus pour apprécier le caractère ancien de la pièce. Les pierres étaient d'époque, le plafond également avait été finement restauré. Les écussons de la famille du Baron y étaient sculptés, tandis que le haut du mur abritait une fresque ancienne entièrement gravée. Une grande cheminée richement sculptée dans du marbre occupait le mur droit de la pièce.

" - Bienvenue dans mon bureau ! C'est ici que je travaille le plus souvent lorsque je ne suis pas à l'usine. Je travaille beaucoup au téléphone ou par internet en communiquant avec les différents responsables de mon entreprise. J'ai choisi cette pièce pour travailler à cause de sa richesse décorative. C'était ici la chambre du Baron à l'époque, mais c'est aussi la pièce qui avait le mieux résisté à l'épreuve du temps. Elle est donc chargée d'histoire, je la trouvais parfaite pour installer un bureau. Admire l'agencement des pierres qui est tout à fait caractéristique de ce XIXème siècle, tout comme cette fresque gravée. Si tu l'observes bien, tu verras qu'elle représente le cheminement du paysan vers la prospérité grâce au travail. C'est aussi pour cette raison que j'ai voulu m'établir ici pour travailler. A l'époque, c'était une pensée très rare de la part de la Noblesse d'inviter au labeur, le travail était en général considéré comme dégradant. Cela prouve la grandeur de cette famille, mais aussi sa modernité. Que penses-tu de tout cela ? "

Amanda adressa son sourire factice à l'invité. Ce test était l'ultime phase de découverte du garçon. Elle savait qu'il était gentil, bien élevé et curieux, elle attendait à présent d'avoir la preuve de son intelligence. Elle attendait des commentaires tout à fait constructifs quant aux pièces visitées pour l'instant.


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:35

La dame m’emmena avec elle dans les méandres du château. Cette première approche m’avait laissé un peu perplexe, si bien que je la suivais distraitement au début, perdu dans mes pensées. Son sourire média, comme je l’appellerais désormais, avait changé en une sorte de crispation, que je pouvais interpréter de deux manières.
Soit, le contact était finalement passé plus rapidement que prévu, mais alors il restait un point d’interrogation sur le pourquoi. Je n’avais pas encore parlé énormément, ni agi ou quoi que ce soit d’autre, à moins que ce soit mon accoutrement qui ai fait son petit effet.
Soit tout le contraire. Son agacement pour les enfants n’avait été que confirmé par ma présence.
A choisir, je préférais la première option, mais mon cerveau ne pouvait ne pouvait empêche l’idée que la deuxième semblait la plus probable de remonter. Dans tous les cas, quelque chose, déjà, changeait, favorablement ou défavorablement.

Amanda me guida vers un couloir, passant délibérément plusieurs portes. Etait-ce toute des salles qu’il valait mieux cacher de la vue d’un visiteur ou, plus probablement, inintéressantes ? Après tout, le château comportait 110 salles et nous aurions pu y passer tout le week-end s’il fallait visiter la totalité du bâtiment, surtout si toutes avaient des agréments tel que ce « bête » couloir de passage.
La créatrice me fournit quelques explications sur les lieux que nous visitions : le corridor, la salle de réception et le bureau. Les idées fulminaient dans ma tête, tant au niveau culturel- que je lui révélerais à sa demande- qu’au niveau de la mission- et là, je ne lui en ferrais pas part, ça va de soi.

Chaque pièce où l’on passait méritait son mouchard, puisqu’elles semblaient importantes aux yeux de la femme. Le couloir étant assez long, il en recevrait même deux. Ces micros étaient de la dernière génération, fraîchement sortis de l’usine. Ils étaient colorés en noir, et faisaient à peu près la taille de la tête d’une épingle.

J’en plaçai un sur un coin sombre du tapis posé à même le sol, en prétextant de refaire mon lacet. Le second se vit placé sur un appui de fenêtre en marbre noir, calé contre le bord en bois massif de l’immense bai vitré, sans quoi ce serait trop visible à la lumière du jour. Grâce à leurs ventouses, ces petits espions miniatures restaient sur place, résistaient au passage d’un aspirateur ou d’une loque.

La salle de bal transformée en salle de réception avait idéalement besoin de plusieurs récepteurs, mais je n’eu l’occasion de n’en mettre qu’un seul, près de la scène, sur le côté d’une des marches, lorsque je fis semblant d’analyser le carton ou étaient entassés les premiers pulls de mon invention. Il fallait le dire, c’était une réussite, une merveille même.

-« Tu as une grande carrière de styliste devant toi mon garçon ! »


Sa phrase me fit faire volte-face. J’étais surpris, et bien évidemment gêné, qu’elle dise cela. Je lui souris. Et pourtant, je n’avais aucune envie de devenir styliste. J’avais peut-être un peu vite jugé Amanda, mais elle ne donnait pas envie de faire son métier, ni d’être une star en fait. Et ce, à cause d’une chose : les médias. Ceux-là peuvent ravager une vie, ruiner une carrière et vous rendre fou en un rien de temps. Être star, c’est placer une croix sur sa vie privée, sur soi-même en fait. La créatrice que j’avais en face de moi était un peu dans ce cas-là, avec son sourire et sa voix cristalline qu’elle desservait à l’infini sans quoi elle pourrait dire adieu à son succès. Peut-être n’était-elle pas superficielle en vrai, mais si les journalistes voulaient quelque chose, elle devait l’être. Elle avait déjà la beauté pour elle, malgré l’âge.

Une vie tel que la sienne, très peu pour moi. J’avais besoin d’être moi-même, c’est d’ailleurs pour ça que je n’accordais pas beaucoup d’importance aux petits malins qui se moquaient de moi sans raison valable.

-« Merci beaucoup » finis-je par lui répondre « Si je pouvais avoir une carrière comme vous, ce serait formidable »

Puis, on continua vers son bureau. Là, j’aurais forcément plus de travail. Je posai déjà un micro sur la base de son écran, pendant qu’elle m’expliquait le tableau accroché au dessus de sa chaise de travail. Je devrais revenir ici- j’aurais bien une question particulière à poser à madame pour justifier ma venue ici- pour copier son disque dur sur une clé USB actuellement dans ma valise posée dans le vaste hall. Mais pas de risque qu’un des majordome le remarque parce qu’elle était disséminé sous la semelle d’une autre pair de chaussure. Surveiller la ligne téléphonique serait aussi intéressant, mais il me faudrait installer une puce derrière la batterie de l’appareil. Cette puce était dans une poche secrète de mon portefeuille.

-« Que penses-tu de tout cela ? »


Son ton était légèrement plus défiant. Il semble qu’elle voulait tester ma culture générale. A CHERUB, on en avait un paquet, elle ne saurait donc me prendre sur ce terrain là. Néanmoins, cela ne rentrait pas dans le caractère de base de mon personnage, mais une adaptation n‘était jamais exclue si cela permettait de mieux approcher la cible.

Je rassemblai mes pensées avant de lui répondre.

-« Votre manoir est très intéressant dans le sens où c’est un habile mélange entre le design très futuriste de certains objets – de la patte de Guillaume Zardini designer parisien très réputé pour son excellent travail, si j’ai bien reconnu- et l’original. »


En fait, c’était un pur hasard que je reconnaisse le mobilier présent dans le bureau. Dans le cadre du cours de français, nous avions passé un week-end à Paris, en visitant les endroit les plus connus. Nous étions notamment passés devant la boutique, sur l’avenue des Champs Elysées, avec les fameuses pièces hors de prix.

-« J’aime bien aussi le style anglais avec la French Touch. Ainsi, j’ai reconnu les clins d’oeils à l’Opéra Garnier dans le corridor et l’escalier, avec le jeu de la pierre d’Euville aux nuances blondes, des marbres de couleur et les parties recouvertes d'or, le tout dans un style éclectique. Quand aux barons et baronnes peintes dans le couloir, il me semble qu’il s’agisse de la famille Moorfield, déjà proche de la reine Elizabeth I. Ils furent des acteurs majeurs de l’histoire du Royaume-Uni. D’ailleurs, et vous l’avez dit, nous avons vu ça en classe. Et je me souviens avoir lu dans The Times que la famille royale est à la recherche de ces portraits et qu’ils sont prêts à payer très cher. Vous devez vraiment y tenir pour ne pas se plier aux vœux de sa majesté… »


Je jetai un coup d’œil au tableau. Les cours d’art dispensés par CHERUB me seraient d’une grande utilité.

-« Là, je vois que cela représente un paysan en pleine labeur, cela doit donc être du courant naturaliste. Je ne saurais pas dire les références exactes, mais il doit valoir assez cher. Si c’est l’original, vous n’avez pas peur des voleurs. C’est remarquable… Et français. Je crois deviner que vous aimez bien le pays du vin… »

Un silence avant d’ajouter dans la langue de Molière la touche finale :

-« Au fait, vous parlez français ? »


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:36


Amanda était absolument enchantée. Son invité répondit à sa question encore au-delà de ses espérances. Il était doté d'une culture tout à fait étonnante pour son âge. La femme se mit à se demander si ce garçon était particulièrement intelligent, ou si c'était son fils qui au même âge, avait été particulièrement bête... après tout elle n'avait pas côtoyé d'autres enfants dans sa longue vie médiatique. Et en plus, il voulait devenir comme elle ! Il était vraiment le garçon qu'elle aurait voulu avoir. Son sourire-grimace était réapparu sur son visage, avec plus de sincérité que jamais, ce qui déformait son visage au plus haut point. Elle fut prise d'une envie presque irrépressible de prendre ce petit dans ses bras, de le serrer très fort et de labourer son visage de rouge à lèvre. Dans un ultime effort elle se reprit, et s'empêcha avec grand peine de mettre ses envies à exécution. Si cela devait se savoir, ce serait absolument terrible pour son image dans la presse. Si certains magazines totalement dévoués à sa cause pourraient prendre cela pour la marque d'affection d'une vieille mamie gâteau, la plupart n'hésiteraient pas à dénoncer une attitude déplacée à la limite de la pédophilie. Ce n'était vraiment pas une bonne idée, autant aller se jeter directement dans la gueule du loup. Ceci dit, Amanda doutait fort que ce garçon - si parfait ! - soit de mèche avec les médias. Mais on n'est jamais trop prudent... La femme répondit à son interlocuteur avec un enthousiasme inhabituel, absolument sincère pour une fois. Cela dit, il était possible que l'on ne vit pas la différence.

" - Oh j'ai en effet reçu quelques lettres de la famille royale à ce sujet, que j'ai dû poliment décliner. L'argent ne fait pas le bonheur mon cher ami ! La fortune ne m'intéresse pas, seule l'histoire et la beauté a de l'importance pour moi. "

Il était certain que cette richesse ne lui servait à rien (ni à payer son personnel dévoué, ni à acheter le moindre objet de décoration correspondant à ses désirs passagers). Elle voulait passer pour une femme noble et simple aux yeux du jeune garçon, ce qu'elle était sans aucun doute.

La surprise fut plus totale encore lorsqu'il aborda le sujet du vin en français. Amanda n'avait plus de doute : ce garçon était un ange tombé du ciel. Il était presque trop parfait pour être réel. Était-ce un robot fabriqué par des ingénieurs surdoués ? Un adulte habilement déguisé en petit garçon ? Ou un philosophe atteint d'une maladie génétique qui rajeunit le corps ? il était évident que toutes ces hypothèses étaient plus invraisemblables les unes que les autres. Ainsi, la réponse vint tout naturellement à Amanda. Ce garçon était gay, ce qui expliquait sa culture si démesurée pour son âge. C'était une absolue certitude, et même si le garçon ne s'était peut-être pas encore révélé à lui-même, Amanda savait ce qu'il était au fond de lui. Son fils aurait dû être gay, lui aussi, elle aurait eu l'enfant rêvé. Est-ce qu'elle aurait dû l'élever comme une fille ? Comme dans cette tribu sud américaine où les aînés, élevés comme les filles, deviennent gays pour la plupart... Elle chassa ces pensées de son esprit, et répondit à son interlocuteur avec un sourire totalement sincère sur le visage - cette grimace effrayante en fait. Elle parla également en français, avec une syntaxe impeccable mais un très fort accent anglais qui rendrait son langage incompréhensible pour un véritable français.

" - Un peu, mon cher ami. Je suis absolument ravie que tu apprécies ces pièces chargées d'histoire et de magie à leur juste valeur. En effet, j'aime beaucoup la France, j'y ai voyagé à plusieurs reprises. Les parisiens font les plus beaux tailleurs du monde, ainsi que les meilleurs parfums. C'est une ville fantastique, as-tu déjà eu l'occasion de la visiter ? "

Après s'être un peu attardés dans le bureau, la visite continua. Amanda présenta au jeune garçon les divers bureaux et salles de détente qui jonchaient l'étage. Chacune des pièces avait son caractère propre, mais toujours avec ce contraste étonnant entre les meubles modernistes et la décoration ancienne. La visite s'acheva au bout d'un couloir, du côté Ouest du château. Amanda poussa une porte qui grinça légèrement. De la fenêtre, on pouvait apprécier une large vue sur le parc de style purement anglais qui s'étendait jusqu'au bois d'en face - réserve de faune pour les chasses à courre organisées pour les hommes de la haute société. Il s'agissait d'une chambre assez spacieuse et lumineuse, doté d'un lit à baldaquin. Une porte à droite menait vers la salle de bain personnelle. Cette chambre était finalement assez similaire à celle d'Amanda, même si elle contenait un peu moins de fioritures, et était un peu moins spacieuse. Les valises du garçon - dont le prénom était toujours inconnu par son hôte, ce qui ne la dérangeait pas outre mesure - étaient posées à côté du lit.

" - Je pense t'avoir fait découvrir les principales pièces de la demeure. Je te laisse t'installer à présent, tu pourras descendre lorsque tu seras prêt. Nous pourrons ainsi déjeuner. Je suppose que tu aimes la cuisine anglaise ? "

Nouveau large sourire-grimace. Le sourire médiatique d'Amanda avait disparu, preuve de sa véritable affection pour l'enfant. Elle descendit au rez-de-chaussée pour s'assurer que Bernard avait bien commencé la cuisine du déjeuner. Elle retourna vers la salle de bain du rez-de-chaussée dans le but de vérifier son maquillage, et constata les désastres de son sourire-grimace : le fond de teint s'était totalement hétérogénéisé. C'était une pure catastrophe, combien de temps s'était-elle promenée ainsi dans le château, aux côtés de son invité ? Il allait falloir qu'elle surveille avec beaucoup plus de précautions ses expressions faciales. Elle entreprit d'arranger tout ça et sortit son fond de teint, ainsi que tous ses fars à paupière. En se remaquillant, elle perdit ainsi toute notion du temps, ignorant si Bernard avait fini de préparer le déjeuner, de mettre le couvert, et si le jeune garçon était descendu. Elle pensait avoir tout son temps en l'attendant...


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:36

Lorsque la phrase sortit de ma bouche, je me rendis compte de mon erreur, même si la femme ne s’en rendit heureusement pas compte. Face à une véritable française, mon accent belge m’aurait de suite grillé. Une perle de sueur glissa le long de ma tempe, puis de ma joue, avant de tomber dans un ploc muet je ne sais où.
J’observai son visage pendant qu’elle m’écoutait attentivement. Son maquillage n’avait pas tenu la route visiblement. Mais je n’osai ni lui dire, ni en ricaner- même intérieurement, car ce sont des choses que l’on lit aisément sur une face humaine, même si la personne en face de vous essaye de le cacher. Et justement, les émotions qui passaient à travers sa bouche, ses yeux, ses joies firent monter mon malaise encore un cran au-dessus. Son sourire semblait réellement sincère cette fois-ci, comme en témoignaient les petites rides qui se plissaient au coin de ses rétines, fait nouveau sur son visage. Elle avait du étudier de longues heures durant ,face à son miroir, l’étirement des lèvres parfait pour ne pas déformer sa peau mais paraître tout de même heureuse d’être présente à un quelconque évènement.
Ses yeux me scrutaient attentivement, m’enveloppaient, semblaient analyser toutes les parties de mon corps, me traversaient douloureusement tel un Rayon X. Je pris peur.

Je connaissais ce regard… De cette nuit à la fois si douce, et si triste. Je ne voulais plus vivre cette expérience étonnante maintenant. Peut-être dans quelques années, une fois que j’aurais grandit, mais pas aujourd’hui. C’était trop proche. Il faudrait bien que j’en tire des conclusions un jour ou un autre, mais je n’étais pas encore prêt, je n’avais pas encore envie. Elles se faisaient pourtant de plus en plus fortes dans ma tête, de plus en plus persistantes, de plus en plus gênantes. Pour le moment, heureusement, j’arrivais à contrôler ces pulsions d’une force sauvage… Mais jusque quand ? Elles ne devaient en tout cas pas sortir maintenant, ce n’était ni le bon moment, ni le bon endroit.

J’allais fuir son regard- j’avais déjà perdu le flot de ses paroles- lorsqu’une nouvelle lueur passa dans ses pupilles, s’agrandissant légèrement. Ses sourcils qui se fronçaient. A CHERUB, nous n’avions pas seulement appris énormément de culture, mais nous avions aussi appris à décoder le langage non verbal, qui constituait 90% de la communication. 50% de ces signes étaient involontaires et passaient au delà de notre conscience, trop faible pour contrôler ça. Que signifiait ce nouveau sentiment ?
Le soupçon sans aucun doute, même s’il pouvait être totalement inconscient dans son esprit. Il faudrait faire en sorte que cette pensée ne dépasse pas le stade de l’inconscience ce week-end. Peut-être avais-je été trop loin dans le surréalisme. Sa réponse, néanmoins, garda cette pulsion nouvelle.

La dernière pièce vers laquelle nous nous dirigions fut ma chambre. Elle était spacieuse et, comme le reste du château, richement décoré. Le plafond était assez haut, et un lustre suspendu éclairait la pièce. Des tapisseries variées aux couleurs chatoyantes avaient été placées sur les murs. Et là, au milieu de la pièce, trônait un immense lit à baldaquins aux étoffes bleu roi. Le matelas avait l’air d’être ultra moelleux, les multiples coussins surplombaient les diverses couvertures aux coloris chauds. Ce lit serait sans doute le plus confortable dans lequel j’ai dormi de toute ma petite vie. Cette nuit s’annonçait déjà fantastique. Ma valise était posée au pied du lit. Elle ne semblait pas avoir été ouverte, ce qui constituait une bonne nouvelle. A droite, une porte avec un écriteau somptueusement sculpté « Bathroom » m’indiquait la salle de bain, sans doute toute aussi luxueuse que le reste.

Amanda m’invita ensuite à dîner avec elle, la cuisine serait, je n’en doute pas, excise. Sa dernière phrase- bien qu’elle ai la forme d’une question- n’en avait pas l’intonation. Aussi je ne répondit pas, pour elle c’était une évidence sans doute. A vrai dire, je n’y connaissais pas grand-chose en cuisine, aussi bien dans la cuisine anglaise que dans la cuisine internationale. Je n’osai pas m’aventurer dans ce sujet épineux.
Elle me sourit, tourna les talons, et s’en alla.

Je jetai un rapide coup d’œil dans mes valises pour voir si rien n’avait bougé, ce n’était pas le cas. Je saisis mon téléphone. Je devais passer un coup de fil à ma responsable de formation, pour convenir mon départ pour demain. Je le mis dans ma poche de mon jeans, sortit de la chambre, dévalait les escaliers, et me retrouva nez à nez avec un des majordomes.

-« Je voulais un peu prendre l’air et voir à quoi ressemblait le parc. L’aménagement avait l’air intéressant. »
Lui dis-je dans un sourire enfantin, le regard plein d’innocence, sur un ton d’excuse.

Mon jeu devait être bon parce qu’il me laissa passer en m’indiquant la porte d’entrée. Je m’écartai du château, pénétrai dans un bosquet et sortit mon GSM. Je composai le numéro de CHERUB.

-« Garage Unicorn Tyre... Que puis-je faire pour vous ? » Phrase habituelle au cas ou quelqu’un dans le monde, composait ce numéro par hasard, aucune précaution n’était veine….

-« agent 25-54. Pourrais-je parler à ma responsable de formation ? »

-« Je transfère l’appel, petit »

Plusieurs Bip, puis plus rien…

-« Allo ? » fis-je


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:36

Amanda s'éternisa dans la salle de bain et perdit totalement la notion du temps. Le repoudrage dura un temps infini, d'autant plus qu'il n'était jamais parfait. Cette saleté de poudre s'amusait à faire des bosses, des trous, et tout ça sans la moindre autorisation de la femme ! C'était absolument inadmissible. La poudre avait été humidifiée, ce n'était pas possible autrement. Et c'était un sacrilège inacceptable. C'était certainement la femme de ménage qui n'avait pas fait attention et qui avait laissé tomber de la vapeur d'eau autour... Le résultat était là, toute une palette de fond de teint à plus de 30£ bonne à jeter à la poubelle ! Amanda ne manquerait pas de le noter et de se plaindre lors de la prochaine réunion avec son petit personnel de maison...

Elle eut donc à batailler deux fois plus fort que d'habitude pour avoir un teint homogène à peu près sortable. Elle s'appliqua à grands renforts de souffles, de petites caresses de pinceau ou de doigt, puis recommençait à côté, rajoutait un peu de poudre, en enlevait... Cette danse bien calée prit fin après un temps remarquablement long. Lorsqu'elle eut terminé, elle osa enfin sortir de son sanctuaire et exposer sa vue à Bernard, qui de toute façon, ne ferait pas de commentaire - c'était dans son propre intérêt. Elle jeta un coup d'oeil à l'horloge de la grande salle à manger, complètement affolée : l'heure habituelle du repas était passée depuis plus de 45 minutes ! Le problème n'était pas que la cuisine risquait de refroidir - Bernard veillait au grain pour ça - mais son petit train-train quotidien allait être bouleversé. Encore une chose inadmissible de la journée. C'est fou comment une palette de fond de teint pouvait vous plonger dans un profond désespoir et vous saper le moral et l'humeur pour le reste de la journée. Et Antoine n'était toujours pas là ? C'était quoi ce bazar, il s'était endormi dans sa nouvelle chambre ou quoi ? Oh, il n'était sûrement pas habitué au luxe qu'on lui présentait ici, mais tout de même... ce n'était pas une raison pour lézarder. Amanda trouva cela fort malpoli de mettre presque une heure à descendre déjeuner. Elle était définitivement de mauvaise humeur. Le garçon aurait intérêt à redorer son blason, car il venait de descendre assez brutalement dans l'estime de la maîtresse de maison - pour un simple retard à table, oui oui. La femme s'adressa à Bernard avec son ton le plus condescendant, celui qui faisait comprendre à n'importe qui à quel point elle était de mauvaise humeur :

" - Bernard, où est donc notre jeune invité ?
- Il est parti visiter le parc, Madame. Il ne devrait pas tarder. "

Sans un mot, Amanda sortit du château, se risquant à enfoncer ses talons dans la terre fraîche. C'était ainsi qu'on rendait une paire de chaussures à 500£ totalement importables. Il allait de soi qu'Amanda était particulièrement furieuse pour tenter une telle folie. Elle trouva le jeune garçon au téléphone... Monsieur s'était permis de s'éclipser pour appeler sa petite amie. Une marque de conduite déplorable... Il pensait être bien caché, mais c'était sans compter sur l'oeil affûté de la femme.

" - Jeune homme, est-ce que je vous dérange ? "

Son ton était cristallin et son visage toujours maquillé du même sourire largement hypocrite. Sa seule volonté évidente de vouloir paraître aimable laissait transparaître la fureur qui l'habitait.

" - Accepteriez-vous de vous donner la peine de rejoindre la table ? "

Le garçonnet avec le choix, bien entendu. A la grande surprise de chacun, il suivit Amanda jusqu'à la salle à manger. Échevelée, décoiffée par le vent, les talons largement souillés, la maîtresse de maison s'assit à une extrémité de l'immense table, tandis qu'Antoine fut installé en face d'elle. Il avait intérêt à très, très bien parler pour se rattraper aux yeux de la femme.

" - Avez-vous apprécié votre visite du parc ? Que retenez-vous de l'analyse de l'aménagement de cet espace ? "

Elle le regarda avec un large sourire, désireuse d'avoir un avis éclairé sur le jardin anglais typiquement classique qui bordait son château. Elle le laissa développer sa pensée, après quoi elle enchaîna, voulant avant tout le piéger mesquinement. Mais le tout avec un large sourire façon grimace, personne ne pouvait voir la différence entre son état habituel, une réelle sympathie ou une totale antipathie.

" - J'espère également que votre coup de fil a été fort plaisant. "

De nouveau, Amanda éclaira sa remarque d'un large sourire. Il allait de soi que cela demandait une explication fournie...


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:36

L’air frais me fit du bien. J’aimais bien le château de Madame Sofog, pour les références culturelles, la décoration, le soin qui y était apporté, mais il y faisait réellement trop étouffant et trop chaud : c’était peut-être pour mieux préserver le maquillage de la demoiselle, qu’elle était sûrement occupé à refaire d’ailleurs. C’est vrai qu’à force d’effectuer un mouvement peu, voir pas du tout, naturel pour le visage de mon hôte, à savoir sourire.
Je me baladai un peu parmi les arbres et les plantes qui se pavanaient un peu partout, avant de repasser mon coup de fil : Meryl Spencer était trop occupée pour le moment pour qu’on arrange notre coup. Elle m’avait priée de téléphoner dans une quinzaine de minutes.
Ce jardin était vraiment joli. Je reconnaissais quelques espèces d’arbres que j’avais du sûrement étudier en cours de survie, afin de savoir ce que l’on pouvait en faire. Après une dizaine de minutes, j’arrivai à la conclusion que quelque chose clochait dans ce jardin. Pas dans le jardin en lui-même. Plutôt dans l’ensemble du domaine. Je n’avais jamais vraiment étudié l’architecture des jardins, donc j’avais du mal à dire ce qui me perturbait. Peu importe, cela n’avait aucune espèce d’importance… Du moins pour le moment.

Je ressortis mon GSM de ma poche, retapai le numéro du campus, en redemandant ma responsable de formation, tout en devant retrouver mon numéro de matricule, et enfin j’eu la personne désirée au bout du fil.

-« Coucou, maman » j’espère qu’elle rentrerait dans le jeu, ce qu’il fit magnifiquement à mon plus grand bonheur personnel.
-« Coucou, chéri. Alors c’est comment chez cette styliste ? » demanda-t-elle d’une voix remplie de fierté pour son fils qui a gagné un concours. On aurait pu croire qu’elle avait fait du théâtre pendant de nombreuses années, d’ailleurs. Je croyais presque entendre la voix de la mère que je n’avais jamais eue. Ce drôle de sentiment me permettrai peut-être de gagner un tant soi peu de crédibilité, au cas ou notre discussion était écoutée.
-« C’est chouette, elle m’impressionne vraiment, madame Soffog ! Qu’est ce que j’aimerais avoir son talent ! »
-« Mais tu l’as le talent, mon amour, regarde : tu as été le grand vainqueur du concours ! » disait-elle d’une voix fondante et mielleuse. J’eu presque peur d’avoir Amanda à l’autre bout de la ligne, tellement cela lui ressemblait.
-« D’accord, tu as peut-être raison. Enfin peu importe, l’essentiel est que je profite de ce week-end, n’est ce pas ? »
-« Tout à fait ! Donc demain, je viens te chercher à 15h devant l’usine What’s Up, c’est ça ? »
-«C’est ça, oui. Tu peux toujours vérifier sur les papiers. S’il y a un changement, je t’envoie un sms ! »

-« Jeune homme, est-ce que je vous dérange ? »
-« Pardon ? » qu’est ce qu’elle racontait donc Meryl, était-elle devenue folle, où c’est moi qui entendais des voix ?
La voix était différente, moins aimable, ou trop aimable justement, pour être vrai. Ce ton cristallin, mielleux, faux. Je me retournai, pendant que Meryl me lançais un « Allo » face à mon silence étrange.

Amanda, personne d’autre, était plantée là, ses bottes dans la boue- une paire gâchée, c’était bien fait pour elle- à me parler.

Je raccrochai vite en lançant un « Désolé, j’dois filler, on se retrouve demain ! » à Meryl. Elle était suffisamment intelligente pour comprendre. Mon téléphone fila vite fait dans la poche de mon pantalon. J’allais lui dire que j’étais désolé, mais elle ne m’en laissa pas le temps, parce qu’elle renchérit avec son éternelle même voix, en m’invitant à dîner avec elle, ce que je m’empressai d’accepter, histoire de pouvoir me racheter, et surtout, surtout, racheter la réussite de la mission.

Elle se retourna donc et avança vers le château, et, une fois à l’intérieur dans une partie dans laquelle je n’avais encore jamais été : la grande salle à manger, avec la longue table en bois brun foncé qui courrait d’un bout à l’autre de la pièce, également richement décorée. Des tableaux, des références à des cuisines françaises et anglaises, suffisamment renommées pour que leur nom dise quelque chose à quelqu’un qui n’y connaissait vraiment rien en cuisine, à savoir moi.
Elle me regarda droit dans les yeux. Je savais que quelque chose avait changé, et la situation s’était détériorée. Mais, sa question était une voix toute ouverte pour pouvoir étaler ma culture comme du chocolat sur une tartine, et ainsi lui faire plaisir, comme le pain à la pâte aux noisettes. Qu’avais-je pensé du jardin ? J’avais trouvé ce qui clochait, c’était une très bonne chose pour lui en faire tout un exposé

-« Votre jardin ? La visite en était agréable, en effet. Mais quelque chose m’a surpris, et j’ai mis quelques minutes à comprendre le pourquoi de ce trouble pour le moins étrange : votre intérieur est plutôt français, mais le jardin est typiquement anglais, puisqu’il va à contre-pied d’un jardin français qui est fait dans les règles de l’art ! Pourtant, de nombreux éléments indiquent les inspirations de ce parc : les roses, les plantes grimpantes, l’abondance de plantes, les haies. Tout ça fait que l’on ne peut se tromper sur l’orientation qu’a pris le jardinier en dessinant les plans. J’aime bien les haies taillées à l’entrée, elles rappellent ce chouette film de Tim Burton, Edward Aux Mains d’Argents. Bref, la promenade fut bien enrichissante. Vos chevaux sont très beaux aussi. »

Comment je connaissais ça, moi ? On avait lu un texte en anglais là-dessus au cours de la langue de Shakespeare. Ce texte m’avait ennuyé à l’époque, mais là, de suite, j’y portais un intérêt bien plus grand.

-« Quand à mon coup de téléphone » rétorquai-je lorsqu’elle aborda ce sujet « C’était ma maman, qui m’a téléphoné pour voir si tout se passait bien, rien de plus. Aussi, je suis désolé de mon retard au souper. J’ai hâte de goûter la cuisine en tous les cas » petit changement de conversation subtile « cela se promet d’être extrêmement délicieux, et subtile, comme le reste du château. Et puis, contrairement à ce que beaucoup prétendent, la cuisine anglaise peut-être très raffinée si tout est correctement préparé.»


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:37


Amanda commençait déjà à se lasser de la présence du jeune homme chez elle. Son élan maternel envers le gamin était vite passé finalement, terrassé par son aversion générale pour les enfants. Ce simple coup de fil lui avait rappelé que le gamin avait une mère, qu'Amanda n'était pas la seule femme dans sa vie, et cela lui brisa le coeur - oui mes enfants, carrément brisé le petit coeur. La vieille femme allait donc s'acquitter de son devoir comme prévu, mais elle ne ferait plus aucun zèle, elle ne se laisserait plus attendrir par ce gamin trop parfait. Elle s'installa avec raideur à sa place à l'extrémité de la table, avec cet air pincé qu'elle maîtrisait si bien : cet air de grande dame hautaine qui fait bien sentir sa supériorité à quiconque l'approche. Elle s'élevait encore plus au rang des gens qui ont perdu toute humanité.

Le premier plat fut servi par Bernard, c'était une salade assez fournie qu'Amanda avala avec avidité. De la sauce luisait de chaque côté de sa bouche sur-maquillée mais elle ne s'en rendait pas compte, comme à chaque repas. A la fin du plat, elle prit sa serviette du bout des doigts et tamponna ses lèvres d'un geste précieux toujours aussi pincé, ce qui eut pour seul effet d'étaler la sauce à salade en petites taches concentriques grasses.

Antoine lui fit alors un exposé détaillé sur son jardin, qu'elle n'écouta que d'une oreille. Blessée dans son orgueil, elle n'en avait plus rien à faire de cet avorton... Non, elle n'allait pas se fatiguer pour lui. En plus, son analyse ne lui convenait pas du tout. Son jardin anglais avec un jardin français à l'intérieur ? C'était n'importe quoi, ça équivalait à une insulte à peine voilée. Amanda ne pouvait souffrir ce genre de discours plus longtemps, c'est pourquoi elle se ferma hermétiquement aux paroles de son jeune invité, comme elle savait si bien le faire : sourire, acquiescer poliment, sans rien entendre de ce que l'autre dit. Une technique imparable.

" - Je suis absolument ravie que ce jardin vous plaise, mon jeune ami. "

Et ce ponctué de son célèbre sourire-grimace. Rien ne pouvait distinguer son attitude actuelle de son attitude de la matinée, même si son état d’esprit était radicalement différent. C’était ça, la puissance du paraître qui prime sur tout le reste. Le marmot esquissait alors une excuse, en expliquant qu’il parlait avec sa maman. Amanda s’en était doutée, elle en était toujours aussi peinée. Elle s’en fichait de sa maman, elle aurait voulu être la seule source d’attention du garçon pour le week-end. Mais ce n’était pas le cas, alors qu’il aille au diable… Il fit alors un speech sur la cuisine française. Oh, les compliments et les commentaires positifs et enjoués n’effleuraient même plus Amanda. Ca équivalait aux sempiternelles appréciations des médias, ça n’était jamais sincère, même de la bouche d’un enfant, la vieille femme n’y croyais plus. Elle se contenta d’une jolie tirade sur les bienfaits de la cuisine anglaise sur la santé, histoire de rester dans le bain et de faire la conversation pour sauver les apparences, mais le cœur n’y était pas. Cependant, ça ne se voyait pas, venant d’elle tout se valait.

Bernard apporta le second plat, avec la viande. Amanda craignait le pire, et elle avait raison. Elle avait passé tellement de temps à attendre ce gamin de malheur (tellement de temps à se remaquiller en fait, mais c’était de la faute d’Antoine, naturellement) que la viande parfaitement préparée par Bernard avait refroidi, il l’avait fait réchauffé pour qu’elle reste chaude, et au final… La viande était affreusement trop cuite. Amanda en porta une minuscule bouchée à ses lèvres pincées, elle mâcha avec son air précieux avant de déglutir difficilement. Elle ne mangerait pas une bouchée de plus de cette viande plus assez tendre pour elle. Elle en voulait hargneusement à Antoine qui avait fait trop cuire la viande en la faisant languir si longtemps (oui oui, c’était tout à fait de sa faute, à lui et lui seul). Elle évita de trop faire sentir son mécontentement, ce qui était cette fois mission impossible pour elle. Le dessert sauva la mise d’Antoine, le pudding était parfaitement réussi, ce qui égaya un peu plus la maîtresse de maison.

L’après-midi pouvait commencer. Amanda exposa donc le programme à Antoine :
" - Mon jeune ami, vous devez savoir qu’une femme d’affaire travaille même le samedi ! "
Léger rire cristallin sonnant parfaitement faux.
" - Je vais donc devoir passer l’après-midi dans mon bureau pour régler quelques aspects administratifs. Si cela vous intéresse de suivre mes activités les plus ennuyeuses, vous pouvez me seconder, mais il vous est également tout à fait permis de profiter de votre après-midi comme bon vous semble : vous avez quartier libre, ma demeure vous appartient ! Comment désirez-vous occuper votre temps ? "

Le sourire d’Amanda était toujours aussi large et aussi faux. Elle n’attendait aucune réponse particulière, l’une comme l’autre la laissait indifférente, maintenant qu’elle avait décidé que ce garçon ne lui plaisait pas plus que les autres enfants.


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:37


Quelque chose avait changé, je ne saurais dire quoi, mais j’en étais persuadé. Elle était moins vraie de nouveau – ou au contraire, elle redevenait la femme que je n’aimais pas, la vraie Amanda- son sourire était à nouveau factice, il n’y avait plus la grimace de tout à l’heure, sa voix avait de nouveau ce ton mielleux…. Plus faux cul que ça tu meurs. Elle semblait néanmoins croire que la comédie était son truc, et je dois bien avouer que si je n’avais pas été formé à reconnaître quelqu’un qui joue la comédie, je serais tombé dans le panneau. Si elle n’avait pas eu son talent de créatrice hyper branché, elle aurait pu être actrice de théâtre. Encore que, elle ne semblait savoir jouer que cet air là. Or, dans le sixième art, il y a beaucoup plus de sentiments et d’émotions à transmettre que dans son jeu. C’est sans doute ça qui me mettait la puce à l’oreille : il n’y avait aucune onde positive qui ressortait de son sourire et de sa voix enjouée : on aurait pu mettre une statue souriante avec un son préenregistré que ça m’aurait fait pareil : rien du tout.

Mais puisqu’elle voulait jouer à Shakespeare, j’allais jouer avec elle. Une improvisation tout seul, c’est pas drôle ! Que faire alors? Comment réagir ?

Plusieurs choix s’offraient à moi, je devais décider rapidement pour que ça paraisse le plus naturel possible.
La première était tout simplement de continuer à jouer l’hypocrite au même titre qu’elle, de jouer le lèche-botte, le petit garçon parfait pour essayer de la séduire. Quelque chose me disait néanmoins que c’était trop tard… (Qu’est ce qui avait bien pu lui faire changer d’avis comme ça d’ailleurs… Mon coup de fil ? Mais pourquoi donc ?*)

Quoi d’autre ? De devenir méga rebelle, pour lui montrer que je peux être tout aussi versatile qu’elle si j’en ai l’envie. Mais je ne vois pas trop où cela pourrait me mener. L’énerver peut-être… L’agressivité peut amener à révéler des éléments top secrets qui pourraient bien faire avancer l’enquête. En contre partie, cela pourrait bloquer complètement l’opération, ou me faire sortir de la bouche des mots qui me mettraient dans une situation plutôt délicate. Lui révéler que je fais partie de CHERUB serait terrible. Nous ne sommes pas dans Harry Potter, on ne peut pas lui jeter un sort d’amnésie. Mais je serais probablement exclue du campus, et placé dans une famille d’accueil. En avais-je vraiment envie ?

Dans une autre optique, rester neutre, ne pas montrer ce que je veux, être aussi indifférent qu’elle, pire pour la dame, en être complètement indifféré, la honte ultime pour quelqu’un d’aussi connu. Mais bon, cela ferait étrange : pourquoi avoir été lèche-cul au début alors ? Pour m’attirer les bonnes grâces ? C’est plutôt raté ! …. Ou bien… La pousser dans son propre piège !

-« Je ne sais pas, je vais faire une sieste, je pense… Toute cette journée m’a fatigué à vrai dire, et j’ai encore plein de choses à découvrir cet après-midi et demain, alors autant être en forme, n’est ce pas ? »

Je la regardai intensément. Ses yeux ne rejetaient aucun sentiment particulier. Je décidai donc d’aller plus loin dans la provocation douce :

-« Mais vous ne semblez pas satisfaite, vous semblez peu à votre aise… Que se passe-t-il donc ?»

Mes yeux étaient pleins de malice et lui jetaient des petits coups d’oeils vicieux. Je voulais la provoquer. Qu’elle sorte un peu de ce rôle préfabriqué, même si d’avance, je crois que c’est peine perdue. Je n’avais, quoi qu’il arrive donc, rien à perdre.

-« Ai-je fais quelque chose de mal ? » continuai-je sur ma lancée.







*Antoine n’a jamais eu de maman, il ne pourra donc jamais comprendre ce que ressent Amanda…


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:37


Amanda attendant patiemment, les poings sur les hanches, l’air neutre. Elle était contente de son petit coup de pub qui était bien passé au près des médias. Elle n’avait donc rien contre son visiteur, mise à part son âge, mais au fond ça n’allait pas vraiment changer ses habitudes. Elle préférait toujours avoir un petit garçon intelligent chez elle à un imbécile, même s’il l’avait beaucoup déçu. Elle n’avait jamais été très maternelle, elle allait continuer son petit train-train quotidien pour le week-end, et le morveux était libre de traîner dans ses pattes ou pas, quelle affaire ! Ca n’avait aucune espèce d’importance pour Amanda.

Alors, lorsqu’Antoine fit part de son désir d’aller se reposer, Amanda n’en fut pas déçue le moins du monde. Elle sourit de son air factice préféré, elle était peut-être même satisfaite pour le coup, elle serait plus tranquille pour travailler. C’était toujours plus facile sans gamin dans les pattes ! Alors non, cette journée n’aurait pas pu mieux tourner. De toute façon elle avait un contrôle total sur tout ce qui gravitait dans sa petite vie bien rangée, rien ne pouvait déranger ça. Ce petit garçon elle l’avait voulu après tout, ce n’était que la besogne découlant de son superbe coup de pub, et une besogne qui se révélait plus légère qu’elle l’aurait cru – surtout si le gamin passait son après-midi à dormir !

« - Parfait, je vous laisse rejoindre vos appartements alors ? Mais je vous rassure, vous n’aurez pas grand-chose de plus à découvrir cet après-midi. Mais demain, qui sait… il vaut mieux être en forme vous avez raison. »

Petit clin d’œil parfaitement hypocrite, soulignant les pattes d’oie impressionnantes de la vieille femme. Elle s’apprêtait à se diriger vers son bureau lorsque le jeune homme l’apostropha. Elle resta hébétée un court instant, qui en fait n’était pas si court que ça. Elle ne comprenait pas les dires de son invité. Pas satisfaite ? En quel honneur ? Elle était satisfaite de la réussite de la promotion du pull, de la prospérité de son entreprise, de l’autonomie apparente de son jeune invité. De quoi pourrait-elle bien se plaindre ? Du fait qu’il l’avait relégué à la place de simple hôte et pas de première femme au monde à ses yeux ? Non, ça, elle n’y pensait déjà plus. Elle se fichait comme d’une guigne de ce qu’il pouvait bien penser d’elle, depuis l’instant où elle l’avait surpris au téléphone. Alors non, même en réfléchissant, elle ne comprenait pas où le garçon voulait en venir. Son quotidien était en marche, celui qu’elle s’était choisie, elle était satisfaite, comme une femme d’affaire peut l’être par l’argent.

« - Mais non mon enfant vous n’avez rien fait de mal, qu’est-ce qui peut bien vous faire penser ça ? Je n’ai aucun motif d’insatisfaction, tout va bien pour moi je vous en remercie. »

Enorme sourire-grimace factice. Son air d’incompréhension était en revanche tout à fait sincère et spontané. Non, elle n’attendait rien de plus, sauf la possibilité d’atteindre enfin son bureau où elle pourrait régler les affaires du jour.


[HJ : En effet ça paraît logique qu'Antoine puisse pas comprendre ça, mais en même temps s'il avait eu une mère il l'aurait pas mieux compris. Une mère digne de ce nom ne souhaite en aucun cas être la seule source digne d'admiration pour son enfant x') ]


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:38


Je ne répondis rien, mais ses paroles m’avaient laissé perplexe, je dois bien l’avouer. Ses mots restaient gravés dans ma tête, se répétaient, rebondissaient, se déformaient. Cela finissait par me donner mal à la tête.

Citation :
Vous n’aurez pas grand-chose de plus à découvrir cet après-midi. Mais demain, qui sait… il vaut mieux être en forme vous avez raison.

Les mots se retournaient, s’inversaient, mais surtout, surtout ne voulaient pas partir. Se doutait-elle de quelque chose ? Mais comment ? Elle avait écouté l’appel téléphonique ? Dans ce cas, j’étais perdu, démasqué. Et cela expliquait peut-être son étrange humeur une fois à table.
Bon, il fallait que je me calme. C’était mon imagination qui me jouait des tours, il ne s’était rien passé. Elle ne se doutait de rien, tout se passait pour le mieux du monde.
Je me levai et me dirigeai vers ma chambre sans un mot, sans un bruit.

Je n’allais pas faire la sieste. C’est maintenant que commençait la véritable opération : la pose de micros, éventuellement l’archivage de son disque dur sur ma clé USB, des photos, de l’exploration, toutes ces joyeuses activités là. M’être perdu dans le château n’avait rien de suspect, en revanche, il ne fallait pas que l’on me surprenne en pleine activité d’espionnage.

Le lit à baldaquins bien confortable, bien douillet, m’appela automatiquement une fois rentré dans la chambre. Mais je ne pouvais pas. Je fis exprès de me retourner pour ne plus l’avoir dans mon champ de vision. Je me dirigeai vers ma valise, dans la poche secrète bien camouflée, pour récupérer mon matériel. La technologie avait fait que tout était devenu microscopique, invisible à l’œil nu une fois posé et sorti de son emballage. C’était sans doute plus fragile. Je pris aussi mon plan, pour voir où je me situais, et pour sélectionner les pièces les plus stratégiques du bâtiment : Hall d’entrée, Salle de réunion (je l’avais vue en passant dans les couloirs), salle à manger, salon, etc.

Il était temps de me mettre en route. Je priais pour ne pas me faire prendre par un des majordomes. J’avais une dizaine de micros à mettre en place, je devais vraiment bien choisir les lieux où les placer. La destination finale serait le bureau d’Amanda, pour copier tous les fichiers de son ordi sur ma clé.

Il était temps de se rendre quelque part, et je décidai tout simplement de commencer à explorer le troisième étage. Je montai les escaliers recouverts d’un tapis rouge. C’était parfait, le bruit de mes pas était absorbé. Le revers de la médaille était que je n’entendrais pas quelqu’un arriver.


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:38


Amanda resta encore quelques secondes, attendant une explication de la part du jeune homme, ou une quelconque justification de ses propos précédents. Mais rien n’arriva, le petit semblait tétanisé, surpris, en pleine réflexion, ce que la vieille femme ne comprit évidemment pas. A quoi réfléchissait-il encore ? Il semblait se compliquer la vie pour rien. Tant pis pour lui.

« - Bien, je vous laisse donc, vous pouvez disposer du reste de la journée comme il vous plaira. Vous pouvez toujours passer me voir dans mon bureau si vous avez une question, une remarque, ou simplement si l’envie vous en prend. J’espère que ce début de séjour vous sera agréable. »

Phrases mécaniques sorties avec son célèbre sourire factice qui allait d’une oreille à l’autre. Amanda se retira alors dans son bureau, celui qu’elle avait fait visiter dans la matinée à Antoine. Elle s’assit sur son large fauteuil moelleux et entreprit de remplir quelques papiers concernant la nouvelle collection de pulls. Les prototypes avaient été validés, la production à plus grande échelle était lancée mais il fallait surveiller les produits et faire des contrôles de qualité fréquents à chaque étape de la chaîne. C’était ça aussi son image de marque, une qualité à toute épreuve. Elle envoya donc quelques mails aux chefs de services de chaque département, ce qui correspondait à chaque étape de conception, pour demander un nouveau contrôle à effectuer dans la semaine. Cinq minutes après, n’ayant pas reçu de réponse immédiate, elle téléphona à son responsable de production – elle n’avait toujours pas compris que le personnel qui travaillait n’avait pas le temps de regarder leurs mails toutes les trente secondes.

« - Martin, vous avez bien reçu mes mails ? Eh bien, il faut les consulter régulièrement mon cher ami… oui voilà, nouveau contrôle qualité pour la semaine prochaine… oui à toutes les étapes de la chaîne. Oh, et j’espère que vous n’avez pas oublié la visite de l’usine de notre gagnant du concours demain ? Bien… oui évidemment l’usine ne tourne pas le dimanche, mais faites venir quelques responsables, il faut tout de même que j’aie quelque chose à présenter à mon jeune invité… J’apprécierai que vous y soyez par exemple. Vous pourrez lui expliquer votre travail, le fonctionnement de la production, ce sera certainement intéressant. Oui évidemment n’ouvrez pas toutes les salles, nous sommes dimanche tout de même, vous n’ouvrez que les quartiers de l’usine les plus intéressants. … C’est un jeune garçon de 10 ans, il s’appelle euh… »

Amanda souleva quelques piles de papiers avant de retrouver un courrier qui lui rappela le prénom de son invité.

« - Antoine. Oui il est jeune mais très intelligent. Voilà, les médias sont partout et ils ont des antennes improbables, il faut toujours soigner l’image de l’entreprise on ne sait jamais. Oui vous avez tout compris. Merci Martin. Les quotas de la semaine seront-ils tenus ? Ah, vous êtes un peu en retard… Un problème de machine ? Demandez à Pedro de réparer ça, il est doué de ses mains il saura le gérer… Eh bien donnez-lui des gants en cuir, un peu d’initiative, pour l’amour de Dieu, Martin ! Oui voilà bonne réaction. Pas d’accident non ce n’est pas le moment. Si vous accusez un léger retard, rattrapez-le la semaine prochaine sans faute. Oui vous remplacerez quelques employés sinon, la main d’œuvre ne manque pas. Un peu de pression ne fait pas de mal. Nous sommes d’accord. Merci Martin, travaillez bien. »

Amanda raccrocha avec un long soupir las. Cette conversation l’avait exténuée. Elle était toujours fatiguée de constater qu’avec autant de personnel, elle devait toujours tout gérer dans cette entreprise. Elle était la patronne certes, mais ses subalternes auraient dû gérer ces petits contretemps sans son intervention ! C’était désespérant. Malheureusement elle ne pouvait pas remplacer ses cadres, elle mettait trop de temps à accorder la confiance de quelqu’un, et malgré leur incompétence, elle les savait entièrement dévoués, elle ne pouvait pas prendre le risque de changer une personne en haut de l’échelle. Et puis, quand on lui expliquait, Martin comprenait bien ce qu’elle voulait et il savait la satisfaire… pas seulement au travail d’ailleurs… Amanda était une femme de pouvoir, elle adorait avoir le contrôle des hommes, dans la vie de tous les jours comme au travail, elle aimait accaparer une personne et être le centre de son attention. Elle avait réussi avec son chef de production, échoué avec Antoine. On ne peut pas tout avoir…

Elle replongea dans ses papiers, chaussant ses lunettes loupes à 600€ la paire (monture rouge d’une classe internationale) du bout du nez. Elle passa ainsi le reste de l’après-midi à survoler ses papiers et à apposer sa signature en bas, à faire quelques annotations pour le personnel. La pile de gauche rapetissait à vue d’œil, celle de droite grossissait. A la fin de l’après-midi, elle rappela Martin.

« - Vous passerez à la maison au plus vite Martin, vous prendrez des papiers qu’il faut distribuer aux différents services. Non mon cher vous ne pourrez pas rester, j’ai un jeune invité à demeure, je suis déçue de devoir vous le rappeler. C’est cela, à tout de suite. »

Puis Amanda descendit de son bureau et sonna son majordome.

« - Bernard, Martin va bientôt arriver, vous l’accompagnerez jusqu’à mon bureau et vous lui donnerez la pile de papiers. Je ne veux pas le voir ce soir.
- Bien Madame, le thé est prêt.
- Merci Bernard, savez-vous où se trouve Antoine ?
- Il doit être dans sa chambre…
- Bien, vous commencerez à préparer le souper ensuite.
- Bien Madame. »

La vieille femme se mit donc à chercher son invité pour prendre le thé, et ce avant le repas du soir. Elle ignorait encore où elle allait le trouver, mais espérait que ce serait rapide. Elle n’avait aucune envie de fouiller le château pour retrouver le morveux.


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:39


J’avais passé l’après-midi à poser mes micros. Personne n’était apparu. Tout s’était bien passé. Mais restait maintenant la tâche la plus difficile : s’attaquer au disque dur de l’ordinateur d’Amanda.

Le temps que je me repère sur mon plan et que je marche jusque là-bas, j’essayais de trouver une excuse valable pour la faire sortir de son bureau. J’espère que le transfert serait rapide…

Madame, y a le feu ; Madame, votre majordome vous appelle ; Madame, j’ai soif, où puis-je donc trouver de l’eau ? ; Madame, y a un voleur ; Madame, … C’était pathétique, peu crédible, irréaliste. Allez, je n’avais pas un peu plus d’imagination ? Je me décevais moi-même là !

Rien n’allait, aucune idée lumineuse tant attendue ne vint à temps, si bien que j’arrivai déjà sur place, devant le petit panneau en or plaqué indiquant le lieu de travail de Mademoiselle Sofog. Il allait falloir trouver une excuse sur place. À moins qu’elle ne soit déjà partie ? Il n’y avait qu’un moyen de le savoir. Je repris mon souffle profondément, et frappai à la porte. Si Amanda l’invitait à rentrer, il devrait trouver une excuse en deux secondes. Vu les résultats précédant, il y avait peu de chances que ça marche.

Silence. Soupir de ma part. Jusque là, tout allait bien. Je poussai doucement la porte de l’Antre d’Amanda.
Je me précipitai à l’intérieur, et refermai la porte derrière moi. Et j’étais de retour dans la grande pièce habillement décorée. L’ordinateur d’Amanda trônait sur son bureau, là, juste devant moi.

Je me précipitai dessus. J’avais juste envie d’en finir et de rejoindre ma chambre pour pouvoir me reposer la conscience tranquille. Là, seulement, je serais vierge de tous soupçons.

Je sortis la clé USB de ma poche. Heureusement, l’ordinateur de la créatrice était encore allumé. J’étais sur que tous les fichiers importants étaient protégés par des mots de passe compliqués. Heureusement, ceci n’était pas un problème. Il était là, le port USB. Il y avait déjà une clé, je la retirai simplement, et la déposai sur le bureau. Et je glissai la mienne dans la machine.

Immédiatement, l’écran se ranima. Quatre colonnes avec des chiffres défilant à toute vitesse apparurent lorsque le ver solitaire- ou ce que contenait cette clé- alla s’infiltrer au cœur de la bête, aspirant toutes les informations possibles. Soudain, mes oreilles tressaillirent. J’entendais du bruit dans le couloir, sans pouvoir définir ce que c'était. Mes sens s’affolèrent, je tremblais, je transpirais. Il ne fallait pas que je sois pris, sinon, c'était la fin. Ma respiration se fit plus forte, plus saccadée. Et la barre de progression n’avançait pas.

*Avaaaannnccceeeee bordel!*

Elle m’avait dit quoi, Meryl? Une demi-minute pour tout transférer. Ça me paraissait des heures…

Finalement, pas de traduction; enfin un gros mix. x)


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:39

[Honte à moi, ça fait si longtemps que ça que j'ai pas répondu ? x'D Haaan my god ce nouveau carré d'écriture tout blanc est affreux, qu'ils sont cons sur forumactifs avec leurs mises à jour pourries...]




Amanda avait tout juste commencé à chercher son invité que la clochette de la porte d'entrée tinta. Comme prévu, Bernard accueillait Martin, la vieille femme l'entendait des escaliers. Elle se dirigeait vers la chambre du gamin, frappa poliment avant de pousser doucement la porte - des manières qui n'entraient pas dans ses habitudes dans son propre château, mais elle devait faire des efforts pour la bonne cause, la cause médiatique, la seule cause valable pour lui faire changer ses habitudes… Antoine n’était pas dans sa chambre. Cela eut le don d’exaspérer Amanda qui laissa échapper un claquement de langue agacé, un petit bruit qui énervait son entourage avec force, mais personne n’osait le lui faire remarquer.

Soupirant d’agacement, elle décida de passer dans son bureau pour prendre un papier au vol. Elle croiserait sûrement Martin qu’elle avait décidé d’éviter ce soir, mais qu’importe, elle était trop énervée après son invité pour s’en soucier. Remontant le couloir qui menait au bureau, elle vit effectivement Martin qui lui tournait le dos. Elle n’allait pas l’appeler non plus. C’est alors qu’elle se figea dans le couloir, incapable d’esquisser un pas de plus. Martin venait d’ouvrir son manteau pour découvrir en dessous son corps nu, vêtu uniquement de bas-résilles. C’était un coup qu’il lui faisait de temps à autres, il savait qu’elle aimait ce genre de surprise. Amanda bouillait intérieurement, elle n’en revenait pas de ce comportement audacieux alors qu’elle l’avait prévenu par téléphone qu’elle avait un invité chez elle ! L’imbécile entra dans le bureau dans cet accoutrement, alors qu’elle n’y était pas. Heureusement le bureau devait être vide. Amanda reprit son chemin d’un pas pressé, elle désirait remettre Martin à sa place au plus vite. Elle entra dans le bureau et se figea une seconde fois, découvrant son collègue nu vêtu de ses bas-résilles, figé devant le petit Antoine qui se tenait debout derrière le bureau. Qu’est-ce que le gamin fichait là ? Et comment allait-elle rattraper ça ? Pragmatique, elle réagit rapidement. Elle ramassa le manteau de Martin devant la porte du bureau et le lança sur les épaules de son collègue, qui se couvrit au plus vite. Puis elle se mit à vociférer après son invité – on l’avait rarement vue aussi en colère…

« - Antoine, que fais-tu là ?! Je t’attendais en bas pour le thé ! Viens immédiatement ! »

Elle attendait une excuse crédible, cela va sans dire. Sa colère était décuplée par la gêne de l’instant précédent. Elle tira son invité par le bras jusqu’à la salle à manger où elle lui servit un thé fumant, plus très chaud cependant. Accrochée aux lèvres du garçon, attendant ses explications, elle entendit à peine Martin se retirer avec les papiers qu’il devait venir chercher au bureau. Il faut dire que les pas de ce dernier étaient particulièrement silencieux, comme s’il rasait les murs.


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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:39

Enfin, il avait fini, personne ne m’avait choppé, tout allait pour le mieux… jusqu’à ce qu’un homme, inconnu au bataillon pénètre dans la pièce, pendant que je me dirigeais vers la porte. Paniqué à l’intérieur, je n’affichais pourtant rien à l’extérieur. Merci l’entraînement initial et les cours de théâtre !

Mais ça, c’était avant que l’homme se tienne tranquille. N’ayant visiblement pas vu qui était derrière le bureau – après tout, cela ne pouvait être personne d’autre qu’Amanda elle-même – il déboutonna sa veste… Et il n’y avait rien derrière. Enfin aucun vêtement, quoi. Il y avait un mec à poil devant moi. Il n’était pas trop vieux. Il avait un corps plus ou moins en forme, et bien que ça tête n’était pas très belle, le tout me fit quand même de l’effet. C’est quand même pas toujours facile de préférer les garçons… Une arrière-pensée, parmi d’autres qui jaillissaient en un coup dans ma tête, afficha ce cher Soan dans ma tête. Stop, il fallait que je chasse tout de ma tête, que je trouve quelque chose à dire.

Et puis, il ne manquait plus qu’Amanda, qui déboula tout d’un coup, l’air furieuse. Je venais de perdre à tout jamais son affection je crois. Tant pis, j’allais essayer de limiter les dégâts, et de ne pas faire échouer la mission tout de même. Cet homme dévêtu, qu’elle s’empressa de revêtir vite fait, éveilla ma curiosité. Qui était-il ? Son mari, son amant ? Surement pas son mari, il était mort. Avait-il quelque chose à faire avec What’s Up ? Amanda me prit par le bras et me traîna dehors. Ce n’était pas très décent comme manière. Nous passions rapidement devant le monsieur, et un réflexe divin me fit prendre un moucheron dans ma poche et le coller je ne sais où sur lui. C’était trop discret pour qu’il remarque quelque chose.

J’aurais pu la provoquer en lui disant que j’étais choqué par la violence qu’elle usait sur moi à l’instant présent. Ce n’était pas du tout le cas. Elle attendait des excuses. Au plus simple, au mieux sans doute. En plus, cela me permettrait de revenir sur le sujet principal de ma présence ici.

-« Je vous cherchais, Madame, parce que ma curiosité et ma soif de savoir me poussait à vous poser quelques questions sur What’s Up. C’est quand même la raison de ma présence dans votre demeure. Je me disais que vous étiez sans doute dans votre bureau, je vous ai donc cherché là-bas… »

Quelle belle phrase quand même, avec du beau vocabulaire, en plus. J'étais assez fier de moi. N'oublions pas que j'étais un gosse de riche parfaitement bien éduqué!


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:39


Amanda était furieuse, mais lorsqu’Antoine ouvrit la bouche, ses paroles mielleuses et innocentes la radoucirent immédiatement. Elle lâcha le bras du jeune garçon qui s’installa au salon en face de la maîtresse de maison. La vieille femme appréciait le gamin finalement. Elle n’aimait pas ses manies d’aller se balader dans le château, elle aimait bien savoir où étaient précisément ses invités quand elle en avait. Après tout, cette demeure était SON territoire, elle voulait absolument tout contrôler à l’intérieur. Mais le petit était poli et intéressé, ce qui rattrapait à peu près ses maladresses et son insolence passagère. La vieille Amanda s’adoucissait-elle avait l’âge ? Ahem.

Bernard servit le thé à la maîtresse de maison et à son invité. Amanda lança une conversation bien instruite sur l’histoire du village, dont le château était le centre. Elle écoutait presque joyeusement les remarques intelligentes du garçon, avec son éternel faux sourire/grimace. Cette longue discussion eut au moins le mérite de calmer les ardeurs de la vieille femme… son autorité naturelle la rendait vite agressive et infecte, mais une discussion culturelle avec un gamin innocent comme Antoine était un remède miracle pour brosser dans le sens du poil et calmer la dame. Bernard observait d’ailleurs le gamin du coin de l’œil, observant comment il parvenait à calmer habilement son hôte.

Ainsi, Amanda accapara l’enfant pendant quelques heures. Il avait tellement galopé dans tous les coins du château que la vieille femme n’avait pas l’intention de le lâcher de la soirée. C’est ainsi qu’arriva l’heure du dîner. Bernard appela sa maîtresse et son invité à table. Cette dernière était dressée somptueusement, avec goût et raffinement d’un point de vue ancien, ou d’une manière totalement ringarde d’un point de vue plus jeune. En tout cas, Amanda était très satisfaite des efforts de Bernard et l’en remercia d’un signe de tête, marque d’appréciation à laquelle il n’avait droit que deux à trois fois l’année tout au plus. La journée du majordome en fut durablement éclairée. Le dîner se déroula dans le calme, la discussion était plus sporadique mais toujours aussi finement cultivée. Finalement, une fois le dîner terminé, Antoine eut enfin le droit de prendre congé de son hôte pour aller se coucher. Amanda l’imaginait fatigué, après cette journée riche en creusage de crâne, surtout en cette fin d’après-midi où le jeune homme n’avait eu aucune pause. La vieille femme l’accompagna jusqu’à la porte de sa chambre, où elle lui déposa un baiser sur le front en lui souhaitant une bonne nuit. Aussi improbable que ça puisse paraître, même avec tous ces accrochages, la vieille femme commençait à s’attacher au garçon…

Après cette longue journée, Amanda se retira dans sa chambre, ou plutôt dans la salle de bain attenante, où elle se démaquilla intégralement. Après une nouvelle douche, elle enfila sa robe de chambre de soie et se blottit dans ses draps de satin. Elle eut un peu de mal à s’endormir, elle songeait au déroulement de la journée suivante. Ce dimanche à l’usine était un peu plus inquiétant pour elle…

[Yawp pour moi c'est la fin de ce sujet, tu peux y répondre une dernière fois pour le clôturer définitif, après quoi j'ouvrirai le sujet du dimanche Wink]


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:40

J’étais assez fier de moi, pour le coup. En une seule phrase, j’avais réussi à remonter dans son estime. Elle s’était considérablement radoucie d’un coup. Il était moins une…

Nous nous installâmes dans le salon, et le moulin à parole se mit en route. Amanda se lança dans de longues explications sur le village, sur son entreprise, sur elle-même, etc. Je pris la peine de tout enregistrer sur mon gsm, discrètement bien sûr, comme il se doit. On ne sait jamais qu’elle se permette de lâcher une ou deux infos utiles pour la mission. Mais ce qu’elle racontait était réellement intéressant. Donc, j’écoutai vraiment ce qu’elle racontait, et mes remarques intelligentes qui lui faisaient revenir son sourire factice sortaient presque naturellement. J’essayai d’un peu diriger la discussion sur ce qui m’intéressait à la base réellement, sur le but premier de la mission, mais sans paraître suspect non plus. Et l’exposé dura toute l’après-midi. Une après-midi vraiment captivante !

Puis, arriva l’heure du souper. Nous nous dirigeâmes vers la table surchargée de décorations en tout genre, qui donnait à l’ensemble un aspect assez kitch. Amanda avait l’air d’aimer. Elle devenait réellement vieille…

Mais la nourriture était vraiment délicieuse, meilleure même que celle de CHERUB pourtant incroyable. Puis vint l’heure de regagner chacun ses appartements personnels. Elle m’accompagna jusqu’à ma chambre, et au moment de se quitter, elle me déposa un baiser sur le front.

Un flot de souvenirs m’envahit soudainement mais je ne montrai rien avant qu’elle n’ait fermé la porte. Cela me rappelait déjà très désagréablement que je n’avais jamais eu de mère, qu’elle était morte au moment de ma naissance. Mais pourtant, ce bisou sur le front, je le connaissais. De ma grand-mère, qui vivait avec nous à l’époque, avant de mourir, elle aussi. Et depuis son décès, plus personne ne m’avait jamais donné de bisou ou quoi que ce soit. Ca remontait à tellement longtemps tout ça. Tellement de choses s’étaient passées depuis, avec CHERUB, et tout ça. Ce soir-là, avec toutes ces pensées qui trottaient dans ma tête, j’eu vraiment du mal à m’endormir… Pourtant j’allais encore avoir besoin d’énergie pour le lendemain.


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 19:41

Tu sais qu'il y avait aussi ce sujet là ? http://institut-mi6.forumactif.org/t95-continuons-les-belles-aventures Wink

cela dit je kiff trooooooop tes réponses, je cloture bientot mais tu peux déjà commencer le dimanche si tu es motivé Very Happy


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MessageSujet: Re: Ordre de mission   Mar 15 Déc - 20:35

Oui, ce n'est que la première partie, ici :)


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