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 Mission n°1 : Opération Barbarossa

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Jeu 5 Déc - 8:42

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Jeu 5 Déc - 9:03

Et voilà, le grand jour était arrivé... Kathleen eu du mal à s'endormir cette nuit, à vrai dire. Son sommeil, si elle l'avait trouvé, était resté fort agité et troublé de cauchemars qui auraient fait abandonner ces mission à n'importe qui. Heureusement, la directrice n'était pas n'importe qui. Autant elle était un peu la maman de substitution des agents, autant elle avait un caractère en acier trempé quand il le fallait. Elle ne perdait pour ainsi dire jamais dans la quête de ses objectifs.

Pourtant, ce n'était pas elle qui partait en mission. Mais, sans même s'en rendre compte, elle s'était prise d'affection pour ces gosses, et elle était aussi stressée qu'une mère qui envoie son gosse pour la première fois à l'école.

Ici, c'était bien pire que de simplement aller à l'école...

Elle avait appelé les deux agents concernés hier dans le bureau des missions, nouvellement aménagé, pour les débriefer sur l'opération à laquelle ils allaient participer, et pour présenter la personne qui allait les accompagner là-bas.

Kathleen avait récemment engagé le premier (et elle espérait que ce ne soit pas le dernier...) contrôleur de mission de MIS. Il s'appelait Dominik Bansemer, était allemand, et allait s'occuper des missions déléguées à l'unité B, dont faisaient partie Matthias et Gabriel.

Kathleen espérait que tout se passerait bien, et avant tout parce qu'un échec pour la première mission mettrait fort à mal MIS... Ces deux agents-là avaient une pression énorme. Mais au-delà du MIS, cela avait une importance mondiale : ces informations récoltées pouvaient peut-être sauver le monde et arrêter cette affreuse guerre!

Bon Kathleen s'emportait, mais elle était fière d'apporter son grain de sel à la résistance, et fière de ses petits bouts qui allaient accomplir tant de merveilles, mais également traverser tant d'épreuves...

Et enfin, ce matin, les deux enfants partirent avec l'allemand en voiture vers le port le plus proche, où ils prendraient un bateau clandestin vers la mer Baltique...

[Dominik Bansemer ne sera à priori pas joué dans cette mission-ci, cela dit, il peut être utilisé pour les missions futures]
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Lun 9 Déc - 13:46

Gabriel se réveilla à l'aube. Il avait eu un sommeil agité toute la nuit. Dans le dortoir, il jeta un oeil vers le lit de Matthias, pour voir s'il dormait ou pas. Décidé à en découdre, il se leva et s'habilla en vitesse. Puis, avec celui qu'il considérait comme son petit frère, il partit vers le bureau de la directrice... C'était la première mission envoyant des enfants menée par MIS. Les informations étaient maigres, Gabriel et Matthias allaient devoir ruser pour arriver à leurs fins.

Dans le bureau de Kathleen, les agents répétèrent une dernière fois les détails de l'opération. Ils connaissaient leur rôle par coeur, et Gabriel se sentait prêt. Mais il savait qu'il n'avait pas le droit à l'erreur, car la réputation du MIS était en jeu au sein du gouvernement... Cette mission devait réussir, ils n'avaient pas le choix. Dominik Bansemer était là aussi. Il avait participé à l'élaboration de la mission lors de réunions antérieures mais Gabriel le connaissait mal, il ne lui faisait pas encore confiance... Il allait pourtant devoir remettre son destin entre ses mains. C'était ça aussi, le travail d'espion... se remettre à la hiérarchie sans discuter. Ce n'était malheureusement pas dans la nature du petit blondinet...

Après des encouragements touchants de la directrice, les deux gamins suivirent le contrôleur de mission. Ce dernier les emmena vers le port le plus proche. Ici, les choses furent simples : Matthias et Gabriel étaient arrivés sur l'île en embarquant clandestinement sur un navire, ça n'était pas plus compliqué de partir de la même façon. Les gamins suivaient docilement Dominink, habillé en père de famille modeste. Il déclina de faux papiers réalisés artisanalement à l'accueil même de l'institut, et les gamins n'eurent plus qu'à suivre l'homme en baissant la tête.

Une fois à bord, Gabriel ne se sentit pas très à l'aise. Il n'avait pas trop l'habitude de la navigation, et ses deux seules expériences en la matière, avant son arrivée au MIS puis lors du PEI, ne lui laissaient pas de très bons souvenirs. Il était tendu, et espérait que cette traversée là serait moins pénible que les deux précédentes... Heureusement, la mer Baltique était calme. Le froid était piquant en ce début de mois de décembre 1940, mais le ciel était dégagé et le soleil bien présent, ce qui était assez rare dans ces contrées. Gabriel passa la traversée isolé avec Matthias pour répéter discrètement l'étape la plus importante de la mission : la première prise de contact avec la cible. Vue de l'extérieur, la scène évoquait assurément deux gamins en train de jouer entre eux dans un monde imaginaire qu'aucun adulte ne pouvait comprendre. Ils se fondaient parfaitement dans la masse des voyageurs.

La traversée achevée, le navire jeta l'ancre sur les côtes allemandes. Gabriel n'avait jamais remis les pieds dans ce pays où il avait vécu les pires moments de sa vie. Il avait la rage au coeur, et était totalement obsédé par sa mission, qu'il comptait mener à bien quoiqu'il arrive. Il était prêt à mourir pour faire ce qu'on attendait de lui. Plus rien d'autre ne comptait pour lui à présent que la réussite de l'opération. Les deux agents accompagnés par Dominik, leur père adoptif disaient-ils, prirent place dans une chambre d'hôtel miteuse de Berlin. L'installation fut rapide, Gabriel ne parlait pas, totalement concentré à la tâche qui allait suivre...

C'est ainsi que Gabriel et Matthias sortirent de l'hôtel. Dominik les suivait discrètement, de loin, en tant qu'espion expérimenté, personne ne pouvait détecter sa présence. Il jetait juste un coup d'oeil sur Gabriel et Matthias pour assurer leur sécurité, mais il ne prendrait part à aucune action selon le plan initial. Les deux gamins commencèrent donc à arpenter les rues et ruelles de la capitale allemande, prêts à aller flâner autour du lieu de travail de Paulus, c'est à dire l'un des quartiers généraux du Reich. Des adultes rôdant par ici auraient tout de suite paru suspects, mais ce n'était pas le cas de deux gamins visiblement désemparés. Ils allaient devoir essayer d'attendrir leur cible, grâce à leur histoire soigneusement préparée. En attendant la sortie de l'homme, ils faisaient mine de jouer pour passer le temps, mais leur visage morose en disait long sur leur précarité...


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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Sam 21 Déc - 21:25

La nuit fut longue et fort courte à la fois. Dans quelques heures, j’allais débarquer dans quelque chose de complètement nouveau, mais en même temps bien connue. Nous partions en mission pour l’Allemagne, mon pays natal. Je crois que personne ne savait trop à quoi s’attendre, j’étais à la fois joyeux d’y retourner, mais aussi terrifié de voir ce que ce territoire était devenu.

J’avais peur, et ce de plusieurs choses. Bref, j’étais fort confus, et les quelques rêves que je fis cette nuit – lorsque mes yeux se fermaient enfin après m’être retourné dans tous les sens – se transformaient irrémédiablement en cauchemar, où, entre autre, j’aperçu mes parents. Je me réveillai en sursaut, étouffé par cette vision que je ne souhaitais pas avoir. Des cauchemars, j’en faisais souvent, mais c’était plutôt sur les camps concentrationnaires et toute la cruauté qui l’entourait. Voir mes parents était totalement inattendu, et peu agréable, finalement. Le système m’avait un peu fait oublier tout ce qui s’était produit, et j’allais déjà mieux. Le fait de retourner en Allemagne m’avait rappelé tout ce qu’il y avait eu avant la Belgique. C’était affreux.

Gabriel semblait également réveillé, et après un croisement de regards, nous nous levâmes et nous nous habillâmes, voyant que le soleil pointait le bout de son nez dehors. Il devait déjà être sept heures et demie, puisque nous étions en hiver. En dehors de notre lit, il faisait froid, mais je crois que j’étais trop occupé à me remettre de mon cauchemar pour m’en rendre compte.

Puis, nous nous dirigeâmes sans bruit vers le bureau des missions, où étaient assis Kathleen et un homme encore inconnu. Elle nous le présenta comme Dominik Bansemer, notre contrôleur de mission, qui nous épaulerait durant notre séjour à Berlin. C’est rassurant d’avoir un compatriote avec soi, d’autant que s’il était ici, il était plus que probablement antinazi. C’était suffisant pour que je l’apprécie, ne fut-ce qu’un peu.

Nous répétâmes la mission, nos rôles, la vie de nos personnages en détail, et puis, il était l’heure de partir. Nous étions fin prêts, les valises qu’on avait préparées la veille étaient dans le coin, et Dominik nous demanda de les prendre et de le suivre. Mais avant que l’on puisse faire un geste, Kathleen nous prêt près d’elle, nous serra dans les bras, comme l’aurait fait une maman qui envoie ses gosses pour la première fois à l’école, et clôtura par un « Je compte sur vous… »

Cette phrase me fit prendre conscience que nous avions une lourde responsabilité sur le dos, et ce à plusieurs niveaux. Sur nous même d’abord : on ne devait pas se faire tuer, et notre carrière d’agent était en jeu ; sur l’institut ensuite, parce que les autorités n’avaient encore aucune preuve concrète que MIS fonctionnait bien, et que ce n’était pas de l’argent –essentiel en temps de guerre – qu’on jetait par la fenêtre ; et enfin le plus dur : le monde et son avenir était en jeu. Bien sûr, il ne s’agissait qu’une goutte dans un océan d’évènements, mais elle se pouvait être essentielle.

Enfin, nous quittâmes l’institut et l’homme nous prit dans sa voiture, effectua un court trajet, puis la gara au bord d’une dune près d’une plage discrète, fouettée par des vents violents. Il nous ordonna gentiment de sortir, descendit du véhicule à son tour, claqua la porte et la laissa là. Allait-elle rester là jusqu’à notre retour ? Je devinais que Kathleen viendrait la rechercher plus tard. Mais pourquoi n’était-elle pas venue avec nous, dans ce cas ?

Je laissai cette question sans importance près du parking, tandis que nous nous dirigions vers le petit port, caché derrière quelques rochers improbables. Un petit bateau était amarré, il y avait quelques personnes à bord, et un homme légèrement enveloppé sur le quai. Son pull à rayures marines m’indiquait qu’il devait s’agir du capitaine. Il nous fit un signe de la main. Nous devions être les derniers attendus, parce qu’il monta avec nous et démarra le navire. Il avait un accent allemand, et nous annonça la longue route qui nous attendait : contourner l’Angleterre pour pouvoir passer la Manche, continuer jusqu’au Danemark, il nous déposerait tous à Hambourg. Il conclut par un « Bon voyage » au ton léger et retourna à son poste.

Ensuite, Gabriel et moi nous isolâmes pour trouver des plans réalisables pour approcher la cible de manière plus ou moins naturelle. Mon ami avait l’air mal à l’aise sur l’eau. Les tangages incessants – et assez violents à cause des bourrasques –rendaient malade Gabriel. Mais bientôt mon cher compagnon s’habitua quelque peu, ce qui fit disparaître son teint verdâtre qu’il avait au début du voyage.

À chercher des idées plus invraisemblables les unes que les autres, le déplacement passa vite, et bientôt nous fîmes escale à Ostende, en Belgique.

-Eh, Gab’, tu te souviens, quand on est venu ici à deux ? Ça paraissait déjà être si lointain, cet évènement. À l’époque, celui qui était actuellement le frère que je n’avais jamais vu se méfiait du « sale boche » que j’étais à ses yeux… Cela dit, je ne pouvais pas l'en blâmer d’avoir cette vision de l’allemand. Comment pouvait-il en être autrement avec les horreur que commettait le dictateur qui nous gouvernait.

Après cela, nous nous reposâmes avant d’arriver à Hambourg, d’où nous prenions le train. Le port de la ville était réellement immense, il y avait des contenaires partout, des travailleurs, aussi. C’était parfait pour passer discrètement, en petit groupe. C’est pourquoi nous partîmes tous les trois, vers la gare. Dominik alla acheter trois billets pour le train vers Berlin, qui pointait justement le bout de son nez. J’avais peur. Je n’aimais pas les trains, depuis qu’ils m’avaient transporté dans le camp de l’horreur. Heureusement, tout comme j’avais veillé à Gabriel sur le bateau, il fit son possible pour me relaxer et me changer les idées. Le trajet fut terriblement long, et enfin, nous arrivâmes dans la capitale allemande. J’y avais déjà été avec mes parents, mais je n’en avais que très peu de souvenirs. Au moins, je retrouvais ma langue natale. Mon ami, lui, allait avoir plus de mal de ce côté-là, puisque maintenant, tout se passerait dans la langue de Goethe.

D’un pas rapide de quelqu’un qui ne veut pas être vu, Bansemer nous emmena vers un petit hôtel miteux, qui manquait de s’écrouler. Il ne tiendrait probablement pas aux bombardements, si Berlin devait être attaqué. L’attitude du contrôleur de mission n’avait rien d’étonnant, tout le monde était comme ça ; Berlin avait perdu son ambiance chaleureuse et bonne enfant de l’époque pour se transformer en camp nazi géant.

Mais des enfants normaux (ce que nous n’étions pas, mais ce que nous devions nous efforcer de jouer) ne se souciaient pas de tout ça. Eux, nous maintenant, allaient simplement jouer dans la rue s’ils n’avaient pas de jardin, sur les axes pas trop fréquentées. Et il suffisait que l’on s’écarte un peu trop de l’hôtel pour que l’on ne sache plus où l’on est…

C’est ce qu’on essayait de faire croire du moins. En fait, notre itinéraire était tout à fait prévu, et on l’avait quelque part dans la tête. Il fallait aller flâner vers les bâtiments du Reich, qui se trouvaient dans le centre de la ville, près de la Porte de Brandebourg. Les chevaux majestueux qui trônaient sur ce monument me rendirent courage, même si je ne savais trop pourquoi. Je voulais sans doute être aussi fort qu’eux, aussi puissant et rapide, aussi élégant.

La première étape était réalisée : trouver le bâtiment. Celui-ci se dressait là, majestueusement. Ce qui se passait à l’intérieur était loin d’être aussi majestueux, malheureusement…

- Reste plus qu’à trouver Paulus… murmurai-je à moi-même. Tout ce qu’on avait, c’était une photo floue en noir et blanc. C’était un indice bien trop mince pour reconnaître la cible. Nous ferions avec. À vrai dire, nous avions notre plan pour ça.

Nous avions dans les mains un faux dossier –écrit par le SIS − bien ficelé sur la situation en Norvège, que nous devions transmettre à Paulus de la part de notre père. Celui-ci était malheureusement terriblement malade et ne savait plus se lever de son lit. Du coup, il nous avait demandé de transmettre ce dossier au destinataire approprié, sous ordre urgent d’un gradé supérieur : Gerhard Friedrich Ernst Flesch, envoyé spécial en Norvège, voisine de l’URSS. C’était une excuse parfaite pour trouver notre cible. De plus, personne ne pourrait se méfier d’enfants de notre âge.

-Bon, on procède comment ? demandais-je à Gabriel On va devant la sortie du Reichstag, et on demande aux gens qui sortent ?


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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Sam 11 Jan - 16:05

Les deux enfants ne jouèrent pas très longtemps devant le bâtiment. Le but de la manoeuvre était uniquement de se fondre dans le paysage urbain, et d'attirer l'attention sur les riches passants qui fréquentaient le bâtiment ; de susciter leur intérêt, au mieux, leur pitié sinon. Mais malheureusement, même si les deux gamins restaient à l'entrée pour jouer, ils n'allaient pas pour autant attirer directement la cible à eux, ça serait trop facile... Ce moment n'était qu'un instant de transition pour endormir la suspicion des nazis. Gabriel contenait sa rage et son mépris mieux qu'il n'aurait cru. Pendant toute la préparation de la mission, il avait craint de ne pas parvenir à masquer la haine sur son visage. Et pourtant, une fois sur place, il agissait de manière professionnelle, comme on le lui avait appris, et il jouait à la perfection le petit enfant innocent. Il découvrait tout juste ses capacités de camouflage, il était assez fier de lui. Il se rendait compte qu'être un enfant de son âge aidait beaucoup à cela, et qu'il n'avait pas grand chose à faire de plus pour ne pas être soupçonné.

Il se remémora une dernière fois chaque étape de l'approche de la cible, pour être sûr de n'omettre aucun détail. Il voyait qu'à ses côtés, Matthias faisait le même exercice intérieur. Finalement, le petit brisa le silence et proposa une approche frontale des actifs du bâtiment. Gabriel acquiesça : ils avaient suffisamment répété cette scène pour la connaître par coeur, ils étaient prêts. Il était temps de passer à l'action...

Gabriel prit alors son visage le plus doux et le plus innocent. Bizarrement, la haine éprouvée pour tous ces nazis meurtriers ne faisait que le rendre plus inoffensif d'apparence, car sa motivation décuplait ses capacités de camouflage et de tromperie. Les origines nordiques de Gabriel, sa peau claire et ses cheveux blonds lui donnaient le type du parfait aryen, il ne pouvait qu'attirer la sympathie des gens sortant du bâtiment. Cela couplé à la maîtrise parfaite de la langue allemande par Matthias, et les deux enfants avaient le Reichstag à leurs pieds. Les deux frères montèrent les marches du bâtiment, le plus grand tenant la main du plus petit, comme pour le protéger. Le coeur de Gabriel se mit à battre à deux cents à l'heure, la taille imposante du bâtiment, les drapeaux nazis placardés, tout était vertigineux dans ce lieu et lui inspirait une foule de sentiments contradictoires. Mais dans sa tête, tout était clair, il savait ce qu'il avait à faire. Une fois en haut des marches, les deux enfants s'arrêtèrent à côté de la porte principale, à l'extérieur. Ils commencèrent alors à arrêter chaque personne importante qui sortait...

" - Excusez-nous, êtes vous monsieur Paulus ? Nous devons lui transmettre ces documents de la part de notre père mais nous ignorons comment le trouver... "

Les enfants abordèrent plusieurs personnes, qui se montraient au début assez indifférentes, ou seulement très mal informées. Finalement, on les invita à entrer à l'intérieur du Reichstag, car il semblait imprudent de rester sur le pallier munis de documents confidentiels... Se retrouver ainsi à l'intérieur de l'antre du monstre était une expérience riche en émotions. Mais les gamins étaient remontés à bloc, et bien partis pour accomplir leur mission coûte que coûte. Ils avaient l'air d'attirer la sympathie du personnel, comme prévu. Finalement, un nazi les prit sous son aile et les deux gamins furent présentés à plusieurs personnes du Reichstag, dont la dernière de la liste devait les mener jusqu'à ce fameux Paulus. Les enfants expliquaient leur situation à chaque personne qui voulait bien l'entendre, et à chaque fois le nazi concerné se montrait compréhensif et prêt à les mener jusqu'à celui qu'ils recherchaient. Ce Paulus semblait suffisamment important, probablement craint aussi, pour que chaque personne croisée par les enfants ait à coeur de lui faire parvenir les dossiers qui lui revenaient. La première phase de la mission se passait plutôt bien, et la cible semblait se rapprocher d'eux à chaque nouvelle rencontre...


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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Dim 12 Jan - 11:39

On commença donc à demander aux gens qui sortaient du bâtiment de manière précipitée –ils avaient sans doute hâte de rentrer chez eux – s’ils étaient ce fameux Paulus. La première bonne nouvelle, c’est que personne n’eut l’air de trop se méfier de la situation.
De fil en aiguille, à force de répéter notre même histoire – ce qui nous permettait de paraître de plus en plus crédibles – à tout le monde, on finit par rencontrer les bonnes personnes pour nous mettre sur la voix.

Aussi, lorsque l’on nous invita à rentrer dans le Reichstag, j’eu un soudain frisson. Et je savais pourquoi… N’étions-nous pas en train de nous jeter dans la gueule du loup ? La vision de ces portes d’entrées imposantes qui s’ouvraient et se fermaient sans cesse me donnaient la chair de poule. Rentrer là n’était-ce pas gentiment atterrir dans la gueule du loup ?

Les nazis nous avaient déjà eu une fois – c’était d’ailleurs à cette occasion que Gabriel et moi nous nous étions rencontrés – et même si, au final, ça avait débouché sur quelque chose de bien ; MIS et tout ça ; je ne souhaitais pas retourner dans ces camps de concentration.
Sans même m’en rendre compte, je me retournai brusquement lorsque j’entendis la porte claquer derrière moi. En plus, soudainement, il y eu moins de mouvement, comme si le monde s’était figé pour nous recevoir, nous accueillir,…

Nous réserver le sort que nous méritions !

Je déglutinai avec difficulté. Il faut dire aussi que le bâtiment était imposant, avec son haut plafond, ses drapeaux nazi placardés à tout va, tous ces gens en uniforme, une affiche de propagande avec Hitler qui disait que Lebe Das Dritte Reich, Lebe Deutschland (Vive Le Troisième Reich, vive l’Allemagne) Ça me rendait malade. J’aurais donné tout au monde pour ne pas être dans cet endroit, à cet instant précis.

Je soufflai un bon coup, et tentai tant bien que mal de me calmer. La vision de Gabriel m’aida dans cette lourde tâche, presque insurmontable. Comment était-ce possible que de tels monstres soient arrivés au pouvoir dans mon pays ? Et comment des êtres humains pouvaient-ils commettre de telles atrocités ?

Et voilà ces pensées qui revenaient. Elles étaient assaillantes et sombres, elles me faisaient tourner la tête. Et je dus faire face à la réalité : à MIS, j’arrivais à me construire une tranquillité intérieure assez stable ; une fois que j’étais face au monstre, je perdais tous mes moyens.

Je secouai la tête de façon énergique, comme pour chasser tout ça, reprendre mes esprits, et ne rien montrer de ce qui se passait dans ma tête. Je devrais tout lâcher après, et Gabriel aurait à supporter ça.

Notre avancement nous mena à des plus hauts gradés à chaque fois, et nous rapprocha donc de Paulus, jusqu’à ce qu’enfin, on arrive devant la porte close de son bureau. Je frappai à la porte.

Pas de réponse.

Je regardai Gabriel, puis refrappai à la porte. Toujours pas de réponse.

« On fait quoi ? » chuchotai-je à Gabriel en allemand, pour plus de crédibilité. Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule pour vérifier qu’il n’y ai personne. C’était vraiment incroyable qu’on nous ai laissé tout seuls. Ça allait être facile… Trop facile peut-être... « On peut fouiller son bureau, peut-être… »


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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Jeu 16 Jan - 16:16

Gabriel et Matthias passaient de main en main, se faisant balloter à travers le luxueux bâtiment du Reichstag. Plus ils avançaient dans leur quête, et plus le coeur de Gabriel battait rapidement. Ils étaient totalement à la merci de ces monstres, ils pouvaient se faire avaler d'un moment à un autre par le système concentrationnaire, duquel ils avaient failli mourir en s'échappant. Durant quelques secondes, Gabriel se demanda s'il n'avait pas fait une bêtise en choisissant son unité... aller en Allemagne, plus précisément au siège du pouvoir pour effectuer des missions d'espionnage, c'était un peu se jeter dans la gueule du loup. Mais alors, le blondinet se rappela du sentiment de colère et du désir de vengeance qui animaient sa rage. Il se souvint alors que ce qu'il était en train d'accomplir là était nécessaire à sa propre reconstruction... faire tomber le régime qui avait détruit sa vie et celle de son petit frère. Oui, c'était un but honorable, et ça valait bien tous les sacrifices, et les risques qu'il prenait ici avec Matthias.

Ca faisait moins d'une heure que les deux agents étaient entrés dans le bâtiment, et enfin ils arrivaient devant le bureau du fameux Oberst Paulus. Matthias et Gabriel connaissaient désormais le grade et le statut de cet homme (qui étaient fixés sur la porte de son bureau), dont ils ne savaient absolument rien avant d'arriver ici... cela constituait déjà une avancée majeure dans la mission, dans le sens où ces informations étaient déjà précieuses. Mais les deux gamins avaient été entraînés pour aller au bout des choses, et ils n'allaient pas s'arrêter là. Ils frappèrent à la porte, une fois, deux fois... et ne reçurent aucune réponse. Gabriel était étrangement calme, posé, il savait exactement quoi faire. Son coeur ne battait plus aussi vite qu'avant, comme si le professionnalisme prenait définitivement le dessus sur ses émotions, ce qui n'était pas une mince victoire. Après un bref regard échangé entre les deux frères de coeur, Gabriel chuchota rapidement :

" - On fouille, évidemment. "

Il avait l'intention de remplir sa mission à fond, peu importe la manière. En actionnant la poignée, les enfants se rendirent compte que la porte était fermée à clés. Les choses n'étaient pas si faciles, et c'était mieux ainsi : dans le cas contraire, la situation aurait pué le piège. Ouvrir la porte de manière criminelle et discrète était tout à fait possible, mais c'était trop risqué dans leur situation : s'ils se faisaient prendre, ils n'auraient aucune excuse et seraient bien trop durement châtiés. Gabriel lança un regard rapide à Matthias, lui demandant sans un mot de rester ici quelques secondes, car il allait vite revenir. Il alla frapper au bureau d'à côté, où on lui ouvrit.

" - Excusez-moi Monsieur, moi et mon frère cherchons Mr.Paulus mais il n'est pas dans son bureau - nous devons lui transmettre des dossiers importants de la part de notre père qui est souffrant. Cependant son bureau est fermé, accepteriez-vous de nous ouvrir la porte, pour que nous puissions y déposer le dossier avec un petit mot manuscrit explicatif ? "

La petite bouille d'ange de Gabriel et son parfait air d'aryen ne mit pas longtemps à convaincre l'homme qui était doté d'un facial assez rude. Il acquiesça en souriant presque - Gabriel faillit avoir une syncope en voyant un nazi lui sourire - et arriva immédiatement devant le bureau de Paulus, qu'il ouvrit d'un tour de clés avant de repartir vers son propre bureau. Après l'avoir respectueusement remercié, les deux espions pénétrèrent dans le bureau de la cible... Gabriel gardait les dossiers en main et faisait discrètement le guet, en attendant que Matthias fouille le bureau rapidement. Pour plus d'efficacité, Gabriel lui prêta main forte, car éplucher tous les papiers prenait du temps. Les deux gamins, dotés d'une intelligence hors du commun, devaient retenir un maximum d'informations sur ce qu'ils voyaient. C'est alors que des bruits de pas se firent entendre dans le couloir : les fameuses talonnettes de l'Oberst. Gabriel sursauta : ils avaient dérangé quelques papiers, et n'auraient pas le temps de les ranger avant l'arrivée de Paulus. Il bondit comme un félin à l'extérieur du bureau, espérant que Matt' aurait le temps de trouver une parade pour les couvrir...

" - Bonjour Mr Paulus. Nous venons de la part de notre père pour vous donner ces dossiers urgents - il est souffrant et n'a pas pu venir en personne. "

Gabriel lui tendit les papiers, mais l'Oberst ne s'en saisit pas tout de suite. Il posa sur le blondinet un regard légèrement suspicieux, car le gamin se tenait devant la porte de son bureau pour l'empêcher d'entrer. Finalement, Gabriel fut obligé de le laisser passer, priant de tout son coeur pour que Matthias trouve une couverture tangible pour les tirer de cette situation.


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Dim 19 Jan - 21:48

On fouille évidemment.

Gabriel avait l’air tellement sûr de lui, alors que je n’avais peut-être jamais eu aussi peur. Parce que cette fois-ci, je savais ce qu’il y avait derrière la punition que l’on encourait si l’on se faisait attrapé. Mais bon, j’étais avec Gabriel, je n’étais pas tout seul… Tous les moyens étaient bons pour se rassurer. Mais je n’aimais quand même pas ça du tout. Je priais pour que toutes les missions que j’aurais ne se passent pas au Reichstag, à Berlin. Mais bon, si ce n’était pas ici, ce serait ailleurs, dans un autre endroit tout aussi tâché de sang et d’affaires sordides.

Discrètement, mon co-équipier tourna la poignée de la porte. Malheureusement, cette dernière resta bien sur ses gonds. Mon ami me chuchota de rester ici. De toute façon, j’étais à nouveau dans une sorte de paralysie, je n’aurais pas pu bouger d’où j’étais planté.
Il revint, – je n’étais même pas sûr d’avoir pris conscience qu’il était parti, et heureusement, sinon je me serais sans doute effondré de peur sur place – accompagné d’un homme patibulaire, qui d’un tour de clé ouvrit la porte du savoir. Le déclic de la serrure semble me débloquer à nouveau : il était temps de passer à la fouille, du style vite fait, bien fait.

Des mots se déversèrent sur moi pendant que j’ouvrais les différents dossiers : URSS, nazi, Lebensraum, Barbossa, Juifs, extermination. Je retenais, on ferait les liens plus tard. Wolfsschanze (Qu’est-ce qu’une tanière de loup venait faire la dedans ? Bah, c’était toujours bon à prendre…) Et ainsi de suite. J’étais rentré dans une sorte de transe, mon cerveau tentait tant bien que mal d’emmagasiner ce qu’il lisait. Et à nouveau, je sortis brutalement de cet état, par un mouvement un peu brusque à ma gauche.

Un autre homme était en train d’essayer de passer, alors que Gabriel essayait tant bien que mal de l’en empêcher. Même si je ne l’avais jamais vu, je n’avais aucune hésitation quant à son identité. Vite, une excuse. Je regardai autour de moi. Un tour de la pièce, très rapide, bon sang… Qu’est-ce qu’il faisait chaud, ici… Un petit courant d’air n’aurait pas été de refus.

Un courant d’air ?

La fenêtre était dans un coin que Paulus ne pouvait pas voir de là où il était ; d’ailleurs, il ne m’avait pas encore vu. Je me précipitai sans bruit pour l’ouvrir, et une brise violente rentra dans le bureau, comme si elle attendait depuis une bonne demi-heure de pouvoir rentrer à l’intérieur.

« Oh, non ! » lançais-je sur un ton d’un petit enfant qui vient de faire une bêtise. « Tout s’est envolé »
Le Paulus pouvait rentrer dans la cage, il ne pouvait pas nous en vouloir. Je me mis à ramasser les dossiers pour les remettre sur son bureau, en mettant en évidence celui qu’on avait apporté, afin de distraire son attention.
« Excusez-moi, Monsieur Paulus… On devait vous apporter un dossier de notre père, parce qu’il est malade et cloué au lit… » lui expliquai-je avec le sourire le plus innocent possible. « Mais votre fenêtre s’est ouverte brusquement et a fait envoler tout ce qui traînait sur votre bureau… Voulez-vous qu’on vous aide à tout ranger ?»

Ce serait un moment parfait pour un peu discuter avec lui… Avant de déguerpir très vite d'ici!


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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Jeu 23 Jan - 18:44

Les muscles de Gabriel étaient tendus dans les moindres parties de son corps, mais il restait calme et neutre, prêt à jouer la comédie jusqu'au bout, même s'ils étaient compromis. Oui, il le savait, il était là pour tenir, coûte que coûte. Il resterait fidèle au MIS quoiqu'il arrive, il prendrait même un malin plaisir à faire tourner les boches en bourrique si les choses tournaient mal. Mais il n'en était pas encore là. Matthias s'en sortait avec brio, et un éclair de fierté passa dans les yeux de Gabriel. Qu'est-ce qu'il ferait, aujourd'hui, sans son petit frère... et dire qu'il l'avait pris pour un boche miniature à leur rencontre. Quel garçon stupide il avait été ! Le gamin était impressionnant en tout point, et le blondinet le respectait plus que toutes les recrues à l'institut - peut-être aussi parce-que c'était le seul à avoir tuer un nazi de ses propres mains, même s'il était le plus jeune...

Un courant d'air. C'était l'excuse parfaite. Gabriel détailla le visage de Paulus, pour savoir si l'excuse passerait ou pas. Mais en bon agent entraîné, il observait avec une discrétion sans faille. Le nazi parut de prime abord un peu suspicieux, puis il jeta un oeil vers sa porte à l'encadrement moisi par l'humidité, et acquiesça en allant fermer la fenêtre - il faisait un froid de canard en cet hiver de fin 1940. En son for intérieur, Gabriel soupira de soulagement. Mais l'affaire n'était pas encore terminée. Le Mr Paulus ne disait pas un mot, et il ne demandait pas aux gamins de partir. Ils attendaient donc ici, attendant une réponse formulée clairement. Au lieu de ça, l'homme se saisit du dossier et en sortit quelques feuilles, les lisant avec intérêt. Et finalement, son visage concentré se détendit, et il adressa un petit sourire sincère aux enfants. Un sourire bienveillant de la part d'un haut gradé nazi, c'était à vomir. Mais les deux gamins, en bons agents professionnels, restèrent placides, tout à fait enfantins et innocents. C'est alors que le dénommé Paulus prit la parole d'une voix rauque et profonde.

" - Ne vous en faites pas pour le rangement, je m'en occuperai moi-même. "

En fait, le Paulus n'était pas très à l'aise à l'idée de voir des gamins farfouiller dans ses précieux papiers de stratégie militaire. Il reprit pourtant la parole gentiment, comme on s'adresse à des gamins mignons.

" - Je vous remercie d'avoir fait le déplacement, votre père a eu raison de vous envoyer : ces papiers sont très importants, il me les fallait impérativement aujourd'hui. Mais dites-moi, savez-vous de quoi il souffre ? "

L'Oberst se mit alors à arpenter la pièce et ramassa les papiers qu'il fourra dans des dossiers numérotés dont certains avaient des couleurs différentes. Ce nazi semblait être un vrai maniaque, c'était assez surprenant aux vues des sales choses qu'il pouvait commanditer par ailleurs. Gabriel décida de laisser Matthias parler, car il avait un bien meilleur accent allemand que lui, et cela serait bien plus attendrissant pour un nazi. Lui se contentait de sourire d'un air mignon, mais il ne put s'empêcher d'aller prêter main forte à l'homme et lui passait les papiers qu'il trouvait par terre. Cela lui permettait aussi d'enregistrer quelques informations de dernières minutes. Oui, il désobéissait délibérément à l'Obserst, mais sans aucune mauvaise intention manifeste...


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Mar 28 Jan - 22:27

Avant de me répondre, il regarde pendant plusieurs secondes les documents qu’on lui avait apportés. Ils étaient totalement faux bien sûr, mais le MI6 avait fait en sorte qu’ils paraissent crédibles tant qu’on ne l’analysait pas au peigne fin.

Mon cœur battait la chamade. J’avais peur qu’il analyse de trop près ce qu’on lui apportait et que notre couverture se brise en mille morceaux.

Heureusement, il finit par reposer le dossier, nous sourire – et ce n’était pas du tout rassurant – et déclarer qu’on ne devait pas l’aider. Sa voix était plutôt déplaisante, et à mes oreilles, elle sonnait parfaitement comme celle d’un grand méchant loup. J’aurais bien aimé que la discussion s’arrête là, maintenant, tout de suite. Qu’on sorte d’ici, qu’on puisse « célébrer » le fait d’avoir survécu à cette aventure, et d’après pleurer toutes les larmes de notre corps face à tant d’horreur. Mais ça, c’était pour plus tard, et j’espérais que Gabriel serait prêt à le supporter, parce que cette étape me semblait inévitable.

Trop de souvenirs étaient remontés en un coup. Mais il fallait absolument que je les mette de côté, ça sortirait vraiment en même temps que notre présence dans ce grand bâtiment lugubre.

Et là-dessus, je dus inventer une maladie à mon père imaginaire, puisque l’autre était mort… C’est ce que Gabriel me fit comprendre du regard, avant d’aller ramasser quelques feuilles, pour enregistrer encore quelques infos.

« Notre père est malade à cause du froid qui sévit en ce hiver rude. Nous ne savons pas trop ce qu’il a, à vrai dire… Mais on doit aller lui tenir compagnie, et l’aider. Le médecin nous a dit que c’était essentiel pour sa survie. »


Je me tournai vers Gabriel de la façon la plus naturelle possible, et rouvris la bouche, toujours en parlant allemand. On n’était pas censé parler français, après tout.

« On va y aller ? »


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Mar 4 Fév - 17:23

Gabriel avait les yeux posés successivement sur Matthias puis sur Paulus. Il avait pris la situation avec la tête froide depuis l'arrivée de l'oberst, et s'employait à présent à continuer à tenir son rôle de grand frère. Mais il avait la tête étrangement vide, maintenant qu'il avait fini de réunir les papiers, et que son regard s'était arrêté sur son petit frère, il n'avait plus rien à faire, plus rien à inventer. Son cerveau s'était un peu ralenti, c'est là que la panique commença à le prendre et qu'il mesura la portée et la gravité de ce qu'ils venaient de faire avec Matthias. Jusqu'à maintenant, leur entraînement avait été conçu dans l'optique de faire d'eux de véritables espions, mais ils n'avaient encore jamais eu l'occasion de faire leurs preuves. Aujourd'hui, c'était différent. Ils étaient au coeur du Reischtag, et venaient de subtiliser des informations top secrètes au responsable de l'organisation Barbarossa d'invasion de l'URSS. C'était un acte d'espionnage de la plus haute importance, et ils n'étaient que des enfants qui avaient voulu se sauver eux-mêmes... Ils étaient trop jeunes pour faire ça, pour avoir de telles responsabilités.

Matthias répondit doucement et timidement. Son allemand était parfait, encore plus fluide que celui de Gabriel qui avait pourtant beaucoup progressé depuis les six derniers mois - en même temps, c'était la langue maternelle du petit. Son explication enfantine était absolument parfaite, et le blondinet hocha la tête doucement et tristement - forcément, il était un peu triste pour son père. L'oberst sembla tout à fait convaincu par cette explication et même désolé pour les deux gamins : le tour était joué, ils avaient rempli leur mission avec brio, il fallait maintenant rentrer sans encombre. Ce fut d'ailleurs Matthias qui impulsa le mouvement de retour. Paulus répondit une dernière fois, d'un air très compatissant. Gabriel songea que la compassion d'un nazi était à vomir... pourquoi tenter de faire un visage humain lorsqu'on est un monstre ? Le blondinet ne comprenait pas cette façade gentille du personnage, qui était tout sauf gentil au fond. Il ne comprenait pas l'hypocrisie du monde adulte en général d'ailleurs... Mais l'absurdité nazie était la pire de toutes. Il acquiesça devant Matthias et Paulus, toujours en allemand, selon leur couverture :

" - Tu as raison frérot, papa doit nous attendre, son éponge ne doit plus être très fraîche. Merci de nous avoir reçu Monsieur.
- Merci à vous les enfants, souhaitez un bon rétablissement à votre père de ma part."

Puis le monstre marmonna dans sa barbe quelques bribes difficilement compréhensibles pour les enfants.

" - Les pneumonies hivernales, quelle saloperie... ça fait tomber mes meilleurs hommes... "

Une fois congédiés, les enfants marchèrent fébrilement mais calmement au sein du Reichstag avant de retrouver avec soulagement la lumière du jour, par l'entrée principale. Gabriel s'efforçait de ne pas regarder Matthias, il se concentrait encore sur son rôle de petit enfant innocent de plus en plus dur à tenir. Son coeur battait plus vite que jamais, alors que la mission était terminée, il ne comprenait pas pourquoi. Il ne voulait pas transmettre sa panique à Matthias dans un regard. Sa bouche était sèche, le retour à l'hôtel fut rapide et difficile. Une fois entrés dans le bâtiment, Gabriel souffla enfin, car ici ils étaient sûrs qu'aucun nazi ne pourrait les voir. C'est là qu'il s'accorda un regard pour son petit frère.


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Mar 25 Fév - 21:13

Je n’avais plus la force de me concentrer sur ce qu’il se passait autour de moi. Retenir l’affolement qui s’emparait de mon corps et de mon esprit n’était pas chose facile. C’est dur, pour un enfant de 6 ans, de se contrôler à ce point, ça n’a rien de naturel.

En même temps, est-ce que toutes ces horreurs que contenait ce monde étaient-ils naturels ? Eh bien, oui, c’était ça qui était terrible, car le nazisme jouait sur les pulsions les plus sauvages et les plus destructrices. Ils avaient des techniques à peu près infaillibles pour vous les faire sortir, alors que vous avez mis plusieurs longues années à les enfouir. C’était terrifiant.

Je me contentai de suivre fidèlement Gabriel, comme un chien collé à son maître, ou un militant nazi à Hitler, pour rester dans le thème qui nous occupait. Ce ne fut qu’une fois que l’on fut dehors que je me réveillai un peu, une brise venant caresser mes petits cheveux bruns. Il me fallait encore un peu de patience, je ne pouvais pas trop afficher d’émotions dans la rue, sans quoi nous attirerions l’attention sur nous, ce qui n’était pas souhaitable, mais ça devenait vraiment difficile.

Enfin, après des minutes qui parurent des siècles, on arriva dans notre chambre. Dominik n’était pas là, et ça m’arrangeait. Gabriel se retourna vers moi, et c’est à ce moment-là que les barrières que je m’étais construites pour ne rien laisser passer s’effondrèrent. J’avais chaud et froid à la fois, j’avais besoin d’aller m’asseoir. J’avais aussi besoin d’être rassuré, consolé. Pour autant, ce ne furent pas les larmes qui vinrent. Ce n’était peut-être plus tellement mon genre, mais le choc était bien là, bien réel.

« Gabriel… » Murmurai-je, le souffle coupé. « Que… que… » Mes yeux étaient exorbités, je ne regardais fixement le lointain, mais c’était vague, je n’arrivais plus à remettre de l’ordre dans mes idées. « C’est affreux… »

J’étais sans voix.


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Lun 10 Mar - 22:47

Ils étaient enfin arrivés en lieu sûr. Ils l'avaient fait, ils y étaient, c'était terminé. Le calme qui entourait la pièce refilait des frissons à Gabriel. Comme s'il y avait un nazi prêt à les compromettre derrière l'armoire. Il revoyait encore ce fourmillement de monstres dans ce bâtiment si prestigieux. Il avait l'impression qu'ils étaient partout, qu'ils ne les laisseraient jamais en paix, qu'ils allaient les hanter toute leur vie. Il fallait pourtant que lui et son petit frère arrivent à vivre, mais comment faire si on les plongeait chaque jour dans l'univers qu'ils essayaient de fuir ? C'était pour les faire tomber, certes. Mais après avoir visité leur quartier général, Gabriel avait eu un réel aperçu de leur puissance. Oui, les nazis étaient puissants, davantage que les autres chefs de gouvernement européens, plus puissants que l'Angleterre. Alors comment des gosses comme eux pouvaient-ils empêcher ce massacre ? Ils avaient l'air invincibles, ces monstres.

Matthias avait l'air bouleversé. Et comment, à son âge, il n'aurait pas dû faire face aux nazis une fois de plus, après ce qu'il avait vécu. C'était pareil pour Gabriel. Ces deux enfants n'auraient jamais dû affronter leurs anciens bourreaux, ils étaient trop jeunes pour endurer ça, ils n'étaient pas prêts. Mais qui pouvait être prêt à faire des choses aussi difficiles dans ce contexte là, avec ces monstres ? Ces enfants étaient déjà brisés, autant les utiliser jusqu'au bout pour éviter de briser d'autres innocents. Oui, ces gosses étaient déjà perdus...

Gabriel ne savait comment réagir, il était abasourdi, autant par ce qu'il venait de faire que par la détresse de son petit frère. Il prit Matthias dans ses bras et lui caressa les cheveux pour le rassurer, comme un grand frère qui tenterait de le protéger. Une idée furtive lui passa par la tête, il lui sembla qu'il devait écouter cette idée là et mettre de côté tout le reste, toutes ces choses avec lesquelles il n'arrivait plus à vivre. Il alla chercher des plumes et des encriers, et des feuilles de papier qu'il disposa sur une petite table de bois.

" - Matt, on doit écrire tout ce qu'on a mémorisé là bas pour pouvoir s'en libérer. "

Et vider leurs mémoires de ces horreurs. Gabriel s'assit à côté de Matthias, prit une plume et commença à gratter sur une des feuilles de papier. Tout était brouillon, il écrivait les informations dans l'ordre dans lequel il les avait enregistrées moins d'une heure plus tôt. Il espérait que Matt' allait le suivre et griffonner tout ça, car après avoir tout restituer, leur mission serait accomplie, et ils pourraient enfin oublier ce cauchemar qu'ils avaient vécu éveillés. Leur contrôleur de mission allait probablement revenir bientôt, il serait fier d'eux et toutes ces horreurs seraient oubliées...


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Ven 21 Mar - 16:39

Gabriel me prit dans ses bras et me caressa doucement mes cheveux… Ma mère faisait ça parfois, quand j’étais un peu triste et que j’avais besoin d’être consolé. Je ne sais pas très bien si ça me réconforte ou si ça m’attriste cette pensée, toujours est-il que Gabriel s’y prenait drôlement bien. J’aurais pu rester des heures comme ça – en considérant que des heures, ce n’est pas très long pour un enfant,… - mais soudain, mon ami se leva et alla chercher quelque chose. Je voyais à ses yeux qu’il avait quelque chose derrière la tête ; une nouvelle idée à développer.

Aussi, fut-il étonnant de le voir sortir de quoi écrire ? Son idée était bonne d’ailleurs ; d’écrire pour oublier, mais garder – et clôturer – cette mission. Je m’approchai donc de la petite table en bois où mon camarade était assis pour me mettre à ses côtés et commencer à griffonner tout ce qui me passait par la tête.

Qu’avais-je donc découvert comme mots et phrases, encore ? Pour être honnête, je n’avais pas envie de replonger dans tout ça, ce serait se faire encore une fois mal. La première fois, après tout, c’est en oubliant que j’avais guéri. Mais on le voyait maintenant, quelle guérison fragile !

Ainsi donc, je replongeai dans mes souvenirs les plus récents : l’entrée dans ce qui serait sans doute plus tard le musée de l’horreur, les couloirs qui s’assombrissaient et devenaient plus étroits (mes souvenirs devaient sans doute être un peu influencés par mes émotions), enfin le bureau de Mr. Paulus, les feuilles trouvées, les mots retenus, arrachés de leur support original et vide de sens à présent (URSS, Lebensraum, Barbarossa, Wolfsschanze, ainsi de suite), l’arrivée un peu inattendue du principal intéressé, l’excuse du courant d’air, le ramassage des documents, les explications de notre présence, la fausse maladie de notre faux père, et puis, enfin, auß ! Ce n’était pas trop tôt, on commençait à étouffer à l’intérieur, la route parcourue silencieusement – par peur et par abasourdissement – et enfin, l’arrivée à l’hôtel.

Ça en faisait des choses à raconter et écrire sur le papier! Je le parcouru du regard, me demandant par où commencer ; avant de remarquer qu’il était déjà couverte de gribouillis. Comment est-ce possible ?

Sans doute étais-je rentré dans une sorte de transe, à me souvenir de tout ça, et mes pensées avaient guidé mon stylo, sans que je ne m’en rende même compte. Peut-être était-ce un signe de l’efficacité de la technique de Gabriel ; mais il faudrait vérifier ça plus tard, en attendant, je lui souris tout simplement.

"Merci, Gabriel" murmurai-je...


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Mer 2 Avr - 17:43

Gabriel était horrifié, aussi bien par la terreur qu'il venait de vivre dans ce bâtiment du diable que par le regard désespéré de son petit frère. D'ailleurs, Matthias ne se fit pas prier et n'attendit pas très longtemps pour se saisir de la plume et se mettre à griffonner tout ce qu'il avait retenu. Il imitait Gabriel, et les deux garçons, en silence, se mirent à expier leur douleur à travers les informations top secrètes qui avaient envahi leur esprit, et ce au péril de leur vie. Le moment semblait très pesant vu de l'extérieur, un silence de mort, seulement brisé par le bruit de la plume qui courait sur le papier. Et pourtant, c'était une vraie libération pour les deux enfants, qui, en livrant leur souvenir au papier, pouvaient sortir de leur propre corps un court instant. A travers ce rapport écrit, c'était comme si une autre personne qu'eux-même avait vécu ça, comme s'ils racontaient les événements passés à travers les yeux d'un autre. Ca ne guérirait rien de leurs blessures, mais cela les soulageait, pour le moment, en espérant que cela dure le plus longtemps possible...

Les deux enfants perdirent la notion du temps en s'oubliant sur le papier. Lorsque Gabriel s'arrêta, il vit presque avec surprise sa feuille totalement remplie, gribouillée de part et d'autre. C'était totalement brouillon et sans structure, mais il constata avec soulagement que le tout était quand même lisible pour peu que l'on se concentre un peu. Ensuite, le travail de remise en ordre, ce n'était pas le leur : c'était aux services secrets de comprendre et d'interpréter ces informations. Eux, ils n'étaient que des enfants, et ils avaient fait leur travail correctement, ils avaient tout donné pour accomplir cette mission. Ils en avaient fini avec ce cauchemar, jusqu'au suivant...

Matthias remercia Gabriel lorsqu'il finit sa feuille à son tour. Le blondinet eut un petit moment d'incompréhension. De quoi le remerciait-il ? Il n'avait jamais rien fait pour lui. Il était brisé avant de l'avoir rencontré, et il ne l'avait pas sauvé, personne ne le pouvait. Il tentait à peine de l'aider comme il pouvait, mais il s'aidait lui-même par la même occasion, alors pourquoi le remercier ? Touché, perdu, il caressa tout de même les cheveux de son frère, par habitude, par fraternité, par spontanéité. Il ne savait plus.

" - Merci à toi, petit frère... "

Oui, le petit l'avait sauvé lui-même, ça ne faisait aucun doute. Gabriel n'y pensait pas sur le moment, mais c'était la première fois qu'il appelait Matthias comme un frère. Avant, il le pensait et il se comportait comme tel, mais il ne l'avait jamais exprimé à haute voix de la sorte...

Quelques minutes plus tard, la porte de l'appartement s'ouvrit. Gabriel n'eut pas la force de réagir, il était vidé. Ca aurait pu être un nazi venu pour le tuer, il n'aurait même pas réagi. En l'occurrence, il s'agissait juste de leur contrôleur de mission. Les enfants n'eurent qu'à lui tendre les papiers qu'ils venaient d'écrire. Gabriel ne put lâcher un mot, le silence était bien plus réconfortant que de quelconques explications. Le retour à l'institut n'allait pas tarder, le blondinet se demandait vaguement si Matthias briserait le silence pendant le voyage. En tout cas, lui n'avait pas l'intention de décrocher un mot concernant cette mission cauchemar.


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MessageSujet: Re: Mission n°1 : Opération Barbarossa    Dim 20 Avr - 15:20

Merci à toi, petit frère…

Petit frère ? Avais-je bien entendu ? C’était étrange de se faire appeler comme ça. Bien sûr, notre relation très proche se rapprochait d’une amitié presque fraternelle. Mais de là à le dire !

Même si je n’avais que sept ans, j’étais apte à mesurer l’ampleur, l’importance et la profondeur de ce que Gabriel venait de dire.

Je le pris dans mes bras et le serrai fort contre moi… Comportement très étrange venant de moi, qui n’étais pas très câlin. Mais il y avait une spontanéité vraiment touchante dans la scène qui se passait là, à l’instant.

« Si j’avais eu un grand frère, j’aurais voulu qu’il soit comme toi… Ou que ce soit toi, même ! On peut faire comme si …»

À cet instant précis, je pouvais oublier tout ce qu’il venait de se passer, toutes les épreuves que nous venions pourtant de traverser ensemble, si bouleversantes, si terribles, si affreuses. Comme nos ancêtres, quelques années plus tôt, j’avais envie de m’écrier Plus jamais ça, aussi peu vraisemblable et peu probable que cela puisse paraître.

Puis, juste au moment où je lâchai mon emprise – qu’est-ce que j’avais été bien comme ça ! – la porte s’ouvrit, et notre contrôleur de mission entra, l’air satisfait. Nous lui tendîmes les papiers que nous venions d’écrire. Mon compagnon et moi-même étions trop fatigués pour raconter tout ce qu’il venait de se passer, et l’adulte sembla bien s’en rendre compte, puisqu’il n’insista pas. À l’institut, peut-être serions nous plus aptes à parler, à témoigner, à aider, à faire avancer l’affaire plus loin. Mais maintenant, non.

Nous n’avions pas fait nos bagages, et ça tombait bien. On devait déjà repartir, pas le temps de se poser. Il ne fallait absolument pas que les nazis découvrent notre supercherie. Et s’ils le découvraient – forcément ils finiraient par le découvrir – nous ne devions plus être dans les parages. Je n’avais pas envie de revivre, ni même d’imaginer, ce qui n’était plus à présent qu’un souvenir, presque lointain, mais toujours douloureux.

Le voyage du retour, heureusement, se fit sans encombre, Morphée nous prit tous dans ses bras, et déjà, nous découvrîmes Kathleen sur la plage, nous attendre, toute réjouie de nous voir en vie, une mission réussie à la clé.

Le MIS avait déjà une mission de réussie à son actif. C’était un bon début, il fallait continuer sur cette lancée.


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