Partagez | 
 

 La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Lun 30 Juin - 0:41



L’infirmière guida Mme. Stevenson jusqu’à la chambre du blessé. Elle avait longuement étudié le profil de celui-ci à travers le dossier que le SIS lui avait donné la nuit dernière. Un pilote de la Royal Air Force avait fait un accident et était, dès-lors, inapte à la conduite de tels engins. Mais cet homme avait pour lui qu’il était brillant et déterminé, et le SIS n’était pas prêt à se détacher de lui. Oh bien sûr, pas parce que quiconque s’était attaché à lui ; ça ne se passait pas comme ça dans le monde du renseignement ; mais parce qu’il était efficace sur le terrain.

Souvent, ce type de dossier était débattu au sein du conseil des dirigeants du MI6, et Kathleen en faisait partie. Souvent, il faut le dire, ils prenaient la décision de laisser pourrir les blesser à l’hôpital. Ils s’en sortaient, tant mieux pour eux, mais ce n’était pas du ressort du service. Et souvent, il faut bien le dire, ce n’était pas le cas, ça finissait en suicide. C’est triste. Kathleen n’aimait pas ce système. Mais elle ne pouvait pas y faire grand-chose malheureusement.

Et ainsi, hier soir encore, tard le soir, ce dossier avait provoqué quelques discussions. Kathleen avait, elle flairé le bon plan ; il lui fallait cet homme ; elle saurait en faire quelque chose à MIS. Peut-être le fait qu’il ait perdu toute sa famille en un coup l’avait un peu attendrie, finalement. Mais cela, elle ne l’avait bien entendu pas montré. Il n’en était pas question. Les sentiments ne constituaient en aucun cas de bons arguments. Bien entendu, elle était parvenue à ses fins, comme souvent.

Le soleil se levait à peine, mais la Miss avait du pain sur la planche, aujourd’hui ; tous les jours de la semaine d’ailleurs. Et même le week-end ! Julian était allongé là, visiblement déjà réveillé. Il avait l’air triste et sombre. Compréhensible après ce qu’il avait vécu. Mais il n’y avait pas trop de places pour les sentiments. C’était un jeu subtile où Katleen excellait : pas de sentiments, tout en restant humain. Surtout pour le premier contact, parce qu’après, une fois une relation de confiance établie,  il est vrai, elle se détendait.

« Bonjour, M. Hayes. J’espère que vous vous remettez bien. »

Petite pause, pour lui laisser le temps de répondre un simple bonjour. Kathleen n’en attendait pas plus. D’ailleurs, que l’homme lui réponde ou non, ça lui était bien égal finalement.  

« Vous ne me connaissez pas, mais je suis Mme Kathleen Stevenson ; l’une des chefs du MI6. Suite à votre accident, les spécialistes ont été formels : vous ne pourrez plus piloter des avions. Je suis désolé. » dit la femme avec un air neutre, absolument pas désolé. Elle l’était pourtant. « Ce qui met la Royal Air Force dans l’embarras. Ce n’est jamais agréable de perdre une personne déterminée comme vous. Cela dit… Nous pourrions encore avoir besoin de vous.»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Julian Hayes
Assistant de mission
avatar
Messages : 40
Date d'inscription : 26/06/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage: 28 ans
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Lun 30 Juin - 19:39

Les journées se succédaient, toutes plus grises les unes que les autres, et ce, quel que soit le temps qu'il faisait dehors. Depuis qu'il avait repris connaissance à l'hôpital militaire, Julian oscillait entre un lourd sommeil peuplé de cauchemars et une réalité toute aussi cauchemardesque. Tout d'abord, il y avait eu la douleur, physique uniquement, comme si on lui arrachait la jambe. D'ailleurs durant quelques jours, il aurait préféré qu'on la lui ait retirée, cette maudite jambe tellement abîmée, que l'issue était encore incertaine. Rien ne disait qu'il ne choperait pas la gangrène là-dessus !

Puis les médecins lui avaient donné des antalgiques, et une autre douleur avait fait surface, bien pire que la première et plus insidieuse celle-là. Celle qui était remontée avec les souvenirs précédant son envol pour cette dernière mission, quand on lui avait annoncé la terrible nouvelle. Morts, ils étaient tous morts, tous les trois ! Sa femme, son enfant à naître, sa mère... Toute sa famille, tout ce qu'il avait. Dès lors, pourquoi continuer à se battre ? Hitler pouvait bien continuer à envahir l'Europe et le monde entier si ça lui chantait, qu'est-ce qu'il en avait à faire en fin de compte ?

Les infirmières le surveillaient de près, il le sentait. Elles ne le laissaient jamais seul bien longtemps, s'arrangeaient toujours pour passer lui rendre une petite visite de courtoisie sous de quelconques prétextes. Elles s'étaient bien vite rendues compte de l'état dépressif dans lequel il se trouvait, et elles étaient bien décidées à l'empêcher de faire une bêtise. Parfois, souvent même, il avait envie de se mettre à hurler, de leur crier de lui ficher la paix, de le laisser mettre fin à l'enfer dans lequel il évoluait. Mais la plupart du temps, il se contentait de fixer les nuages gris qui défilaient derrière sa fenêtre, le regard vide.

Quand elle entra, il ne tourna même pas la tête, persuadé que c'était encore l'une d'elles, indifférent. Il espérait qu'elle ne poserait pas de question et s'en irait comme elle était venue. Sauf que bien évidemment, comme tous ses espoirs dans la vie, celui-là fut déçu. Elle parla, mais le ton était différent, plus assuré, presque... autoritaire. Et malgré lui, habitué qu'il était à réagir au commandement, il tourna la tête pour la dévisager. Par curiosité aussi, parce que, malgré tout, on ne se refait pas. Ce n'était pas une infirmière, loin de là. Il ne répondit pas à ses salutations, attendant la suite.

- "Chef du MI6 ? Qu'est-ce que les services secrets peuvent bien me vouloir ?", demanda-t-il d'un ton plat et faussement indifférent. "Je ne pourrais plus jamais voler, je le sais bien, et c'est tout ce que je savais faire. Je ne suis plus utile à mon pays d'aucune manière. Ni à personne d'ailleurs..."
L'amertume, cette nouvelle amie qui lui donnait des crampes d'estomac, il n'avait pas réussi à la masquer dans son ton. Il détourna les yeux, honteux de sa réaction, de ne pas savoir faire preuve de davantage de cran.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Mer 2 Juil - 22:35

Kathleen avait un don spécial pour sentir les gens, c'est ce qui lui avait permis d'aller aussi loin dans sa carrière au sein du MI6. Elle arrivait à lire les désirs et les déceptions des gens, c'était souvent très utile pour dire aux hommes politiques ce qu'ils avaient envie d'entendre. Certains pourraient appeler ça du lèche-bottes, mais c'était souvent nécessaire dans ce milieu là, et après tout c'était une bonne cause... Kathleen avait tout de même un sens élevé de l'éthique et n'aurait rien engagé d'immoral pour monter en grade.

En l'occurrence, elle sentait cet ancien pilote en plein désarroi et était sincèrement désolée pour lui, même si elle ne devait rien laisser paraître, professionnalisme oblige. Elle sentait ses questionnements, à savoir ce qu'il allait faire de sa vie à présent... c'était une question épineuse à laquelle elle n'aurait pas voulu avoir à se poser elle-même. Mais elle espérait pouvoir aider cet homme émérite à y répondre. Elle connaissait son parcours, sa carrière et avait entendu des éloges de ses supérieurs. Il était certainement un grand atout pour le MI6 et il serait dommage de perdre ce bon élément et de le rendre civil... Il ferait sûrement un excellent professeur, ou homme de terrain avec les enfants. Mais pour ça, il fallait que la directrice du MIS lui explique la situation, car très peu d'agents du MI6 connaissaient l'existence de cet institut : cela exigeait un très haut niveau d'habilitation.

" - Monsieur, les services secrets m'ont transmis votre dossier et votre profil m'intéresse particulièrement. Je dirige un département du SIS appelé Modern Institut of Seafront, il s'agit d'un orphelinat particulier qui forme des enfants à l'espionnage professionnel. Nous avons déjà mené plusieurs opérations de terrain avec ces enfants, elles ont été couronnées de succès. Il est à présent démontré que des enfants peuvent accomplir des tâches de renseignement que les adultes ne peuvent pas effectuer, car ils passent beaucoup plus inaperçus chez l'ennemi. Je suis ici pour vous faire une proposition d'emploi : j'aimerais vous recruter pour vous faire intégrer le personnel du MIS. Nos professeurs et formateurs parviennent à assurer un suivi sérieux des enfants, mais nous manquons cruellement d'hommes et de femmes de terrain pour partir en opération avec nos agents. Votre expérience des opérations réelles nous serait très précieuse pour gérer et encadrer les missions de nos jeunes agents. Je vous affirme, Monsieur, que vous nous seriez extrêmement utile contrairement à ce que vous pouvez croire à cet instant. Qu'en pensez-vous ? "

Kathleen espérait vivement que son intervention serait bien assimilée par son interlocuteur. Elle craignait la réaction qu'elle avait eu de temps en temps, c'est à dire un dédain franc face à son sexe - il y avait très peu de femmes haut gradées dans les services secrets - et surtout, de nombreux hommes ne l'avaient pas cru quant à son histoire de MIS. Le secret qui entourait cette organisation était souvent pris comme un canular pour les agents internes au MI6. La directrice espérait donc uniquement, pour le moment, être prise au sérieux... et elle attendait que Julian considère attentivement cette proposition.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Julian Hayes
Assistant de mission
avatar
Messages : 40
Date d'inscription : 26/06/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage: 28 ans
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Ven 4 Juil - 19:54

Julian ne savait pas quel genre de réponse il s'était attendu à obtenir au juste, mais une chose était sûre et certaine, pas celle qu'on lui fit ! Pendant quelques secondes qui pesèrent sur l'atmosphère de la chambre comme une chape de plomb, il dévisagea la jeune femme, s'interrogeant sur sa crédibilité, se demandant si elle n'était pas tout bonnement en train de se moquer de lui. Ce qu'il lut sur ses traits et son expression achevèrent de le convaincre qu'elle ne plaisantait pas, elle n'avait pas l'air d'être de ce genre, d'ailleurs, et il laissa encore une minute ses paroles l'imprégner.

- "Des enfants espions...", hasarda-t-il, en pleine confusion, en secouant la tête.
Il essayait d'imaginer la chose, de la concevoir en réalité, visualisant un gamin en train de jouer à cache-cache mais... pas pour jouer. Aussitôt, d'horribles images s'imposèrent à son esprit, directement nées de ses idées noires du moment, des images d'officiers SS leur tirant triomphalement une balle dans la tête. Il sursauta, comme si la détonation avait réellement retenti dans sa chambre. Non, cela ne pouvait être, jamais le haut commandement britannique n'aurait accepté une chose pareille !

A nouveau, il chercha un indice sur le visage inexpressif de Kathleen Stevenson. Elle s'appliquait à ne rien laisser transparaître de ses pensées ou de ses émotions. S'il ne connaissait pas grand chose aux techniques d'espionnage, Julian n'en était pas moins un militaire auquel on avait appris à observer son entourage, hommes et lieux, qu'on avait formé à résister au questionnement ennemi. Lire les expressions, les interpréter, il savait faire lui aussi, et tout chez cette femme lui disait que ce n'était pas une marrante, qu'elle avait des tas de responsabilités et pas de temps à perdre en enfantillages. En un mot, que tout ce qu'elle lui racontait était on ne peut plus sérieux.

Mais plus que de la curiosité, cette histoire d'enfants espions déclenchait chez lui un ébahissement horrifié. Comment pouvait-on exposer ainsi des enfants ? Une vie pleine de restrictions, dominée par la crainte des bombardements, n'était-elle pas suffisante à gâcher leur enfance ? Fallait-il en plus qu'on les envoie en première ligne ? Et puis d'abord, quel genre de mission leur confiait-on, au juste ? Et puis...
- "Qu'est-ce que vous entendez par "enfants", précisément ? Quel âge ont vos recrues ?", demanda-t-il, sans doute un peu trop sèchement.

En tant de paix, on pouvait aisément qualifier un jeune homme de 17 ou 18 ans de gamin, peut-être était-ce ce qu'elle avait voulu dire ? Même si, depuis le début du siècle, les enfants avaient tendance à grandir beaucoup trop vite avec les guerres, il était bien placé pour en parler... Une école militaire pour adolescents hyper actifs ? C'était sans doute ce dont elle parlait, éduquer les jeunes anglais pour en faire, à terme, des soldats d'élite... Si tel était le cas, est-ce que ça l'intéresserait ? Il n'en était pas sûr. Il laissa ses yeux courir le long de sa jambe encore couverte de pansements. Non, pas sûr du tout, il aurait sacrément l'impression d'en faire de la chair à canon.


Dernière édition par Julian Hayes le Lun 7 Juil - 8:08, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Lun 7 Juil - 0:15

Kathleen s'efforçait de garder un visage neutre, comme elle avait l'habitude avec des inconnus pour le travail : c'était le côté politique de son emploi, tout passait par son inexpression si elle voulait être prise au sérieux. Etant une femme, c'était le seul moyen d'asseoir son autorité, et elle avait la vague impression que l'homme qu'elle avait en face était réceptif à cela. Après quelques temps de réflexion, il ne sembla pas remettre en cause la véracité de ses propos, ce qui était déjà une bonne étape de franchie : il croyait sur parole ce qu'elle venait de dire. Elle pourrait lui montrer ses accréditations pour finir, mais elle n'en voyait pas l'intérêt s'il la croyait déjà.

Elle tenta également de savoir ce que cet homme pourrait penser de cette proposition, et son visage exprimait une certaine gêne, même s'il restait relativement impassible. La directrice était souvent confrontée à ce genre de problème, les adultes avaient du mal à concevoir l'idée d'utiliser des enfants pour ces tâches. L'idée de base paraissait en effet immorale, mais dans la pratique elle se faisait dans le total respect du développement de l'enfant, dans la mesure où la plupart avaient déjà trop souffert de la guerre. Kathleen avait vu certains de ses résidents se reconstruire presque totalement depuis leur arrivée ici, et les enfants lui étaient tous reconnaissants. Il était dommage que les adultes ne mesurent pas la chance que signifiait une place au MIS pour les recrues : ils menaient un style de vie à l'institut que la plupart des enfants d'Europe leur envieraient. En effet, cet institut était calme, totalement sécurisé et les enfants étaient très encadrés par l'ensemble du personnel, ils étaient nourris et logés confortablement et recevaient une éducation de qualité, loin des tracas quotidiens de la guerre. Très peu d'enfants avaient cette chance là en Europe, et chaque recrue avait une situation de vie tellement dramatique que leur intégration au MIS était devenue leur seule solution pour s'en sortir, et une solution très avantageuse pour eux. Evidemment, le revers de la médaille était qu'ils prenaient des risques importants en infiltrant certains bâtiments ou certains groupuscules, mais dans le monde dans lequel ils évoluaient chaque jour, les enfants en mission ne prenaient pas plus de risque que les gamins qui parcouraient les rues pour aller se rationner sous les bombardements ennemis...

Kathleen aurait bien voulu expliquer tout cela à Julian, pour lui éviter des inquiétudes éthiques, mais elle ne savait pas comment caser tout cela dans une explication claire et concise. Elle espérait au fond qu'il se rende compte de tous ces éléments une fois avoir visité l'ensemble de l'institut. Elle était également consciente qu'elle pouvait échouer et ne pas le rallier à cette cause. Dans l'ensemble, tout le personnel du MIS cautionnait le fonctionnement de cette institution, mais certains comme la professeur d'espionnage avaient des doutes fréquents quant au bien-fondé de cette formation para-militaire. Il fallait le voir pour le croire... La directrice se contenta de répondre aux questions de l'homme qu'elle tenterait de recruter coûte que coûte, vu sa valeur découlant de son expérience. Elle espérait que cela suffirait au moins à éveiller sa curiosité...

" - Nous n'avons pas de limite d'âge. L'agent opérationnel le plus jeune a actuellement 8 ans, le plus vieux 14. Cela peut paraître jeune, mais l'entraînement est totalement adapté à leur constitution physique notamment, et les opérations de terrain sont également conçues sur mesure pour leur âge. Nous ne leur faisons jamais prendre de risque physique direct, leurs couvertures sont sécurisées et aucun d'entre eux n'a encore jamais été repéré en opération. Ils sont également toujours suivis par un contrôleur de mission qui est chargé de veiller sur eux et d'assurer leurs arrières. Je précise également qu'ils sont tous particulièrement intelligents et ont conscience du danger qui les entoure : ils ont d'ailleurs le droit de refuser une mission ou de se rétracter d'une opération en cours à tout moment. Leur activité n'est effective que sur une base de volontariat de leur part. Ils se sentent tous très impliqués dans le combat qu'ils mènent, et ne sont nullement utilisés d'une façon ou d'une autre : ils ont tous leur libre arbitre. "

Cette phrase pouvait sembler bizarre : quel libre arbitre a un garçon de 8 ans ? Malheureusement, les épreuves ont donné à ce gamin beaucoup plus de lucidité qu'il n'aurait dû en avoir à son âge, mais cela lui a permis de pouvoir prendre des décisions de manière très responsable. Ces explications allaient-elles suffire ? Kathleen était de plus en plus inquiète face aux doutes manifestes de son interlocuteur, mais elle s'efforçait de rester impassible...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Julian Hayes
Assistant de mission
avatar
Messages : 40
Date d'inscription : 26/06/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage: 28 ans
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Mar 8 Juil - 10:04

Huit ans ! Les yeux de Julian s’agrandirent démesurément sous l’effet de l’ébahissement. Oui, elle avait bien dit huit ans, et elle parlait d’un agent opérationnel ! L’officier était figé sur son lit, comme moulé dans une gangue en béton armé, tandis qu’un chaos indescriptible se faisait dans son esprit. Il la croyait, bien sûr qu’il la croyait, sur parole ! Le monde était devenu suffisamment fou pour employer sans sourciller des enfants à des fins de guerre, et en se donnant bonne conscience par-dessus le marché, en arguant de leurs précédentes mauvaises conditions de vie.

Elle parlait, encore et encore, lui exposant froidement ses arguments, évoquant des entraînements et des missions adaptés à la constitution et à l’âge des enfants, toujours encadrés par des adultes. Et plus elle parlait, plus Julian était horrifié, elle croyait vraiment en ce qu’elle faisait ! Quelques mois plus tôt, les premières rumeurs étaient parvenues jusqu’à lui. Au cours d’une conversation avec un autre officier, il avait entendu parler, pour la première fois, de ces foyers en Allemagne et dans tous les pays occupés, où les SS éduqueraient des enfants triés sur le volet, pour les germaniser et en faire l’élite de leur armée à venir.

A l’époque déjà, ça lui avait retourné l’estomac. On disait qu’ils arrachaient ces enfants à leur famille pour leur bourrer le crâne de leurs idéaux antisémites, et que seuls les plus forts y survivaient. On racontait même, mais ça il avait quand même du mal à l’avaler, que les Allemands fabriquaient des bébés uniquement dans ce but ! C’était hallucinant, et voilà qu’à présent, cette femme se tenait là, plantée devant lui presque au garde-à-vous, en train de lui expliquer que les alliés employaient les mêmes techniques ? Enfin, pas tout à fait quand même, mais en réalité, qu’en savait-il ?

Julian prit une immense inspiration et relâcha l’air lentement. Il cherchait ses mots. Il ne pouvait s’empêcher de penser que, quelques années auparavant, il aurait pu lui-même échouer dans ce type d’établissement si son père ne s’était pas montré si prévoyant avant de partir à la guerre, s’il ne les avait pas éloignés de Londres, sa mère et lui. Il ne pouvait s’empêcher de penser à ce qu’il serait advenu de son propre enfant s’il avait vécu, et que lui n’ait pas survécu au crash. La guerre n’excusait pas tout. Mais était-il en position de refuser pareille proposition ? Ne se devait-il pas, au contraire, de l’accepter pour veiller sur ces pauvres gosses, pour s’assurer qu’ils étaient bien traités, que leurs vies n’étaient pas outre mesure mises en danger, qu’ils n’étaient pas envoyés à l’abattoir, en somme ?

Et la question essentielle, primordiale même : son sens moral, sa conscience, son éthique, sauraient-ils s’accommoder de la situation, s’il acceptait ?
- "Je suppose que vous attendez une décision ferme et définitive ?", demanda-t-il.
Le projet était sans le moindre doute top secret, et il devait le rester. Qu’il accepte ou non, il serait tenu de vivre en sachant ce qui se passait, en sachant que son pays utilisait des gosses dans l’effort de guerre, et sans jamais rien en dire. Il avait encore des jours devant lui, sa convalescence n’était pas terminée, il tenait à peine debout, mais elle attendait sans doute un engagement de sa part, et il aurait des semaines pour cogiter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Sam 26 Juil - 17:47

Plus Kathleen avançait dans ses explications, et plus elle sentait Julian réticent à sa proposition. Cela n'était pas vraiment de bon augure, et même si tout le personnel avait eu la même réaction au début, cela n'avait pas duré et ils avaient été rapidement rassurés. Est-ce que cet homme allait réagir comme les autres ? Il avait un parcours et une histoire particuliers, c'était donc peu probable... Pour la première fois, la directrice s'inquiétait de ne pas réussir à le convaincre finalement. Elle avait toujours eu confiance en ses talents d'oratrice qui ne l'avaient jamais fait faux bond, même dans le milieu difficile de la politique et ce même aux plus hauts échelons de l'Etat. Elle s'était heurtée à des problèmes éthiques qu'elle avait toujours réussi à renverser. Mais il fallait croire qu'un ancien père de famille avait une conscience éthique autrement plus développée que celle des employés et membres du gouvernement et des services secrets...

Il posa une dernière question à Kathleen, simple et neutre. La directrice était finalement soulagée par cette question, cela prouvait qu'il ne refusait pas tout d'un bloc, ce qui était assez positif. Elle n'en laissa bien sûr rien paraître et répondit simplement, avec tout de même une certaine sympathie nouvelle dans son attitude : elle allait devoir montrer toute son humanité à cet homme, puisque le côté sérieux quasi-militaire n'était pas le meilleur argument à lui proposer. Cette tâche lui convenait bien : la directrice endossait ce masque sérieux par nécessité mais elle était beaucoup plus à l'aise avec sa nature maternelle, qu'elle laissait s'exprimer librement avec les enfants de l'institut. Elle était obligée de jouer un rôle plus strict et sérieux auprès des adultes auxquels elle devait se référer, mais cela ne lui plaisait pas vraiment, seul son poste et son grade l'exigeait. Peut-être pourrait-elle se laissait aller avec Julian comme elle le faisait avec les enfants ? Cela lui montrerait peut-être la grande humanité de l'institut... Elle y songeait surtout pour leur prochaine rencontre.

" - Pas du tout, je suis ici uniquement pour vous faire cette proposition et répondre à vos éventuelles questions. Je vous laisse réfléchir à tout cela pendant votre convalescence, et vous pourrez passer à mon bureau lorsque vous serez remis. Voici l'emplacement de l'accueil de notre institut, on vous conduira ensuite jusqu'à mon bureau. Ce sera l'occasion pour vous de visiter notre structure et ainsi vous faire un avis plus réaliste sur l'institut. J'espère donc vous revoir prochainement, et vous souhaite un bon rétablissement. "

La dernière phrase fut accompagnée du premier véritable sourire de Kathleen depuis qu'elle était arrivée ici. Le masque commençait doucement à s'effilocher, peut-être était-ce trop tôt ? Elle quitta la chambre en proie à de nombreux doutes, les questions ne cessèrent de s'enchaîner dans sa tête jusqu'à son retour au MIS.


**************

[A la fin de sa convalescence, Julian se rendit finalement au bureau de Kathleen au MIS]


La directrice était dans son bureau depuis une heure matinale. Elle s'occupait des papiers des nouvelles recrues qu'ils essayaient de faire venir à l'institut. En effet, l'été était une période de recrutement assez efficace, il fallait en profiter. Kathleen devait également s'occuper d'envoyer des rapports de mission sur les opérations en cours, elle envoyait tout cela au siège du SIS ainsi qu'au ministère de la guerre qui exigeait d'être tenu au courant de toutes les opérations de terrain effectuée par des enfants. Kathleen n'était pas sûre que ces rapports étaient vraiment lus au gouvernement, mais elle savait qu'à la moindre bavure, ils n'hésiteraient pas à s'en servir contre elle... qu'importe, elle était plongée dans ses papiers et la machine à écrire chauffait sérieusement.

C'est là qu'un homme se présenta devant son bureau. Elle le reconnut immédiatement : c'était l'ancien pilote qu'elle voulait absolument au MIS comme contrôleur de mission. Ses compétences seraient très précieuses pour les enfants et il pourrait assurer une protection optimale à chacun des agents sur le terrain, grâce à son expérience. Kathleen se leva pour l'accueillir d'une poignée de main chaleureuse.

" - Bonjour M. Hayes, je suis heureuse de vous accueillir dans nos locaux aujourd'hui. Asseyez-vous, je vous prie. "

La directrice lui laissa le temps de s'installer devant le bureau, tandis qu'elle se rasseyait sur son fauteuil derrière son bureau de bois massif.

" - Vous avez l'air en forme. Avez-vous réfléchi à la proposition que je vous avais faite à notre dernière rencontre ? "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Julian Hayes
Assistant de mission
avatar
Messages : 40
Date d'inscription : 26/06/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage: 28 ans
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Lun 4 Aoû - 15:57

Après le départ de Kathleen Stevenson, Julian était resté plongé dans ses pensées très longtemps. Même les passages réguliers des infirmières ne suffisaient pas à le dérider et elles en vinrent à se demander si elles avaient bien fait de lui autoriser cette visite impromptue. En réalité, Julian était furieux. Furieux contre son gouvernement qui acceptait sans sourciller d’utiliser des enfants dans la lutte contre les Allemands. Mais aussi furieux contre lui-même, parce qu’il avait beau dire, il voyait là-dedans sa seule porte de sortie, la seule possibilité qu’il lui restait de faire quelque chose de sa vie, de faire quelque chose d’utile. C’était surtout ça qui le rendait fou, l’idée qu’il puisse en profiter lui aussi, de ces pauvres gosses !

Un véritable cas de conscience qui, même s’il l’avait torturé, l’avait néanmoins sorti de sa léthargie. Qu’il rejoigne les rangs du MIS ou qu’il aille se faire pendre ailleurs, la première étape était de sortir de l’hôpital et ça ne se ferait sûrement pas sans rien. Il redoubla d’ardeur lors de ses séances de rééducation, lutta pour ignorer la douleur et effectuer tous les exercices que le kinésithérapeute lui demandait de faire, en fit même davantage, se débrouillant pour se rendre à la salle de sport quand nul ne le lui demandait. Ce fut long bien sûr, très long, mais petit à petit, la douleur s’amoindrit, ses muscles retrouvèrent une bonne partie de leur vigueur, et graduellement, son état d’esprit s’améliora d’autant.

Lorsqu’il se présenta au bureau d’accueil ce jour-là, cela faisait seulement trois jours qu’il était sorti de l’hôpital. Il n’avait pas retrouvé sa pleine motricité, et on l’avait prévenu qu’il garderait de l’accident une légère claudication. Ce n’était rien pourtant comparé à l’enfer qu’il avait vécu, et au handicap qui aurait pu être le sien, sans parler d’y rester. Il se sentait un peu déboussolé par la solitude, et c’était précisément ce qui avait fini de le décider à se présenter à l’institut. D’une part, c’était un moyen pour lui de veiller sur ces gamins, de s’assurer que l’armée ne mettait réellement pas leurs vies en danger. Et d’autre part, c’était pour lui un excellent moyen d’échapper à sa solitude et à la dépression qui le guettait.

On lui indiqua le bureau de Kathleen Stevenson, bureau dont la porte était grande ouverte, bien qu’elle travaillât à l’intérieur. C’était un détail, certes, mais un détail qu’il apprécia néanmoins, parce que cela signifiait que les rapports qu’elle entretenait avec son personnel ou avec les enfants n’étaient pas régis par des procédures trop rigides. Il frappa doucement et elle se leva pour l’accueillir avec une cordialité à laquelle il ne s’attendait pas. Il n’avait pas fait montre de beaucoup d’enthousiasme lors de leur première entrevue après tout. Il la salua en retour et prit place devant sa table de travail. Il était sûr qu’elle avait remarqué qu’il boitait mais, dans un premier temps en tous cas, elle ne fit aucun commentaire.

- « Merci à vous de me recevoir. Je me sens bien mieux, oui, merci. J’ai beaucoup réfléchi à votre proposition, en effet. Je pense que vous avez dû remarquer mes réticences lors de votre visite, j’avoue que ce qui se passe ici bouscule singulièrement ma morale. Pour être parfaitement honnête, si j’avais pu réintégrer mon escadron, je ne serais sûrement pas ici… » Il la regardait droit dans les yeux, il lui devait la vérité. « Mais les choses étant ce qu’elle sont, j’ai dû transiger avec moi-même. Je… J’aimerais faire un essai, si votre proposition tient toujours ».
Et si elle lui répondait pas la négative, qu’est-ce qu’il ferait ? Il préféra bannir la question de ses pensées…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Mer 6 Aoû - 0:33

Kathleen était assez calme, mais en vérité elle était assez stressée : cette rencontre était décisive, et l'enjeu était important pour le MIS, elle le savait. Cet institut était l'oeuvre de sa vie, et elle considérait toutes les recrues comme ses propres enfants - elle qui n'en avait jamais eu - elle avait donc à coeur d'embaucher les meilleurs - et les plus humains - pour s'occuper de ses petits. Elle n'arrivait toujours pas à sonder le visage de son interlocuteur, mais elle avait cessé de tenter de le percer à jour par le regard. A présent, seul son avis propre comptait, et il n'allait normalement pas tarder à l'exprimer à haute voix...

La réponse ne se fit pas attendre, et dépassait toutes les espérances de la directrice. Bien sûr, il n'était probablement pas ravi d'être ici, ce qu'elle comprenait bien, mais elle ne s'attendait absolument pas à une acceptation si rapide d'une période d'essai. Elle en était tellement soulagée qu'elle ne put s'empêcher de cacher sa joie - c'était purement sa face humaine qui prenait le dessus par rapport à leur dernière rencontre.

" - Bien sûr, je comprends vos réticences, j'ai également mené beaucoup de débats éthiques sur le sujet. Comprenez bien que si l'Etat britannique accepte une telle institution en son sein, c'est qu'elle respecte pleinement les droits des enfants ainsi que les principes d'humanité qui sont chers à notre reine. Vous pourrez découvrir tout cela par vous même lors d'une période d'essai, que nous allons concrétiser dès aujourd'hui si c'est ce que vous souhaitez. Je suis sincèrement désolée que votre carrière ait pris ce tournant inattendu pour vous, j'espère que vous vous plairez dans votre nouvel emploi également. Avant de régler les formalités administrative de votre embauche à l'essai, voulez-vous commencer par une visite de l'institut ? "

En effet, Julian n'avait vu pour le moment que la façade du bâtiment principal et l'accueil fictif réservé au public situé en littoral à plusieurs centaines de mètres d'ici. La directrice attendait la réponse de l'homme, elle ne savait pas si l'état actuel de sa motricité lui permettrait de faire le tour de l'institut, même s'il n'était pas très étendu pour le moment. Elle l'interrogeait donc du regard avant de se lever de son siège et de partir vers la porte de son bureau, faisant passer son hôte devant elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Julian Hayes
Assistant de mission
avatar
Messages : 40
Date d'inscription : 26/06/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage: 28 ans
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Mer 13 Aoû - 15:30

La réaction de Kathleen Stevenson à sa presque acceptation ne se fit pas attendre. Julian vit sa posture se détendre de manière quasi instantanée, et son ton exprima la satisfaction que ses mots n’exprimaient pas. Elle fit preuve d’une compréhension surprenante face à ses dernières réticences, et le pilote en fut soulagé. Il ne voulait pas qu’elle pense qu’il acceptait ce poste uniquement parce qu’il n’avait plus rien d’autre à faire, ce n’était qu’une partie du problème. Il acceptait aussi parce que cela restait une bonne façon d’œuvrer pour son pays, et de garder un œil sur tous ces gamins.

- « Oui, avec grand plaisir. J’avoue que je suis curieux de comprendre comment vous êtes organisés, sur quels critères vous recrutez les enfants, comment vous les formez, quel genre de missions précisément leur sont confiées, toutes ces choses… »
Pour un gars qui avait des problèmes d’éthique avec les fondements de l’organisation à laquelle il postulait, il se rendait compte qu’il manifestait soudain un réel enthousiasme. Mais cela faisait des semaines et des semaines qu'il ruminait depuis une chambre d’hôpital, et il avait soudain hâte de passer à autre chose.

Il se leva de sa chaise en prenant appui sur sa jambe pleinement valide. Il se le reprocha immédiatement, les médecins lui avaient dit que c’était précisément ce qu’il ne devait plus faire ! Au contraire, il devait faire travailler sa jambe blessée, en commençant par la remuscler, et ne surtout pas compenser avec l’autre. C’était plus facile à dire qu’à faire ! Il avait tellement souffert les premiers jours de sa rééducation qu’il se ménageait à présent inconsciemment. Il s’appliqua à marcher normalement jusqu’à la porte, mais ça lui demandait une concentration incroyable, pas à cause de la douleur, mais pour vaincre cette mauvaise habitude qu’il avait prise.

La directrice s’effaça devant lui et il s’engagea dans le couloir. Il était prêt à commencer quand elle voudrait. Il supposait qu’il devrait s’installer à l’institut, mais de toute façon, il n’avait pas tellement d’effets personnels à déplacer, l’appartement qu’il occupait avec sa famille ayant été démoli par les bombardements. Il devrait sans aucun doute passer par une phase d’apprentissage lui-même… Puisqu'ils allaient devenir collègues, autant être parfaitement honnête avec Kathleen.
- « Vous vous souvenez que je n’ai rien d’un espion, n’est-ce pas ? J’avoue que je ne me sens pas très à l’aise à l’idée de faire appliquer à ces enfants des méthodes que je ne maîtrise pas moi-même… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Mar 19 Aoû - 1:35

Kathleen était à présent bien détendue, elle était heureuse que Julian ait accepté sa proposition. Elle souriait à présent volontiers à chacune de ses remarques et commençait la visite avec confiance. Elle fut simplement surprise par l'objection du nouveau venu... il n'était pas un espion ? Ce n'était pas un problème, ce n'était pas ce genre de compétence qu'elle prisait le plus...

" - J'ai tout à fait conscience de vos atouts professionnels, n'ayez pas d'inquiétude à ce sujet. L'institut dispose d'ores et déjà de professeurs compétents en espionnage et de contrôleurs de mission tout aussi aguerris aux missions d'infiltration. Dans un premier temps, vous seconderez les contrôleurs de mission titulaires dans la préparation des opérations de terrain. Cela vous permettra d'appréhender le milieu de l'espionnage sans responsabilité excessive au début. Votre rôle de conseil sera cependant très important, car votre connaissance des missions de terrain aidera nos équipes à définir les tâches réalisables par des enfants et celles qui ne le sont pas. Votre avis sera également important dans l'évaluation du danger des situations en opération, car nous manquons encore d'hommes de terrain dans le personnel. A l'avenir, si vous souhaitez rester avec nous, vous partirez en opération avec les enfants pour les encadrer et les protéger - mais cela ne se fera qu'après votre titularisation. Ce temps de formation vous conviendrait-il ? "

La directrice avait parlé tout en marchant. Les deux adultes étaient à présent devant les installations d'extérieur.

" - Voici la Chapelle, au fond, un lieu de culte multi-religieux où chaque enfant et adulte peut se recueillir librement pendant le temps libre. En face, vous avez le bois qui sert aussi de terrain d'entraînement pour les simulations grandeur nature. Le lac sert autant de lieu d'entraînement à la natation que de détente. A votre gauche se trouve le cabanon des armes à feu, les cours de tir ont lieu dans le champs derrière où sont disposées des bottes de paille. Cependant pour des questions éthiques, les cours de tir ont été suspendues et sont encore en cours de discussion au sein du personnel. Vous pourrez donner votre avis lors de notre prochaine réunion sur la question. Qu'en pensez-vous, à titre personnel ? Les enfants doivent-ils être entraînés au tir pour se protéger lors de situations dangereuses (ils ne sont bien sûr jamais armés en opération) ou devraient-ils rester éloignés de ces armes même en entraînement sécurisé ? "

Kathleen se rapprochait du bâtiment principal pour terminer la visite. Tout en marchant, elle écoutait attentivement le point de vue de son nouveau collègue. Cette question restait épineuse au sein du personnel même après un an d'existence de l'institut. Elle était curieuse de connaître l'avis de Julian, qui semblait aussi aguerri qu'attaché à l'éthique. L'avis d'un nouvel arrivant en réunion, avec un oeil neuf, pouvait aider à statuer définitivement sur la question. Ensuite, l'approbation de la décision prise par le personnel de l'institut par le gouvernement ne serait qu'une simple formalité, Kathleen étant très douée pour ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Julian Hayes
Assistant de mission
avatar
Messages : 40
Date d'inscription : 26/06/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage: 28 ans
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Lun 25 Aoû - 20:06

Comme ils entamaient la visite du bâtiment principal, la directrice rassura bien vite Julian. Elle semblait surprise de toutes ces incertitudes, et il se demanda fugitivement si sa confiance en lui n'était pas en train de fondre comme neige au soleil. En effet, comment croire en quelqu'un qui ne croyait pas en lui-même ? Elle devait se demander si elle ne s'était pas bercée d'illusions à son sujet. Il se morigéna intérieurement, il ne devait pas l'inciter à douter de lui par ses propres doutes ; au contraire, il devait lui montrer qu'il serait à la hauteur. Et ça commençait par se détendre. Pourquoi se mettait-il dans un état pareil ?

Parce que tu n'as plus que ça au monde !
Peut-être, peut-être pas. Mais si c'était tellement important, alors autant mettre toutes les chances de son côté. Il l'écouta attentivement lui présenter la manière dont elle voyait les choses. Ils s'étaient entendus sur une période d'essai, et elle fonctionnerait dans les deux sens, ce qui paraissait honnête. Il ne serait titulaire que lorsqu'il aurait acquis suffisamment d'expérience pour encadrer lui-même des opérations. D'ici là, il assisterait ceux qui savaient, apprendrait autant que possible, veillerait sur les gosses et ferait bénéficier l'institut de son expérience du terrain.

- « Cela m'a tout l'air d'être un excellent programme », sourit-il.
A chacune de ses paroles, Kathleen Stevenson lui paraissait de plus en plus compétente et efficace. Elle avait l'air de le comprendre parfaitement, elle avait pensé à tout pour préparer son arrivée, et surtout elle avait l'air très concernée par le bien-être des enfants. Il se détendait de minute en minute et ce n'était pas un mal. Ils passèrent beaucoup de temps au rez-de-chaussée, où ils visitèrent les salles de classe, le centre de mission et le complexe médical. Puis ils montèrent au premier où se trouvaient le réfectoire et la bibliothèque, et jetèrent un rapide coup d’œil aux dortoirs du 2ème et aux quartiers du personnel au 3ème.

Le bâtiment était vaste mais bien agencé. Il s'interrogea sur la tour qui dominait l'ensemble, mais déjà elle l'entraînait à l'extérieur pour lui montrer la chapelle, les bois, le lac... et le stand de tir.
- « Très honnêtement, j'avoue que, comme ça, vu de l'extérieur, je ne suis pas pour. Ce sont des enfants. Ils ont sans doute perdu leur innocence depuis longtemps, je veux bien le croire, néanmoins, leur coller une arme à feu dans les mains... Disons qu'en deçà de 16 ans, c'est contraire à tout ce en quoi je crois. Il existe des tas de techniques de combat au corps à corps, qui permettent, quand le poids n'est pas de son côté, de faire basculer son adversaire pour en venir à bout, par exemple. Il y a d'autres armes, aussi, des armes de jet qui peuvent faire des dégâts et permettre de s'en sortir sans avoir à tuer : fronde, couteau à la rigueur... »

Il ajouta qu'il n'en savait néanmoins pas assez sur les missions confiées aux enfants pour se prononcer plus avant en toute connaissance de cause. Ils étaient revenus à leur point de départ.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kathleen Stevenson
Directrice
avatar
Messages : 682
Date d'inscription : 12/08/2013

MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   Jeu 4 Sep - 23:17

Le nouvel arrivant sourit aux explications de Kathleen. Commençait-il déjà à se sentir bien ici ? Ce serait une bien bonne chose... La visite fut rapide et concise, les deux adultes avaient rapidement fait le tour de toutes les zones du campus, autant intérieures qu'extérieures. Julian avait l'air de se déplacer assez fluidement, ce qui était une bonne nouvelle également.

La directrice s'arrêta dans la visite seulement au moment d'intégrer la question des tirs d'armes à feux lors des entraînements. Elle écouta d'ailleurs avec intérêt les arguments de son nouveau collaborateurs, qui étaient pleins de vérité et qui apporteraient de nouveaux éléments au débat lors de la prochaine réunion : il est vrai que les solutions alternatives n'avaient jamais été proposées de manière aussi fournie par le reste du personnel. C'est là qu'on voyait que l'institut manquait encore de personnel de terrain, même s'il était très bien doté en personnalités militaires administratives et politiques. Kathleen acquiesça en souriant, pour le remercier de son avis constructif.

" Très juste. La question qui se posera lors de la prochaine réunion sera également de savoir si ces techniques alternatives suffisent à la protection de l'enfant dans le cas où il est visé directement par une arme à feu... Mais gardons ces questions là pour plus tard. Pour être honnête avec vous, ce débat est plutôt récent : dans les débuts de l'institut, il nous semblait évident que les enfants devaient être rompus au tir en cas d'extrême urgence en opération. Cependant lors de l'un des premiers cours de tir dispensés aux recrues, nous avons assisté à un phénomène inédit de refus massif des enfants à coopérer : ils avançaient justement leur innocence et leur refus de tenir une arme de tueur à la main, dont la plupart avaient déjà pu voir les dégâts au cours de leur courte vie. Malgré toute son autorité, le professeur n'a pas pu continuer son cours et est venu directement se plaindre dans mon bureau : il espérait une punition pour chacun des enfants. Mais la question me paraissait en effet digne d'intérêt, d'où le lancement du débat dans l'ensemble de l'équipe pédagogique. Pour l'instant, nous avons une majorité de professeurs qui partagent votre avis, pourtant nous voulons une décision unanime pour statuer définitivement sur la question - c'est important pour la cohésion de l'équipe pédagogique. Je vous enverrai donc une missive pour vous prévenir de la prochaine réunion qui aura lieu sur le sujet, elle ne saurait tarder. J'espère que votre présence pourra aider à éclairer tout le personnel sur la question. "

Kathleen parlait joyeusement comme à un vieil ami. Elle revint finalement sur ses pas, et ils arrivèrent devant le bâtiment principal de nouveau. Là, elle fit monter son hôte au troisième étage, celui réservé au personnel, et lui indiqua sa chambre :

" - Voici vos appartements ! Je vous laisse vous installer à votre aise. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à me rendre visite dans mon bureau au rez de chaussée. Je vous souhaite la bienvenue parmi nous ! "

La directrice adressa un dernier sourire sincère à son nouveau collaborateur, et attendit de voir s'il avec des questions ou remarques à lui adresser avant de quitter la pièce et de retourner à son bureau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://institut-mi6.forumactif.org
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!   

Revenir en haut Aller en bas
 

La vie est pleine de surprises, même quand tout va mal!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La vie est pleine de surprises [PV: Claire]
» Ramsès, la vie est pleine de surprises.
» La vie est pleine de surprises
» [Terminé] La vie nous réserve parfois des surprises. Bonnes ou mauvaises ? Tout est bon à prendre ...
» Un soir de pleine lune

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Modern Institute of Seafront :: The Institut - Zone Rp :: 
Le Bâtiment
 :: Le bureau de la directrice
-