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 Alice SilberWald [Terminé !]

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Alice Silberwald
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Carnet de bord
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MessageSujet: Alice SilberWald [Terminé !]   Ven 21 Nov - 13:23


Alice
Silberwald




© Obsession
• NOM : Silberwald
• PRÉNOM(S) : Alice Frederick

• NÉ(E) LE : 11 Novembre 1931.
• À : Vienne.

• AGE : 10 ans.

• NATIONALITÉ : Autrichienne.

• UNITÉ : B



POIDS : 20kg
TAILLE : 1m20
CORPULENCE : Maigre.
YEUX : Bleus
CHEVEUX : Blonds.
AUTRE : Brulures dans le dos


PHOBIE : Pyrophobie.

CARACTÈRE : (10 lignes minimum)À l’origine, Alice était une petite fille vive, intelligente, et curieuse. Mais toute cette joie de vivre s’est évaporé lorsqu’elle a du marcher des jours et des jours dans le pays, replacé par une sorte de lassitude, et une nostalgie que l’on voit habituellement dans les regards de personnes bien plus âgées. Mais qu’y peut on ? La guerre change tout le monde, et force les enfants à grandir bien trop vite… Ce qui fait d’elle une enfant parfois assez déséquilibrée, qui se laisse parfois aller dans une espèce d’automatisme robotique, la  laissant presque vide, n’effectuant que des gestes machinaux.  
Comme beaucoup, elle a parfois tendance à voir uniquement le mauvais côté des choses, mais elle a choisit de marcher, et son père lui a apprit qu’il y avait toujours du bon dans du mauvais. A elle de trouver quoi.

Timide ? Alice ne l’est pas vraiment, le mot plus adapté serait « réservée » ou plutôt « Muette » en effet, la fillette n’a pas prononcé un mot depuis près de deux ans…





(10 lignes minimum en tout)

NAISSANCE : Wilhem Frederik Silverwald était un médecin de l’empire d’Autriche–Hongrie pendant la grande guerre. C’est sans doute ce diplôme acquis des années auparavant à Vienne qui lui a permis de rester en vie, mais les horreur qu’il a vu lorsqu’il tentait  désespérément de sauver les innombrables blessés qui arrivaient toujours plus nombreux, et toujours plus près de cette frontière qui sépare à jamais deux monde, l’a laissé aussi marqué que d’autre à la fin de ce conflit, mais certainement d’une manière différente.
De retour dans sa ville natale, Capitale de l’Autriche, il s’installa dans un cabinet dans un cartier assez aisé de la capitale Autrichienne. Défaite ? Humiliation ? A ses yeux, il n’y avait rien de tout cela, seulement les dernières vies qui avaient pu être sauvée grâce à cette armistice. Ce qu’avait vu les soldats du  front devait être horrible, mais lui aussi, dans cet endroit qui méritait à peine le nom de salle de soin, il avait du des choses sans noms. Des choses qu’il voulait oublier. S’éloigner des grandes blessures, pour retrouver le « calme » d’un médecin de ville ne pouvait être que bénéfique.

C’est ici que peut après, Wilhem fit la connaissance d’Anthéa De Gouges. Une Française, à Vienne, au caractère aussi libre et émancipé que ses long cheveux roux, bien trop intelligente au goût de beaucoup, et étudiante en lettres, et en mathématiques. C’est ce second objet d’étude qui les rapprocha, Wilhem continuant à côté de son métier des recherches scientifique, et sous les regards incrédules des voisins, le médecin du quartier épousa finalement cette Française.

L’étrange couple connu plusieurs années de bonheur, ignorant les commentaires du voisinages, et ce bonheur parut atteindre son paroxysme, quand Anthéa tomba enceinte, donnant naissance neuf mois plus tard à la petite Alice. Naissance a laquelle la jeune femme ne survécu pas.

ENFANCE :Alice à donc grandit sans mère, mais elle n’en a pas souffert, son père étant toujours présent pour elle, et l’aidant à développer sa curiosité, la laissant même observer ses recherches, ce qui ne manquait pas de hérisser toutes les gouvernantes que Wilhem avait embauché pour apporter une présence maternelle à sa fille. Mais que faire face à une enfant qui vous observe sans cesse, ses yeux bleu vous suivant comme votre ombre ? Que répondre à l’avalanche toujours plus grande de question, sur tous les sujets, à cette volonté de connaître absolument tous les mots ? Comment réagir devant cette enfant qui ne rêvait que d’explorer les recoins les plus dangereux de la maison et de rester avec son père.
Nombre ont abandonnés, et ne cachaient pas qu’elle pensaient que le médecin aurait du être un peu plus ferme avec sa fille. Mais Wilhem ne pouvait s’empêcher de voir en Alice, le reflet du caractère de sa défunte femme. Elle lui ressemblait c’est vrai, car bien qu’elle ait les mèches platines, et les iris bleu ciel de son père, son nez retroussée de lutine, et son menton volontaire, était incontestablement celui d’Anthéa. Comment pouvait il l’empêcher de devenir comme cette femme qu’il avait tant aimé ?

L’arrivée en mars 1935 de Sarah Frahle. La petite fille avait eu trois ans l’année précédente, et malgré son jeune âge, elle comprenait qu’elle était responsable des départs successifs de ses gouvernantes, mais Alice était incapable de comprendre la cause de ces départs, si bien qu’elle accueillit avec cette joie et cette curiosité qui la caractérisait tant, encore accentué par le jeune homme qui accompagnait Sarah.

Généralement, les femmes chargées de s’occuper d’elle avaient été veuves très tôt, ou avaient fini vieille fille. Sarah était relativement jeune en comparaison, mais surtout, elle était accompagnée de son fils.
Et dans cette journée grisâtre où le printemps se laissait désirer, les iris bleus pâles d’Alice ne voyait rien d’autre que la silhouette frêle du jeune homme qui souriait doucement, assit dans son fauteuil roulant.

Il s’appelait Alfred. Il avait eu dix-neuf ans quelques semaines plus tôt, et était paraplégique depuis ses six ans. Assit dans un fauteuil vieux, mais bien entretenu, le bas de son manteau disparaissait sous une couverture qui cachait ses jambes immobiles a jamais. C’est sur ces deux jambes que se portaient l’attention et la curiosité pure et candide de la jeune fille.

« Qu’est-ce qu’elles ont tes jambes ? » lui demanda-t-elle finalement, tandis que son père s’entretenait avec Sarah.
Il lui répondit par un léger sourire, et souleva la couverture, dévoilant ses deux jambes, dont le vieux pantalon dont il était revêtu ne réussissait pas à dissimuler la maigreur.  

« Elles ne marchent plus, répondit-il finalement avec douceur.

- Ce n’est pas grave, déclara-t-elle avec cette assurance qu’on les enfants au sujet de leurs parents, Mon Papa peut te les réparer ! »

Une pointe de tristesse s’infiltra sur l’expression paisible du jeune homme, mai lorsqu’il parla de nouveau, sa voix était à nouveau calme, presque amusé.

« Il ne pourra pas. Elles sont comme ça depuis trop longtemps. »

Pour une fois, elle n’insista pas, bien qu’elle soit intimement persuadée que Wilhem était parfaitement capable de soigner Alfred.


La paie que le médecin proposait, était composée d’un petit salaire, accompagné du gites, et du couvert si elle se chargeait de la cuisine. Héberger quelqu’un d’autre aurait utilisé tout le salaire de Sarah, dont elle avait besoin pour ses propres dépenses, et il n’était pas assez élevé pour lui permettre de louer une petite chambre pour Alfred, qui ne pouvait pas travailler, et qui refuserait sans doute de vendre son violon, après qu’il ai du le faire avec le piano dont il avait du se séparer pour venir à la capitale.

Finalement, guidée par cet instinct enfantin, ou par une intelligence et une sensibilité, Alice demanda à apprendre la musique, et le musicien fut autorisé rester.


Comme si l’apprentissage du violon et du piano réussissait à canaliser son énergie, l’enfant fut plus attentive dans les leçons que Sarah lui donnait, bien qu’elle prenne toujours énormément de plaisir a se faufiler jusqu’au bureau de son père.

Les années passèrent, et Alice se révéla être une élèves curieuse, et intelligente. Malgré la différence d’âge qui la séparait d’Alfred, ils s’entendaient parfaitement, et bien qu’elle ne l’ait jamais dit à personne, elle le considérait plus comme son grand frère, ou un ami que comme son professeur.

C’est surtout à son contact qu’elle murit énormément, passant de l’enfant vive et énergique a une jeune fille réservée et observatrice. Comment ignorer les regards qui se posait sur son ami lorsqu’ils partaient se promener les jours où l’un des employer de leur voisin passait descendre Alfred dans la rue pour qu’il puisse prendre le soleil et un bol d’air au moins une fois par semaine. Alice était jeune, mais pas aveugle, et finalement, la réserve prudente du jeune homme laissait place a une certaine confiance, et a un intérêt vis à vis de la petite fille. Lui donnant l’occasion de lui demander des choses qu’il n’avait jamais eu l’occasion de demander a quiconque.
« Comment-est-ce de marcher sur la neige ? » « Quelle impression as-tu lorsque tu tournes longtemps sur toi même ? » …

« Quelle impression as-tu lorsque tu cours ?

- Pourquoi ne pas essayer de le ressentir ?»


Ils avaient profités d’une matinée de janvier, le 13 janvier 1938 pour être exact. Et, ignorant le regard interrogateur qu’Alfred posait sur elle tandis qu’elle poussait son fauteuil dans la neige, elle s’approcha d’un endroit un peu à l’écart de la ville, sur un chemin couvert de neige qui descendait en pente douce, sur lequel les enfants venaient faire de la luge. Raffermissant sa prise, elle se mit à courir, utilisant la pente pour contrer les effets de la masse combinée de l’objet et du corps assit dessus, elle réussissait peu à peu à prendre de la vitesse. L’exercice était fatiguant, mais il prit tous son sens quand l’autrichien ouvrit les bras, inspirant de grande bouffée d’air frais, ses joues rougissent par le froid, fendu d’un large sourire. Puissant dans ses dernières forces, elle avait accéléré…et avait perdu le contrôle du fauteuil, qui fit un écart, et s’engagea sur le bord du chemin, qui faisait une descente bien plus abrupte. La pette bonde se cramponna de toutes ses forces aux manches du fauteuil, mais ça ne l’empêcha pas la chaise roulante de prendre de plus en plus de vitesse, et de verser dès qu’elle eu achever sa descente, projetant les deux jeunes dans le tapis immaculé qui les attendait en bas.
La petite fille mit quelques secondes a se remettre de la chute, avant de se redresser brutalement, hurlant le nom d’Alfred dans le silence hivernal. Ce fut son rire qui lui répondit. Enfantin, libéré, vivant. Heureux. D’abord inquiète, elle fut peu à peu gagnée par le rire à son tour, et ne réussit qu’à s’approcher du musicien que quelques minutes plus tard.  
Rassoir le jeune homme sur sa chaise, et pousser celle-ci jusqu’à la route ne fut pas une mince affaire, mais Alice se sentait si légère qu’elle ni prêta pas attention.
C’est ainsi que cette petite aventure se termina, et tous deux décidèrent de garder le secret de ce moment qui n’appartenait qu’a eux.


Et Alice continuait à grandir, apprenant sans cesse plus de chose, sans qu’aucun événement ne semble marquer cette enfance, pourtant, il y en eu un, qui en entraina d’autre…
Au début de l’automne de cette année là, une femme vint frapper à leur porte, suppliant Wilhem de la soigner, car aucun médecin n’avait voulu le faire. Il accepta, et a partir de ce jour, après chaque journée de travail, des personnes que personnes ne voulait soigner venaient frapper à la porte des Silberwald. Alice voyait bien le manque de sommeil étirait un peu plus chaque jour les cernes de son père, et de Sarah. Mais malgré toute sa maturité, elle ne pouvait rien faire pour les aider. Et, tandis que sa gouvernante aidait son père, Alfred s’occupait d’elle, improvisant des leçons de musique jusqu’à ce que l’heure de soit plus du tout décente, ou cherchant dans son imagination tout ce qui pourrait détourner un tant soit peu l’attention de la petite fille du cabinet de son père. Elle aurait pu garder le secret, mais Wilhem voulait préserver encore un peu de l’enfance de sa chère fille…
Car il savait, que tôt ou tard, tout les quatre devrait payer pour ce qu’ils faisaient. Son Alice n’y ferait pas exception. Ce n’était qu’une question de temps.


Et ça ne manqua pas. Ils avaient pourtant fait attention, et étaient rester discret le plus possible, mais ça avait fini par ce savoir. Ils avaient tenus un an, tentant de vivre une vie plus ou moins normale avant que tout ne bascule dans le cauchemar.

Tous les quatre avaient été enfermés dans la maison, toutes les sorties bloquées, et le feu s’était déclaré. Nul n’aurait su dire si l’action était préméditée, mais personne n’essaya de les aider. Ils ne méritaient rien d’autre, et qu’une enfant de presque huit ans soit là également ne dérangeait personne.

La fumée lourde et la chaleur brulait la gorge et les yeux d’Alice, qui ne pouvait rien faire d’autre que d’hurler le nom de son père, de Sarah et d’Alfred.

« Alice ! Monte à l’étage ! Vite ! »

C’était Sarah, qui l’avait poussé dans les escaliers rongés par les flammes, la poussant vers le palier sur le chemin qu’elle avait essayé de créer en laçant un sceau d’eau sur les marches de bois. La gouvernante s’y engagea à sa suite, mais le sceau qu’elle avait lancé moins d’une minute plus tôt n’avait fait que retarder l’inéluctable, et le eu avait déjà dévorer le bois. Le plancher s’ouvrit sous ses pas, et Sarah n’eu que le temps de  hurler :

« Avance Alice !

-Saraaaaaaaaaaaaah ! » cria-t-elle en retour alors qu’elle disparaissait dans les flammes, sous son regard impuissant, duquel coulait des larmes qui s’évaporait immédiatement, ne laissant que des trainés de suie sur ses joues.

Elle le pouvait rien faire, elle le savait, alors elle se releva en titubant, avançant dans l’incendie, avec une seule idée en tête, celle que ce cauchemar se termine enfin. Longeant le mur de bois afin d’avoir un repère au milieu de la fumée, essayant d’ignorer les brulures que la sèves bouillante qui s’échappait des planches de bois provoquait sur ses paumes.

Deux bras la saisir tout à coup, la plaquant contre une barre métallique qui lui sembla chauffé à blanc. Elle hurla à s’en rompre les cordes vocales, tandis que ces même mains, la soulevaient en s’excusant, la laissant découvrir le visage noircit par la fumée d’Alfred, que les sillons des larmes trop vite évaporé ne parvenaient pas  à nettoyer.

« Pardon Alice. Alice. Tu vas bien. Alice. Alice… »

Il répétait son nom sans fin, s’en voulant terriblement de lui avoir infligé une telle douleur, mais il n’avait pas eu le temps de réfléchir lorsqu’il avait vu les lattes du meuble juste en face d’Alice se gonfler, prêt à éclater, projetant autour de lui des milliers d’échardes brulante.

Haletante, les lèvres d’Alice tracèrent le contour d’un mot, auquel le musicien répondit en montrant du doigt la fenêtre décorative sur lequel son père s’acharnait.

La petite autrichienne toujours sur les genoux, le jeune homme poussa avec difficulté son fauteuil vers l’ouverture que tentait de pratiquer le médecin, avec l’espoir qu’ils pourraient s’échapper.

Son regard bleu clair accrocha celui identique de sa fille, et il tenta de lui sourire à travers la fumée, avant de donner un dernier coup dans la fenêtre, la faisant enfin céder.

« Alice, tu passes la pre-… » Il n’eu pas le temps de finir sa phrase, un meuble contenant nombre de produit chimique que Wilhem utilisait pour ses soin explosa projetant tout le monde à terre, enfouissant le docteur sous les décombres.

« PAPA !! » hurla-t-elle a nouveau, essayant de ramper vers lui, avant que les bras de son professeur de musique ne se referment sur elle.

Alfred se trainait sur le plancher, tout en maintenant la jeune fille contre lui pour l’empêcher de se diriger vers son père, murmurant son nom sans cesse, comme si cela allait suffire a la faire rester avec lui.
Il arriva finalement près de la fenêtre, et essaya de convaincre Alice d’y passer pour y échapper.

« Pa…Pa… » Murmura-t-elle, incapable de détacher ses iris de là où Wilhem avait disparut malgré le feu qui gagnait du terrain.
Alfred sera la petite fille contre lui, et s’appuya d’une main sur le mur, tentant de se mettre debout pour faire passer l’enfant par le trou.

« Alice, je t’en supplies, haleta-t-il a bout de force, Alice, essaye de te sauver…

-Non, Papa est là, et Sarah est encore en bas, je ne p-…» Elle ne termina pas sa phrase, le plafond s’effondra, et, rassemblant ses dernières forces, Alfred réussit à pousser Alice par la fenêtre, avant que tout ne s’effondre.


Wilhem Silberwald n’avait pas choisit cette fenêtre par hasard, un peu en dessous, un cabane en tôle pour ranger les outils de jardinages de la maison voisine avait été dressé, et c’est sur ce toit que la blonde tomba, étouffant à peine le nouveau cri qui lui vint quand son dos bruler rencontra le métal, puis le sol quand elle roula jusqu’à lui. Il faisait encore chaud, mais en comparaison de la température qui régnait à l’intérieur, elle avait froid au point de grelotter. Elle hésita a s’aventurer a nouveau dans les décombre, mais les voix simultanée de tous ceux qui y étaient resté lui parvinrent, et elle prit la fuite en sens inverse. Courant à en perdre haleine, sans savoir où elle allait, ses cheveux platine bruler, et en bataille, son visage couvert de suie, sur lequel ses larmes pouvaient a présent couler librement.

Elle aurait été incapable de dire combien de temps elle avait couru, mais quand elle n’en eu plus la force, elle marcha, puis elle tituba, avant de s’écrouler par terre, au milieu d’une foret, le nez dans une flaque d’eau.
A bout de force, mentalement comme psychologiquement.
Et elle ferma les yeux.

ARRIVÉE À L'INSTITUT :La jeune fille ne su jamais combien de temps elle était resté allongée sur le sol trempé par la pluie, car elle tomba rapidement dans un sommeil comateux, dont elle n’émergea que quelques seconde avant de replonger.

Lorsqu’elle se réveilla, il faisait jour. Et la pluie qui tombait sans cesse depuis quelque jour s’était arrêtée. Alice se redressa, courbaturée, moulue, vidée. Emplie d’un épuisement que le sommeil n’avait pas réussit à chasser. Elle essaya de se relever, mais une immense douleur dans son dos l’en empêcha, elle se laissa donc retomber près de la flaque à côté de laquelle elle s’était effondrée. La pluie qui était tombé durant tout son sommeil avait a peine lavé son visage pale et son cou de la fumée, et de la suie qui la couvrait. Elle fut prise d’une quinte de toux qui la plia en deux,  avec l’impression d’être à nouveau au milieu de l’incendie.
Elle haleta, avec l’impression de manquer d’air, et oscilla, avant de perdre l’équilibre et de tomber en avant, se rattrapant uniquement avec sa main qui brisa la surface lisse de la flaque. Le contacte de l’eau la ramena à la réalité, et, les iris fixés sur la minuscule marre, elle tenta de reprendre sa respiration.
Une fois calmée, elle prit de l’eau dans ses mains, et entreprit de se nettoyer la figure, appréciant la caresse fraiche de l’eau sur sa peau brulante. La petite musicienne hésita à en porter une partie à sa bouche, pour étancher sa soif, et chasser le gout de fumer qui lui semblait gravé dans sa gorge. Mais l’éducation de son père était encore trop présente, et elle fit finalement couler le liquide qu’elle avait dans la main dans son dos. Elle eu envie de hurler, mais elle n’en avait même pas la force. Et puis finalement, la douleur s’apaisa un peu grâce à la fraicheur du liquide.
Alice ne voyait pas son dos, mais elle imaginait aisément la surface à vif, et couverte de cloque qui se cachait sous le tissu imprimé de sa robe. Mais elle ne pouvait rien y faire. Elle ferma le yeux, se mordit la lèvre et se mit debout. Fixant un arbre une vingtaine de mètres plus loin pour essayer d’ignorer les vertiges qui la gagnait, elle se mit en route. Ignorant la douleur, la pluie, la soif, la fatigue, et la faim qui la rongeaient. Mais surtout, ignorant les visages de Sarah, d’Alfred et de son père, essayant de ne pas se torturer pour se demander si ils avaient fini par s’en sortir.
Pour le moment, elle devait avancer.


Ensuite, les différents jours se mêlèrent, sans qu’Alice garde en mémoire autre chose qu’un défilé indistinct des jours. Elle dormait sur le sol détrempé lorsqu’elle était trop épuisée pour continuer, au point de ne plus sentir l’humidité qui ne semblait plus la quitter, collant sa robe à moitié bruler contre ses jambes maigres. Elle buvait lorsqu’elle avait soif, dans les flaques, ou dans les points d’eau qu’elle trouvait. Rebutée au début par les connaissances qu’elle avait reçues de son père, la soif prit rapidement le dessus. Et mangeait quand elle trouvait à manger.
Le reste du temps, elle marchait.

Elle ignorait vers où exactement, mais c’était une fuite éperdue vers l’ouest, comme si à chaque instant qu’elle passait immobile, le feu qui la pourchassait progressait vers elle. Quand à l’ouest… Elle avait entendu son père parler parfois avec Sarah et Alfred lorsqu’il pensait qu’elle dormait, de partir là bas. Ils auraient peut être du. Mais c’était trop tard. Bien trop tard.


Ce ne fut que lorsque la température baissa brusquement, annonçant l’arrivée imminente de l’hiver, que la gamine maigrelette s’approcha pour la première fois d’un village.
Alice ressemblait à un spectre ce jour là, où à l’une de ces créatures errante, qui hantent les contes de grand-mère au coin du feu, avec ses cheveux emmêlés, et en bataille, sa robe déchirée, dont de long pans pendaient le long de ses jambes, que la maigreur allongeait, rendant les chaussures improvisées qu’elle s’était faite encore plus miteuse et décrépie.
Personne ne semblait vraiment la voir, et à la sortie du village, un pantalon long et une chemise qui pendaient attirèrent son attention. Elle frissonna, et effleura ses lèvres bleuit de ses doigts glacé. Le vol, c’était mal. Les mots de son père étaient clairs à ce sujet. Il ne fallait pas voler.
Fallait-il se laisser mourir alors ? Car le froid qui l’envahissait peu à peu n’avait d’autre issu que la fin inexorable de son existence.
Mourir de cette façon valait mieux que de partir dans les flammes ?

Alice de réfléchit pas plus, et se saisit vitement des vêtements qu’elle avait vu, ainsi que d’un châle miteux, et parti en courant à travers la forêt, courant à en perdre haleine, veillant simplement à de pas trébucher sur son paquet.

Elle ne s’arrêta que lorsqu’elle s’estima assez loin, et passa le pantalon trop grand sous sa robe avant de le retrousser, et fit de même avec la chemise, avant de s’enrouler dans le châle. La fillette avait moins froid. Elle profita de cette sensation quelques secondes avant de se remettre en marche.
Avancer. Encore, et toujours.


Et c’est sans le savoir que la petite autrichienne passa la frontière la séparant de la Suisse, s’enfonçant à chaque pas dans la neige jusqu’au genoux. Ces dernières semaines, elle avait volé de plus en plus régulièrement, car si la forêt était très nourricière en automne, ce n’était pas la même chose lors de la saison froide, et la faim qui creusait toujours d’avantage son ventre ne l’aidait pas à réfléchir. Hélas, elle s’était aventuré depuis quelque jours dans une zone plutôt montagneuse, où régnait la neige et le froid, et surtout : où aucune personne saine d’esprit ne venait s’aventurer.
Alice bouillait de fièvre, les brûlures de son dos lui faisaient mal à nouveau et elle ne sentait presque plus ses pieds dans la neige, malgré les nouvelles réparations de fortune qu’elle avait fait la veille. Tout en essayant de ne pas y penser, elle continuait à avancer, avant  de trébucher et de tomber en avant dans l’édredon glacé de neige molle. La gamine se retourna, cherchant de ses iris bleu clair la cause de sa chute.
C’était un corps, ensevelit sous la neige qui était tombé dans la journée, mais maintenant qu’elle y faisait attention, elle voyait sur l’étendue liliale qui s’offrait à elle les tâches d’un écarlate pâle, comme si le liquide vital de l’homme étendu là avait été bu par la neige. Il était froid, il était mort.

Avec cette curiosité morbide, que la maladie ne faisait qu’accentuer, le regard de la petite blonde se posa sur le visage de l’homme, détaillant son visage livide et mal rasé du cadavre, descendant sur son uniforme, s’arrêtant quelques secondes sur les bottes luisantes qu’il portait au pieds, avant de revenir sur les deux trous brodés de perles grenats qui ornaient sa poitrine. Sa main gauche quitta le refuge de son châle pour aller effleurer la joue de l’homme. Il était si froid. Elle avait si froid.
Avait il vraiment encore besoin de tout ce tissu pour le protéger dans sa tombe de glace ?
Non, décida la fillette, qui entreprit d’ôter le manteau de l’homme, ainsi que son pull, pour les passer au dessus du ce qu’elle portait déjà, et prit également ses bottes après une courte hésitation, enroulant des pied dans la paire de chaussette de rechange qu’elle avait trouvé dans la sacoche accroché à la taille du mort, avec une blague à tabac, une paire de gant, et un morceau de pain gelé qu’elle prit également, et glissa contre son ventre avant de se remettre en route. Ses lèvres dessinant dans l’air glacé le mot « merci », que le vent porta sous forme d’une légère brume  jusqu’au corps.

Grâce à cette rencontre, son avancer fut plus facile, et la petite musicienne réussit à faire durer deux jours les quelques réserves qu’elle avait trouvé sur le soldat, avant qu’elle ne tombe dans une crevasse, perdant au passage ce qui lui restait de vivre, et l’une de ses bottes trop grande.
Par miracle, elle ne se tua pas dans sa chute, mais la douleur qu’elle éprouva dans le bras droit fut telle, qu’elle manqua de s’évanouir immédiatement. Elle réussit à se trainé contre l’une des parois de sa prison, et laissa son regard s’échappé vers le ciel qu’elle devinait plus qu’elle ne voyait une bonne dizaine de mètre au dessus d’elle. Elle ferma les yeux, et laissa échapper un soupire lassitude qui s’éleva de ses lèvres dans un nuage blanc. À l’abris du vent dans le ventre de la glace, elle avait moins froid, mais resté immobile la tuerait peu à peu. Alice savait cela, et elle n’avait cependant pas envi de lutter contre le sommeil qui l’envahissait peu à peu, aidée par la douleur et la faim qui étreignaient son corps.


Uwe était un marchand ambulant, qui traversait la montagne dans son traineau/chariot pour commercer avec les différentes villes de Suisse. Ce jour là, il avait quitté à l’aube un abris que les bergers utilisaient en été lorsqu’ils montaient faire paître les chèvres dans les pâturage, et se dirigeait à présent vers Zürich. Cela faisait bien plusieurs heures qu’il était parti, si bien qu’il faillit ne pas voir la tâche noire sur la neige près de la crevasse. Il s’arrêta avec curiosité pour essayer de voir de quoi il s’agissait : c’était une botte, précisément celle qu’Alice avait perdu un peu plus tôt. Le marchand bloqua son traineau, et s’arma d’une corde et d’un pique à glace, avant de s’approcher prudemment du trou.

« Y’a quelqu’un ? » hurla-t-il, ne recevant qu’en seule réponse l’échos de sa propre voix.
Il hésita, avant de ce décider à descendre, et accrocha la corde à son traineau, en enroula un deuxième rouleau autour de sa taille, et entreprit la périlleuse descente. Rien ne lui prouvait qu’il y avait quelqu’un en bas, et il risquait de se mettre en retard, mais la botte était une indication non négligeable, et il ne pouvait décidément laisser personne mourir au fond de ce trou !

Il y trouva Alice, et l’attacha avec douceur à son dos avant de remonter tout en faisant attention à son bras, et l’installa délicatement dans des couvertures sur son traineau après avoir vérifier son état. Un plis d’inquiétude barra son front, et il remis le traineau en marche, accélérant le plus possible pour arriver à Zürich le plus tôt possible.


Dès son arrivé dans la ville, il alla voir un médecin de sa connaissance, qui examina la fillette qui ne s’était pas réveillée durant les deux jours de trajet.

« A part son bras cassé, sa brulure dans le dos, et sa maigreur, elle n’a rien. Il faut qu’elle ait chaud, qu’elle mange, et qu’elle se repose. » déclara-t-il tout en installant une attelle sur le bras droit de l’enfant.

Uwe ne savait pas quoi faire de cette gamine qu’il avait sauvée des neiges. Son ami lui avait déjà fait une belle fleur en acceptant de s’occuper de la petite gratuitement, il ne pouvait pas lui imposer sa présence en plus. Mais il ne connaissait personne ici qui aurait pu la prendre. Indécis, il regarda pensivement la fillette, son petit corps maigre comme perdu dans cet océan de tissu.

« Veux-tu venir avec moi ? » lui demanda-t-il, sans vraiment s’attendre a une réponse. Pourtant cette gamine qu’il soupçonnait de ne pas comprendre l’allemand le regarda et hocha la tête avec sérieux. Elle comprenait chacun de ses mots, Uwe en était maintenant convaincu. Et en réponse, ils partirent le soir même, après avoir chaleureusement remercier le docteur et sa femme. En direction de Neuchâtel, puis de Lausanne, et enfin à Genève. C’était à cette endroit qu’elle avait décidé de quitter Uwe, et elle avait réussit à lui expliquer en écrivant dans la neige, car elle ne pouvait pas simplement prendre la poudre d’escampette après tout ce qu’il avait fait pour elle.
Le marchand ambulant essaya de la convaincre de rester avec lui, car il s’était attaché à cette petite au fils des semaines. A cette curiosité discrète et permanente qui l’habitait, à cette vivacité qu’elle dissimulait sous ce corps maigre et faible, mais il ne parvint pas à l’empêcher de quitter sa route après cette ville.

Ainsi, la jeune autrichienne reprit sa marche, passant une nouvelle frontière qui la fit passer dans le pays d’origine de sa mère. Laissant la montagne derrière elle, la fillette emprunta d’avantage de route, se faisant aider par quelques personnes bien attentionnées qui la faisaient monté dans leur chariot, lui permettant de laisser reposer ses jambes lasses de cette marche sans fin. Échangeant quant elle le pouvait quelques menus services contre un morceau de pain.
Voyager avec Uwe lui avait durant quelque temps permis de reprendre ses repères temporels, mais ils s’effaçaient déjà, et Alice aurait été bien incapable de dire si on était en février ou en mars.

Quelques semaines après avoir quitter le marchand Suisse, Alice arriva face à la mer.
C’était un étrange sentiment que de voir la route qu’elle poursuivait, qui lui avait toujours parue infinie, continuer sur une centaine de mètre sur la plage, avant de s’arrêter dans l’eau. Et cet océan qui s’étendait devant elle, sans qu’elle puisse en voir les limites. Était-ce possible qu’il n’y en ai pas ? Elle ôta ses chaussures, et fit quelques pas dans le sable froid et humide, y laissant son emprunte tout en s’avançant vers l’atlantique.
Elle n’avait jamais vu la mer, et la fascination qu’exerçait sur elle ce reflet du ciel n’avait pas de limite. Elle laissa tomber ses bottes, ses chaussettes ainsi que le vieux manteau à sa taille que lui avait laissé Uwe en échange de celui qu’elle avait prit au mort, le pull et le châle qui la couvrait à la frontière de l’écume, et, prenant à peine le temps de remonter le pantalon qui lui couvrait les jambes, jusqu’au genoux, elle s’avança dans l’eau, appréciant le froid mordant, qui venait et repartait contre ses mollets.
Elle s’avança encore, laissant les vagues éclabousser le bas de sa robe en lambeau et son pantalon.

« Halte-là. Ne bougez plus ! » Cria une voix derrière elle en français, avec un fort accent germanique.
Terrorisée, la gamine se ramassa sur elle même, et se tourna vers l’origine du son. Découvrant deux soldats en uniforme qui pointait leur armes vers elle. Alice ouvrit la bouche, sans que le moindre son n’en sorte.

« Que fais-tu là petite ? Cette zone est non autorisée ! » déclara-t-il en faisait un pas vers la mer, dans laquelle l’autrichienne n’avait qu’une seule envie, celle de plongée dans l’océan pour y disparaître.

« Madeleine ! » s’exclama une autre voix, et moins d’une minute plus tard, elle se senti pressée contre un torse chaud et puissant, enserrée par des bras musclé, dont elle sentait les tremblement.

« Excusez la, messieurs, déclara-t-il avec un air désolé, le visage baissé vers le sol, serrant d’avantage la gamine contre lui pour essayer de limiter ses tremblements. C’est ma petite fille, et comme elle ne sort pas d’habitude, elle ne sait pas que la plage est interdite, s’il vous plait excusez la. »

Le visage détourner des soldats, Alice, vit une femme aux cheveux grisonnant s’approcher avec humilité, et rassembler les affaires qu’elle avait laissé tomber sur le sol, tandis que le plus jeune des deux soldats demandait à l’autre en allemand, ce qu’ils faisaient. Ne comprenant pas un mot de ce que venaient de dire les deux hommes, un frisson de peur parcouru la colonne vertébrale du couple. L’autre prit quelques secondes pour réfléchir avant de répondre dans la même langue. Il se tourna ensuite vers eux et déclara froidement en baisant son arme.

« Partez. »

Trop heureux de s’en sortir, les deux français remercièrent rapidement les soldats avant de partir le plus vite possible. C’est ainsi qu’Alice fit la connaissance de Charles et de Margot.


Charles était e descendant d’une longue lignée de pêcheur, et c’est tout simplement qu’il en était devenu un à son tour, ne réservant que très peu de son temps à l’élevage des moutons, et a la culture, laissant sa femme s’occuper des bêtes une grande partie du temps. Ce couple entre deux âges habitait dans une petite chaumière en haut d’une falaise qui surplombait une plage, accolée à une petite crique où le pêcheur mouillait son bateau.

C’est là qu’ils emmenèrent la fillette, l’homme passa simplement prendre un large filet pendu sur l’un des murs avant de partir rejoindre son bateau, tandis que Margot poussait la petite fille à l’intérieur et posait sur la table ses affaires qu’elle avait ramassé un peu plus tôt, avant de lui ordonner d’enlever ses vêtement tandis qu’elle allait fouiller d’en une vieille malle, en extirpant une vieille robe d’un bleu gris délavé.

Toujours sous le choque de ce qui venait de lui arriver, Alice obéit, laissant tomber un à un ses vêtements sur le sol tandis que la fermière revenait, les vêtement dans les bras. Celle-ci étouffa un gris lorsqu’elle vit le dos de la fillette, et lui fourra ce qu’elle portait dans les bras avant de retourner farfouiller dans la malle. La petite musicienne avait presque fini de s’habiller lorsqu’elle sorti triomphalement un petit pot de terre, et qu’elle passa derrière elle pour lui appliquer l’onguent qu’il contenait avec douceur. La sensation de fraicheur et d’apaisement qu’elle ressenti laissa échappé un soupir muet des lèvres.

La jeune autrichienne s’intégrait parfaitement dans la vie de la maison. Elle apprenait vite, et était d’une grande aide à Margot, qui passait beaucoup de temps seule, car il n’était pas rare que son mari reste en mer plusieurs jours. Mais depuis la semaine qu’elle était là, elle n’avait toujours pas prononcé le moindre son, pourtant, cela ne décourageait pas la femme. Elle ne savait pas bien lire, et elle récitait plus qu’elle ne déchiffrait religieusement sa bible à la jeune autrichienne après chaque repas, si bien qu’elle ne pouvait pas bien comprendre la gamine lorsqu’elle écrivait sur l’ardoise que leur défunte fille utilisait à l’école. Mais la quinquagénaire avait plus d’un tour dans son sac, et bientôt, il suffisait à la petite fille de quelques gestes pour se faire parfaitement comprendre. Jamais aucun des deux n’avait posé la moindre question sur l’endroit d’où elle venait, il la considérait comme leur petite fille qu’il n’avait pas jamais pu avoir, tandis que la jeune autrichienne redécouvrait le bonheur d’avoir une famille, et découvrait ce qu’était une mère, car son rôle de gouvernante empêchait Sarah de jouer ce rôle.


Chaque soir où ils étaient réunis tous les trois, Charles sortait un vieux violon qui avait appartenu à feu son père, sur lequel il tirait quelques notes sous le regard mi- moqueur, mi- nostalgique de sa femme, avant de le reposer pour prendre sa petite flûte sur laquelle il jouait d’entrainantes mélodies. A chaque fois, Alice était d’avantage captivée par le violon, et un jour, tandis que Charles jouait pour Margot une danse de la Saint Jeans, la fillette frôla doucement le bois de l’instrument. Puis, vérifiant qu’ils ne la regardaient pas, elle le prit dans ses mains, et le plaça sur son épaule. C’était un violon d’adulte, trop grand pour elle, si bien qu’elle devait placer son menton très en avant pour que ses doigts puissent toucher les cordes à l’autre bout. Sans y penser, elle pris l’archet dans la seconde main, ferma les yeux et se mit à jouer.
Le couple se tourna vers elle, regardant avec effarement cette enfant blonde entourée de secret leur en révéler un nouveau. A partir de cette soirée, et bien d’autre après, se terminèrent aux sons mêlés du violon et de la flûte.


Charles n’était pas que pêcheur. Dans la petite cale de son bateau, il avait installé un compartiment pouvant contenir caché jusqu’à trois personnes, et une fois par mois environs, il faisait un trajet jusqu’en Angleterre pour y laisser ses passagers clandestins. Margot le savait, et Alice le découvrit environ un mois après son arrivé chez le couple français.
Dans la nuit, un bruit l’avait tiré du sommeil. Elle avait bien récupéré de la fatigue constante qui la hantait, mais les vieux réflexes ont la vie dure, et il suffisait d’un simple changement pour que la gamine se dresse sur sa couche, aux aguets pendant parfois de longues minutes, avant de se rallonger et de replonger dans le sommeil. Mais pas cette fois.
Il n’était pas rare que Charles quitte la maison vers deux heures du matin, ainsi, il prenait la première marée pour rejoindre le large, et on pouvait ainsi espérer le revoir le lendemain soir.
Le pêcheur était rentré trois jours plus tôt, ce n’était donc pas anormal qu’il parte ainsi, surtout que la gamine se souvenait qu’il l’avait dit la veille. Néanmoins, un détail la gênait toujours, si bien que dès que le panneau de bois se fut refermé derrière l’homme, elle glissa au bas de l’échelle qui lui permettait de monter jusque sous les combles où elle dormait dans le foin, et sans faire le moindre bruit, elle se glissa dehors à la suite de Charles.
Elle connaissait la petite crique où le quinquagénaire amarrait son bateau, et filant comme son ombre, Alice s’y dirigea à sa suite, prenant garde de rester caché derrières les blocs de calcaires qui bordaient le sentiers, et qui tombaient régulièrement de la falaise. Dans la pâle lumière grise qu’offrait la lune ce soir là, et qui se reflétait sur l’océan, donnant l’impression qu’il était tissé de fils saphir et d’argent, la silhouette légèrement vouter du Français se découpait, accompagné de deux autre silhouette plus fines, dont l’une tenait par la main ce qui semblait être un petit garçon un peu moins âgé qu’elle, qui se cramponnait aux doigts de sa mère en frottant ses yeux bouffis de sommeil. Alice n’entendait pas ce qu’ils disaient, mais les gestes du pécheur étaient équivoques. Ils devaient se dépêcher. L’ancre fut rapidement levé, et emporté par la marée et par les vent, le bateau s’éloigna de la côté, sous le regard bleu clair de la musicienne, toujours agenouillé sur le sentiers, ne sentant même plus le froid qui lui mordait les jambes et les bras, son attention entièrement offerte à cette coquille de noix qui s’éloignait sur l’océan. Elle resta longtemps immobile, fixant l’horizon vide, que seul l’écho éternel des vagues remplissait, jusqu’à ce que les rayons roses et oranges du soleil levant commencent à teindre le ciel et la mer, alors enfin, elle se leva, et rejoignit la chaumière où margot dormait encore. Elle grimpa vivement jusqu’à son lit, où elle s’allongea en fixant le plafond, incapable de trouver le sommeil.

Quelques jours plus tard, lorsque Charles revint la cale remplit de ce qu’il avait réussit à pêcher au retour, il se dirigea dès qu’il eu bien amarré son bateau vers la petite grotte qui s’enfonçait dans la falaise, quelques mètres au dessus de la marée haute. Là, une trappe dissimulé sous des caisses avaient permis des années durant a des contrebandiers d’entreposer leurs marchandises, mais aujourd’hui, le pêcheur avait réhabilité la grotte pour y cacher les clandestins à qi il faisait quitter la France. Il sursauta, et manqua de se retrouver par terre lorsqu’il vit la gamine qu’ils avaient retrouvée un peu plus tôt dans l’année assise exactement à cette emplacement, ses iris bleu ciel emplit d’une seule interrogation, que ses lèvres muettes n’avaient pas besoin de prononcer pour qu’il le comprenne. En réponse, il hocha doucement la tête, et murmura un « Oui », avant de lui demander de ne jamais rien dire. La gamine se leva, plaça une main sur son cœur, un hocha solennellement la tête. Un sourire éclaira le visage usé par les éléments du quinquagénaire, qui rangea les filets qu’il était venu poser avec l’aide d’Alice, avant de rentrer dans la chaumière.

Ainsi, la vie reprit son cours. Le couple considérant de plus en plus Alice comme leur fille, jusqu’à ce qu’un évènement vienne bouleverser la tranquillité de cette vie. Le fils de la sœur de Charles qui vivait à Lyon était décédé ainsi que sa femme, et leurs deux enfants n’avaient plus d’autre famille qu’eux. C’est ainsi qu’une chaude journée d’août, Quentin, et Pauline, des jumeaux de six ans, arrivèrent dans la chaumière.
La jeune autrichienne ne savait pas comment réagir face à cette arrivée. Si elle n’avait jamais eu de mère, elle avait encore moins eu de jeune frère et sœur, et surtout, elle n’arrivait pas à ce faire aux regards curieux que posaient en permanence sur elle les deux enfants.

« Nous formons une vraie famille maintenant ! » s’exclama un soir Margot, lorsque Charles et la musicienne finissaient leur dernier morceau, tout en serrant affectueusement ses deux petits neveux somnolent contre elle.
Une boule se forma dans la gorge de la petite blonde, rappelant en elle, l’écho de ce qu’elle avait ressenti lorsqu’elle avait vu la coquille de noix se perdre sur l’atlantique. Une envie de partir, de reprendre son avancé, et surtout de fuir cette famille qui était e train de se former autour d’elle, mais à laquelle elle n’appartenait pas. Sa mère était partie, quand à son père, et celui qu’elle considérait comme son grand frère, ils étaient surement…

Chaque jour, la jeune fille se sentait d’avantage oppresser, et cela ne faisait que la faire se sentir plus mal vis à vis de Charles et de Margot. Mais elle n’y pouvait rien, alors elle prit sa décision. Elle allait partir.

Elle choisit un jour où Charles partait, et réussit à retrouver dans l’une des malles de la fermière les vieux vêtements dans lesquelles elle était arrivée, qu’elle cacha dans le foin près de son lit. Dès qu’elle l’entendit se lever, elle changea sa chemise de nuit contre le pantalon, et la chemise, la robe étant tellement abimée, quelle avait fini en chiffon. Le manteau sous le bras, elle décida de laisser le châle ici, et posa près de lui, sur son lit qu’elle avait prit soin de faire, l’ardoise où elle avait écrit quelques mots  pour Margot. Puis, elle descendit l’échelle, et fila dehors, marchant silencieusement jusqu’à la plage, ses pieds nus s’enfonçant dans le sable, frôlant l’écume pour s’approcher du bateau.

« A-Alice ? »

La voix de Charles qui la détaillait, choqué et surprit la tira de sa contemplation. La gamine se tourna vers lui, et dans la pénombre, elle indiqua l’horizon.

« Tu veux partir ? » demanda-t-il, sous le regard surprit d’un vieil homme et d’une femme d’une trentaine d’année qui se tenait derrière lui. L’autrichienne hocha la tête, et le pêcheur la regarda quelques longues secondes, avant de dire aux deux clandestins de monter, et de courir vers la maison.
Il en revint environ cinq minutes plus tard, et lui mit dans les bras un petit baluchon contenant quelques provisions, ainsi qu’un cadeau qui lui fit ouvrir les yeux et la bouche en grand. Charles lui sourit, et lui ébouriffa la tête, dérangeant les deux nattes que sa femme prenait le soin de lui faire chaque jour.

« C’est pour toi. Monte. » Déclara-t-il en l’aidant à grimper, avant de la guider jusqu’à la minuscule cabine qu’elle allait partager avec les deux adultes. Elle les salua avec un hochement de tête, tandis qu’ils esquissaient un sourire crispé. Elle se blotti dans un coin, et posa sa tête contre le bois, se laissant doucement bercer par l’eau, tandis que le bateau prenait le large.
La jeune fille s’endormis rapidement, apaisée par toute cette eau qui l’entourait.


La petite fille dormit pendant presque les deux jours de traversée, comme si elle essayait d’emmagasiner à l’avance le plus d’énergie possible pour la suite de son voyage.
Les adieux furent brefs. Les deux adultes remercièrent énormément le pêcheur, avant de le laisser serrer une dernière fois la fillette dans ses bras. Puis chacun partit de son côté : Charles reprit la mer, tandis que les trois clandestins faisaient route vers la ville la plus proche : Falmouth, le pêcheur ne les ayant pas débarqué dans le port même, surtout pas au milieu de la nuit. Ils finirent par atteindre la cité dans la matinée, tandis que des marchands installaient leurs étals pour le jour du marché. Les deux inconnus lui proposèrent de les accompagner chez leur contact, mais l’autrichienne refusa d’un signe de tête, et pour couper cours aux tentatives de persuasions, elle s’éclipsa dès qu’ils eurent le dos tourné, choisissant de s’asseoir sur les marches d’une église, près du marché. Laissant son regard vagabonder sur ce qui l’entourait.
Alice ne parlait pas anglais, elle connaissait quelques mots tout au plus, et entendre en même temps ces centaines de voix était fatiguant, mais elle n’avait pas d’autre solution. Elle devait trouver quelque chose à faire pour pouvoir avoir un toit et du pain, elle verrait ensuite pour le reste.

Le problème était que ne comprenant pas le moindre mot de ce que disaient tous les passants, c’était plutôt compliqué de trouver du travail. Une voix l’admonestant violemment, ainsi qu’une taloche sur la tête la tira brusquement de ses pensées, et la musicienne se tourna, serrant contre elle l’étui à violon qu’était le présent du pêcheur. Elle découvrit une femme dont la robe en lambeau couvrait mal les jambes maigres. Elle était enroulée dans un châle crasseux dont la couleur d’origine n’était plus qu’un lointain souvenir. Sous ses mèches emmêlées qui tombaient en rideau autour de son visage, ses petits yeux bruns lançaient des éclairs tandis qu’elle lui postillonnait dessus.
La musicienne comprit parfaitement qu’elle devait déguerpir.

Attrapant son violon, elle galopa jusqu’au carrefour suivant, où elle se hissa sur un tonneau, continuant de regarder la foule. Ses iris bleu pâle scrutant les visages qui défilaient devant elle, perdu dans ses pensées, jusqu’à ce que son attention soit captée par un jeune garçon roux.
Alice ignorait la raison pour laquelle cet enfant en particulier l’avait attiré, mais ses prunelles ne le lâchèrent pas, et c’est ainsi qu’elle remarqua ce que ces cibles de noyaient pas. C’était un pickpocket.
Cela donna une idée à la jeune autrichienne, si elle n’avait pas encore beaucoup d’expérience dans ce domaine, elle possédait un objet qui pourrait peut être lui faire gagner quelques piécettes. Ainsi, elle bondit au bas de son promontoire, ouvrit l’étui pour en sortir son instrument, laissant la boite ouverte pour recueillir les potentiels dons, retourna sur le tonneau,  et commença à jouer.

Moins de deux minutes plus tard, une légère foule se rassembla autour de la musicienne, qui joua pendant presque une heure, remerciant d’un hochement de tête ceux qui lançait un penny, tous les morceaux qu’elle connaissait.
Et lorsqu’épuisée, elle s’arrêta enfin, et que la foule se fut totalement dispersée, le jeune rouquin apparut devant elle.

« Hey, I’m Connor O’Sen. And you ? »

Cette rencontre pour le moins étrange, fut le début d’une amitié tout aussi étrange, mais sans doute aussi salvatrice pour Alice que pour Connor. Le jeune garçon lui apprit à force de patience, d’énervement, mais surtout de curiosité pour cette étrangère qui était vraisemblablement muette, l’anglais -et l’argot-. Si bien que six moi après leur rencontre, la fillette comprenait la quasi majorité des paroles de tous ceux qu’elle croisait. La langue, mais également nombre d’astuces de bases pour survivre seul dans une ville comme celle-ci, ainsi que des tours de pickpocket, où elle se révéla plus douée que lui, ce qui lui valu son admiration à lui, et celle d’autre pickpockets avec lesquels ils trainaient souvent, lui offrant une place dans la petite bande. En retour, la musicienne lui enseigna les bases de la lecture, car s’étant retrouvé tôt dans les rues, il avait fait l’impasse sur ce détail, mais il le regrettait à présent, car cela lui donnait moins de chance de réaliser son rêve : aller à Londres !
Il n’en avait jamais parlé à quiconque, mais six mois après sa rencontre avec Connor, il s’ouvrit à elle, et en deux semaines, leur plan fut au point. Ils n’avaient pas assez d’argent, même en ne mangeant pas pendant deux mois, pour se payer une place en troisième classe dans l’un des trains qui partaient régulièrement de la gare de la ville pour la capitale du royaume.

Ils avaient gardé pour ce jour là leurs plus beaux habits, mais dans la foule qui se pressait près de la locomotive, ils faisaient tache malgré tout, et tandis qu’ils s’étaient séparés pour passer inaperçu, tous deux sentaient le regard des voyageurs autour d’eux. Ils n’avaient aucun bagage à part le violon d’Alice, et c’est ce qui la sauva.
Juste avant d’entrer dans le wagon, il se fit repérer par un contrôleur, qui lui somma de s’arrêter. Ignorant l’ordre, il se précipita vers elle à travers la foule, lui glissant quelque chose dans la main, ainsi qu’un « Vas y ! » presque inaudible,  avant de la bousculer suffisamment violement pour qu’elle se retrouve au sol, ne pouvant rien faire d’autre que de regarder la silhouette de son ami disparaître dans les méandres de la ville, poursuivit par un homme en uniforme.

« Vous allez bien mademoiselle ? » lui demanda le contrôleur qui s’était approché, laissant l’officier donner la chasse au passager clandestin. Il l’aida à se relever, comme si l’étui à violon entre ses mains, et la chaine argenté reliée à la montre à gousset qu’elle avait a présent dans la main, comme un cadeau d’adieu de la part de Connor.

Prenant son mutisme pour l’état de choc dans laquelle l’avait mis la chute, il l’accompagna jusqu’à un wagon, omettant de lui demander son billet, il la salua rapidement avant de sortir, et quelques minutes après, le train démarra, l’éloignant encore d’avantage de son ami, et la rapprochant de Londres…


Mais si elle avait gagné la capitale, elle avait perdu l’appuie d’une bande, et sur la cité de la Tamise, chacun son terrain, et gare aux étrangers. Il fallait montrer son pouvoir, ou bien intégrer une bande, et lorsqu’on est une fille, et qu’on est muette, ce n’est pas facile.
Alice essaya, elle fit de son mieux pour faire ses preuves. Peut être trop justement : dérober la bourse du chef de la bande dans laquelle on veut entrer n’est peut être pas la meilleur idée qu’il soit. Il faut être bon, mais pas trop. Et Connor s’était vraisemblablement révélé un excellemment maître.
A cet instant, la jeune fille eue l’impression d’être observée, mais comme elle ne vit rien, elle rangea cela dans un coin de son esprit.

Résignée à rester seule, la petite autrichienne se mêla à la foule de travailleurs fatigués, et se laissa entrainer vers le quartier qui suintait la misère, réussissant à se trouver un petit recoin en hauteur, dans le renfoncement d’une église où elle s’enroula dans ses affaires, poussant son instrument au fond de sa cache, et dissimulant la montre de Connor contre sa poitrine. Malgré sa fatigue, elle eue du mal à s’endormir, l’impression d’être observée l’enserrant, la forçant à lutter contre le sommeil, jusqu’à ce qu’elle disparaisse brusquement. Elle se força à rester encore éveillée une vingtaine de minutes avant d’enfin se laisser aller dans les bras de Morphée.
Le lendemain, armée de son archet et de son violon, elle parcourut Londres jusqu’aux environ de Westminster, où elle commença à jouer espérant attiré du publique et des donateur. Les premiers furent des bobbies, qui après l’avoir reluqué quelques instants s’éloignèrent, la jugeant inoffensive. La curiosité mena quelques autres passant à s’approcher, appréciant la qualité du jeu, et les morceaux choisit, lui lançant quelques pièces en récompense.
Et l’impression d’être observée revint encore une fois, et un long frisson parcouru l’échine de la fillette, tandis qu’un pressentiment lui étreignait le cœur. Elle s’arrêta brusquement sous les regards étonnés des passants, et prit a peine le temps de rassembler les piécettes qu’elle avait ramassé et de ranger son violon dans son étui avant de se mettre à courir à en perdre haleine vers la tanière qu’elle s’était trouvée.
L’autrichienne sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Sa cachette avait été visitée, il n’y en avait pas de traces nettes, mais elle le savait. C’était une certitude qui hurlait dans ses entrailles. Quelqu’un la surveillait, quelqu’un la suivait, et avait visité le lieu où elle avait élu domicile.
Qui ? Pourquoi elle ? Dans quel But ?
Des milliers de questions déferlaient sur elle sans qu’elle puisse trouver la moindre réponse. Ses doigts se crispèrent autour de l’étui de son violon, tandis qu’elle essayait de prendre une résolution qui la calmerait. Au moins pour un moment.
Si cette personne pouvait aire tout ça, c’était qu’elle était trop facile à prendre en filature. Elle devait se fondre dans la masse. Disparaître.

Alice utilisa des trésors de ruses, d’ingéniosité, de patience et de contrôle de soi. Prenant sur elle pour ne pas s’enfuir en courant, et briser la couverture qu’elle peinait tant à monter. Mais ce n’était pas assez, la musicienne s’en rendit compte lorsqu’elle pénétra dans une ruelle sombre, et que la présence se fit immédiatement ressentir Elle ne prit pas la peine de se retourner, sachant dores et déjà qu’elle ne verrait rien, elle s’approcha d’une gouttière qui menaçait de tomber en morceau, tapant dessus à intervalle régulier, utilisant un code que Charles lui avait apprit.
Le morse.

« Que voulez vous ? »

Un rire lui répondit. Mais ce n’était pas un rire effrayant. Au contraire. Un rire jeune, lumineux, heureux et vivant, et les iris bleu clair qu’elle n’avait peu s’empêcher de diriger vers la source de ce bruit trouvèrent immédiatement ce qu’elle cherchait depuis presque deux jours.

C’était un jeune homme qui approchait de la vingtaine, et qui portait des vêtements sales, mais d’excellente qualité, et parfaitement à sa taille, ce qui était plutôt rare. Une barbe de trois jours parsemait le bas de son visage juvénile, parvenant à peine à le vieillir, et les quelques rayons du soleil de février qui parvenaient à percer la brume londonienne et les ténèbres environnantes révélaient des mèches châtains, dont chacune semblait posséder un reflet différent.
Mais le plus impressionnant, c’était incontestablement ses yeux. Ils avaient beau être à moitié dissimulés par la frange mal coupée de l’inconnue, et enfoncés par le manque de sommeil, Alice ne voyait qu’eux.
Beaux. Grands. Verts. D’un vert de foret, de prairie. Un vert qui paraissait sans limite, et qui pourtant était condensé en deux bille d’émeraude.

« J’ai de nombreux nom, mais celui que l’on me donne ici est Green, répondit il, montrant qu’il avait parfaitement comprit le code qu’elle avait utilisée. Et si je te suis, c’est que tu m’intéresses. »

Il fit une pause, plongeant ses deux perles de jades dans ses prunelles cobalts, avant de tendre sa main vide et ouverte vers elle.

« Viens avec moi. »

Cet homme était surement malade, dérangé. Voir même fou, et elle le serait tout autant de le suivre. Il l’avait suivit pendant presque deux jours, observée pendant son sommeil, espionnée des heures durant. Rien en lui de donnait confiance.

Alice prit sa main sans hésitation. Ses deux yeux bleus clair perdu dans l’immensité verte des iris de Green, qui brillaient de vérité. Un sourire à fossette étira son visage, le rendant encore plus jeune, l’attirant un peu plus à lui, lui glissant à l’oreille.

« Tu ne le regrettera pas, Alice. »


Green, bien qu’au fil du temps qu’elle passa avec lui, elle découvrit certain de ses secrets, était quelqu’un de très mystérieux. Et jamais elle ne réussit à savoir, comment le jeune homme connaissait son nom, alors qu’elle n’avait pu le dire à personne, et qu’elle ne connaissait personne dans la capitale.
Il possédait un ancien théâtre « dans lequel avait joué Shakespeare » disait il en plaisantant, donnant toujours une version différente de l’histoire à qui lui demandait, si bien que l’autrichienne fini par en conclure qu’il s’agissait d’une simple légende urbaine que son mentor entretenait. Oui, mentor, car la fillette n’avait pas vraiment trouvé d’autre terme pour définir la relation qui les unissait. Il n’était pas son chef, comme dans une bande, et d’ailleurs, ils n’en étaient pas une. Green avait des objectifs bien précis, et lui déléguait seulement certains point, la laissant essayer de deviner le projet final, avant de le lui soumettre. Ou pas, il arrivait qu’elle soit exclue de certain projet. Et malgré la curiosité qui l’étreignait alors, elle restait dans la petite salle à jouer du violon jusqu’à son retour. Elle avait bien retenue la leçon de la première fois qu’elle avait essayé de le suivre. Elle s’était fait prendre à environ cinq rues de leur lieu de vie, et le jeune homme l’avait brutalement plaqué contre le mur, lui plaçant un couteau contre la jugulaire, rivant ses iris émeraudes qui brillaient dans la nuit aussi tranchants que des éclats de verre, laissant simplement un murmure s’échapper de ses lèvres.
« Rentres, ou je te tue. » l’avertit-il d’un ton qui lui rappela la morsure de la glace suisse lorsqu’elle était restée coincée dans les montagnes avant sa rencontre avec Uwe. Elle hocha la tête, et dès qu’il la lâcha, elle prit docilement le chemin du retour, sentant dans son dos le regard de chat du magicien des rues.


Dernière édition par Alice Silberwald le Mer 31 Déc - 0:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alice SilberWald [Terminé !]   Mer 31 Déc - 0:21

Ainsi, les jours, les nuits, les semaines et les mois passèrent. Et bien que le doute s’insinue parfois dans l’esprit de la fillette sur la sureté du fait qu’elle ait fait si facilement confiance à Green, elle s’était habituée à ses sautes d’humeurs, plus dus aux stress constant qu’était de vivre dans la rue, et de certaines séquelles, qu’a un véritable danger pour elle. Malgré ses manières rudes, le jeune homme faisait preuve avec elle d’une douceur qu’il parvenait mal à cacher.
Alice se sentait bien dans cette vie, vivant un peu au jour le jour avec son violon et les missions de plus en plus intéressante que lui confiait le magicien. Elle aimait ce vieux théâtre, et ce velours un peu moisi dans lequel elle se cachait pour observer de loin les passant. Elle avait l’impression d’avoir retrouvé un foyer, et dans son esprit, chaque jour, Green ressemblait un peu plus à Alfred…

Mais tout bascula le jour où Green vint la réveiller au milieu de la nuit, couvert de sang, et une lueur inquiète au fond de ses yeux émeraude.

« Dépêche-toi. » murmura-t-il d’un ton sans réplique, tandis qu’il se tournait vers une armoire branlante qui contenait une partie de leur possession, pour les jeter dans un sac en cuir. Heureusement, Alice avait gardé l’habitude de dormir avec ses vêtements, si bien qu’elle n’eu qu’a glisser dans ses souliers trop petits pour être prête. Le magicien lui tendit son violon avant de se précipiter vers l’extérieur, la fillette sur les talons.

Ils errèrent dans les rues de Londres des jours durant, le jeune homme de répondant que très évasivement aux questions d’Alice, dissimulant son entaille à la tête sous un chapeau mou, utilisant nombre des cachette de secoure pour récupérer. Un matin, avant que l’autrichienne ne se faufile hors de leur cachette pour aller récupérer quelques vivres, et autres éléments de premières nécessités, le jeune homme la retint par le pan de son manteau, et lui glissa un lettre dans la main, avant de lui murmurer une adresse.

« Souviens-t’en bien. Déclara-t-il dans une grimace de douleur en se redressant, si jamais il devait m’arriver quelque chose, c’est la que tu devrait aller… Mais ne fait ça qu’en dernier recours ! »

Sa phrase se termina en une exclamation où se mêlait de désespoir et d’inquiétude. Ses iris bleutés brillant d’anxiété, elle hocha doucement la tête avant de quitter la planque, se retenant de courir pour ne pas se faire remarquer.


Alice rangea l’information dans un coin de sa tête, persuadée qu’elle n’en aurait jamais l’utilité. Dans son esprit, Green était invincible. Rien ne pourrait jamais lui arriver.
Mais l’histoire ne tarda pas à lui démontrer le contraire.

Une semaine plus tard, alors que la musicienne venait de sortir pour aller faire du repérage pour définir la manière de rejoindre leur prochaine tanière-le magicien ayant reprit des forces, mais Alice soupçonnait la plait d’être plus maligne qu’elle n’en avait l’air, et Green ne la laissait pas regarder pour s’en faire une idée- deux hommes pénétrèrent dans la cave où ils s’était installés. Surprenant le jeune homme dans le sommeil fiévreux dans lequel il avait finalement réussi à sombrer, et duquel il se tira avec difficulté, ne parvenant à résister à ses assaillants qui le tirait vers une voiture garé juste devant. L’autrichienne qui revenait à ce moment là, ne pu que contempler avec ébahissement et désespoir la voiture s’éloigner, laissant derrière elle leur cachette découverte, et une foule de curieux.

Les heures qui suivirent furent extrêmement floues pour la fillette, qui retrouva par miracle l’automobile, suivant sa trace jusqu’à un entrepôt sur les docks.
Grâce à sa petite taille, elle parvint à contourner le gardien, et se glissa d’ombre en ombre,jusqu’au quai d’embarquement, où elle se dissimula derrière une grosse caisse. En se redressant légèrement, elle pouvait apercevoir la silhouette filiforme de son mentor, et l’ombre de ses deux goeliers, mais elle n’était pas assez proche pour entendre distinctement leurs voix.

Après un dernier coup dans la mâchoire, le mieux vêtu des deux s’éloigna, et, derrière elle, la fillette entendit une portière claquer, la poussant à se tapir d’avantage contre la caisse. Pendant ce temps, l’autre l’avait suivit, mais il s’était arrêté à mi-chemin, restant hors de vue de la musicienne.
De peur qu’il ne puisse la voir en sortant de l’autre côté, Alice se leva, et se coula de l’autre côté du bloc de bois, ses iris bleu frôlant la silhouette de son mentor, lorsque…

« GREEEEEEEEN ! »hurla-t-elle de toute ses forces, tandis que le coup de feu partait de l’autre côté.

Cri du coeur, cri de l’esprit qui avait délivré la voix si longtemps prisonnière de la jeune fille, qui oublia les deux hommes pour se précipiter vers le magicien, qui lui souriait au milieu d’une flaque de sang.

Heureusement pour elle, les deux hommes étaient partis, mais elle s’en moquait éperdument, répétant le nom du voleur de sa nouvelle voix, sans trouver d’autre chose à dire.

Il leva une main tremblante vers sa joue, sur lequel il essuya une larme, ses grands iris émeraudes brillants d’une étrange lueur.

« Tu as…une jolie… v-oix. Murmura-t-il en souriant, exactement c-comme je l’avais… imaginée… »

Alice aurait voulu lui répondre de se taire, mais elle ne pouvait que continuer à répéter son prénom, en laissant couler ses larmes. Il sourit de nouveau, plus faiblement, en se laissant retomber, et un éclair de douleur, chassé par une étincelle d’inquiétude passa dans ses prunelles si extraordinaires, qui lui avaient valu son surnom.

« Tu n’as pas… oublié… ? » lui demanda-t-il.

« Non, mais ce n’est pas grave, hoqueta-t-elle, réussissant à peine a parler entre ses larmes, on va te soigner Green… »

Dans un dernier sursaut d’énergie, il se jucha sur ses coudes, et attira la tête blonde de la fillette vers ses lèvres, chuchotant à son oreille.

« Je m’appelle Alix… »

Puis il se laissa retomber, complètement immobile à l’exception de sa poitrine qui se soulevait à intervalles irrégulier, les mains de la musicienne crispées sur le tissu de sa veste, persuadée que cette dernière déclaration lui avait ôté son dernier souffle, mais il ouvrit les yeux une dernière fois.

« Merci… d’avoir été là… tu étais, la fille ou la soeur que je n’ai jamais eu… »

Et alors qu’Alice hurlait son prénom dans la nuit, Alix sourit une dernière fois avant de s’endormir pour toujours.




Le lendemain, les dockers la trouvèrent prostrée sur le corps de son mentor, et ce n’est qu’après presque une heure de discutions, où ils alternèrent la gentillesse, les menaces, la patience et les cris, qu’intervint un avocat qui réussit à faire lever la fillette après lui avoir promis solennellement qu’il payerait son enterrement, et qu’il ait appelé un croque-mort.

Alors, Alice se leva, et se dirigea d’un pas chancelant, comme si le brouillard de Londres avait envahit son esprit, vers l’adresse que lui avait donné Green, ou plutôt Alix.

Sans réfléchir aux conséquences, elle sonna, et donna la lettre à l’homme qui se présenta. Ignorant qu’elle venait de tendre à l’homme, ce qui serait son passeport pour Modern Institut of Seafront.

FAMILLE : Une grande partie dort sous la terre, pour les autres, l’une réside dans les ruelles de Falmouth, l’autre quelque part en Suisse, et les derniers dans une masure au bord de la mer.


Dernière édition par Alice Silberwald le Jeu 1 Jan - 23:29, édité 1 fois
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Alice SilberWald [Terminé !]   Jeu 1 Jan - 16:23

Coucou Alice !

Je viens de finir la lecture de ta fiche, et à part quelques fautes d'orthographe/de grammaire qui me semblent évitables avec une relecture, je n'ai rien à redire, c'est excellent ! Donc je te valide !

Voilà ton Rp d'accueil!

Aussi, n'oublie pas de remplir le formulaire que tu trouveras dans ce topic !

Félicitation et bon jeu parmi nous !! Very Happy
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Alice Silberwald
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Âge du personnage: 10 ans
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MessageSujet: Re: Alice SilberWald [Terminé !]   Mer 7 Jan - 17:27

Nom de l'agent: Alice Silberwald.
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  • Ma/mes langue(s) maternelle(s) : Allemand et Français.
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  • Mes deux sports de combat: Judo et Taekwondo.
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MessageSujet: Re: Alice SilberWald [Terminé !]   

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Alice SilberWald [Terminé !]

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