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 Quand y en a plus, y en a encore !

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Quand y en a plus, y en a encore !   Jeu 27 Nov - 21:25

Le doute… C’est ce qui avait envahi la directrice ces derniers mois. Était-ce bien correct ce qu’elle faisait avec les enfants ?

Bien entendu, l’institut leur offrait tout ce dont ils avaient besoin : éducation, logement, nourriture. Mais avait-elle le droit de les utiliser pour des missions ? Avait-elle le droit de plonger ces enfants dans le monde adulte si tôt, si prématurément ?

Elle se disait, pour se rassurer, que malheureusement, ils y étaient déjà. Mais quand elle avait vu comment Matt’ et Gabriel étaient revenus de leur mission, elle avait eu peur. Faisait-elle ça de manière correcte ?

Elle en avait discuté avec les quelques collègues qui l’entouraient. Bien entendu, ils avaient tous le même doute. Mais ils se voyaient mal mettre tous ces enfants à la porte maintenant. En parler au MI6 était hors de question, ça aurait signé la mort de l’organisation !

Bref, ils avaient continués. Mais Kathleen avait mis un stop au recrutement. Elle avait déjà quelques jeunes. C’était assez.

Et puis… On lui avait refilé ce dossier dans les mains. Un nouvel agent était disponible. Devait-elle accepter ? Oui ? Non ? Après mures réflexions, et en considérant l’ensemble du profil de l’agent, Stevenson décida d’au moins accepter de le voir et le mettrait bien en garde, pour voir si le garçon était prêt à accepter toutes les contraintes, dont celle d’apprendre à nager avant le début du PEI et d’utiliser une fourchette quand il fallait manger. Quoique la première était mille fois plus essentielle que la deuxième. Mais la directrice ne se faisait pas de soucis à ce niveau : la pédagogie était le fort de l’Institut. Mais il avait un sacré plus pour lui, il avait 13 ans, ce qui était relativement âgé par rapport à la moyenne.

Il était temps d’aller chercher le futur agent à l’entrée. Elle se leva donc de son bureau, traversa la petite forêt et arriva à l’entrée, juste quand une voiture freina. Les pneus crissèrent sur les petits cailloux.

Un des membres du conseil supérieur du MI6 sortit de la voiture, accompagné de l’agent. Il était plutôt grand pour son âge. Ses cheveux châtains brillaient sous le faible soleil. Il souriait. Ça changeait d’avoir quelqu’un qui arrivait en souriant. D’habitude, ils avaient tous une tronche jusque par terre, ce qui était tout à fait normal vu la vie qu’ils avaient eue !

« Bienvenue, André !» dit-elle en français. Kathleen maîtrisait parfaitement cet idiome. Elle lui serra la main, en fit de même avec son collègue, qui ne tarda pas et remonta directement dans sa voiture.

« Tu as fait bon voyage ? » demanda la femme avec un sourire rassurant.

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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Jeu 27 Nov - 23:55

La voiture s'était engagée sur une nouvelle route tout aussi identique à la première; André avait détourné son regard clair du paysage.

Au début, il n'avait pas bien compris ce que l'homme attendait de lui et avait surtout eu peur qu'on le renvoie dans l'orphelinat sans qu'il puisse retrouver Madame. Et puis, on lui avait expliquer qu'on l’emmenait dans une école pour devenir un "agent secret". André savait que c'était comme un policier, mais en plus fort, et qui cachait sa véritable identité. Comme Zoro. Quand il avait demandé s'il aurait un masque, l'homme avait rit en lui ébouriffant les cheveux, murmurant pour lui même un "ah, ces gosses...". Et le gamin avait eu un sourire narquois.
Candide? Naïf? Oh, pas André! Si l'homme en costume était assez idiot pour penser que le petit français ne vivait pas dans le même monde que lui, ils allaient bien s'amuser. Il avait treize ans, et non cinq.

Si André n'était pas masqué et qu'il n'allait surement pas avoir d'épée, cela n'empêchait pas que, dans sa tête d'enfant, on lui proposait de sauver le Monde, l'Europe, la France, Madame. Le monsieur au volant -un volant qui était dans le mauvais sens, selon le môme- avait parlé d'Alliés et de Résistants. A l'orphelinat, les plus grands s'étaient déjà battu pour la Résistance: certains affirmaient que Pétain avait raison, les autres leurs donnaient des coups de poing pour prouver que c'était faux. Et André trouvait ça complètement idiot. Le gamin aimait les mots, aimait parler, aimait chanter. Madame disait souvent à Monsieur que le petit parlait bien. Et Monsieur faisait oui de la tête en lissant ses longues moustaches.
Au poste de police, avant que l'homme qui conduisait ne vienne le chercher, une dame très jolie mais très sévère avait expliqué à l'enfant le pourquoi de cette guerre et, bien qu'André en trouve la raison ridicule, il n'avait fait acquiescer pour montrer qu'il comprenait bien. Il avait déjà entendu Monsieur parler du chef de l'Allemagne. Un chandelier. Non, un chancelier! C'était ça!

Une grande bâtisse dissimulée par de nombreux arbres apparut soudainement sur la droite, et le garçon plaqua ses mains contre la vitre, faisant tomber sa casquette à carreaux gris. Le nez collé sur le verre froid fit apparaitre une petite buée, et le chauffeur freina sur les cailloux et la voiture s'arrêta. Une Dame attendait au portail. Pour lui.
Alors André remonta ses chaussettes -des neuves sans trous qu'on lui avait acheté!- et poussa la portière en même temps que l'homme ouvrait la sienne. Ses longues jambes maigres aux genoux cagneux étaient à moitié cachées pas un short retenue par des bretelles. Lesdites bretelles étaient sous un petit gilet dans les teintes verdâtre et la chemise était blanche. André n'avait jamais eu de chemise aussi blanche, sauf chez Monsieur et Madame, lorsqu'ils les emmenaient en ville, ou quand des gens venaient.

Le soleil, aussi faible soit-il, éblouit légèrement le morveux qui protégea ses yeux en laissant apparaitre un large sourire où la canine de droite était absente. En s'approchant de la Dame, il ôta son béret et fut surpris de l'entendre parler dans sa langue natale. Lui qui parlait désormais anglais comme s'il en était un -il connaissait même des gros mots!-, c'était avec plaisir qu'il répondit, son sourire s'accentuant avant qu'une voix qui semblait enrouée n'en sorte:

- Bonjour M'dame. Merci M'dame.  salua-t-il simplement en serrant la main qu'elle lui présentait, amusé qu'on le prenne pour un grand. Au r'voir, m'sieur!

André agita un instant la main en regardant la voiture noire s’éclipser. L'homme lui avait déposé son petit sac aux pieds, affaires bien maigres mais véritable mine d'or pour le môme. Le récupérant, le français releva les yeux vers la femme et pencha la tête sur le côté.

- Oui, le voyage était bien. Mais les voitures ont des volants pas comme en France, c'est bizarre. Vous êtes la Directrice de l'école d'agent secret? On va loin dans la forêt?

Son froncement de sourcil pouvait passer pour de l'inquiétude, mais il n'en était rien. Si André avait joué de son innocence et de ses grands yeux clairs jusqu'à présent, maintenant le petit garçon était rangé, et un regard concentré épiais les feuillages des bois. Le gosse était débrouillard, mais en pleine forêt, il serait complètement perdu. Aussi, il se redressa en se grattant le nez, remit sa casquette et adressa un signe de tête à la Directrice, les lèvres tirées vers le haut. Il était prêt.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Ven 28 Nov - 11:48

Les volants ne sont pas comme en France. La directrice sourit. C’est vrai que ça perturbait la première fois. Pour sa part, elle se souvenait quand elle avait découvert l’inverse la première, ça l’avait perturbé. Depuis, elle savait parfaitement conduire avec un volant à droite, comme à gauche. En parlant de voiture, elle songeait à apprendre aux enfants à conduire. Ça pouvait toujours servir en mission. Mais n’étaient-ils pas trop petits pour ça ?

Tout en se dirigeant vers le bâtiment d’accueil, factice pour tromper les éventuels intrus, elle répondit au nouveau

« En Angleterre, on roule à gauche. C’est une vieille habitude de ne pas faire comme ailleurs dans notre pays ! »

Ils étaient maintenant dans la forêt. André n’avait pas un air très rassuré en traverser les allées d’arbres. Cette forêt était tout à fait naturelle et s’était développée sauvagement. Ce n’était pas la forêt Amazonienne, bien entendu, mais ça faisait un bon terrain d’entraînement quand même. Cela dit, Kathleen n’avait jamais été dans cette fameuse forêt Amazonienne. Elle ne la comparait qu’avec l’image qu’elle s’en était faite dans la tête.

« Non, la forêt n’est pas longue ! Tu peux déjà voir le bâtiment, là-bas, au loin ! »

En effet, au loin, on pouvait voir se dresser le somptueux institut. L’édifice était magnifique, et ça participait sans doute au bien-être général des enfants. C’est toujours plus agréable que dans une maison lugubre et en ruine. Elle le ferait visiter à l’enfant après le passage obligatoire dans son bureau.

« Cela dit, la forêt est très large ! Une fois que tu quittes le chemin, il est très facile de s’y perdre ! Mais ça ne devrait pas arriver… »

La directrice soupira. Des accidents légers, il y en avait déjà eu, mais pas celui-là. Elle pensait notamment à Matthias qui avait failli se noyer, coulé par un agent renvoyé depuis. Mais finalement, MIS avait plus d’un an, et le nombre de cas était très limité, malgré les activités de l’Institut.

« Nous sommes, en effet, dans ce que tu pourrais appeler une “école d’agents secrets“. Mais c’est plus que ça ! Ici, tous les enfants sont orphelins, ont une intelligence supérieure à la moyenne et une capacité physique prometteuse. Vous êtes logés, nourris, éduqués. C’est un programme strict et complet qui vous attend ici. Et, autant te prévenir dès le début, ça ne sera pas facile. Tu vas être plongé dans un monde effroyable, si tu acceptes de rejoindre l’institut. On te laisse le choix, tu as même la possibilité de rester une semaine et puis de donner ton choix définitif. Cela dit, les enfants qui sont ici, et il y en a déjà une dizaine, semblent heureux et sont très bien entourés, par une équipe médicale et un psychologue très efficace. C’est plutôt les missions qui sont difficiles psychologiquement. »

Le temps qu’elle débite tout ça, ils étaient déjà arrivés au bâtiment.

« Viens, on va aller dans mon bureau. N’hésite pas à poser toutes les questions qui te passent par la tête ! Aucune question n'est idiote, ici !»
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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Sam 29 Nov - 23:29

- Les Anglais aiment la contradiction... souffla le garçon avec un petit sourire narquois, se rappelant dans un même temps que, d'après les manuels d'histoire qu'il avait lu chez Monsieur et Madame, les Français et les Anglais avaient longtemps été en guerre.

Les yeux clairs d'André se promenaient sur le sol, dans le feuillage des buissons, le long des tronc, puis, au loin, sur la bâtisse que lui désignait la Directrice, celle-là même qu'il avait réussi à apercevoir un peu plus tôt. Le sourire du môme s'évanouit et son pas ralentit.
Ce n'était plus la forêt qui l’intriguait, dorénavant, mais bien la femme qui se tenait à ses côtés. Comment avait-elle bien pu passer outre son sourire innocent et son visage d'enfant des rues? Comment avait-elle pu voir au delà alors que la plupart des gens pensaient que le gosse n'était qu'un voleur avec un sourire niais, un idiot juste assez malin pour ne pas se faire attraper, un morveux des rues sans aucune éducation.
Oui, il avait parlé de Monsieur et Madame aux policiers, de crainte qu'on le renvoie en France alors que, peut être, on pouvait l'aider à retrouver la belle jeune femme et son époux. Oui, il avait chantonné et joué du petit harmonica rouillé en attendant qu'on le sorte de sa cellule. Oui, il avait maintenant un casier judiciaire long comme le bras puisque les hommes de lois avaient enfin réussis à mettre un visage sur le surnom "Le Raton Voleur". Mais... Jamais il n'avait laissé entendre sa facilité à apprendre ou son désir de comprendre. André jouait l'idiot, le simple d'esprit, l'enfant. Il le faisait bien. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Jusqu'à maintenant.

- Je ne sais pas si mon physique me permet de me battre, je sais que je suis grand...mais ma masse corporelle est bien en dessous de la moyenne des enfants de mon âge. Et je me suis tordu la cheville l'année dernière, quand vient l'hiver j'ai du mal à courir. Néanmoins, je suis rapide, agile, et je suis habile de mes dix doigts.

C'était avec un sérieux déconcertant que le môme avait prononcé son explication, fixant la femme pour voir sa réaction. S'il était lui même, comment le verrait-elle? Bien que toujours souriant, André semblait concentré, ses yeux ressemblaient à deux fentes où des nuances clairs de gris, bleu et vert se mêlaient.

- Un monde effroyable. Le monde l'est depuis bien avant ma naissance. J'ai juste eu la chance de grandir non pas pendant une guerre, mais pendant un entre deux. Mais... Vous avez de la chance, ici vous ne souffrez pas beaucoup. C'est comme les Américains. Vous êtes trop loin de nous pour avoir...trop mal. En Europe, c'est n'importe quoi. La guerre est mondiale. Mais la guerre n'est pas chez vous. Ya pas de patrouille nazis chez vous. Moi, j'ai vu les gens qui se sont fait raflé. Un petit garçon de l'orphelinat a été emmené, juste parce qu'il est juif. Il sait pas ce que ça veut dire. Il a juste plus de peau au bout de... enfin voilà. Ici, vous êtes sauf. Ici, les gens ont moins peur. La guerre, elle est pas mondiale. Elle est chez moi, et c'est tout.

La colère était quelque chose de singulier et pourtant, le petit Maraud la taisait souvent. Un sentiment d'injustice montait en lui alors qu'il revoyait le gamin de six ans partir avec trois soldats. Trois soldats Français. Qui allaient tuer un petit français. André n'était pas dupe, ce gosse, il n'avait sans doute pas survécu. On parlait de camps. "Des parcs à juifs", comme disait certains.
Le français soupira. Son sourire avait bel et bien disparu, son regard était dur et fixé maintenant sur la porte du bâtiment.

Sur le chemin pour aller au bureau, André vit d'autres enfants, dont la plupart plus jeunes. C'était comme l'orphelinat. Il fallait qu'il pense à ça. L'orphelinat, avec les petits qu'on devait rassurer quand les veilleuses ne fonctionnaient plus. Voilà.
Habitué à la vie en communauté, ça avait été difficile pour le gosse aux yeux clairs de se retrouver sans "frères et sœurs" en plein Londres. Oh, des gosses, y'en avait. Et de toute sorte! Mais combien avaient essayé de le voler? Trop. Un jour, Madame avait comparé André à un loup : il protégeait ceux qu'il jugeait être sa famille et mordait quiconque s'approchait de trop près. Mais au lieu de montrer les dents pour prévenir, le garçon souriait et attaquait sans qu'on y prenne garde.
Avant qu'on ne l'attrape, André avait trouvé un petit frère avec qui il partageait ses maigres repas et un grenier sous les toits d'une vieille maison bourgeoise. Mais un soir, le monsieur de la maison était monté, avait vu le petit et l'avait mené aux flics. André avait perdu son petit frère.

- On est combien ici? Et vous parliez d'éducation, on apprend quoi? On fera quoi après? Votre collègue parlait de "terrain" et d'"unités". C'est quoi? On dort tous ensemble?

La dernière question était arrivé comme un cheveux sur la soupe, mais cela semblait important aux yeux de l'enfant. Comme certains ont besoin d'une peluche pour s'endormir, André avait besoin d'une présence. Seul, il faisait des cauchemars.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Dim 30 Nov - 12:06

[On aime beaucoup ta façon d'écrire ! C'est très agréable de Rp avec toi Very Happy ]

Kathleen ouvrit la porte de son bureau, confortablement meublé. Des bibliothèques couvraient les différents murs, sauf là où elle avait réservé une place pour ses quelques tableaux préférés. Un tapis épais couvrait le sol. Son bureau était couvert de dossiers de recrutements, de missions, de projets, et d’autres choses. Deux chaises trônaient de part et d’autre du grand meuble en bois brun foncé. Dans un coin, près de la cheminée où crépitait un feu, il y avait trois fauteuils. La directrice, bien qu’elle soit une femme forte, aimait le confort.

Elle invita l’enfant à s’assoier dans l’un des fauteuils, pendant qu’elle alla chercher ce qu’il fallait sur sa table de travail. Quelques papiers administratifs et son box de bienvenu. Le reste, ils le feraient demain ou quand le garçon accepterait définitivement de rejoindre les rangs de l’Institut.

Ce n’était pas le premier gamin super intelligent mais qui le cachait que la directrice croisait. Avec le temps et l’expérience, elle avait appris à les reconnaître ! Celui-là était peut-être plus doué, mais aussi, Kathleen était surentraînée à enlever les masques aux gens. En fait, ce n’était pas si difficile, parce qu’ils se trahissaient tous à un moment où un autre.

Soudain, André perdit sa voix naïve pour déclarer d’un ton très sérieux qu’il doutait de ses capacités physiques. Il n’avait pas du tout remis en cause le fait qu’il avait une intelligence supérieure à la moyenne. Pas très habile… On lui apprendrait tout ce dont il avait besoin ici. Ainsi, sa maigre corpulence le tracassait, alors qu’il s’agissait d’un atout indéniable.

« Serais-tu en train de mettre en doute ta place ici ? Moi je crois au contraire que tu as toutes tes chances. Ta faible masse corporelle va s’améliorer ici, notamment au niveau musculaire. Et puis c’est un excellent moyen de tromper l’ennemi, si tu es amené à te défendre. Tu pourras le surprendre, parce qu’il t’aura sous-estimé ! Quant à ta cheville, on a un excellent kiné, ici. Il te prescrira des exercices pour que tu retrouves le plein contrôle de ta cheville. »

Elle écouta attentivement sa vision des choses sur la guerre qui avait lieu. C’était intéressant, cette façon de voir les choses. La guerre, elle est chez moi, c’est tout. Les Français avaient toujours la mauvaise habitude de se croire le centre du monde. L’égo de la directrice n’était pas spécialement blessé, mais ça lui semblait des enfantillages tout ça. Oui, l’Angleterre était plus protégée de par sa position, mais si le pays risquait moins, c’est aussi parce qu’elle, au moins, avait réussi à se défendre face à l’ennemi. Mais de ça, elle ne montra rien. Elle ne comprenait que trop bien la colère du petit.

« Écoute, André. Peu importe où sont les problèmes, MIS agit au niveau mondial, là où on a besoin de l’institut, c’est-à-dire là où un adulte ne peut pas effectuer sa mission. Personne ne soupçonne un enfant. C’est notre arme, même si elle peut être remise en question, ça marche… »

Et puis, le flot de questions arriva. C’était normal, le contraire eut été plutôt inquiétant. Il fallait faire comme à chaque fois : y répondre patiemment, une à une. Il était vital pour que ces enfants ne deviennent pas fous avant l’heure qu’ils sachent tout ce dont ils avaient besoin.

Elle expliqua ça au petit, puis, comme elle l’avait dit, prit donna les informations nécessaire à chacune des interrogations de l’enfant.

« Il y a à l’institut actuellement 10 agents et une vingtaine de gens dans le personnel : professeurs, entraîneurs, médecins, psychologues, accompagnateurs de mission, et ainsi de suite. Tu seras donc, si tu acceptes de prendre ta place parmi nous, le onzième agent. »

« Pour ce qu’on va t’apprendre, tu as des cours intellectuels, beaucoup de langues, des maths, des sciences, de l’histoire, etc. Puis, tu as des cours physiques, de combat notamment. Et enfin, tu as le volet espionnage, où tu apprendras notamment à démasquer des petits garnements comme toi qui tentent de cacher leur intelligence exceptionnelle. »

Elle lui fit un clin d’œil. Ce n’était nullement un reproche, mais plutôt une petite pique gentille, pour taquiner l’enfant. Il était souriant et joyeux, il ne le prendrait pas mal.

« Et puis, tu devras passer par un mois de formation intense, autre part qu’à l’Institut. Ce ne sera ni un mois facile, ni un mois agréable, mais ça vous préparera aux missions de la meilleure manière qu’il soit. Parce que c’est à ça que tout va servir, à ce que vous ayez toutes les cartes en main lors des missions. »

« Pour ce qui est du terrain, je ne sais pas trop ce que mon collègue entendait, par contre, pour les unités, il y a pour le moment deux unités. Tu choisis une des deux en fonction de là où tu veux intervenir. L’unité B couvre les pays de l’Axe, c’est-à-dire ceux qui sont avec les Nazis. L’unité A s’occupe du reste du monde. Donc, si tu veux intervenir en France, il faut aller dans l’unité A, si tu veux intervenir en Allemagne, tu vas dans l’unité B.  Tu dois choisir dès que tu t’inscris officiellement au MIS, mais tu peux changer jusqu’à ce que tu sois déclaré agent opérationnel, donc que tu aies passé avec brio ton mois d’entraînement intensif. »

« Et pour finir, vous dormez tous dans un dortoir au deuxième étage… »
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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Dim 30 Nov - 15:11

[oh, merci! >///< J'avais peur que ce que pense et dit André vous gênent un peu, donc ça me rassure :) Je ne sais pas qui se charge de Kathleen, mais les réponses m'inspirent :3 ]

Le nez levé vers le plafond, le garçon inspectait la pièce tout en restant assis dans son fauteuil. Son attention semblait soudainement se reporter sur les tableaux accrochés aux murs, et il resta à les regarder sans rien dire, faisant balancer ses jambes puisque ses pieds n'atteignaient pas encore le sol : la pointe des souliers usés le frôlait seulement. André se sentait comme une tâche sur un beau tapis, avec ses saletés sous les ongles et ses vêtements d'occasion délavés. Si les chaussettes étaient neuves pour lui, sans nulle doute un enfant né dans une famille plus aisé n'en aurait pas voulu. Alors là, maintenant, le petit français se sentait déplacé dans le bureau de la Directrice. Il l'attendait, regardant la femme qui cherchait parmi les nombreux papiers. Elle, elle n'était pas déplacé. Un instant, André se rappela la première fois où Monsieur l'avait fait venir dans son bureau, pour parler. Monsieur voulait discuter des notes du garçon, puisque ce dernier avait récolté un deux sur dix en éducation civique, mais, ne voulant pas expliquer sa mauvaise note, le gosse avait été puni.

André se demanda si la Directrice punissait les enfants, parfois. Cette réflexion le fit froncer les sourcils juste un instant, le faisant disparaitre quand la femme se mis face à lui. Elle semblait chercher quelque chose sur le visage du garçon et cette perspective fit sourire le gamin qui l'écouta parler en jetant des coup d’œil à la cheminée.

- Je sais pas... répondit-il après un court silence. L'homme de la voiture me regardait bizarrement dans le rétroviseur. Et il parlait tout seul un moment... je ne suis pas sûre, mais il a dit "chétif". Alors je me disais que j'étais peut être trop maigre. expliqua le môme en haussant les épaules.

Il fit tourner son pied droit sur lui même en l'observant avant hocher la tête en souriant à la Directrice. Oui, le kiné était une bonne idée. Sourire qui s’effaça en une moue hésitante avant un nouvel hochement pour montrer qu'il avait entendu. Certes. Mais il ne comprenait toujours pas le pourquoi de cette guerre. Ce n'était sûrement pas ici qu'il trouverait des réponses. S'il en trouvaient un jour.
Enfin, la Directrice semblait tout de même vouloir répondre à celle qu'il avait posé, et le petit cœur d'André fit un bond, ses jambes remuant un peu plus, son sac contre le pied du fauteuil s'avachit un peu plus.

- Le onzième... répéta le garçon dans un murmure tandis qu'il prenait note que les adultes étaient tout de même nombreux.

Il écouta la liste des cours, se désolant qu'il y ait des mathématiques, matière où il n'aurait pas été mauvais s'il y donnait un temps soit peu de bonne volonté. En entendant parler de sport de combat, André se redressa, attentif. Il aurait aimé connaitre ce qu'il pouvait apprendre, mais déjà la femme parlait d'espionnage et de démasquer des petits garnements comme lui tentaient de...
Quoi??!
Le môme pinça les lèvres et pencha la tête en avant alors que son corps se mettait à trembler et que des larmes apparaissaient au coin de ses yeux.
Refrénant un fou-rire, le gamin ne pu s'empêcher de pouffer en dévoilant à l'adulte un visage hilare, ses dents exposées alors qu'il riait en plaquant son dos au fauteuil. Il oublia qu'il était une tâche sur un beau tapis -reprenons la comparaison citée plus haut- et fixa la Directrice en laissant apparaitre le trou de sa canine tombée. La Dame était drôle. Du moins, André avait pensé qu'il s'agissait d'une blague, puisqu'elle lui avait fait un clin d’œil. Le gosse essaya d'ailleurs de le lui rendre en l'exagérant, le sourire jusqu'aux oreilles.

La suite l'obligea à se calmer, et le morveux essuya les gouttes salées qui avaient coulées sur ses joues d'un revers de manche. Dur, pas facile, intensif.
Le français avait, comme tout gamin devenant jeune homme, de l'orgueil, et il se sentait prêt pour affronter le monde entier. En réalité, il avait la prétention de croire que son expérience des rues était un gros avantage et qu'ainsi les missions -aussi difficile soient-elles- ne le seraient pas pour lui. Alors que, si on en croyait le bureau de la Directrice, la femme ne connaissait pas la vie comme le gosse pensait la connaitre.
Le visage d'André était redevenu sérieux, et l'explication sur les unités requérant toute son attention. Peut importait les tableaux aux murs et le feu qui ronflait dans la cheminé: ses oreilles étaient aux abois, comme une biche pistée par un chasseur. L'information sur les dortoirs laissa échapper un soupir de soulagement, mais le gosse se reprit bien vite et se remit bien droit.

- J'aimerais apprendre l'Allemand, s'il vous plait. Je suis presque blond, mes yeux sont clairs. Je sais que c'est bien, pour le Chandelier Allemand. C'est un soldat chez moi qui a dit que je ferais un bon petit arien. Au début j'avais pas compris, je croyais qu'il disait que j'étais petit bon à rien, mais la dame de l'Orphelinat m'a expliqué. Je dois écrire mon nom sur les papiers? questionna le gosse en désignant le tas que tenait la Directrice.

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Mar 2 Déc - 11:35

Ce garçon était vif d’esprit ; la discussion partait dans tous les sens, ce n’était pas facile pour la directrice de gérer ça. Mais c’était souvent pareil, quoi qu’ici un peu plus fort, les questions fusaient, et les réponses n’étaient que très rarement évidentes. Mais Kathleen souhaitait à tout prix consacrer le temps nécessaire à chaque nouvel enfant, donc elle était décidée à répondre patiemment à toutes les questions, et réagir aux remarques formulées par l’enfant, quand c’était nécessaire. Une fois tous ces questionnements répondus, ils passeraient au box de bienvenue : elle devait lui expliquer ce qu’il contenait. Puis, elle lui expliquerait le fonctionnement des jours à venir, et enfin la visite. En fait non, le dernier point du jour, ce serait de voir s’il avait envie de rester, de tester une semaine avant de se décider ou s’il n’avait aucune envie de rester. Auquel cas elle devrait lui trouver un orphelinat quelque part. Mais surtout, elle ne devait pas oublier, même si elle l’avait déjà un peu fait, de lui dire à quel point les missions étaient affreuses, que le petit dépasse le stade de « je suis le plus fort, rien ne me fait peur », ce qu’à peu près chaque enfant passé la première fois ici pensait. Stevenson le voyait très bien sur le visage de l’enfant. Elle se demandait si finalement, ce n’était pas mieux d’obliger la semaine d’intégration et de réflexion avant la réponse finale… Mais bon, pour André, c’était trop tard. Il pouvait le demander, bien entendu, mais elle ne pouvait le lui imposer. Une telle décision devrait passer devant les membres du MI6, dont celui qui avait conduit le gosse qui était en face d’elle…

« Ce qui montre bien qu’il ne comprend rien aux enfants, celui-là… » S’exclama-t-elle, levant les yeux au ciel. C’était toujours pareil, quand elle se rendait au siège du SIS, une fois par mois, pour le conseil de direction. Elle était la seule femme, et la seule à s’occuper de petits à longueur de journée. Double incompréhension, donc, de la part de ses collègues. Elle devait tout de même être honnête, ils faisaient des progrès, ces messieurs. C’était bon signe, et peut-être même révélateur du futur esprit de la société, une fois que la guerre serait finie : la femme aurait enfin sa vraie place dans la société, et les enfants ne seraient plus juste bon à aller travailler aux champs dès qu’ils avaient la force de porter une brouette. Mais c’était un peu vite oublier qu’elle utilisait elle-même des enfants. Bon, utiliser est peut-être un terme fort. C’était fort ambigu.

Selon ses réponses, le petit fronçait les sourcils, balançait des jambes, éclatait en fou-rire, retenu à grande peine quelques secondes auparavant. Il était facile de lire ce qui se passait dans la tête du garçon, aussi facile que de déchiffrer un livre ouvert (dans une langue qu’on maîtrise bien entendu…).

« Ne t’inquiète pas, tu comprendras tout à cette guerre assez vite, nos cours vont t’apprendre tout ce que tu dois savoir, le pourquoi du comment ! »
Enfin, André débita quelque chose sur l’Allemagne et les Aryens que la directrice eut soit du mal à comprendre, soit à avaler. Elle ne savait pas trop. Il était temps de mettre les choses au clair, et dieu sait ce que la dame de l’Orphelinat lui avait expliqué. Il le fallait. Mais sans s’énerver.

« André… pour Adolphe Hitler, le dictateur allemand, les aryens, les petits blonds aux yeux bleus, représentant la perfection allemande. Tu remarqueras au passage qu’il n’est ni l’un, ni l’autre… Mais ça va plus loin, pour lui, il s’agit d’une sorte d’êtres supérieurs aux autres, supérieurs aux juifs, aux noirs, aux homosexuels, à tous ceux qui sont un peu trop différents. Or, je vais te dire quelque chose d’important. On est tous des êtres humains, que tu sois catholique, juif, musulman ; de couleur blanche ou brune ou jaune ; hétérosexuel ou homosexuel ; homme ou femme ; avec des cheveux blonds, bruns, roux, noir, des yeux bleus, verts ou bruns, etc. On est tous égaux, on a tous nos droits. Je ne dis pas que ce n’est pas ce que tu crois au fond de toi, André, mais c’est important que tu le saches. Personne n’est inférieur à d’autre pour ce qu’il est. C’est là tout le danger de cette guerre. Hitler croit son peuple supérieur aux autres, c’est pour ça qu’il se croit permis d’envahir ses voisins. »

Kathleen était une femme résolument moderne et progressiste. Et en avance sur son temps. Elle était une ardente défenseuse des Droits de l’Homme.  

« Cela dit, si tu vas faire une mission en Allemagne, ça te sera très utile. Mais notre but à tous ici, c’est de rendre le monde meilleur. Alors il faut retenir ce que je viens de te dire ! Et c’est ce qui va être difficile en mission, tu vas être confronté à la dure réalité de la vie. Même si tu l’as déjà un peu vécu, ce n’est  pas la même chose. Tu vas être confronté à des humains qui n’ont aucun scrupule, qui sont prêts à détruire des vies humaines pour assouvir leurs besoins. On est tous passés par là. Mais on vous donne les armes pour pouvoir y résister.»

Elle ne s’attendait pas à un tournant comme ça dans la conversation. Elle n’avait pas du tout été énervée. Au contraire, même. Elle était restée très calme. Elle avait parlée d’une voix douce, quoiqu’un peu grave. Convaincue de ce qu’elle disait.

« Pas besoin de noter ton nom, il est déjà écrit. » Elle lui montra le papier. « Viens plutôt voir ce qu’il y a dans cette caisse. C’est ton box de bienvenue. Il y a dedans tout ce dont tu auras besoin ici : des vêtements chaud pour l’hiver, léger pour l’été, adaptés aux entraînements, un maillot, de quoi avoir une hygiène propre, un petit cartable, des cahiers et de quoi écrire, ton emploi du temps, et encore d’autres choses sans doute ! C’est assez lourd, donc un de mes collaborateurs va monter ça en haut dans le dortoir. »
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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Dim 7 Déc - 1:04

-  André… pour Adolphe Hitler, le dictateur allemand, les aryens, les petits blonds aux yeux bleus, représentant la perfection allemande. Tu remarqueras au passage qu’il n’est ni l’un, ni l’autre… Mais ça va plus loin, pour lui, il s’agit d’une sorte d’êtres supérieurs aux autres...

Le gosse pinça discrètement les lèvres, mais ses yeux restèrent fixés sur l'adulte qui lui expliquait enfin ce que cet Hitler que tout le monde semblait soit craindre, soit aduler, ou encore s'en cacher ; enfin on lui disait ce que cet homme faisait. Un frisson de dégoût secoua André à la pensé que les gens pouvaient adhérer aux idéaux de ce monstre. Comment pouvions-nous penser qu'une couleur de peau était préférable à d'autre? Pourquoi se battre pour des croyances qui ramenaient toutes à une puissance supérieure? L'Amour devait-il avoir un sexe?
L'enfant ne comprenait plus, des milliers de questions découlaient à présent de ces trois plus imposantes, et les pensées d'André se noyèrent sous ce flot de questionnement additionné aux paroles de la Directrice. Il aurait voulu fermé les yeux, plaquer ses mains sur les oreilles, s'enfermer dans lui même et quitter ce bureau, l'Angleterre, le Monde entier.
Mais il était là.
Et ce Monde si fou, si sale, si désordonné, c'était le sien. Tôt, l'orphelin avait abandonné l'idée de vouloir le changer, il devait vivre avec. Oh, il y avait bien son petit monde, dans sa tête, avec la musique et les jolis livres que Madame lui prêtait, un monde de sourire qu'il essayait de partager.
Mais André n'était plus un enfant.
S'il essayait de se le cacher, quelque chose était mort dans le regard de l'adolescent, quelque chose qui brillait encore dans les yeux des petits. Ces choses qu'il voyait, qu'il comprenait ; le temps qui passait et emportait avec lui le sourire des enfants [NDA: et les Mistraaaal gagnant....*tousse*] ; tout cela l'avait fait entré dans un univers étrange. Un univers adulte. André serait bientôt jeune homme. Bientôt un homme.

Et comme un homme, André était borné [NDA: pardon Antoine u.u]. Alors, son sourire refit surface, voulant se montrer rassurant. Le monde tournait à l'envers, alors pourquoi les enfants ne pouvaient pas être responsables lorsque les adultes faisaient n'importe quoi?
Le môme s'obstina à hocher la tête lorsque la femme la prévint de la difficulté des missions, son sourire toujours scotché aux lèvres. Il comprenait maintenant le problème, la barbarie qui le guettait, mais... étonnamment, le gamin n'était pas effrayé.
André n'avait pas de religion. Personne ne l'avait jamais incité à faire un quelconque baptême et Monsieur et Madame n'avaient pas estimé nécessaire de leur parler du judaïsme. André n'Aimait pas les garçon. Ni les filles, en fait. André aimait juste Madame, mais pas comme on aime d'Amour. Du moins, il voulait être pris dans ses beaux bras blancs, mais jamais il n'avait jalousé Monsieur qui déposait des baisers sur le front de son épouse. Quand à sa peau, elle était d'un blanc pâle depuis plus d'un an. Un blanc malade, signe de malnutrition, de fatigue.
Le gamin estimait qu'il avait ses chances. Contrairement au petit de l'orphelinat. C'était comme si, tout à coup, il prenait pleinement conscience de l'enjeu de cette guerre, ridicule certes, mais si puissante. Il voulait aider. Il pouvait aider.
D'un coup d’œil, le garçon fit l'inventaire de ce qu'il se trouvait dans cette box de bienvenue, fronçant les sourcils devant le maillot qui présumait une baignade. Il prit une note personnelle pour l'égarer et prier qu'il n'y en ait pas d'autre pour lui.
Une voix grave, calme et réfléchis sembla sortir de nulle part. Les lèvres d'André s'étaient entre-ouvertes.

- D'accord. Merci, Madame. On y va?
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Sam 13 Déc - 22:32

[Désolé pour la longue attente de la réponse ! Je cherchais l'inspiration, et je l'ai trouvée aujourd'hui ! Razz ]

Après plusieurs réactions s’enchaînant plutôt rapidement sur son visage, le petit André se décida à visiter l’institut avec la directrice. Le garçon la rejoignit donc à la porte du bureau. De là, elle pouvait voir, à travers la vitre de la double porte d’entrée, qu’il s’était mis à neiger dehors. Il faisait de plus en plus froid, et le soleil chutait maintenant souvent en même temps que les températures. Il ne faisait aucun doute que bientôt, l’ensemble du domaine serait recouvert de neige. Ça serait joli, et les enfants iraient surement s’amuser dans la neige, faire des bonhommes de neige, des batailles de boules de neige intense, enfantillages précieux auxquels André se joindrait, espérait la femme. C’est pour ça qu’elle décida de commencer par l’intérieur.

« On va commencer par le bâtiment, puis on ira faire un tour dehors.»

Son bureau se trouvait dans l’aile gauche du rez-de-chaussée, avec le bloc médical, où André passerait demain, et le centre de missions. En principe, les agents n’avaient le droit d’y entrer que s’ils étaient en train de préparer une mission, mais Kathleen avait pour l’habitude de montrer la salle aux nouveaux agents.

Stevenson se dirigea donc vers la salle d’attente générale, donnant sur plusieurs pièces. Le cabinet du médecin, d’abord, à gauche. Ce dernier, sans doute occupé quelque part d’autre car il n’était pas là actuellement, disposait de tous les instruments et outils les plus récents. Les agents devaient être en forme, en bonne santé ! Le médecin avait une formation ultra-complète, parce qu’il avait des diplômes en plusieurs domaines, notamment, la kinésithérapie pour André. Kathleen expliqua tout ceci au garçon.

Puis, elle se dirigea vers la porte du mur central de la salle d’attente, qui donnait dans le cabinet de la diététicienne du MIS. Les agents devaient avoir une alimentation saine et équilibrée, adaptée à leurs besoins ici. Elle s’occupe d’éventuels régimes nécessaires, mais André n’en avait pas besoin, il était déjà assez mince comme ça. Encore une fois, la directrice décrit la pièce au futur agent.

Enfin, elle se dirigea vers la porte de droite. Là, c’était le cabinet du psychologue. Il était occupé avec un agent pour le moment, aussi, elle laissa juste jeter un coup à André et puis referma la porte. Cette pièce-là était plus simplement meublée, bien que chaleureuse pour mettre les enfants (et adultes) qui venaient à l’aise. C’était important pour une bonne thérapie. Il y avait un siège rembourré pour le psychologue, et un divan allongé pour celui qui venait se confier. Le psy aussi était vraiment très compétent. Il était le meilleur ami de Kathleen, et elle lui accordait une entière confiance.

« Si tu as un soucis d’ordre médical ou psychologique, c’est ici qu’il faut aller. Quel que soit l’heure de la journée ou de la nuit ! Si personne n’est là, il faut venir nous chercher au troisième étage, ou dans mon bureau. »

Ils sortirent du bloc médical et se rendirent dans la salle de préparation de mission, au fond du couloir. Elle ouvrit la porte, alluma la lumière et laissa André observer la pièce depuis le seuil. La salle était divisée en plusieurs petites parties, séparées par des cloisons. Trois parties était réservées à l’unité A, trois l’étaient à l’unité B.

« Tu viendras ici quand tu prépareras une mission, avec ton contrôleur de mission et tes éventuels coéquipiers. En dehors de ces moments de préparation, tu ne peux pas venir ici. Les missions restent confidentielles en dehors des personnes concernées. Je suis sûr que tu comprendras très bien pourquoi. »

L’aile gauche finie, le duo passa à l’aile droite. En face de l’escalier, menant aux étages supérieurs, et de l’espace vers la cour intérieure, il y avait une grande salle pour des éventuelles conférences ou autres activités intérieures qui nécessitaient plus de places. Pour le moment, les chaises étaient bien alignées en face d’une estrade au fond de la pièce.

Après, il était temps de passer aux classes pour clôturer le rez-de-chaussée. Il y avait en tout 14 classes, plus ou moins identiques. Un tableau noir était accroché au mur en face de la porte, il y avait des bancs et des chaises, le tout déplaçable facilement pour convenir aux besoins du professeur et des élèves. Il y avait maximum 15 élèves par classes. C’était un point important de la pédagogie du MIS, il fallait prendre du temps avec tous les élèves. Tout ça, elle en fit part à André, en ajoutant qu’il trouverait son emploi du temps dans son kit de bienvenue. Elle n’était plus sûre de l’avoir dit. Mieux vaut deux fois qu’une, n’est-ce-pas ?

« Voilà pour le rez-de-chaussée… As-tu des questions avant que l’on ne passe au premier étage ? »
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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Lun 22 Déc - 0:14

[ >< j'étais en semaine d'examen, donc pas de soucis! Moi aussi j'suis en mode p'tite limace Wink ]

- On va commencer par le bâtiment, puis on ira faire un tour dehors.

André hocha sagement la tête et suivit docilement la Directrice, ses chaussures traînant sur le sol comme si les pieds du garçon avaient été trop lourd. Cette démarche avait pour don d'agacer la plupart du personnel de l'orphelinat, et la cuisinière de Monsieur et Madame ordonnait souvent au gosse de lever les pieds et de redresser le menton. Là, ce n'était qu'une façon comme une autre d'analyser le comportement de la femme, mais bien vite, le garçon se remit à marcher normalement, jugeant qu’abîmer ses souliers n'était pas l'une de ses priorités.
Le cabinet médical fut la première visite, et André se teint près de la porte, près à courir, comme si les instruments disposés sur le plan de travail allaient lui sauter au visage. S'enchaîna ensuite celui du diététicien avant celui du psychologue. Le français se mit sur la pointe des pieds et adressa un bref salut de la tête et un sourire à son nouveau camarade et au professionnel. André avait déjà vu le même genre de fauteuil où le garçon était allongé, dans le boudoir de Madame. La jeune femme s'allongeait dessus, comme une jolie princesse, et elle lisait, le coude appuyé contre un coussin tout doux. Un jour, le gosse avait suivit Madame sans qu'elle ne le voit, et il n'avait signalé sa présence qu'au moment où la jolie femme avait commencé à ôter son chemisier. Après s'être fait sévèrement disputé par Madame, puis Monsieur, et enfin pas la bonne, André avait trouvé refuge derrière les rideaux d'une chambre d'amis où il s'était endormis, roulé en boule.

Chassant le souvenir en secouant la tête, André adressa un "Mmmh" d’acquiescement, suite au conseil de la Directrice, retrouvant un petit sourire serein lorsqu'ils s'élloignèrent des salles pour avancer le long du couloir. Au fond, la femme ouvrit une nouvelle porte, alluma la lumière et...
Que cette pièce était étrange... N'ayant pas l'autorisation pour y entrer, André hésita à faire un pas dans la salle qui présentait plusieurs parties. Indécis, le gosse se tourna vers la Directice, juste avant que cette dernière n'explique.

- Tu viendras ici quand tu prépareras une mission, avec ton contrôleur de mission et tes éventuels coéquipiers. En dehors de ces moments de préparation, tu ne peux pas venir ici. Les missions restent confidentielles en dehors des personnes concernées. Je suis sûr que tu comprendras très bien pourquoi

- D'accord... Pour ne pas dévoiler toutes les missions si on se fais attraper, je suppose? murmura le môme en voyant la porte se refermer.

Ils passèrent ensuite devant quelque chose qui s'apparentait à un réfectoire, mais qui n'en était pas un. Les tables étaient petites et les chaises disposées de façon à ce que les regards soient tous tournés dans une seule et même direction. Un grand tableau noir,bien plus imposant que celui du maître qui venait leur faire classe. D'ailleurs, c'est ce que cette salle était. Une Classe. André écouta la femme en hochant la tête, le regard curieux survolant la pièce.

- Ah! Euh... Je ne pense pas avoir de questions... Enfin, si! Comment je sais si je suis dans le A ou le B? En unité? Il y a des tests? Comment sont répartie les classes? Age ou ancienneté? Je sais bien que je n'aurais pas le même niveau que les autres de mon âge arrivés plus tôt... On va au premier?
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Jeu 25 Déc - 19:28

[T'inquiète, je suis en étude d'exams, là. Donc je peux juste écrire le soir ! Wink Tes exams se sont bien passés, au moins?]

La femme et l’enfant se dirigèrent tout doucement vers l’escalier menant aux étages supérieurs. Sur le court trajet, André posa encore une fois mille questions, lui qui prétendait d’une part ne pas être un garçon intelligent, d’autre part qu’il n’en avait pas. Sa curiosité était sans borne. Un bon point pour lui, pensa Stevenson, qui, une fois arrivé au pied des marches, entama une réponse qui se voulait la plus complète possible.

« C’est toi qui va choisir l’unité dans laquelle tu vas t’engager, après la visite, ou demain matin, ou même dans une semaine si tu n’es pas déjà décidé. Et de toute façon, tu pourras changer jusqu’à ce que tu aies obtenu le titre d’agent opération, après ton entraînement intensif. »

Quelle était la deuxième question, déjà ? Les tests, et puis la répartition dans les classes.

« Il y a des tests tout au long de l’année, qui nous permettent de voir à quel niveau vous êtes. Et ça me permet d’enchaîner avec te troisième question : on vous réparti selon le niveau que vous avez, pas selon votre âge, mais selon les capacités que vous avez déjà acquises au cours de votre vie. Si tu es tout seul à avoir ton niveau en telle matière, eh bien tu auras tes cours tout seul. Mais on verra ça demain, on va te répartir dans les bons groupes. Et après, tu pourras compléter ton horaire, en fonction de cela. »

Ayant fini sa réponse, Kathleen commença à grimper les marches pour emmener l’enfant au premier étage. Un sacré programme que cet étage-là, d’ailleurs. Tout en montant l’escalier, ils pouvaient observer la neige qui s’accumulait par terre à travers la grande baie vitrée qui longeait les marches. Le soleil commençait tout doucement à décliner.

Arrivé en haut des marches, le duo se dirigea d’abord vers la porte du mur d’en face, qui menait à l’immense bibliothèque. Kathleen en était très fière, de cette bibliothèque. Il y avait énormément de livres, dans des sujets très variés, dont certains très rares. Il prenait bien trois quart du pallier. À gauche de la porte d’entrée, il y avait le comptoir du bibliothécaire, avec son registre d’emprunts.

« Le bibliothécaire connaît très bien tous les agents, mais également tous les livres que contiennent la bibliothèque, immense comme tu peux le voir. Ainsi, il peut vous conseiller de la meilleure manière qu’il soit. Emprunter un livre est gratuit, mais il faut veiller à le rendre à temps. Il y a dans la bibliothèque des livres sur à peu près tous les sujets que tu peux imaginer, ainsi que beaucoup de romans. Tu pourras découvrir tout ça dès demain. Là, la bibliothèque est fermée, parce que le bibliothécaire était occupé aujourd’hui. Il y a, au fond de la bibliothèque, une réserve avec des livres rares. On ne peut pas emprunter ceux-là, simplement les consulter en bibliothèque. »

Elle tourna les talons tout en éteignant les lumières et se dirigea vers le réfectoire, dont la porte d’accès était à leur droite.

« Ici, c’est le réfectoire. Vous venez pour manger chaque repas, bien entendu. Les cuisiniers ont accès à votre dossier, donc ils savent ce qu’il est recommandé pour vous de manger. Derrière ce comptoir,… » Elle emmena André dans la cuisine. « … Il y a la cuisine. Elle est vaste et spacieuse, pour assurer un confort de travail et une hygiène irréprochable aux cuisiniers. Là-bas, tu vois une porte, elle mène à la réserve de nourriture. C’est là que toute la nourriture est entreposée. »

Cet étage étant fini, ils se dirigèrent vers l’escalier, encore une fois. Bien entendu, Kathleen était disposée à répondre à toutes les questions d’André.

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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Ven 16 Jan - 23:49

[ u.u han la vache, j'avais complètement oublié que j'avais 1) une réponse puis 2)pas posté ma réponse... j'ai un de ces retards! Tes exam' s sont bien passé, toi? perso, très bien ^^]

André savait écouter. Il était en général attentif et appliqué dans sa tâche, mais le professeur chez Monsieur et Madame lui avait reproché d'être trop rêveur et tête en l'air. Qu'y avait-il de mal à rêver? Le rêve était, pour le gamin, le seul échappatoire qu'il avait eu à l'orphelinat, et c'était quelque chose qui le suivait où qu'il aille. On pouvait l'empêcher de manger, empêcher de s'habiller correctement, empêcher d'assurer la sécurité de ses "petits frères et soeurs". Mais depuis tout ce temps, et même à Londres, dans les ruelles salles et peu accueillantes, le gosse n'avait cessé de rêver.
Et c'était ce qu'il était en train de faire.
Oh, il avait écouté les réponses de la directrice et observé les différente salle qu'elle lui avait fait visiter, oui! D'ailleurs, l'enfant était resté un instant figé devant les étagères pleines de livres. Les étoiles dans les yeux, il aurait voulu caresser le dos de quelque ouvrages, mais il avait seulement penché la tête sur le côté pour lire avec difficulté ce qui était écrit : si la langue était maîtrisée à l'orale, le jeune français avait bien du mal à la lire. Quand à l'écrire, autant ne pas y penser. Déjà qu'il avait des soucis d'orthophonies depuis que, en lui apprenant à lire, l'institutrice de l'orphelinat n'avait pas vu de problème lorsqu'il écrivait "mézon" au lieu de "maison", puisque le son était le même...

André avait jeté de petit coup d'oeil déçu au bureau du responsable du lieu. Ils ne pourraient pas s'avance plus loin et devaient donc se contenter des livres les plus proches de la portes. Contrarié, le français avait emboîté le pas de la directrice pour se retrouver, cette fois-ci, dans le réfectoire.
Pas que le petit avait faim...mais presque.
A l'orphelinat, il avait appris à s'infiltrer en douce dans les cuisines ; chez Monsieur et Madame, il lui était arrivé de faire de même et de se faire punir par la bonne ; à Londres, voler était devenu une habitude et même un jeu excitant lorsqu'il fallait entrer dans une maison par une fenêtre et profiter que le propriétaire fasse sa toilette pour lui dérober un grand bol de lait frais ou une miche de pain. Ici, ça allait sûrement être différent, un son regard se fit craintif lorsqu'il observa le visage de l'adulte.

- Est-ce qu'on peut cuisiner, nous?

La question lui avait échappé, et elle lui paraissait idiote. L'école formait des agents, pas des cuisiniers. Et la femme n'avait pas mentionné de cours de cuisine... Néanmoins... André se promis de tenter de proposer sn aide pour apprendre quelque chose qui puisse lui servir plus tard. On ne sait jamais, peut etre qu'un jour il sera marié, et il faudra bien qu'il cuisine, non? Et s'il avait des enfants? C'était bizarre, de penser à ça. Avec qui donc aurait-il pu se marier? Il était trop jeune!

Ils étaient à présent dans les escaliers, et, de la fenêtre, André pouvait voir de petit flocon venir s'écraser sur la vitre. Dehors, le soleil se couchait, et le morveux aurait souhaité en faire de même. Pas que les couchettes du poste de police ne soient pas confortable -il avait vécu bien pire en un an- mais il était fatigué, et ses longues jambes maigres ne prenaient même plus la peine de se lever : il avait retrouvé cette démarche d'enfant qui ronchonne en demandant si "on était bientôt arrivé".
Il posa sa main sur la rampe en bois et suivit docilement la directrice, faisant bien attention à ne pas rater de marche, les sourcils froncés par la concentration.

- Je veux bien l'équipe B, mais je dois apprendre l'allemand? Je suis pas sûre de réussir le japonais, moi... j'ai aussi l'anglais à revoir pour lire, je préfère vous prévenir. Je ne sais pas lire en anglais. Et j'écris pas bien, je suis gaucher. Mon professeur vouait que je sois droitier, mais j'y arrive pas. Par contre, je sais dire "merci", "de rien", "j'apprends", "je sais", "bon appétit", et "petit con" en langage des signes.

Bon, la dernière chose n'était pas ce qui pouvait intéresser le plus la femme, mais la liste complète lui avait semblé nécessaire. En arrivant au bas des escaliers et après un soupir se soulagement -on peut être fière de ne pas tomber dans les marches si on veut!- les doigts fins d'André vinrent attraper ceux de la directrice. Était-ce précisé dans son dossier? Le gosse était très tactile.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Sam 17 Jan - 21:38

[Pas de soucis ! Si tu as du temps, n'hésite pas à participer à l'event d'hiver !! Je crois bien, j'en ai encore deux, je n'ai pas reçu tous les résultats, encore, on verra ! -- Ahah, tu ne rends pas mes rps faciles, mais c'est bien !!]

André avait eu l’air complètement fasciné par l’énormité de la bibliothèque, de voir autant de livres s’étaler devant lui. Même Kathleen était à chaque fois encore étonnée de la grandeur de la bibliothèque. Le garçon avait l’air déçu de ne pas pouvoir aller plus loin dans l’exploration de la ce lieu de savoir.

« Rassure-toi, » lui dit Stevenson, à qui rien n’échappait, « Tu auras tout le temps de visiter la bibliothèque demain. Mais nous avons encore un peu de visite à faire pour le moment… »

Et justement, ils étaient dans le réfectoire et la cuisine. La question du garçon la pris par surprise. Elle aimait ça, les enfants plein de surprises. Mais ce que proposait André était une bonne idée, en fait. Faire des ateliers cuisines, ça pouvait être une chouette activité à proposer aux agents, sans distinction de sexe, surtout. Les garçons comme les filles devaient savoir cuisiner. Eh oui, Kathleen se sentait l’âme d’une combattante pour faire avancer la société dans l’égalité des sexes. Après tout, les femmes aidaient énormément l’État, alors elles méritaient cette égalité. Et puis, comme elle l’avait dit un peu plus tôt dans la journée à André, tout le monde était égal, tout le monde était un être humain avant tout. Mais bref.

« C’est une excellente idée, ça, André. Je te remercie de l’avoir proposée, nous en discuterons au conseil de MIS. »

Cette question n’était peut-être pas posée innocemment, par contre. Peut-être que le petit avait faim, après la longue route qu’il avait faite. Aussi, la femme lui dit qu’il pourrait venir manger après la visite, car l’heure du repas serait alors arrivée. Quoique le gosse avait l’air fatigué aussi. Peut-être voudrait-il directement aller au lit. Ce soir, c’était comme il voulait. Il était nouveau, il fallait y aller doucement. Dès demain, néanmoins, ce serait différent. Il irait dormir quand il avait fini tout ce qu’il avait à faire, comme ses devoirs, par exemple. Au MIS, la discipline était importante, mais comme garante du bien-être de l’enfant. Kathleen ne voulait pas de discipline malsaine ici. Et elle se promettait que, tant qu’elle serait là, une telle chose n’arriverait pas. La directrice lui dit donc qu’il pourrait aller se coucher après la visite du troisième étage et du parc, dehors, sans manger s’il n’avait pas faim.

Et justement, ils se dirigeaient maintenant vers le dortoir des agents au troisième étage. Pendant la montée des marches, André exposa ses volontés futures – faire partie de l’Unité B -, ses craintes, ses capacités.

« Tu dois choisir entre l’allemand, le japonais et l’italien. Cela dit, si tu es ici, c’est que tu es parfaitement capable d’apprendre les trois. Pour l’anglais, tu apprendras tout ça, ne t’inquiète pas. Certains arrivent ici sans savoir parler un mot d’anglais. Ici, tu peux être gaucher si tu veux. Tu peux t’entraîner à être ambidextre, ça peut se révéler utile, surtout dans la société dans laquelle on vit. Mais ici, on ne te fera aucune remarque par rapport à ça. Je trouve que cette répulsion envers les gauchers est parfaitement stupide, d’ailleurs… »

Elle sourit au dernier mot prononcé par le garçon. Mais ça ne lui risquait pas d’être fort utile, d’autant que la langue des signes changeait d’un pays à l’autre… Kathleen, néanmoins, dans un souci de déontologie, préférait ne pas contrarier l’enfant avec ses détails. C’était sa fierté, et c’était bien aussi, de temps en temps d’être fier. Elle voulut lui demander, amusée, à quoi ça ressemblait, mais le petit avec pris sa main avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit.

Kathleen ne savait pas trop comment réagir. En même temps, elle savait qu’il fallait trouver un juste milieu dans sa relation avec les agents : proche, mais pas trop. Aussi, dit-elle doucement au garçon.

-« Allons, allons, André. Je sais que je dois être proche de vous… Mais pas de cette façon, tout de même. Je ne suis pas votre maman non plus. Si tu as besoin d’être proche physiquement avec quelqu’un, tu plairas surement à quelqu’un parmi les agents présents ici. » Le tout accompagné avec un clin d’œil. Kathleen essayait d’imaginer André avec quelqu’un, et ce qui lui vint à l’esprit était un peu particulier, inattendu. Mais pourquoi pas, au final ?  

Une fois les mains lâchées, elle reprit sa concentration et se dirigea vers les dortoirs, indiquant le lit qu’André occuperait, près de la fenêtre, à côté de celui de Thomas Fauconnier. Le dortoir commençait à être bien rempli. Il faudrait bientôt ouvrir un second dortoir.

« C’est ici que vous dormez, vous n’avez pas beaucoup d’intimité, mais assez d’espace personnel, je l’espère. Tu pourras t’installer tout à l’heure ! »

Les affaires d’André avaient été montées et étaient posées sur son lit. Ils quittèrent la pièce et se dirigèrent vers la salle d’à côté, où il y avait les sanitaires : toilettes, douches, lavabos et tout ce qu’il fallait pour avoir une hygiène impeccable. Les autres pièces de l’étage étaient pour le moment inoccupées. À présent, il fallait tout redescendre et aller faire un tour dehors avant qu’il ne fasse trop noir et qu’ils n’y voient plus rien. Pour le moment, ça allait encore, la neige rendant l’ensemble plus lumineux.
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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Mar 20 Jan - 19:53

[ Je ne te rends pas les réponses faciles? O.O comment ça? Q.Q Mais où se situe l'event d'hiver?]

Si la bibliothèque ouvrait demain, alors c'est là bas qu'il passera sa journée. Même si son choix était fait, André avait la malicieuse intention d'explorer un peu les alentours, et de trouver également un moyen de monter sur le toit pendant la journée de réflexion que la directrice lui avait promis.
L'accueil de sa question le surpris quelque peu, le gosse ne s'attendait pas qu'une petite remarque de sa part vaille une proposition pour l'établissement entier. Néanmoins, ce fut agréable de savoir que ses demandes n'étaient pas toutes stupides, et il sourit de ravissement, son visage s'illuminant un peu plus. Le trou qu'avait laissé la canine était dévoilé, et il le fut encore plus lorsque le môme bailla avant de se couvrir précipitamment la bouche.

Ses yeux s'arrondirent et un soupire de soulagement se fit entendre lorsque la femme lui annonça que le repas avait lieu après la visite, et cela suffit à son estomac pour se contraindre à la patience. Car, aussi gamin qu'il pouvait se montrer, André était d'une patience d'ange. Il le fallait bien, quand vous deviez attendre plusieurs heure entre deux poubelles, cherchant à duper les policiers qui faisaient leurs rondes. Mais il le fallait surtout pour réussir à apprivoiser un raton laveur! L'animal et lui s'était retrouvé face à face devant les restes d'un poulet et s'étaient battu comme des chiens! Le blondinet en avait encore une marque sur le biceps droit. Ou le gauche, il ne savait plus vraiment. Quoiqu'il en soit, il avait gagné mais, devant la frimousse piteuse de son rival, son coeur d'enfant avait craqué et partagé le butin en deux.
Voilà le début du gosse des rues, du "Raton Voleur". De la suie ou du charbon en guise de masque, et André filait accomplir ses crimes. Quand à la petite bête, elle avait finit par se laisser approchée, allant jusqu'à dormir sous la veste du môme. Mais lorsque les policiers l'avait attrapé, Rubbish s'était enfuit de peur et avait traversé la route sans voir qu'une voiture arrivait...

Il aurait pu parler de cette compétence à la directrice, mais le doutait que se soit une bonne idée : la plupart des adultes affirmaient qu'une bête qui mordait avait la rage. Peut être qu'André l'avait aussi? Et s'il mordait les autres enfants? Un ricanement étouffé lui échappa, mais il fit comme si de rien était en regardant part la fenêtre tout en descendant les escaliers. Rassuré que le fait qu'il sit gaucher ne osit pas mal vu, le gosse se permis une petite blague :

- En Angleterre, je peux écrire de la man gauche. Mais finalement, c'est logique, puisque vous faites tout pas pareil qu'en France. Je rigole. J'arrive à écrire de la droite, mais c'est moche, ça tremble. Je sais pas quelles langues je veux. Allemand, c'est sûr... après, je pourrais voir si j'apprends bien et commencer une autre langue?

Et sur ces mots, il prit a main de la femme, affirmant sa petite poigne de petit homme sur les doigts contre les siens. Il leva ensuite son visage vers la directrice et eu un petit sourire amusé, comme s'il était une grande personne et elle un enfant timide.

- C'est gênant, pour vous? Je sais que vous êtes pas ma maman, moi j'en ai pas. On m'a trouvé dans une boîte à chaussure quand j'étais bébé. Miss Peny disait que c'était sûrement une famille de bourgeois dont la fille s'était amouraché d'un voyou trop tôt et qu'ils avaient sûrement pas attendu le mariage pour visiter une grange. récita le gamin en fronçant les sourcils. Mais je vois pas pourquoi ils devaient visiter une grange, on habite dans les maison normalement. Elle disait des choses bizarre, Miss Peny. Que je trouve quelqu'un? Pour faire quoi? Oh! Vous voulez me marier? s'exclama André comme si c'était l'évidence même. On doit être marié pour tenir la main? Vous êtes mariée, vous, madame?

Il relâcha alors la main de l'adulte et entra dans le dortoir, devançant la directrice pour regarder à droite et gauche sans trouver d'autre enfants. Cela ressemblait un peu à l'orphelinat, mais avec moins de lit. Taquin, André se tourna vers la femme en haussant les sourcils, l'oeil malicieux.

- Bah si je suis marié, le lit va être un peu petit, car moi je dors en étoile en plein milieu. "Comme une crotte", disait Miss Peny. C'est très bien, très très bien. Pas de dormir en crotte, mais l'espace. se sentit obligé de préciser le blond en cachant le petit sac qu'il avait laissé avec le carton de bienvenue sous le matelas. On se lave le matin ou le soir?

De nouveau, il suivit la directrice, descendant les marches avec prudence [mais qui est Prudence? ...je sors...] pour aller dehors. De petit flocons voletaient partout dans la cours et, logique enfantine, André bascula la tête en arrière en ouvrant grand la bouche pour avaler la neige. Plus loin, des silhouettes se dessinaient, laissant supposer des petits groupes d'enfants. D'agents. Un nuage blanchâtre sortit de la bouche du petit voleur alors que ce dernier rompit le silence anglo-saxon pour imiter le bruit du train en un magnifique "Tchou-Tchou" sonore, écho à ceux de France qui déporteraient bientôt des familles arborant l'étoile de David.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Sam 7 Fév - 23:33

[Désolé encore une fois pour le délai d'attente :/ Oui, il n'y avait rien de péjoratif à ça, que du contraire ! Mais un agent qui prend la main de la directrice est assez inhabituel, et carrément inédit, en fait. Du coup, c'est pas toujours facile de savoir comment la directrice va réagir, d'autant qu'il ne s'agit pas vraiment d'un de mes persos. Bref, assez de blabla, place au rp !]



Le garçon se montrait humoriste face à la différence qu’il y avait entre son pays et celui où il se trouvait actuellement. Mieux vaut le prendre avec humour et rigoler, contrairement à ce que d’autres faisaient. C’était un bon point pour André. Il passait du coq à l’âne en moins de deux, aussi, visiblement, démontrant ainsi un esprit vif, et une langue bien pendue, sans doute aussi. Il faudrait qu’il apprenne à ne pas trop raconter tout à n’importe qui. Ici, bien entendu, c’était différent. Elle était une adulte douce et responsable, ferme et sûre d’elle à la fois. Bref, une personne qui semblait digne de confiance.

Kathleen se dit que côtoyer des gens de son âge lui ferait très certainement du bien, car il aurait des personnes avec qui partager, avec qui échanger quelque chose. D’après ce qu’elle comprenait, c’est ce qui lui manquait, finalement, depuis qu’il ne vivait plus avec Madame.

Or donc, le garçon voulait, à l’avenir apprendre d’avantage de langues, ce qui montrait également une certaine ambition. Bon point également. Eh oui, Kathleen observait tout et notait ce qui l’entourait. Capacité essentielle pour un espion en herbe. Savoir observer l’environnement dans lequel il évoluait. Mettre tous ses sens en alertes. Eh oui, ils en avaient des choses à apprendre, les enfants qui venaient ici. Mais Kathleen s’assurait qu’ils en avaient les capacités.

« Oui, tu pourras prendre d’autres langues plus tard, si tu as envie. Mais l’horaire est déjà assez lourd, je ne crois pas que ce soit une très bonne idée de l’alourdir encore plus. Cela dit, ça dépend de tes facilités ! »

La réaction du garçon la rassura et l’amusa à la fois.

« André, tu as treize ans… Et… je déteste dire ça, mais ce n’est plus vraiment de ton âge. En tout cas, ici, il va falloir s’habituer à autre chose avec le personnel. Tu aurais eu six ou sept ans, ma réaction eut été complètement différente. Tu comprends ? »

La femme tût la signification de cette grange au garçon, il apprendrait tout ça en temps et en heure. Malgré sa  vie dans la rue, André avait réussi à garder une innocence tout bonnement incroyable. C’était mignon.

« Tu es un peu jeune pour te marier. Mais à ton âge, c’est normal de commencer à être attiré par des filles ou des garçons, André. D’une autre manière qu’amicalement. Tu as atteint l’âge où tu vas te découvrir autrement, si tu veux. D’ailleurs, si tu as la moindre question par rapport à ça, n’hésite pas à demander conseil à notre psy. Il est, comme tout le personnel ici, tolérant et compréhensif. »

Kathleen n’était pas mariée et n’avait pas d’enfants. Elle ne le regrettait pas. C’était incompatible avec ses fonctions de toute façon. Elle n’avait jamais vraiment trouvé le bonheur auprès de quelqu’un. Elle se contenta de répondre un « non » à la question du blondinet.

« On se lave le matin ou le soir, comme tu préfères, et en fonction de ce que ton horaire te permet. »

Ils étaient à présent dehors, où certains agents s’étaient précipités dans la neige tombante, avant que la nuit ne tombe complètement. Ils se rendirent aux divers endroits du parc où la directrice fit une brève présentation de chaque élément important.

« Ici, c’est la chapelle. Je ne sais pas si tu crois en Dieu, mais à MIS, il n’y aucune obligation, de toute façon. Tu es libre de croire ou ne pas croire en ce que tu veux. Aussi, cette chapelle n’est jamais utilisée officiellement. Maintenant, si tu veux prier Dieu pour te rassurer ou pour je ne sais quelle autre raison, c’est peut-être un bon lieu. »

« Le lac. Je sais que tu ne sais pas nager, André. Je suis désolé pour toi, mais tu vas devoir absolument apprendre avant ton Programme d’Entraînement Initial. On va y aller doucement et on va faire en sorte que tu n’aies plus peur de l’eau. N’essaye pas de perdre ton maillot, on en a beaucoup en réserve pour les agents récalcitrants… »

« Le Centre de Tir. Avant, il y avait des cours de tir. Mais ils ont été supprimés, car tous les agents ne sont pas capables psychologiquement d’utiliser une arme à feu. Il n’y a rien de faible à ça. Cela dit, ça peut toujours servir, et pour certaines missions, c’est une compétence indispensable. »

Le tour était fini. Il était temps de rentrer, maintenant. La suite aurait lieu demain pour André, avec les divers tests. Une fois de retour à l’intérieur, Kathleen utilisa l’habituelle conclusion à chaque fin de partie d’intégration.

« As-tu des questions ? »
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André Maraud
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Mar 17 Fév - 21:50

["Mais un agent qui prend la main de la directrice est assez inhabituel, et carrément inédit, en fait" --> VerryHappy2 C'est mooooi! *pan* Pardon pur le retard x.x ]

- J'suis pas trop grand. Je suis trop âgé. rectifia simplement l'enfant, sourire aux lèvres.

Les sourcils arqués, écoutant attentivement la Directrice, André semblait perplexe. Attiré par les autres enfants? Bien sûr qu'il aimait bien jouer avec les autres enfants!
Au fond de lui, le gosse comprenait parfaitement ce que sous-entendait l'adulte. Dans la rue, il en avait vu des choses. Comme des femmes très dévêtues qui le trouvaient adorable, mais qui le chassaient lorsqu'une voiture passait. Parfois, la voiture s'arrêtait et la dame montait. Un soir qu'il était dehors, une dame bien habillée était passée et avait sifflé quelque chose, un mot encore inconnu. Pas certain de son anglais, le blondinet avait eu le culot de demander aux femmes qui attendaient les voitures ce que ça voulait dire. L'une d'elle avait rit.

Une Catin, mon mignon! Mais toi, tu es bien trop jeune, hein! Encore trop pour tout ça! Trouve-toi donc une amoureuse, veux-tu? Allez, vas, décampe!

Ce à quoi, l'une de ses "amies" avait ajouté :

Tu parles, un gosse des rues? Il finira par venir nous voir, et pas pour nous tenir un brin de causette. Méfies-toi qu'il ne devienne pas ton patron, va!

On lui avait pas expliqué, à André. L'amour, les sentiments, et toutes ses choses que l'avenir lui prévoyait, il n'y était pas préparé. Pour le garçon, l'amour entre deux personnes, c'était moche. C'était aller dans les voiture pour revenir plus tard, en pleurant ou ne ne sachant même plus marcher droit tellement on puait l'alcool. L'amour, c'était sale, ou alors, l'amour, c'était bizarre. Monsieur et Madame étaient mariés. C'était de l'amour? Mais Monsieur était bien plus vieux que sa femme... C'était comme si André se mariait avec une petite fille!

Gardant ses pensées moroses pour lui, il hocha la tête au "non" de la femme, se disant que c'était peut être mieux ainsi. Plus loin, des garçons s'amusaient dans la neige, mais il ne pu les rejoindre, devant suivre la Directrice qui lui montra la chapelle.
André croyais en quelque chose. En énormément de chose, en réalité. Mais Dieu, qui lui paraissait être un sujet de discorde, lui faisait un peu peur. Aussi, les paroles de l'adulte le rassurèrent : Dieu n'avait pas l'air méchant puisqu'on était bien dans sa maison. Levant la tête au plafond, le blondinet resta un moment ainsi avant de murmurer en français un "Bonjour Dieu, c'est bien chez toi!" solennel.

Quand vint le tour du lac, le gosse se figea, les yeux rivés sur l'étendue d'eau. Et son expression changea du tout au tout lorsqu'on lui annonça que cela allait être un exercice obligatoire. Le regard taquin avait fait place à une terreur non dissimulée et André reculait lentement, une boule naissant dans la gorge. Heureusement, ce fut le tour du centre de Tir qui n'était pas un cours obligatoire. Hochant la tête en avisant les cibles, André se dit alors qu'il allait être un gros nul en tir. Déjà qu'il n'avait jamais réussi à se servir d'un lance pierre...alors d'une arme, en vrai...

- On fait que du tir avec des fusils? Pas des arcs? Comme Robin des Bois?... J'ai pas de questions maintenant. Enfin... si... D'abord, je voulais savoir si on pouvait avoir des animaux. Après, est-ce que des agents ont déjà été tués ? Et puis, aussi, à quelle heure on mange et s'il y a un couvre feu?

La seconde question avait été glissée comme si de rien, entre deux autres. C'était pourtant la plus importante au yeux du garçon qui couvrit sa bouche alors qu'il baillait à s'en décrocher la mâchoire.

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Quand y en a plus, y en a encore !   Ven 27 Fév - 23:26

Des questions, il en avait. Et bien sûr, Kathleen prit le temps d’y répondre une par une, après quoi, la visite serait finie. La directrice était sûre que l’enfant s’en sortirait à merveille ici, malgré sa peur de l’eau. Il se ferait en tout cas vite des amis pour le guider les premiers jours.

On fait que du tir avec des fusils? Pas des arcs? Comme Robin des Bois?... J'ai pas de questions maintenant. Enfin... si... D'abord, je voulais savoir si on pouvait avoir des animaux. Après, est-ce que des agents ont déjà été tués ? Et puis, aussi, à quelle heure on mange et s'il y a un couvre feu?

« Eh bien, oui, il n’y a que les fusils… Cette guerre n’est plus composée que de fusils de toute façon, plus d’arcs à flèches. Cela dit, s’il se révélait nécessaire d’apprendre à tirer à l’arc à flèche pour une mission, comme d’ailleurs, s’il s’avérait nécessaire d’apprendre à tirer avec une arme à feu, on vous l’apprendrait ici. »

« Quant aux animaux, la question n’a jamais été débattue. Ça me semble personnellement compliqué, dans le dortoir. Mais on pourrait en discuter. Tu as déjà pensé à un animal en particulier ? »

La troisième question était plus importante qu’elle n’en avait l’air comme ça, coincée entre d’autres. Et c’était très important pour Kathleen d’y répondre. Évidemment, la question avait été posée maintes et maintes fois au sein du SIS.

« Nous n’avons à déplorer aucun mort pour le moment. Nous faisons en sorte de minimiser le risque que comportent les missions que nous vous confions. Mais bon, autant être honnête avec toi, le risque zéro n’existe pas, on n’est jamais à l’abri d’un imprévu. Là encore, nous vous formons au maximum pour que vous sachiez quoi faire en cas de pépin. Bref, je fais en sorte qu’il n’y ait aucun mort à MIS tant que je suis là.»

Les questions suivantes étaient plus légères heureusement.

« On mange le matin à 7h30, le midi à 12h et le soir à 19h. Je ne suis même pas sûr qu’un couvre-feu soit nécessaire à MIS, vous verrez, vous serez bien assez fatigués en fin de journée. Néanmoins, il faut veiller à respecter le sommeil des autres. Ce qui signifie que si vous allez vous coucher plus tard que d’autres, vous vous installez silencieusement dans le dortoir. »

Il était temps, à présent, de clôturer cette visite, à moins bien sûr, qu’André ait encore des questions…
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