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 Plus muette pour très longtemps !

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Plus muette pour très longtemps !    Jeu 1 Jan - 20:29

La directrice était perplexe. Le dossier de recrutement qu’elle tenait en main n’était pas parfait. Il y avait beaucoup de pour mais quelques éléments gênant venaient tout de même assombrir le tableau. Il allait falloir faire reparler la fille. Par contre, elle avait maintenant toutes les capacités à survivre en milieu hostile moyen. Elle parlait déjà l’anglais, et l’allemand, à condition bien sûr que des sons veuillent bien sortir de sa bouche.

Kathleen avait été voir le psychologue. Arriverait-il à la faire reparler ? Aux yeux de la femme, ça ne faisait aucun doute, tellement son ami était doué et avait déjà fait des miracles. Il n’en fût pas aussi sûr pourtant. Il lui a promis qu’il ferait son possible, alors Stevenson avait fini par accepter.

Non, définitivement, elle ne regrettait pas son choix. Ça ne coûtait rien d’essayer, et au pire, ils la placeraient dans un orphelinat de qualité. Kathleen avait des contacts, elle lui trouverait une place assez facilement. Mais sans savoir pourquoi, elle avait un bon feeling. Ça allait fonctionner à merveille.

La directrice était en train de finir tranquillement son repas au réfectoire, encore vide à cette heure. Elle mangeait quasi toujours avant les agents, parce qu’elle se levait très tôt le matin et était donc décalée par rapport à ceux-ci. Là, il était environ 12h50, c’était bientôt la pause de midi des petits espions en herbe. C’était l’heure d’arrivée d’Alice. Stevenson devait se préparer à faire un monologue, vu que, très probablement, la petite ne piperait mot.

Elle alla chercher le dossier d’agent d’Alice, immatriculé A2B23, dans son bureau, au rez-de-chaussée, avant de sortir, les talons laissant des petites empreintes dans la neige fraichement tombée cette nuit. Eh oui, le dame avait l’air d’une délicate, comme ça, mais ce n’était qu’un rôle parmi d’autres. En fait, elle était une dure à cuire avec les adultes, plus tendre avec les enfants.

Elle traversa la petite forêt de pins jusqu’à l’accueil où Alice devait arriver. Et juste au moment où elle sortit de l’autre côté, là où la route montait en épingle de façon abrupte, une voiture s’arrêta, sous le soleil qui brillait haut dans le ciel, laissant des volutes de fumée beige virevolter vers les cieux, les pneus crissant sur les cailloux au sol.

Ce fût d’abord la portière droite de devant qui s’ouvrit, puis claqua tandis qu’un homme au crâne dégarni et en costume en sortait. Kathleen ne l’aimait pas beaucoup. Ils siégeaient ensemble au conseil supérieur du SIS et avaient souvent des avis contraires. Mais comme tout espion assermenté qui se respecte, ils firent comme si de rien n’était et se serrèrent la main. Pendant ce temps, la portière arrière gauche s’ouvrit et c’est Alice qui en sortit. Kathleen la reconnu immédiatement, puisque elle avait une photo de chaque agent dans les dossiers, même ceux en cours d’étude.

Kathleen parla en allemand, espérant que ça encouragerait la petite à d’avantage s’exprimer. Kathleen parlait couramment plusieurs langues. Elle lui souriait, chaleureusement, mais sincèrement avant tout. Elle se prenait facilement d’affection pour ses agents.

« Bonjour, Alice. Tu as fait bonne route ? Tu préfères que je te parle en anglais ou en allemand ? Je m’appelle Kathleen Stevenson et je suis responsable de cet Institut, dont on t’a surement expliqué la fonction… »
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Alice Silberwald
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Ven 2 Jan - 11:55

La voiture sentait le cuir et le tabac que l’homme assit à sa droite fumait régulièrement, enfumant l’habitacle par la même occasion, si bien que plusieurs fois la fillette avait discrètement ouvert la vitre, préférant finir gelée par le vent hivernal qui s’y infiltrait, qu’asphyxiée par la fumée. Surtout que la jeune fille assise sur le siège passager de l’automobile ne supportait pas cette odeur.

Ses iris aussi bleus et purs que le ciel de janvier qui se laissait apercevoir avaient longuement contemplé la carrosserie d’un noir brillant du capot, sur lequel les faibles rayons du soleil jouaient, avant de se tourner vers sa fenêtre et de contempler le paysage couvert de blanc, comme si les nuages avaient profité de la nuit pour venir effleurer la terre et y était rester piégés. La vitesse du véhicule rendait cela flou, le changeant en un tableau aux teintes froides, sans que l’attention de la musicienne ne puisse s’arrêter sur quelque chose en particulier.
Ce paysage indistinct, déformé par  l’accélération, lui rappelait celui qu’elle avait pu voir depuis le train qu’elle avait prit pour rejoindre Londres, presque un an plus tôt a présent, lui ouvrant un chemin dans sa mémoire, vers Connor… Elle avait tant de questions à son sujet. Tant de questions qui resteraient probablement sans réponses…


Elle se força à éloigner son ami de ses pensée, et détourna son regard du paysage hivernal, pour glisser un regard vers le conducteur, comme elle l’avait déjà fait de nombreuses fois depuis le début du trajet. Détaillant son crâne dégarnit, sur lequel les rares mèches subsistantes tiraient sur le grisâtre, ainsi que son profil, qui laissait voir ses hauts sourcils et ses petits yeux trop écartés, lui donnant un air à mi-chemin entre la fouine et le taureau.
Alice ne savait pas vraiment ce qu’elle devait en penser. Ni de lui, ni du reste d’ailleurs. Elle était complètement perdue, elle n’arrivait pas à réaliser que sa vie venait encore une fois de changer. Elle aurait du s’y être habituée, mais était-ce seulement quelque chose auquel on pouvait s’habituer ? Encore aujourd’hui, lorsqu’elle entendait le bruit singulier de roues sur les pavés, elle ne pouvait s’empêcher de se retourner, cherchant la silhouette d’Alfred près d’un simple chariot de marchandises…
Et sous le ciel de cette fin de matinée, dans la petite voiture noir qui pénétrait à présent dans un bois de pin, la fillette devait bien avouer que toute les fois où son regard s’était dirigé vers l’homme en costume à ses côtés, elle avait souhaité que ce ne soit non pas lui, mais Alix…


Le véhicule se stoppa finalement, et l’homme descendit avant de se diriger vers la femme qui venait d’arriver  pour lui serrer la main. L’observant dans le rétroviseur, Alice ouvrit doucement la portière de gauche avant de se laisser tomber dans la neige où elle s’enfonça légèrement. Elle aimait cette sensation. L’impression de marcher sur du cotton, ou sur des nuages, et cette impression de froid rassurant qu’elle sentait à travers la fine semelle de ses vieux souliers.

La jeune fille se dirigea lentement vers les deux adultes, une ombre de méfiance dans le regard. Bien entendu, on lui avait expliqué ce qu’était cet… cet Institut, mais jusqu’à quel point pouvait elle se fier à leur paroles ? Où se situait la frontière entre la vérité, les mensonges et les non-dits ?


Refusant de se laisser distraire par ses question, elle les chassa pour se concentrer sur la femme qui venait de lui adresser un sourire, avant de s’adresser a elle en allemand.

Alice répondit au bonjour en s'inclinant légèrement, avant d’hocher la tête. Elle n’avait qu’une vague idée du nombre de kilomètres qu’ils avaient parcouru depuis qu’ils étaient partis de Londres ce matin, mais elle n’avait pas trouver le temps spécialement long, ni spécialement court non plus, comme pouvait le rendre l’anxiété. A ses yeux, il ne pouvait pas lui arriver grand chose de pire… Alors, ses yeux bleus clairs plongés dans la contemplation du paysage ou d’une rêverie, la route avait été plutôt agréable.

Depuis presque deux ans maintenant que la violoniste avait perdu sa voix, elle avait eu plusieurs solutions pour s’exprimer. La première consistait à écrire, et la seconde à répondre en signes. Si la seconde était plus longue, elle avait l’avantage d’être plus précise que la seconde, car si certains signes comme les hochements de tête, et quelques mimiques étaient explicites, les autres relevaient d’une certaine complicité, si bien que les conversations passaient toujours généralement par la case « devinette » ou son interlocuteur énonçait des possibilités auquel elle répondait par l’affirmative ou non. Mais ici, Alice sentait qu’elle devrait essayer de parler. Elle ignorait elle même si elle en était capable de nouveau, bien qu’elle ait pu le faire quelques temps plus tôt.
Elle haussa imperceptiblement les épaules en présentant ses deux mains, tout en penchant légèrement sa tête sur le côté, espérant ainsi signifier que la langue utilisée lui était égale. Elle comprenait les deux, et si l’allemand était sa langue maternelle, l’anglais était la langue de ce pays, et c’était d’elle dont elle devrait surtout se servir à l’avenir.


Kathleen Stevenson. La  fillette grava ce nom dans sa mémoire, presque en tête de ce qu’elle savait sur l’institut, avant d’hocher une nouvelle fois la tête, une lueur d’intérêt et de curiosité dans ses iris  bleue. Malgré sa méfiance, la directrice avait su attirer son attention. Quoique dise sont attitude, Alice avait hâte d’en savoir plus.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Ven 16 Jan - 20:36

[Encore désolé du retard ! N'hésite pas, d'ailleurs, à participer à l'event d'hiver !! :) ]


La directrice ne reçut pour toute réponse qu’une légère inclinaison et un hochement de tête, suivis enfin par un haussement d’épaules. Ce n’était pas grave. Kathleen ne s’attendait pas à mieux. Elle était même relativement contente, parce qu’elle avait pu voir ce qu’il y avait dans les yeux de la petite : pas de la peur ou de la timidité, juste un choc émotionnel lointain et profondément enraciné, un passé troublé et difficile.

La femme connaissait bien ce regard à présent. Elle avait pu le voir sur tous les agents qui étaient passés par ce stade. Et tous, sans exception, allaient au moins un peu mieux aujourd’hui. Stevenson était convaincue que ça allait s’arranger. Il le fallait. Sinon, la petite n’avait pas sa place à MIS, ce qui eut été regrettable, parce que Kathleen pouvait déjà voir la force qui se cachait en Alice.


L’homme au crâne dégarni se retourna et remonta dans la voiture qui démarra en trombe. Elles étaient là, toutes les deux, seules, à présent. Il était temps à présent de passer à la suite du programme : explications et réponses aux questions dans le bureau de la directrice, visite de l’institut et de l’infrastructure extérieure, installation dans le dortoir. Le lendemain, Alice aurait droit à une visite médicale et une nouvelle visite chez la directrice pour signer et remplir les documents nécessaires, ainsi que des tests physiques et intellectuels pour estimer son niveau dans les différentes compétences acquises. Bref, un programme bien chargé, à l’image de la vie à MIS.

Stevenson invita donc la jeune fille à la suivre. Elles traversèrent le hall d’accueil, et se retrouvèrent dans la forêt de pins qu’un petit chemin discret traversait vers le bâtiment principal. Si on ne connaissait pas ce sentier, on pouvait facilement en perdre la trace et se retrouver perdu dans la forêt aux alentours, forêt vaste qui plus est. Jusqu’ici heureusement, ce n’était jamais arrivé, et les agents étaient formés pour que ce genre de choses n’arrive jamais. Tout en l’empruntant, Kathleen lui expliqua plusieurs choses.

« Ne t’inquiète pas, je sais que tu as du mal à parler, donc ce n’est pas grave aujourd’hui si tu ne me réponds pas. À terme néanmoins, tu seras obligée de parler et de t’exprimer, mais on va t’aider. Et, si on t’a bien expliqué ce à quoi servait cet institut, tu comprendras aisément que c’est essentiel. Mais comme je ne suis jamais vraiment sûr que les gens du SIS ont compris quoi que ce soit à MIS, je vais te réexpliquer : MIS veut dire Modern Institut of Seafront. Ce sont également les acronymes de MI6, aussi appelé SIS. Le MIS est une branche très particulière du service d’espionnage britannique, dont très peu de gens connaissent l’existence ! »  

La directrice reprit son souffle, collecta ses idées pour être le plus clair possible, et continua.

« Le MIS forme des agents secrets un peu particulier, puisqu’il s’agit d’enfants. Ces derniers sont en effet des espions insoupçonnables. En effet, quel adulte soupçonnerait un enfant ? Tu comprends donc là la force redoutable du MIS. Néanmoins, on ne vous envoie pas les mains vides : vous allez être formé comme nulle part ailleurs, ici, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Vous apprenez à parler couramment plusieurs langues, vous apprenez les mathématiques, les sciences, la géographie, l’histoire, et ce genre de choses. Un deuxième volet de la formation est physique : natation, arts martiaux, etc. Et dernier volet, mais pas des moindres : l’espionnage, toutes les techniques dont vous avez besoin. Le tout, bien entendu, à un très haut niveau. Pour assurer l’efficacité du service, on ne prend que des orphelins intelligents et en bonne condition physique, bref, des enfants prometteurs. »

Le temps que son monologue soit provisoirement fini, elles étaient arrivées à la porte d’entrée de l’Institut.


Dernière édition par Kathleen Stevenson le Sam 7 Fév - 18:26, édité 3 fois
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Alice Silberwald
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Mar 20 Jan - 17:25

[Pas de soucis, j'espère que tous s'est bien passé pour toi ^^]

L’anglais qui l’avait accompagné s’éloigna finalement, dans la voiture sombre qu’il avait déjà conduit plusieurs heures durant de Londres jusqu’ici, emportant avec lui le parfum de tabac froid et de vieux cuir qui semblait s’être incrusté dans tous les pores de sa peau.
Le regard d’un bleu de glace de la fillette suivit à peine la silhouette cubique de la voiture qui tournait déjà au coin de la forêt pour disparaître. Toute son attention était dédiée à une seule et unique personne : la femme qui se tenait devant elle.


Alice ignorait si la directrice était vraiment grande, mais elle le lui paraissait. Droite et sûre d’elle, elle respirait la confiance et la stabilité. En un mot, elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Et comme elle l’avait si bien dit, c’était elle la directrice de cet institut où on venait de la mener.


Après avoir légèrement tiré sur le bas du vieux manteau élimé qu’elle portait, elle Obéit  à l’injonction de Kathleen Stevenson, et lui emboita le pas à travers le hall d’accueil, puis dans la forêt de pin qui continuait derrière, essayant de ne pas se laisser distancer tandis que ses deux iris se promenait sur les troncs sombre des pinèdes, remontant une nouvelle fois plusieurs mois en arrières…
Rivant ses yeux sur le dos de la femme, elle se concentra sur le sol pour faire refluer les souvenirs qui ne semblaient demander qu’à refaire surface. Cette marche, cette marche sans fin à travers les bois sombres, où les arbres semblent être toujours les mêmes, au point de nous donner l’impression de tourner en rond, au point de nous rendre fou. S’arrêter ? Poursuivre ? Des deux solutions, on choisit la seconde. Et on reprend sa marche. Encore et encore. Pas après pas.
Au fil des jours, et des semaines, elle avait peu à peu apprit à différencier ce qui l’entourait, mémorisant des détails pour éviter de se perdre.

Mais cette fois, c’était dans ses pensées et non pas dans la forêt qu’elle menaça de se perdre. Heureusement, la voix de Mrs Stevenson la ramena à la réalité.

Ecoutant attentivement les paroles de la femme, la fillette hochait régulièrement la tête tout au long du discours pour montrer qu’elle suivait et qu’elle comprenait ses paroles. Il lui était déjà arrivé qu’on la crois non seulement muette-ce qui n’était pas loin de la réalité- mais également sourde. Et Alice ne voulait surtout pas que la directrice puisse croire une seule seconde qu’elle souffre également de ce handicape. Elle voulait parler, et elle y arrivait en faisant des efforts. De tout façon, elle allait avoir besoin de sa voix si elle voulait rester ici, mais elle doutait fortement pouvoir être utile de façon optimale si elle souffrait également de surdité.


Tandis que la directrice continuait son monologue, les iris pâles d’Alice s’éclairaient peu à peu d’une étincelle de curiosité et d’espoir, la perspective d’apprendre des choses réveillant en elle les souvenirs plus lointain où son père, Sarah ou Alfred lui faisait cours. Curiosité et espoir qui se muèrent rapidement en doute tandis que la dernière phrase de Mrs Stevenson se répétait dans son esprit.

« Des orphelins intelligents et en bonne condition physique, bref, des enfants prometteurs. »  

Alice se savait orpheline, ou du moins, elle savait que les chances qu’elle ne le soit pas étaient extrêmement faibles. Pour ce qui était de l’intelligence, elle l’espérait plus qu’autre chose. Quand a la condition physique…
Ses iris tombèrent sur ses jambes trop maigres, et elle laissa échapper un soupire silencieux, tandis que ses poings se serrait. La détermination ayant remplacé le désespoir dans le bleu de glace de son regard.
Elle voulait y arriver. Ou plutôt, non…
Elle allait y arriver. Elle ferait tout pour.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Sam 7 Fév - 18:52

[Vraiment déso du délais d'attente Wink ]

Bien qu’elle ne dise rien, la petite fille avait un air dubitatif. Ça dépendait du caractère de la nouvelle recrue, mais Kathleen avait pu observer deux types principales de réactions face à son introduction : la confiance en soi – l’agent considérait donc qu’il avait tout à fait sa place ici – ou le doute de remplir les attentes. Aucune des deux réactions n’était négative, elle reflétait simplement une éducation et une mentalité différente.

Kathleen était du style à être sûr d’elle. Bien sûr, il lui arrivait d’avoir des doutes, mais quand elle se lançait dans quelque chose, elle savait ce qu’elle faisait. Et souvent, elle avait raison. Quand elle avait un feeling particulier, une sorte de sixième sens qui se réveillait pour lui signaler un danger imminent ou ce que pensait réellement la personne en face d’elle, elle savait qu’elle pouvait s’y fier. Qu’elle devait s’y fier d’ailleurs. Il en allait de sa survie.

Le duo se dirigea vers le bureau de Stevenson. C’était à chaque fois pareil. Une fois à l’intérieur, la directrice invita la jeune fille à s’asseoir dans le fauteuil près du feu qui brûlait dans la cheminée. Son bureau était luxueusement meublé et reflétait finalement assez mal la personnalité de Stevenson. On aurait pu croire que la personne qui travaillait derrière le bureau vers lequel elle se dirigeait maintenant était un riche bourgeois. C’était évidemment voulu. En cas de visite impromptue, personne ne se douterait qu’il s’agissait en fait d’un institut à vocation militaire. Et même s’ils le savaient, ils se tromperaient justement sur le type de personne qui travaillait ici. Toujours essayer de mettre l’ennemi sur la mauvaise piste !

Kathleen prit le carton qui était posé sur son bureau et le déposa avec le dossier d’Alice sur la table basse qui se trouvait entre les deux sièges.

« Bien, Alice. Voici le carton qui contient toutes tes affaires. Il se complètera avec le temps, mais tu as de quoi commencer : ton emploi du temps provisoire, des cahiers, de quoi écrire, des vêtements dont un maillot et un pyjama, et tout ça. Tu y jetteras un coup d’œil après notre visite. »

Petite Pause.

« Ton emploi du temps ne sera valable que cette semaine, parce que le complet te sera remis la semaine prochaine. Demain, tu devras passer une série de tests médicaux et physiques. Tu auras les cours généraux, pas ceux d’une unité ou de l’autre. Dans une semaine, tu devras me remettre tes choix définitifs : Restes-tu ou ne te sens-tu pas à ta place ? Si la réponse est positive, dans quelle unité vas-tu ? Quelles langues choisis-tu ? Quels sports de combats ? Etc. Tu auras alors ton emploi définitif. Libre à toi cette semaine d’aller observer les cours à option pour te décider. »

« On va aller visiter le bâtiment, maintenant. As-tu des questions ? » Elle en avait forcément. Au moins mille. Peut-être que ça la pousserait à parler ?
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Mer 11 Fév - 18:07

Tandis qu’elle trottinait à moitié derrière la directrice, les iris d’un bleu pâle de l’adolescence parcouraient les couloirs qu’elles empruntaient aussi vite que possible. Elle ne voulait manquer aucun détail, ne rien laisser échapper. Elle voulait tout faire pour faire de cette forêt de pins et de cette vieille bâtisse un lieu où elle pourrait revenir. Un lieu où elle aurait une place. Où elle serait attendue.
C’était égoïste sans doute. Très égoïste. Mais elle avait l’impression que tous ceux qui avaient besoin d’elle étaient partis. Que tous les lieux où elle aurait pu retourner semblaient avoir été détruit. Même si elle refusait de le voir clairement, Alice n’ignorait pas cela. Elle cherchait juste un nouveau point d’attache après avoir perdu Alix…


Mais de tous ce qu’elle avait pu voir dans les couloirs, le bureau de Mrs Stevenson était l’endroit le plus impressionnant, à l’instar de sa propriétaire. Le mobilier en bois massif et le feu qui brulait dans l’âtre –feu duquel l’autrichienne se tient le plus possible éloignée- donnait l’impression à la jeune fille qu’elle était entrée non pas dans le bureau officiel de la directrice de l’une des sous branche du MI6, mais dans un bureau privé, dans lequel on l’avait seulement autorisé à entrer parce qu’elle n’était une menace pour personne.
L’était-elle en effet ? Pour toutes les personnes présente dans ce camp, certainement. Mais de toute façon, ce n’était pour eux qu’elle devait être une menace. Une nouvelle fois, les iris clairs d’Alice tombèrent sur son corps maigre, qui nageait dans les vêtements qu’on lui avait donné quelques jours plus tôt, essayant de se dire que c’était justement cette finesse qui ferait sa force.

La voix de l’anglaise la tira finalement de ses pensées, et la fillette s’approcha du bureau pour jeter un rapide coup d’œil à la fameuse boite. Comme l’adulte venait de lui dire, tout le matériel dont elle aurait besoin se trouvait dedans. Ses deux prunelles bleu ciel se détachèrent du pavé de carton pour se poser sur les lèvres de la femme lorsque celle-ci reprit la parole. Hochant la tête régulièrement, montrant ainsi qu’elle comprenait ce qu’elle disait, tillant sur un mot en particulier.

Alice ouvrit la bouche. Ses lèvres et sa langue formant les contours du mot, attendant que ses cordes vocales fassent ce qu’elles auraient du faire, à savoir émettre un son. Mais une nouvelle fois, celles-ci refusèrent de lui obéir, et seul un vague son rauque sans forme s’échappa de sa gorge, et la musicienne chercha rapidement des yeux quelque chose qui pourrait lui permettre de poser la question qu’elle souhaitait poser.

Son attention s’arrêta finalement sur l’un des cahiers de la boite en carton. Elle ignorait si elle avait le droit de l’utiliser immédiatement, mais tant pis. Ainsi, tandis que sa main droite attrapait le fameux cahier, les doigts de son autre main enserrèrent un crayon à mine de plomb qui trainait également dans la boite, avec lequel elle traça quelques lettres sur le papier.

« Les unités ? »
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Ven 13 Fév - 23:09

La fillette tenta tant bien que mal d’émettre un son de sa bouche, mais il n’y eu qu’un son rauque et étrange. Mais c’était déjà ça de gagné ! Elle essayait, elle était prête à faire des efforts. C’est ce qui importait le plus aujourd’hui pour Stevenson. Les résultats viendraient bien avec le temps. Bien sûr, elle devrait arriver à parler plus ou moins correctement d’ici le PEI, mais elle pouvait faire en sorte qu’il soit un peu retardé pour qu’elle y arrive. En fait, malgré cet handicap, elle pouvait sentir tout le potentiel de la jeune fille.

Elle prit le cahier dans la caisse, ainsi qu’un crayon, et écrit maladroitement Les Unités ? sur la première page.

« Nous répartissons les agents en Unité, selon la zone géographique couverte. Je m’explique : pour le moment, il y a deux unités, la A qui s’occupe des territoires des alliés, et la B qui s’occupe des territoires de l’Axe. Les missions ne sont pas tout à fait pareilles, mais c’est surtout pour faciliter l’organisation des cours. Tu choisiras donc bientôt ton unité, mais ta réponse définitive n’aura lieu qu’après le mois d’entraînement intensif qui a lieu hors de l’institut. Mais il ne faut pas s’en préoccuper pour le moment. Visitons d’abord le bâtiment, puis l’extérieur. »

Elle se leva et l’invita à la suivre hors de son bureau. Elle emmena la petite dans l’aile où se trouvait son bureau : centre médical et centre de préparation de mission.

Le centre médical, d’abord, qui se trouvait en face de son lieu de travail : il y avait un cabinet pour le médecin, un pour le psy et un pour la diététicienne. Ils avaient des pièces suffisamment spacieuses pour travailler dans les meilleures conditions, ainsi que les outils les plus modernes. Le personnel soignant vivait également dans le bâtiment : ils étaient donc disponibles tout le temps. Elle expliqua tout ceci à la gamine.

« Tu as une salle d’attente comme première pièce. Sur chaque porte, il y a un petit panneau changeable où il est écrit si le personnel est déjà occupé avec un autre agent ou pas. La nuit, s’il y a un problème, il faut venir nous chercher au troisième étage. Ils sont tous très gentils et très tolérants, donc n’aie pas peur de venir leur parler si tu rencontres un quelconque problème. Il est primordial que tu sois en excellente santé. »

Venait ensuite le centre de préparation des missions, salle spacieuse où les missions étaient préparées et briefées avec les agents. Par principe de sécurité, les ordres de missions ne sortaient jamais de cette salle. Il ne fallait pas que ça tombe en de mauvaises mains. Les agents, sauf ceux convoqués, n’étaient pas autorisés à rentrer ici. C’est pourquoi elles restèrent sur le pas de la porte, pendant que Kathleen expliquait tout ça.
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Lun 16 Fév - 19:23

Une lumière d’intérêt brilla dans les iris bleus ciel d’Alice tandis que la voix de la directrice du MIS assouvissait sa curiosité. Et une vague d’admiration pour cette femme responsable de la coordination et de la gestion de tout cela déferla en elle.

N’ayant jamais eu de mère, elle avait toujours due se contenter de figures maternelles de remplacement. Cela ne l’avait pas empêché d’aimer Sarah, ni Margot, mais la fillette savait au fond d’elle que ce n’était pas les modèles qu’elle voulait.
Kathleen Stevenson par contre, s’approchait beaucoup plus de cet idéal. Décidée et compétente, son statut montrait qu’elle savait y faire et qu’elle était douée d’un grand charisme, et d’une force de caractère, et d’une volonté à toute épreuve.
Une femme forte.

La musicienne hocha finalement la tête pour montrer qu’elle avait suivi et comprit ce que l’adulte venait de dire, et prit sa suite, choisissant après une hésitation d’emporter le cahier et le crayon. Certes, ils n’étaient pas encore à elle, mais pouvoir poser ses questions à la directrice, pour ainsi éviter des faux pas à l’avenir semblait bien plus important à l’autrichienne que ce détail.

Elles n’allèrent pas bien loin, de l’autre côté du couloir s’ouvrait la porte qui était leur première destination. Alice comprit avant même que la femme ne prenne la parole que cet endroit avait un rapport avec le médical, et qu’il abritait un médecin. L’odeur était un mélange d’éther, d’alcool, de vieux sang et de d’ancienne plante, tout comme dans le cabinet de son père. Ce n’était pas ce que l’on pouvait qualifier de « bonne odeur » cependant, la fillette l’inspira à plein poumon. Comme si cette simple et stupide action lui permettaient de revenir plusieurs années en arrières. Debout non pas dans le bloc médical de l’institut Anglais qui allait la former, mais dans le bureau de son père, assise sur son fauteuil, tandis qu’il consultait dans la salle d’à côté. En fermant les yeux, elle pouvait presque entendre sa voix qui…


Une fois de plus, les paroles de Mrs Stevenson la ramenèrent à la réalité. À nouveau dans le présent, elle laissa courir son regard au rythme des mots de l’adulte sur les différentes portes, s’arrêtant sur les panneaux, avant de faire une nouvelle fois le tour de la pièce. Essayant de graver dans sa mémoire les moindres détails du lieu. Essayant d’imprimer également que ce n’était pas son père qui se trouvait derrière la porte du médecin, mais quelqu’un d’autre.

Tandis que la directrice sortait, Alice ferma brièvement les yeux, et expira profondément. Comme si elle voulait laisser ses souvenirs et ses doutes dans cette pièce. Une seconde seulement, et elle couru brièvement pour rattraper les deux pas de retard qu’elle avait sur l’Anglaise.

Elle n’eu pas le temps de reprendre son souffle, à nouveau happée par les explication de la femme. Debout, fixant une porte verrouillée de ses prunelles glacées, Alice comprit que cette pièce était l’une des plus importante du bâtiment.
Si pour le moment, ce qu’elle avait vu ressemblait plutôt à un étrange pensionnat, cette pièce seule lui prouvait que ce n’était pas le contraire. Même d’ici, elle avait l’impression de pouvoir sentir les effluves de mystère qui semblaient passer sous la porte.

Elle leva une main hésitante, et fit mine de s’approcher du panneau avant de se raviser.
Tout mystère se révélait un jour, il lui suffisait de faire de son mieux, et qu’ainsi elle soit un jour digne d’entrer ici.
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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Re: Plus muette pour très longtemps !    Ven 27 Fév - 22:58

La petit fille n’eut pas de questions ; elle semblait bien vouloir rentrer dans le centre de préparation de missions, mais compris par elle-même qu’elle aurait droit à ce privilège en temps voulu. Il était donc temps de passer à la suite de la visite.

Kathleen emmena donc Alice vers l’autre côté du bâtiment, du côté des classes, qui étaient répartis dans des petits couloirs. Il y avait également la grande salle, qui pouvait servir de cour de récré quand il faisait trop mauvais, de salle de conférence, bref, pour abriter toute activité intérieur regroupant un grand nombre de personnes. La femme expliqua cela brièvement à la fillette, avant de réellement passer aux plus petites classes. Tout en montrant la classe de sciences, spécialement équipée avec le matériel le plus moderne, elle expliqua :

« Toutes les classes sont prévues pour maximum quinze agents et un professeur. Comme tu le vois ici, toutes les classes sont équipées avec du matériel spécifique selon la branche enseignée. Vous êtes répartis selon votre niveau, non selon votre âge. Ça peut aller de tout débutant à expert en la matière. Au début, tu auras sans doute beaucoup de cours où tu auras un niveau débutant, mais ce n’est pas grave. Tu vas vite progresser. Mais nous verrons ça demain plus précisément, avec les tests. »

« Au MIS, il y a trois types de cours : les cours généraux, qui incluent les cours dits classiques comme les langues, les maths et tout ça ; les cours physiques, dont deux sports de combat ; et enfin le volet espionnage. »

« Comme nous sommes peu nombreux au MIS, il n’est pas impossible que tu te retrouves toute seule à un cours, Alice. Mais ici, le professeur n’est pas cette personne terrifiante que tu as pu connaître à l’école… Loin de là ! »

Il était temps à présent de passer au premier étage. Mais avant ça, la routine habituelle…

« On va passer au premier étage. Mais avant ça, as-tu des questions ? »
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Plus muette pour très longtemps !

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