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 a hard day's nignt [libre]

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Aaron Janow
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MessageSujet: a hard day's nignt [libre]   Dim 21 Juin - 11:44

[18 juin 1942 - 04h30]

Les autres enfants dormaient paisiblement.
Je pouvais voir, dans la clarté de la lune, la poitrine de mon voisin se soulever, puis redescendre, encore et encore. Si calme.

Comment faisaient-ils? Comment pouvaient-ils vivre cette vie sans se poser de questions?

La plupart d'entre nous avait aperçu la Guerre, et, maintenant, nous étions entraînés pour y mettre un terme. On nous apprenait l'allemand, l'anglais, le français.
On nous montrait comment déchiffrer des codes, comment passer inaperçus, comment charger une arme, comment se défendre, même si cela devait aller jusqu'à la mort de notre attaquant...
Oui, c'était la Guerre.
Je ne demandais pourtant qu'à comprendre l'insouciance qui les prenaient lorsqu'on leur mettait un ballon dans les pieds, quand leurs ongles se cassaient sur les billes, quand ils regardaient les filles comme si elles allaient les manger...

Mais je ne comprenais pas.

Peut-être étais-je trop faible, incapable de laisser mon passer s'envoler. Sûrement... Quelque chose clochait chez moi.
Trop brillant intellectuellement, même au milieu de ces enfants spéciaux, trop faible physiquement, surtout au milieu d'eux, j'avais de moins en moins l'impression d'être à ma place dans ce camp.

Cela faisait trois mois, maintenant, que j'avais passé mon programme d'entrainement, et que j'étais officiellement des leurs. Et pourtant...
Je n'avais lié aucun lien.
Personne ne voulait être ami avec un garçon bizarre, silencieux, effacé. Avaient-ils seulement remarqué que j'étais là?

Doucement, je fis glisser la couverture qui me piquait la peau, et je m'assis sur le bord du lit. Je ne pris pas la peine d'enfiler des chaussures. J'aurais fait trop de bruit en quittant le dortoir, et puis, j'aimais marcher pieds nus.
Par contre, je saisis la lampe de poche rectangulaire, posée sur ma table de nuit.

Longeant les couloirs, je descendis d'un étage. Là, la bibliothèque me tendait les bras. C'était bien le seul endroit, dans le cauchemar de ma vie, où je me sentais à ma place!

Sur la pointe des pieds, je fis le tour de la pièce, un doigt glissant nonchalamment sur les tranches de vies. Je n'y voyais rien.
Je pris un ouvrage au hasard, puis quittai la pièce. Je ne pouvais pas le lire ici. La lumière de ma lampe torche allait forcément attirer quelqu'un, et je n'avais aucune envie de remettre les pieds dans le dortoir embué pour cette nuit.

Je sortis du bâtiment, et, naturellement, me dirigeai vers le lac. Son clapotis m'apaisait, même si je n'y aurais plongé pour rien au monde...
Adossé à un tronc, j'entrepris ma lecture, et le temps disparu.

Mais mon bras fatiguait, mes yeux se fermaient tous seuls, et je grelottais.
Je savais que j'aurais dû rentrer. Mais je ne pouvais m'y résoudre. L'accumulation de nuits blanches m'avait plongée dans un état étrange, et la douleur se faisait plus sourde. Je ne voulais pas perdre cette sensation.

J'éteignis tout de même la lumière, décevant les quelques moustiques qui voletaient autour. L'abandonnant sur le gros livre refermé, je me rapprochai du lac. L'herbe, sous mes pieds nus, était agréablement humide. Probablement la rosée.

J'étais assis sur la berge depuis quelques minutes, les orteils caressés par les petites vagues, lorsqu'un craquement me fit me retourner. Devant la clarté de la lune, une silhouette humaine se dessinait, trop petite pour être menaçante.

- Salut... Viens t'asseoir

Qu'est-ce qui m'avait pris, de lui parler ainsi? Probablement cette solitude, qui ne souhaitait que me laisser enfin en paix...
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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Lun 22 Juin - 13:25

Quelque chose m’avait réveillé. Je ne sais pas quoi. Peut-être un moustique qui avait bourdonné un peu trop longtemps au-dessus de mon oreille. Peut-être un ronflement un peu trop bruyant d’un de mes camarades. Peut-être encore une bûche qui crépitait encore dans la cheminée, doucement en train de se consumer. Toujours est-il que j’avais les yeux ouverts, parce que j’avais le sommeil léger, ces derniers jours. Et je savais ce que cela signifiait.

Quand je me réveillais, je n’arrivais jamais à me rendormir. Ça m’énervait de rester dans mon lit, le corps aussi inerte que celui d’un mort – et il y en avait beaucoup trop en ce moment. Je sentais mes muscles tendus. Je savais alors qu’il était temps de se lever et d’aller faire un tour. J’enfilai discrètement un pull, et je pris mes chaussures à la main. Je les mettrais autre part qu’ici pour ne pas réveiller les autres. Peut-être au rez-de-chaussée aussi, pour faire le moins de bruit possible dans l’escalier.

C’est alors que je vis une fine lumière, au loin, sortant probablement d’une lampe de poche. Elle semblait se situer près du lac. Je savais où j’allais me rendre. Ce rayon était comme une flèche venue piquer ma curiosité.

Une fois au bord de lac, je vis une silhouette allongée près de l’eau. La lune éclairait la scène suffisamment brillamment pour voir que sa poitrine bougeait. Il n’y avait pas urgence. Dans cette nuit calme, sans un bruit, si ce n’est le clapotis de l’eau venir caresser la berge et bercer nos douces oreilles. Si l’agent qui se tenait là s’était endormi ici, je le comprenais. Même moi, j’aurais pu m’assoupir ici à nouveau. C’était tellement calme, apaisant. Ça faisait du bien.

Mais le garçon n’était pas endormi. Il se retourna lorsque mon pied écrasa une brindille. Grave erreur d’agent. Ici, néanmoins, ce n’était pas grave. Une voix arriva jusqu’à moi, que je reconnu comme celle d’Aaron. Elle m’invitait chaleureusement à venir m’asseoir près de lui. Ce que je fis avec plaisir. J’aimais bien Aaron, même s’il ne parlait pas beaucoup et qu’il était très discret. Le peu que je connaissais de lui me plaisait.

Puis, c’était l’occasion de l’inviter à plus jouer avec nous ! Je crois que Gabriel en avait autant envie que moi.

Je m’accroupis à côté de lui, et m’assis dans l’herbe légèrement mouillée par la rosée. Qu’importe, c’était agréable quand même.

« Salut ! » Dis-je, d’une voix enjouée. « Toi non plus, tu n’arrives plus à dormir une fois que tu te réveilles ? »

Je lui souris gentiment pour le mettre en confiance, parce que je le savais timide.


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Aaron Janow
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Mar 23 Juin - 22:16

Oh, c'était Matthias!
J'avais beaucoup d'affection pour cet agent, même s'il ne le savait probablement pas... Comme pour les autres, je ne lui avais jamais vraiment parlé directement, à l'exception des cours où nous avions pris part ensemble.
Il était peut-être temps que cela change!

D'ailleurs, le sourire qui clôtura sa phrase était accueillant. Comme d'habitude, mon cœur se mît à battre la chamade. Pourquoi étais-je incapable de me retrouver en tête à tête avec quelqu'un?
J'avais pourtant un niveau d'anglais acceptable, à présent, même si je n'avais pas perdu mon accent.

Machinalement, je me mordillai la lèvre inférieure. Que répondre à sa question, pourtant toute simple. Pouvais-je dire à un presque inconnu ce qui se passait dans ma tête? J'optai pour une version mitigée de ma situation.

- En fait, je n'ai même pas réussi à m'endormir. Et puis, j'aime bien cet endroit.

Un silence gênant s'installa. Que pouvais-je dire de plus?
Mes pensées s'emballaient, et j'étais incapable de trouver quelque chose à énoncer à voix haute.
De plus, mon bas de pyjama commençait sérieusement à être mouillé.
Oh, voilà! J'avais trouvé!

- L'herbe est vraiment en train de me mouiller, et ça fait longtemps que je suis assis. Ça te dirait, de marcher un peu, en discutant? On peut faire autre chose, si tu préfères...

Pour autant que tu veuilles bien passer un bout de cette nuit avec moi. J'imagine que l'appel d'une couverture bien chaude est plus irrésistible que mon sourire timide, mais puisque tu es là...
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Mer 24 Juin - 22:35

En fait, je n'ai même pas réussi à m'endormir. Et puis, j'aime bien cet endroit.

C’est vrai que cet endroit était bien. Là, tout de suite, j’eus envie d’en profiter, de m’allonger, d’observer les étoiles dans le ciel sans nuage, de me laisser bercer par le clapotis de l’eau. Alors je me tus pour en profiter. En temps de guerre, être là, c’était une sorte de paradis. Mais visiblement, Aaron voulu bouger, parce que son pyjama se mouillait. C’était bien aussi, parce que j’aime bien marcher également.

« Ça marche pour moi. Je n’ai plus sommeil, de toute façon. »

Et nous nous mîmes donc en route. J’avais le sourire aux lèvres. Je ne sais pas pourquoi, j’aimais bien être là, avec Aaron, au bord du lac secoué par de légères vaguelettes qui nous envoyaient parfois des petites gouttes d’eau rafraichissantes sur la figure. Le vent venait chatouiller la cime des arbres, qui se secouaient paresseusement. Tellement de choses traversaient ma tête. J’aurais aimé pouvoir les exprimer à Aaron pour le mettre à l’aise, parce que je voyais bien qu’il n’était pas très sûr de lui.

« Eh, tu sais que je sais dire quelques mots en norvégien ! Hei, mitt navn er Matthias*. Désolé pour la prononciation, je suis vraiment pas sûr. J’aimerais bien apprendre cette langue… Ça doit pas être trop difficile, parce que ça ressemble à l’allemand. Mon père… » Je repensai soudain à mon papa qui était mort. Je n’y pensais plus beaucoup. Je ne pensais plus beaucoup à mon passé. C’était difficile, mais vu toutes les horreurs qui le remplissait, c’était mieux ainsi. « … Il avait souvent à faire à des Norvégiens pour son travail. J’arrivais un peu à comprendre ce qu’ils disaient. Pas beaucoup, bien sûr… »

____________________________
*Bonjour, je m'appelle Matthias


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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Ven 26 Juin - 18:26

Cette promenade était vraiment agréable. J'en aurais presque oublié ma timidité, tant la soirée était belle! D'un pied, je shootai dans un petit caillou qui traînait dans l'herbe.

Aïe. Je fis une grimace. Qu'est-ce que je pouvais être stupide, parfois! J'étais pieds nus, voyons!!

Heureusement, Matthias rompit le silence d'un ton léger. J'eus un petit sourire, en l'entendant parler. Je ne me moquais pas de son accent, au contraire! Mais il était adorable. Personne n'avait été aussi gentil avec moi directement depuis tellement longtemps. Et puis, à quelque part, cela faisait du bien d'entendre à nouveau la langue qui avait bercé mon enfance!
Et du mal, en même temps. Mais, maintenant, je devais apprendre à me dissocier de mon passé. Certes, ça n'avait pas été une période facile, mais elle était terminée...

- Ne t'inquiète pas, ta prononciation était très bien, pour quelqu'un qui n'a jamais vraiment appris la langue! Je peux essayer de t'apprendre deux-trois trucs, si tu veux. Mais je ne sais pas si je suis un très bon prof...

J'avais senti le trouble qui l'avait saisit, alors qu'il mentionnait son père. La petite pause, dans sa phrase, la tristesse dans ses yeux. Je ne relevais donc pas.
Mais je n'aimais pas l'idée de lui apprendre quelque chose, et de ne pas pouvoir apprendre à mon tour. Je n'avais aucune prétention, et encore moins d'ambition, et je ne savais pas comment faire passer le message clairement.... Me prétendre prof alors que je n'en étais clairement pas un dépassait les limites de mon estime de moi-même. Il aurait pu m'aider en allemand, puisque c'était sa langue maternelle, mais les cours que nous recevions ici étaient tellement complets...
Et j'aurais bien eu besoin d'un soutien physique, mais... D'une part, je n'osai pas le lui demander. Je n'aimais pas demander de l'aide. Et d'autre côté, nous avions à peu près le même âge... Il était plus musclé que moi, car il était là depuis plus longtemps, et donc sûrement plus rôdé aux techniques de combats, et autres astuces pour mieux s'en sortir aux parcours d'entrainement...

- Mais du coup... Tu serais d'accord de m'aider, pour le Judo? Je sais que tu as aussi les cours, même si on est pas dans le même groupe...

Je me mordis les lèvres, fâcheuse manie, en attendant sa réponse.
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Lun 13 Juil - 21:39

Aaron enchaîna avec ma petite phrase en norvégien en me proposant de m’enseigner quelques trucs. C’était gentil de sa part. Ça ne devrait pas être trop difficile avec l’allemand et l’anglais que je maîtrisais déjà. Ça ressemblait assez fort puisque toutes trois étaient des langues germaniques. Le garçon semblait vouloir ajouter quelque chose, mais hésitait. Je voulus l’encourager, mais n’en n’eus pas besoin car il continua seul.

Il voulait donc que je l’aide en judo. Je n’étais pas particulièrement fort en arts martiaux, même si je me débrouillais de manière correcte. Juste ce qu’il fallait pour que la prof soit satisfaite et me mette la moyenne. Je me mis à réfléchir tout haut, sans trop savoir pourquoi.

« C’est rigolo, quand tu y penses. Il y a quelques années, on s’amusait à se battre avec nos camarades sans aucune technique, juste en fonçant dans le tas. Maintenant, on nous enseigne des techniques de fou. On est devenu redoutable, c’est presque terrifiant. »

Oups, je n’avais pas répondu à sa proposition. Il était grand temps de le faire, d’autant plus que le garçon était soucieux de mes réactions, comme s’il avait peur de ne pas être accepté pour ce qu’il était, pour ce qu’il disait, pour ce qu’il pensait.

« Mais c’est d’accord pour ta proposition. Je ne suis pas un champion des arts martiaux. Mais on peut s’entraîner ensemble. Un peu comme quand on jouait innocemment dans la cour de récré… Mais différemment. Je ne suis pas prof, donc on peut simplement se battre en essayant d’utiliser une technique en particulier. »

D’ailleurs, nous pouvions nous y mettre immédiatement.

« Tu as appris quoi comme technique, dernièrement ? »


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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Sam 8 Aoû - 10:51

Il répondit avec une petite remarque personnelle. Se battre pour jouer? Je n'avais jamais compris les autres garçons de mon école. Les récréations, je les passais assis dans un coin, avec un libre comme seul ami. Et, même ainsi, j'étais las cible de tous les quolibets, les moqueries, les regards dédaigneux. Quand ils n'allaient pas plus loin... J'avais dû arrêter de prendre des romans avec moi, depuis qu'ils avaient remarqué qu'en déchirer les pages me faisaient plus de mal qu'un cou de pied bien placé.
Et maintenant... Maintenant, j'apprenais à me battre, pour de vrai. S'ils avaient rencontrés l'Aaron d'aujourd'hui, ils seraient bien surpris. J'aurais pu...
... non, je n'aurais rien fait différemment, en fait. Quelque chose m'empêchait toujours de faire du mal aux autres. Au péril de ma propre vie? Je préférais ne pas avoir à trouver cette réponse, même si, forcément, elle viendrait un jour.

Il se remit à parler, me posa une question. Une technique? Je venais à peine de maîtriser mes chutes, épreuve moins évidente qu'elle n'en avait l'air, et de passer à l'étape supérieure. Chaque cour me laissait fourbu, épuisé. Et teintée de cette mélancolie qui m'emparait dès que je devais faire du mal, même pour jouer. Même pour semblant.
Qu'est-ce qui clochait, chez moi? Les autres garçons semblaient aimer cette activité, et même les filles ne rechignaient pas à montrer leurs progrès. Et moi... Je ne partirais jamais en mission, si je n'étais pas capable d'assurer ma survie, j'en était cruellement conscient.

Face à la question de mon petit camarade, j'optais pour une semi-vérité:

- Euh... Disons que j'ai appris à chuter convenablement la semaine passée. Les cours suivants ont été une succession de techniques dont je n'ai retenu ni le nom ni la façon de faire. Le prof a décidé qu'il me laisserait moins de temps, à présent... Et toi, tu en es où?

J'étais fier de moi. Ma voix n'avait pas flanché, alors que j'admettais ma faiblesse en face d'un autre. Que dégageait cet enfant, pour que je me sente à peine plus détendu avec lui qu'avec tous les autres? Etait-ce simplement le cadre? Le clapoti du lac, l'ombre majestueuse d'arbres centenaires...
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Mar 11 Aoû - 22:57

Le garçon sembla légèrement désemparé, mais se reprit très vite, si bien que ça ne s’entendait pas dans sa voix. Du coup, je n’avais pas eu le temps de lui demander ce qui n’allait pas. Tant mieux quelque part. Ça l’aurait sans doute mis mal à l’aise…

Aaron avait donc appris à chuter et avait trop rapidement vu quelques techniques de bases. Ce n’était pas encore trop trop loin dans ma tête pour que je m’en souvienne. Et ça me ferait justement du bien de revoir tout ça. L’avantage était que nous étions à peu près du même poids, et Aaron était légèrement plus grand que moi – il était également plus âgé. Tout ceci faisait que nous étions de force équilibrée, même si je maîtrisais plus de techniques que lui. Nous n’étions de toute façon pas dans une compétition…

« Mon dernier cours était consacré au Makikomi Waza. C’est-à-dire qu’on met l’autre par terre en s’enroulant autour de lui, mais ça nous fait perdre notre équilibre. C’est pour ça qu’on l’appelle Technique de sacrifice, parce que tu arrives à tes fins, mais uniquement en sacrifiant ta position de domination. »

C’était assez compliqué comme technique, néanmoins. Je ne le maîtrisais pas encore vraiment, car la plupart du temps, c’est moi qui me retrouvais par terre, et non mon coéquipier. C’était donc plus sage de ne pas commencer pas ça.

« C’est compliqué, donc on va pas commencer par ça… »

Que faire, du coup ? Je repensai à mes premiers cours, où on apprenait les techniques de bases, indispensables pour la suite.

« Alors, comme tu le sais sans doute, l’idée, c’est de d’abord faire tomber ta victime au sol, et puis faire en sorte qu’elle y reste. On va donc aujourd’hui commencer par une technique dite debout, avant d’en faire une dite au sol. Comme ça, après, on pourra les enchaîner toutes les deux… D’accord ? »

Ça me semblait la meilleure façon de fonctionner.

« Et on va commencer donc par le Uki Goshi. Ce mouvement consiste à déséquilibrer l’autre par la hanche. Je vais te montrer… »

Tout en faisant les gestes, je lui expliquai donc ce que j’étais occupé à faire.

« D’abord, on se met en position naturelle, c’est-à-dire debout, les mains jointes au corps, avec un équilibre du corps impeccable. Puis, je viens mettre mon pied droit entre tes pieds et placer ma main gauche dans ton dos pour te pousser vers moi. Je vais mettre mon autre bras sous ton aisselle, afin de bien te maintenir. Je pivote, afin que ton ventre se retrouve sur mon dos, et je te fais basculer en avant pour que tu tombes par terre. »

Ce que je fis parfaitement, mais tout en douceur, je le déposai presque sur l’herbe. En effet, nul besoin d’être violent ici, c’était juste pour lui montrer lentement. Et puis, surtout, je ne voulais pas lui faire mal. Je lui tendis ma main pour l’aider à se relever.

« Tu as compris ? », lui dis-je avec un sourire chaleureux et rassurant.


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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Dim 23 Aoû - 11:44

Il avait, littéralement, pris les choses en mains. En moins de temps qu'il n'en fallu pour le dire, je me retrouvai dans son dos, prêt à basculer sur le sol. Il faisait preuve d'une telle délicatesse...
Je ne comprenais pas. Et, surtout, je m'en voulais.
J'étais plus âgé que lui, et, pourtant, il me couvait, faisait preuve de milles précautions. Je pouvais sentir l'encouragement dans sa voix. Mais pourquoi? Pourquoi était-il si attentionné avec moi? Qu'avais-je fait pour mériter cela? Que pouvais-je faire pour lui montrer que je ne me limitais pas à un petit garçon apeuré sans confiance en lui? Que pouvais-je faire pour gagner son respect?

Je refusais de n'être qu'un enfant dépassé par ce qui lui arrivait. Je n'avais jamais eu d'amis, et ces quelques mois à l'institut, je n'avais pas vraiment brillé par mes capacités sociales. Mais Matthias était un garçon sympa, sensible, et plein de bonne volonté. Je ne pouvais pas me permettre de gâcher cette relation-là.

Que s'était-il passé? Que se passait-il en moi? Lorsqu'il m'avait déposé au sol, après cette prise de Judo si basique, quel impact avait eu l'herbe humide dans mon dos pour que j'en vienne à me poser ces questions-là? Celles qui se refusaient à moi depuis si longtemps, prétextant n'avoir besoin de personne, ou préférer la compagnie des livres à celle des hommes?

Allongé sur le dos, j'eus l'impression qu'en me relevant, rien ne serait plus comme avant. J'étais en train de trouver un ami. Le ciel, derrière son visage penché sur moi, semblait célébrer mon petite révolution interne. Avec un sourire, et sans plus me préoccuper qu'il me trouve étrange, je lui dis:

- Oh, regarde. Allonge-toi. C'est magnifique!

Comme pour parfaire ma remarque, une étoile filante illumina mon regard. Nous avions commencé à apprendre à reconnaître les étoiles, en cours, mais uniquement pour savoir s'orienter grâce au ciel. Être couché là, avec pour seule limite l'infini de l'espace, c'était incroyable.
Quelque chose, dans cette immensité, rendait notre guerre si futile...

- Tu crois qu'il y a d'autres gens, là-haut?
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Lun 14 Déc - 23:38

Le doute et l’interrogation planaient dans le regard de l’autre. Il semblait se poser beaucoup de questions. Trop de questions, même. Elles défilaient dans sa tête comme un train à vap… Non. Pas le train. Surtout pas le train. J’avais en tête l’image des wagons pleins d’hommes qu’ils n’étaient plus dès le moment où ils avaient posé un pied dans la caisse en bois. Un frisson parcourut mon échine. Une larme perla dans mes yeux.

Elle fût bien vite ravalée lorsqu’Aaron prit la parole et m’invita à m’allonger par terre, à ses côtés. Observer les étoiles. Y découvrir un pan de l’histoire de l’humanité quand même bien plus joli que celle que nous traversions actuellement. Je retrouvai le sourire et mon corps alla rejoindre l’herbe humide aux côtés de mon nouvel ami. Le cours de judo semblait déjà loin. À quoi bon se battre de toute façon ?

Aaron reprit la parole. « Tu crois qu’il y a d’autres gens là-bas ? ». Sa voix était rêveuse, portée au loin, par l’infini de ce qui s’étendait au-dessus de nos têtes. Question d’un enfant qui a besoin d’être rassuré de ce qui l’entoure. Question d’un adulte qui cherche à s’évader, loin des horreurs commises dans ce bas monde. En tous les cas, question d’une personne inquiète, en quête de réconfort.

Instinctivement, sans même réfléchir à toute la portée qu’avait mon geste, je mis délicatement et tendrement ma main dans la sienne, pour partager un peu de chaleur. Pour se sentir un peu moins seul. Même peut-être pour se sentir plus fort. J’étais bien, là. J’aurais pu rester ainsi pendant de longues heures.

En entendant sa question, les souvenirs de mes parents, probablement morts à l’heure qu’il est, me revenaient. Et eux, étaient-ils là-haut ? Nous surveillaient-ils ? Nous chuchotaient-ils des mots doux durant la nuit pour dire que tout irait bien le lendemain ? Où qu'ils soient, j'espérais qu'ils ne soient pas confronté à notre quotidien, qu'ils reposaient quelque part en paix.

Je finis par lui répondre d’une voix douce et apaisée : « J’espère qu’il y a un monde meilleur… J’espère que nous pourrons le rejoindre un jour… »


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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Mar 15 Déc - 0:16

Il n'hésita pas, et sa tête se retrouva bientôt à quelques centimètres de la mienne, dans l'herbe humide de la nuit. Il n'avait donc pas dû me trouver si absurde, tout compte fait!

Et puis, contre toute attente, ce ne fut pas des mots, qu'il m'offrit en retour, mais quelque chose de bien plus puissant. Sa petite main vient doucement se nicher au creux de la mienne. Je refermai mes doigts autour de la chaleur qu'elle dégageait. C'était bien. C'était doux. C'était tellement réconfortant.

Une larme perla au coin de mon œil droit, glissa le long de ma pommette, se raccrocha au bord de mon oreille, mais finit par se perdre dans la toison de mes cheveux. Je n'eus pas le temps de me demander d'où elle venait. Sa main resserra brièvement son emprise alors que les mots un monde meilleur sortaient de sa bouche.

Un frisson glacial me parcourut. Parlait-il de la mort? Je crois que je ne voulais pas mourir. Même si, dans le fond, rien ne me retenait encore ici. Non. Pas rien.
Deux petites mains hésitantes serrées dans une nuit d'été.
Message innocent au milieu d'une guerre sans nom.

- J'espère...

Mais ça n'était pas suffisant. Je ne pouvais pas passer ma vie entière raccrocher à l'espoir qu'un jour, une sorte d'ange technologique vienne m'emporter pour me montrer une sorte de Paradis.

- Mais j'espère surtout que ce monde-là guérira un peu, puisqu'on est coincés ici.. Tu crois qu'il y a une chance?

Le sanglot, dans ma voix, était presque perceptible, cette fois-là. Et pourtant... Ce n'était pas la guerre, qui avait tué mes parents. Juste... Juste moi...
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MessageSujet: Re: a hard day's nignt [libre]   Mer 16 Déc - 22:43

L’espoir. Je ne sais pas si j’en avais encore. À vrai dire, c’était peu clair dans ma tête. La guerre et ses horreurs, ces petits mains pleines de tendresse de l’autre. Deux mondes se confrontaient, deux mondes menaient bataille. Mes sentiments n’étaient pas clairs. Que se passait-il ? Je ne savais plus que penser, mais je ne pouvais pourtant pas m’empêcher de le faire.

Je tournai ma tête vers le garçon à côté de moi. Sa peau avait l’air douce. Il avait un petit nez enfantin et la bouche à moitié entre-ouverte. Ses yeux bleus clairs exprimaient une douleur profonde, accentuée par une larme qui brillait au clair de lune. Il était évident qu’Aaron n’avait pas eu une vie facile. Comme tout le monde ici, en fait. Mais lui, il était différent. J’aurais encore bien eu du mal à dire dans quel sens. Mais quand j’étais avec lui, là, maintenant… Je ne m’étais encore jamais senti comme ça avant avec qui que ce soit d’autre. Il semblait différent des autres garçons. J’avais l’impression que nous avions plus d’un point en commun.

Sa voix n’était qu’un murmure. Un léger tremblement trahissait son trouble. Personne ne l’aurait sans doute noté, mais je le reconnaissais. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être une empathie plus développée avec lui ? J’étais mauvais consolateur, mais je me laissais un peu aller avec le Norvégien.

« Je… je n’sais pas, Aaron. » C’était vrai. Enfin non. En vrai, je savais quelque part au fond de moi qu’il ne guérirait jamais réellement. Peut-être provisoirement. Mais jamais pour toujours. Et pourtant, je voulais encore garder espoir. Il le fallait. Et je voulais me battre pour ça, quitte même, à mourir. J’en avais assez de ce sentiment d’impuissance qui m’envahissait tellement souvent.

Je poursuivis donc, en serrant sa main plus fortement, comme si sa présence me rassurait et me chargeait en ondes positives. « Mais nous devons nous battre pour ce monde meilleur. Il ne se fera pas tout seul… »

Était-ce vraiment une discussion d’enfants qui avait lieu, là ? Des enfants bien particuliers, alors !


Un monde parfait? Regarde ce monde, c'est un grand carnaval !

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