Partagez | 
 

 Le clapotis du crépuscule [LIBRE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Ven 3 Juil - 15:23

[3 juillet 1942]


Riza était revenue de mission il y a quelques temps déjà. Elle était plutôt satisfaite du travail qu'elle avait fait avec Thomas, mais surtout, elle s'était sentie vivante, cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Elle avait retrouvé un climat voisin de celui qu'elle avait connu par le passé, elle avait fait le plein de soleil avec le retour à la grisaille anglaise. Elle avait pu utiliser ses facilités pour les langues et elle était fière de s'en être aussi bien sortie. Elle ne savait pas si sa manière de mener la mission avait été appréciée par son contrôleur de mission, ou par son binôme, mais on ne lui avait pas non plus fait de reproches donc elle était assez fière d'elle au final.

Mais à présent, elle se retrouvait un peu seule. Bien sûr au début, elle était contente de retrouver son chez elle, les autres enfants de l'institut... Mais le retour à la routine était un peu difficile à digérer, après avoir vécu d'adrénaline et d'eau fraîche sur le terrain. Elle trouvait sa vie ici plutôt ennuyeuse, elle ne savait plus quoi faire pour lui donner du piquant. La journée, elle allait en cours, et elle travaillait beaucoup en élève studieuse. Elle n'était pas bavarde, elle parlait très peu avec les autres elle n'avait rien à dire en général. Elle riait aux blagues qu'elle comprenait, ce n'était pas toujours le cas, elle avait parfois du mal à saisir les subtilités de la langue anglaise. Parfois elle se demandait pourquoi elle était la seule personne de couleur ici, pourquoi aucun autre africain n'était venu se réfugier en Angleterre ? C'était l'endroit où ils pouvaient être le plus tranquille... Mais évidemment, c'était très loin de chez eux. On n'arrive pas ici par hasard, Riza en était persuadée.

A la fin de cette journée de cours, elle sortit du bâtiment principal alors que le soleil déclinait à l'horizon. La soirée était fraîche mais sans pluie, pour une fois, seuls quelques nuages fins et éparses zébraient le ciel bleu. Elle marcha doucement jusqu'au lac, et s'assit sur un rocher, observant le coucher du soleil. L'étoile du berger venait de s'allumer à côté de la lune en demi croissant. Le soleil n'avait pas encore disparu et un liseré jaune se dessinait sur le lac. Une petite brise agitait l'eau du lac qui clapotait doucement. Riza soupirait. Elle ne savait pas combien de temps elle allait rester enterrée à l'institut, mais elle espérait que ça ne serait pas trop long... Parfois, elle se demandait si elle allait revoir son pays un jour, ou du moins sa région, son continent. En arrivant à l'institut, elle avait espéré être envoyée en mission dans un pays proche du sien, c'était ce qui l'avait poussé à se dépasser, elle voulait retrouver ses racines. Mais ça faisait un an qu'elle était là, et son PEI s'était déroulé en Europe. Elle n'avait quitté l'institut que deux fois, la deuxième elle était partie au Moyen Orient... Bien loin de chez elle. Plus d'un an après, elle doutait de revoir ses terres un jour. Mais elle l'avait juré aux ancêtres, et à l'esprit de sa mère : elle reviendrait. Lorsqu'elle aura écrasé les nazis et que cette guerre sera terminée, elle retournera au Rwanda pour le libérer de ses oppresseurs blancs. Elle pourra même mener une résistance pacifique maintenant qu'elle connaissait bien les blancs. Même si elle s'ennuyait dans sa nouvelle vie, elle savait que ce qu'elle faisait ici n'était pas vain... Elle poursuivait tranquillement sa destinée.

Elle sentit une présence derrière elle et se retourna doucement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thomas Fauconnier
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 52
Date d'inscription : 19/08/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 12 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Mer 15 Juil - 18:49

Enfin elle était là ! Je la cherchais depuis au moins une demi-heure… Un peu grincheux d’avoir perdu autant de temps – quelle idée d’aller s’égarer dans le parc, aussi… –, je rejoignis mon amie Muta, qui se retournait lentement sur son rocher en m’entendant arriver.

En voyant son visage à la fois déterminé, triste et souriant que je connaissais maintenant bien, ma colère s’évanouit aussitôt. J’étais toujours bien en présence de cette fille, je me sentais détendu et apaisé. Un peu comme avec Jorgue, mais pas pareil. Pas pareil du tout, en fait. Mais c’est compliqué à expliquer, simplement, mes deux amis avaient un caractère complètement différent.

« Muta' !», m’exclamais-je légèrement essoufflé « Je te cherchais ! Je me disais qu’on pouvait faire notre présentation pour le cours d’arabe maintenant… Qu’en penses-tu ? Mais peut-être que je te dérange dans un moment que tu voulais garder pour toi… »

J’avais besoin d’être seul de temps en temps moi-même et j’avais horreur qu’on me dérange en ces moments-là, donc que je comprendrais très bien si elle ne souhaitait pas faire ça maintenant… Ou bien…

« Ou si tu as besoin de parler, on peut faire ça aussi… » Quand on a quelque chose dans la tête, il n’y a rien de mieux que de pouvoir en discuter avec un ami, me disais-je, en repensant à ma discussion avec Jorgue de l’autre jour…

Néanmoins, nous avions une présentation à finir pour le lendemain et à présenter devant le professeur, et rien n’était encore fait, parce que nous n’avions que très rarement un moment de calme au même moment, et si c’était le cas, nous étions trop fatigués pour faire quoi que ce soit de productif… Le thème que nous devions traiter n’était pas des plus faciles de surcroît : Pourquoi l’Afrique est-elle en retard sur l'Europe? Mais j’étais presque convaincu que Riza avait plein de choses à dire sur le sujet.

En effet, dès que nous parlions de l’Afrique, son cœur s’emballait. Ce qui était logique, à bien y réfléchir, vu que c’était son continent d’origine, et qu’elle y était fortement attachée.

Je la regardai dans les yeux en attendant sa réponse…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Jeu 16 Juil - 18:15

C'était Thomas qui venait la chercher. Il avait l'air tout affolé. C'était assez drôle la relation qu'elle entretenait avec Thomas. Ils étaient très complices et elle se sentait bien avec lui, mais il avait toujours ce stress de l'occidental qu'ils avaient tous. Ils se sentaient toujours pressés par le temps, ils ne savaient pas prendre le temps de vivre et finalement ils regardaient en arrière à un âge avancé, pleins de regrets. Riza n'avait pas été élevée comme ça. Chez elle, on prenait le temps de vivre et de faire les choses, ça pouvait être long, mais c'était toujours bien fait. Et surtout, ça permet de prendre du plaisir à tout ce que l'on fait car on n'a plus de contrainte. Prendre le temps, c'est important, et c'était la chose qui manquait le plus à Riza depuis son arrivée en Angleterre.

" - On pourra faire cette présentation ce soir après dîner ? On connaît déjà assez bien le sujet, et on commence pas trop tôt demain matin... "

Elle n'avait aucune envie de faire ça maintenant. Elle regardait le soleil descendre sur le lac, le ciel prenait au fur et à mesure des couleurs rose et or. Elle avait envie de profiter de cette belle soirée, de prendre le temps de l'admirer et de la vivre pleinement. En compagnie de son ami, ce serait encore mieux d'ailleurs. En y repensant, elle n'avait pas beaucoup d'amis au MIS, à part Thomas et Ayn - qu'elle ne voyait plus très souvent cependant. Il n'y avait pas beaucoup d'enfants qui venaient lui parler et puisqu'elle n'allait pas vers les autres...

Besoin de parler ? Riza n'était pas du genre à avoir besoin de parler. Le fait de s'exprimer verbalement ne l'avait jamais soulagé en rien, c'était surtout en se posant devant de jolies choses comme ce soir qu'elle allait mieux. Mais elle ne détestait pas parler pour autant, et puisque Thomas se proposait ce soir, c'était l'occasion de passer un bon moment.

" - Je me demandais si j'arriverais à rentrer chez moi un jour... "

Elle se tourna vers Thomas en le regardant dans les yeux, le visage paisible et l'oeil brillant.

" - Tu crois que j'arriverais à revoir l'Afrique, le Rwanda ? Avant ma retraite du MIS du moins ? "

Ca laissait encore entre cinq et dix ans. Elle ne savait pas si elle pourrait attendre aussi longtemps. Elle ne le voulait pas en tout cas. Mais elle savait s'adapter à beaucoup de choses...

" - Ton chez toi ne te manque jamais ? "

Après réflexion, Riza songea qu'elle ne savait même pas d'où venait Thomas exactement...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thomas Fauconnier
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 52
Date d'inscription : 19/08/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 12 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Ven 17 Juil - 22:58

Riza souhaitait le faire ce soir, après avoir mangé. À vrai dire, elle était meilleure que moi en arabe. Elle devait donc effectivement moins préparer. Mais elle semblait tellement apaisée, tellement bien, là, assise sur son rocher, que je ne voulus pas l’interrompre. Je m’apprêtai donc à rebrousser chemin – tout ce temps perdu pour rien… – lorsque Riza continua à parler. Elle parlait de son passé. Je n’avais rien contre, tant que l’on n’en venait pas à moi. J’avais horreur de parler de mon passé. Il était tellement… moche, tellement sombre. Absolument pas représentatif de ce que j’étais. Je voulais m’en débarrasser – et je dois dire que j’avais plutôt bien réussi, je crois – pas le ressasser sans arrêt. Elle se retourna et plongea son regard dans le mien pour me poser une question qui semblait lui tenir à cœur.

Et puis, arriva le moment tant redouté… Mais d’abord, j’allais répondre à sa question. On verrait bien après.

« Tu n’es pas bien, ici ? Je peux comprendre, ça doit être différent de là-bas, d’où tu viens. Je crois que tu pourrais en toucher un mot à Kathleen, elle arrangerait bien une petit mission pour toi au Rwanda. »

C’était Riza… Elle m’appréciait suffisamment pour accepter mon passé, même si moi-même je ne l’acceptais pas beaucoup. Elle avait le droit de savoir.

Riza était tout le contraire de moi : elle racontait son passé en long et en large. C’était passionnant. Elle exposait à chaque fois ses combats contre les colonisateurs blancs. À vrai dire, à l’entendre, on n’avait pas de quoi être fier de nous. Je le savais, bien sûr. Mais c’était encore plus révélateur quand ça sortait de la bouche d’une victime, beaucoup plus frappant.

Je soupirai.

« Je n’aime pas parler de mon passé. Il ne me manque absolument pas. Mais comme c’est toi, je vais te raconter ça brièvement. J’ai grandi dans un quartier chaud de Londres. Tout le monde était impliqué dans des histoires un peu sombres et peu glorieuses. Forcément, quand tu nais là-dedans, tu n’as pas beaucoup le choix : tu es obligé de collaborer. Ne fût-ce que pour laisser la vie sauve à tes parents. J’étais plutôt doué. Même si je ne me sentais pas l’âme d’un petit criminel – toujours pas d’ailleurs. Mais un jour je me suis fait prendre… J’ai peut-être même fait exprès, mais inconsciemment. Tu vois ? Et on m’a envoyé ici. J’adore le MIS, ils m’ont vraiment donné l’occasion de changer de vie… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Sam 18 Juil - 21:22

Riza regardait Thomas dans les yeux. Elle n'était pas une fille du genre expressive et elle ne montrait jamais ses émotions, mais elle avait vécu beaucoup de choses avec Thomas et elle tenait beaucoup à lui, même si elle ne lui avait jamais montré. Du coup, son avis sur les choses de la vie était très important pour elle, et elle estimait beaucoup son point de vue en toutes choses.

Ce soir, pour la première fois, elle avait envie de partager quelque chose de plus profond avec lui, d'avoir une vraie discussion et de faire un vrai partage sincère. Elle ne s'était jamais ouverte ainsi avec aucun blanc, elle n'avait jamais eu suffisamment confiance pour ça. Mais avec Thomas c'était différent, et elle sentait que c'était son destin de s'intégrer dans ce monde aussi et que cette ouverture allait l'aider à s'habituer à cette nouvelle vie et à faire partie intégrante de ce monde là aussi. Bien sûr, elle n'oublierait jamais ses origines, mais elle avait envie, aujourd'hui, de se sentir chez elle ici aussi. Et elle découvrait que cela passait surtout par les gens et par la façon dont on se sent accueilli quelque part.

Riza ne parlait pas souvent d'elle-même, elle ne parlait pas beaucoup en général. Elle n'aimait pas palabrer sur son passé, même si elle y pensait très souvent elle n'aimait pas se confier. Lorsque les gens abordaient le sujet, elle décrivait son pays selon ses souvenirs d'enfance, des étoiles dans les yeux. Mais elle n'abordait jamais le sujet spontanément, par pudeur, mais aussi, une ancienne muette ne se dévoile pas si facilement.

Elle ne connaissait pas le passé de Thomas, et elle n'avait pas envie de le questionner et de le mettre mal à l'aise. Elle voulait juste savoir si lui aussi était attaché à son ancien foyer, à une zone géographique en particulier. Pour elle, l'attachement à une terre c'était un concept très fort. Elle voulait savoir si Thomas partageait cette vision aussi. Pas du tout, apparemment. Riza songea que les blancs n'ont pas le même attachement à la terre, c'était une différence qu'elle acceptait et qu'elle ne jugeait aucunement. Elle avait appris à ne porter aucun jugement sur toutes les différences qu'elle notait entre les cultures. Au début, elle avait trouvé certains aspects malsains, mais à présent elle ne mettait plus aucune connotation sur les différences qu'elle soulignait. Elle les voyait avec neutralité, tout simplement.

" - Tu sais, je ne pense pas que le MIS partirait en mission au Rwanda... "

Riza sourit gentiment à Thomas. Elle appréciait sa gentillesse, même si elle savait que c'était irréaliste. Il essayait de lui remonter le moral, c'était adorable de sa part. C'est vrai, ça ne rentrait pas vraiment dans les objectifs du MIS de partir là-bas. Le Rwanda était un pays calme, une société agraire très bien organisée et orchestrée par le gouvernement Belge. Ce pays n'avait aucune implication dans la guerre et ni les nazis ni les résistants n'y mettaient les pieds - elle n'avait jamais compris ce que ses anciens amis anglais y faisaient d'ailleurs. Il était hautement improbable que le MIS trouve une quelconque activité à contrecarrer en rapport avec la guerre... Elle avait beau être mondiale, elle épargnait encore quelques contrées comme son cher pays adoré. Elle s'était habituée à cette idée, qu'elle n'y retournerait pas avant la fin de sa carrière au MIS, même si ça lui faisait mal...

Lorsque Thomas parla finalement de lui, Riza resta silencieuse, très attentive. Elle était un peu triste que son ami dise qu'il n'aimait pas parler de son passé, elle n'avait absolument pas voulu le forcer à faire quelque chose qu'il n'avait pas envie de faire, comme se confier. Elle l'écoutait fixement, pudiquement. Elle avait la désagréable sensation d'avoir violer son intimité et ça la mettait mal à l'aise. Mais en même temps, elle était très touchée par la confiance dont Thomas faisait preuve en lui parlant de la sorte. Elle finit par lui adresser un faible sourire timide.

" - Je sais que tu n'as pas l'âme d'un criminel. Je vois ton grand coeur. "

Elle posa sa main sur le torse de Thomas, au niveau du coeur, avec le même sourire léger. Elle n'imaginait pas ce que c'était d'être poussé au vandalisme pour survivre, elle n'avait jamais connu ça. Mais elle songea que ça devait être horrible, de vivre à l'encontre de ses valeurs. Elle était contente que Thomas ait trouvé sa place ici. Cet ami lui était très cher finalement, bien plus que ce qu'elle avait bien voulu s'avouer auparavant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thomas Fauconnier
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 52
Date d'inscription : 19/08/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 12 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Dim 19 Juil - 19:56

Riza répondit par la négative à mon affirmation. Elle avait peut-être raison : elle connaissait son pays moi que moi après tout. Néanmoins, le MIS n’était pas exclusivement destiné à des missions qui concernaient la guerre, même si on avait cette impression vu la guerre omniprésente dans les missions actuelles de l’Institut. Et encore, dans le fond, on en savait rien parce que les missions devaient rester top secret. Et comme les agents respectaient l’établissement, ils respectaient cette règle essentielle. Même si c’était parfois difficile.

« On sait jamais… La situation peut changer. Même si ce n’est pas ce que je souhaite à ton pays ! » rajoutai-je quand même, avant de continuer sur ma lancée « Et puis, le MIS ne se consacre pas seulement à la guerre, tu sais. Moi, je suis sûr que la directrice pourrait t’arranger un truc ! »

La jeune fille écouta attentivement mon récit et semblait un peu triste. Il y avait de quoi. Et en même temps, elle souriait. Mais pourquoi ? La réponse ne tarda pas. En effet, elle posa sa main sur ma poitrine et dit d’un ton sincère qu’elle ne me considérait pas comme un criminel. Soulagement, donc.

« Merci… Tu es vraiment une bonne amie, tu sais. Rien que pour ça, je suis content d’être ici. Je me suis fait de bons amis, sur qui je peux compter. Des amis qui m’accepteront tel que je suis. »

Maintenant que j’y pensais, c’est ici que je me sentais à la maison. Nulle part ailleurs. Personne de mon ancienne vie ne me manquait. Pas même mes parents, finalement, parce que nous avions toujours vécu dans le mensonge. Que connaissais-je d’eux réellement ? Que pouvais-je déclarer avec certitude sur mes parents ? Rien…

« Donc c’est ici, mon chez-moi. On verra si plus tard, il me manquera. Mais je n’ai pas envie de penser à l’avenir. Je suis tellement bien ici… Et puis, je me sens utile à la société. Je fais quelque chose de constructif dans ma vie. C’est vraiment quelque chose d’agréable. Sans le MIS, je serais toujours dans la merde jusqu’au cou… »

Même si nous en avions déjà discuté ensemble plusieurs fois, c’était maintenant l’occasion d’aller plus loin dans ce thème, sans crainte, sans barrière.

« Tu te sens comment, toi, au MIS ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Lun 20 Juil - 15:38

Riza sourit à l'affirmation de Thomas. Il semblait persuadé que Kathleen pourrait faire une mission au Rwanda. La fillette trouvait que c'était assez improbable, si on pouvait faire des missions à la carte ça se saurait. Et elle se doutait que la directrice n'avait pas les moyens d'organiser une mission dans le pays d'origine de chaque agent : ce serait ingérable. Elle n'oserait jamais exprimer une telle demande à la directrice. Elle était trop respectueuse pour se le permettre. Mais elle appréciait beaucoup l'optimisme de son ami.

Riza acquiesça à la réponse de Thomas. C'était certain qu'elle l'acceptait comme il était, même si elle était encore loin de tout savoir sur lui. Elle savait que quoiqu'il arrive, elle le verrait toujours comme le premier ami qu'elle avait eu au MIS. Elle ne verrait toujours de la même façon, ça ne changerait jamais. Elle aussi, elle était contente d'avoir trouvé des amis au MIS. Même si elle n'en avait que deux, ça lui permettait de se sentir un peu plus intégrée ici, et ça lui mettait de la joie au coeur quand elle passait de bons moments avec eux.

Elle sourit lorsque Thomas lui expliqua que c'était ici, son chez lui. Elle était heureuse que son ami ait trouvé un foyer dans cet institut, une raison de vivre. Elle aussi avait été très heureuse de trouver une institution qui se battait pour les mêmes valeurs que les siennes. Comme quoi, ces valeurs étaient universelles et transcendaient les différences de culture.

Elle ne savait pas trop quoi répondre à son ami. Elle se sentait bien au MIS, mais elle ne pouvait pas dire qu'elle s'y sentait chez elle. Elle était un peu mal à l'aise, elle savait que tous les agents qui étaient ici depuis quelques temps se sentaient ici comme chez eux, elle avait l'impression d'être la seule à rester un peu "à part", à se sentir encore comme une expatriée. Comme une étrangère.

" - Eh bien, je me sens bien, j'aime ce qu'on fait ici, nos cours, nos missions... Je suis contente d'avoir donner ce sens là à ma vie. Mais je ne m'y sens pas encore chez moi... "

Elle commençait à bien comprendre le fonctionnement de cette société, mais ce n'était pas encore la sienne. Ce mode de vie, elle l'avait adopté, mais ce n'était pas le sien.  Elle se demandait si elle se sentirait un jour chez elle ici ou pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thomas Fauconnier
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 52
Date d'inscription : 19/08/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 12 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Mar 21 Juil - 20:22

Ainsi donc, Riza ne se sentait pas encore tout à fait chez elle ici. Thomas se mit à réfléchir tout haut, parce qu’après tout, il n’avait rien à cacher à son amie !

« Peut-être que dans le fond, les différences culturelles sont plus fortes à surmonter pour toi ? Moi je suis toujours dans mon pays, même si le contexte dans lequel je vis actuellement est on-ne-peut plus différent. Tu verras bien. Enfin l'essentiel est que tu te sentes quand même bien ici. Et puis, au pire, tu rentreras chez toi après… Enfin, c’est ce que tu souhaites, si j’ai bien compris…»

Ce qui voudrait dire qu’on ne se verrait jamais plus. C’était encore trop loin pour y réfléchir. Il fallait déjà survivre jusque-là… Et je ne savais absolument pas ce que je voulais faire de ma vie après MIS. Je préférais vivre au jour le jour. Cela correspondait un peu plus à ma philosophie de vie, même si j'avais parfois beaucoup de mal à la comprendre...

J’en avais marre d’être assis sur ce caillou, et tandis que les derniers rayons de soleil dardaient le lac, j’eus envie d’un peu dégourdir mes jambes. En même temps, mon estomac commençait à se faire entendre. Avant de continuer cette discussion passionnante, je lui fis donc la proposition suivante :

« Eh dis, ça te dit de faire tranquillement un tour du lac avant d’aller manger au réfectoire ? »


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Mer 22 Juil - 16:32

Riza acquiesça à ce que Thomas lui disait. Oui, elle était d'accord dans l'ensemble, les différences culturelles l'empêchaient sûrement de se sentir chez elle aussi. C'était surtout une question de valeurs, les choses importantes de la vie n'étaient pas les mêmes ici que là-bas, et ça donnait à Riza l'impression d'être bizarre. Parce-qu'elle écoutait beaucoup les esprits des ancêtres, alors qu'ici les gens n'y croyaient même pas. Pour d'autres choses, aussi. Mais elle s'était habituée à cette culture, c'était aussi le climat qui faisait qu'elle se sentait toujours déphasée. Ce milieu naturel, elle le connaissait bien trop mal, même avec le temps passé ici. Son peuple étant profondément attaché à la terre, elle ne peut pas se sentir chez elle dans un lieu aussi... Anthropisé. C'était ça son principal problème d'intégration. Le rapport avec la nature n'était pas du tout le même. L'Angleterre, c'était le pays de la révolution industrielle, et ça se voyait... Beaucoup trop à son goût, elle n'arrivait pas à s'y habituer. Mais elle continuait toujours d'espérer : un jour, elle s'y ferait.

Au fond, elle ne savait même pas si elle rentrerait chez elle après sa carrière au MIS. Elle y retournerait c'était certain, mais elle n'était pas sûre qu'elle serait encore capable de vivre là-bas... Avec ce que les blancs auront fait de leur village. Elle n'avait plus vraiment de famille là bas, la structure sociale a dû être complètement déstabilisée après le départ de sa mère qui était chef du village. Est-ce qu'elle retrouverait un foyer là bas ? Ou juste les ruines de son village, dévasté par la folie colonisatrice des blancs ? Ca lui faisait un peu peur à vrai dire, de voir ce qu'elle y trouverait. Peut-être que finalement, elle ne pourrait jamais retourner vivre là bas définitivement... Elle préférait ne pas y penser pour le moment.

Le ventre de Thomas gargouillait doucement. C'était rigolo, Riza sourit. Elle acquiesça à sa proposition, et le laissa se lever devant. Faire le tour du lac ? Elle en avait envie oui ! En un rien de temps, elle sauta dans le lac. Dans son saut, elle bouscula volontairement Thomas pour l'entraîner avec elle. Il était sérieusement déstabilisé, allait-il tomber à la flotte avec elle ou réussir à se retenir in extremis ? C'est vrai quoi, il avait dit "faisons un tour du lac", il n'a pas précisé dedans ou dehors...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thomas Fauconnier
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 52
Date d'inscription : 19/08/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 12 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Jeu 23 Juil - 21:51

Après quelques instants de réflexion personnelle, Riza sourit et accepta de faire un tour. Je ne savais pas ce qu’il se passait dans sa tête, même si je devinais un peu. Son passé et tout ça. Ça ne devait pas être facile tous les jours pour elle. Et d’ailleurs, je voyais bien qu’elle avait parfois du mal à s’intégrer dans le groupe d’agents. Elle n’allait vers personne et personne n’allait vraiment vers elle. Bien sûr, nous deux étions amis, et c’était ça qui importait. Mais j’espérais que Riza se ferait d’autres amis aussi. Que les autres auraient la curiosité d’aller vers elle. C’était une fille tellement chouette, qui méritait vraiment de se faire d’autres amis.

Je me levai donc et me lançai sur le petit chemin qui bordait le lac. Je m’attendais à ce que Riza me rejoigne, mais je fus bousculé violement, perdis l’équilibre et entendis un gros plouf. Mais que faisait donc mon amie ? Elle s’était jetée dans le lac… J’étais déboussolé et prêt à tomber dans l’eau, mais je réussis à me rattraper de justesse. Cela dit, il faisait chaud et un petit plongeon pour se rafraîchir me réjouissait d’avance. J’enlevai mon t-shirt et mon pantalon et sautai de toutes mes forces dans l’eau, en prenant bien soin d’éclabousser les alentours.

« Rah, ça fait du bien ! Là, tu as eu une excellente idée, Riza ! »

Je fis quelques brasses pour m’échauffer et me dirigeai vers l’autre agent, le sourire aux lèvres. Qu’est-ce que ça faisait du bien de se changer les idées ! L’exposé à préparer n’était absolument plus présent dans mes esprits… Là, je voulais m’amuser comme je ne l’avais plus fait depuis bien longtemps.

« Hey » m’exclamais-je « On fait une course jusqu’à l’autre bout de la rive ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Ven 24 Juil - 18:58

Dès son plongeon, Riza songea que l'eau était quand même bien froide dans ce pays. Pour un lac, l'eau n'était pas vraiment plus chaude que celle de la mer... Sale Angleterre. Mais Riza n'y pensait pas pour le moment, elle était très courageuse et la fraîcheur de l'eau n'était pas ce qui la dérangeait le plus. Elle avait la phobie de l'eau depuis l'accident où sa mère a perdu la vie, elle ne s'était jamais vraiment rebaignée depuis. En arrivant au MIS, elle avait été obligée de prendre des cours de natation et ça avait été très dur pour elle de surmonter ses peurs. Mais en véritable battante, elle y était parvenue. Aujourd'hui, elle avait sauté spontanément dans l'eau mais c'était la première fois qu'elle se baignait sans avoir pieds, pour son plaisir. Et Thomas la suivit allègrement. Malgré son appréhension, elle passait un très bon moment.

Une excellente idée. Voilà ce qui la ravit. Elle sourit à Thomas de toutes ses dents. Il lui proposa une course. Elle l'éclaboussa abondamment, comme pour se moquer de lui.

" - Oui si tu veux ! "

Et ils commencèrent à nager. Dès le départ, Riza savait que Thomas allait gagner. Elle avait beau avoir surmonté sa peur de l'eau, elle n'était pas encore une excellente nageuse et la plupart des agents du MIS étaient meilleurs qu'elle. Mais elle se prenait au jeu et finalement, arriva pas trop loin derrière lui. Elle était plutôt fière d'elle.

" - Félicitations Monsieur le nageur professionnel ! "

Elle rit et l'éclaboussa une fois de plus. Elle entreprit ensuite de sortir de l'eau, mais ses vêtements étaient lourds et gorgés d'eau. Elle sourit en songeant à l'allure qu'ils auraient en arrivant dans le réfectoire. Après tout, la journée de cours était terminée, Riza s'en contrefichait d'arriver sale et trempée pour le repas du soir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thomas Fauconnier
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 52
Date d'inscription : 19/08/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 12 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Sam 25 Juil - 20:40

J’étais plutôt impressionné par Riza, parce que je savais qu’elle avait peur de l’eau. Avec le PEI, nous avions du plusieurs fois parcourir une étendue d’eau, et à chaque fois, j’avais dû la pousser. Ici, c’était complètement différent, puisque c’est elle qui avait sauté en premier. Mais après tout, ce n’était pas la première que j’étais sidéré par les comportements de Riza, dans le bon sens du terme. Cette fille avait un courage et une obstination à faire pâlir la plupart des agents ici, au MIS, moi compris.

Riza accepta donc la course avec plaisir, tout en sachant qu’elle allait très probablement perdre. Comme à chaque fois. Mais on s’en foutait : on était là pour s’amuser. S’amuser et oublier les petits tracas et du stress qui nous harassaient ici, au MIS.

Je ne nageais pas spécialement bien, en fait, ce qui ne m’empêcha pas d’arriver tout juste avant Riza. Elle avait très bien nagé. Encore une fois, j’étais impressionné. Ce que je ne m’empêchai pas de lui dire, cette fois-ci.

« Bravo à toi, tu veux dire ! Tes progrès sont formidables, dis ! » lui dis-je donc tout enjoué, avant d’être largement éclaboussé par mon amie. Éclaboussure à laquelle je répondis avec joie. Après ça, je sortis agilement de l’eau, d’un bond souple – profitant de mon poids léger. J’étais content d’avoir enlevé mes vêtements avant de sauter dans l’eau. Même si mon corps était mouillé et que ce n’était pas très agréable, mes habits n’étaient pas gorgés d’eau et n’étaient ainsi pas lourds à porter.

Et ainsi, nous nous mîmes en route vers le réfectoire, l’estomac vide, afin de remplir et de contenter ce petit garnement. Et comme la nourriture au MIS était délicieuse, on pouvait d’ors et déjà s’en réjouir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Mutamuriza Karinga
Agent opérationnel débutant
avatar
Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
Missions effectuées: 1

MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   Lun 27 Juil - 0:01

La course avait été rapide mais super drôle au fond. C'était la première fois qu'elle avait réussi à faire passer son plaisir avant son appréhension, la première fois qu'elle avait apprécié une baignade depuis bien longtemps. Elle s'amusait beaucoup avec Thomas elle se sentait en sécurité et elle n'avait peur de rien. Ils avaient vécu tellement de chose ensemble tous les deux qu'elle se sentait invincible tant qu'il était dans les parages. Il lui donnait du courage et de la force, de l'assurance aussi. Bref, en opération ils déménageaient tout, mais elle se rendait compte que sa compagnie dans la vie quotidienne lui faisait du bien aussi. C'était encore plus qu'un ami cher, alors.

Et en plus, il la félicitait pour ses progrès. Elle le remercia avec un grand sourire, en même temps fière et gênée de recevoir un compliment - elle n'avait pas l'habitude. Mais elle était très contente de cette course, par contre elle eut des difficultés à sortir du lac. Elle n'avait pas pieds - évidemment - et les berges étaient glissantes et humides. Elle avait du mal à s'accrocher à l'herbe pour en sortir, et Thomas était sorti si rapidement et souplement... Elle se maudissait intérieurement, mais avant qu'il n'ait eu le temps de lui proposer son aide, elle finit par sortir. Elle était dégoulinante d'eau, elle voyait que Thomas avait retiré ses vêtements pour se baigner, quelque chose qu'elle n'avait pas songé à faire. Dans ses valeurs, le corps de la femme est très important. Elle respectait trop son propre corps pour le mettre à nu devant le monde entier - même s'il n'y avait Thomas. Pour elle, seul son futur mari aura le droit de voir son ventre, ses jambes découvertes, car celui qui voudra passer sa vie avec elle est le seul qui mérite de voir son corps. Personne d'autre. Son corps est à elle sinon, rien qu'à elle. Pour elle, ne pas se dénuder d'un centimètre en public, c'était une question de respect de soi. D'ailleurs ici, les femmes en général ne se déshabillaient pas beaucoup même pour se baigner. Les maillots de bains n'existaient pas encore...

Elle marchait vers le réfectoire, dégoulinante d'eau mais joyeuse comme un pinson aux côtés de son ami. Elle commençait à avoir faim, elle se réjouissait d'avance du bon menu que l'institut aurait concocté pour eux. Et après le dîner, ils devraient se mettre au travail... Cela ne l'enchantait pas, mais après ce moment de détente, elle était prête à se concentrer sur ses cours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Le clapotis du crépuscule [LIBRE]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Le clapotis du crépuscule [LIBRE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Obama en chute libre ...
» Un sous-vêtement dans l'arbre [Libre]
» JEAN JUSTE LIBRE HEUREUX ! JACQUES ROCHE EST MORT POU JE'L !
» Pas sur la neige...[Libre]
» ♦ Juste une envie d'oublier ... [ Libre ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Modern Institute of Seafront :: The Institut - Zone Rp :: 
La Zone de Détente et la Chapelle
 :: Le Lac
-