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 Visite chez le psy

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Le Schizophrène

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MessageSujet: Visite chez le psy   Jeu 16 Juil - 18:06

[02 mai 1941]

[Le Schizophrène joue ici le Psy Allan Jones]

Le Psy, Allan Jones, dessinait sur son bureau. Quand personne ne venait le consulter, c’est ce qu’il faisait. Il aimait bien ça, ça le détendait. Mais là, justement, on le dérangea. Quelqu’un frappa doucement à la porte. Allan invita cette personne à entrer dans son cabinet tout en rangeant son dessin dans un tiroir de son bureau. Il s’agissait de Kathleen Stevenson, sa meilleure amie depuis bien longtemps. Mais elle n’était pas seule, cette fois-ci. Un petit garçon, que le psy reconnu comme Gabriel Deschamps,  traînait les pieds derrière elle, visiblement peu ravi d’être ici. C’était compréhensible, se dit le psychologue : c’est rarement agréable d’avoir un problème.

Sa visite ne surpris nullement le psy. Gabriel avait été leur sujet de discussion l’autre midi, et la directrice l’avait effectivement prévenu que le garçon risquerait de passer dans son bureau les jours à venir.

« Bonjour, Gabriel »

L’homme le salua amicalement, avec un sourire accueillant. Il ne cacha pas le fait qu’il savait que le jeune agent viendrait. Mais en soi, c’était logique, vu que son professeur d’allemand lui avait dit qu’il serait envoyé au psy. Il était logique que celà arrivé aux oreilles du premier concerné, non ?

« Installe-toi donc confortablement dans le fauteuil là » Continua-t-il. Entre temps, la directrice avait disparue. « J’ai entendu tes exploits au cours d’allemand. » poursuivit le psy en riant légèrement, mais gentiment bien entendu, histoire aussi de mettre son patient à l’aise. « Ça fait du bien de dessiner, n’est-ce-pas ? Moi-même, je dessine quand j’ai du temps libre… »
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Ven 17 Juil - 18:27

Gabriel avait reçu une nouvelle convocation chez le psy, cette semaine. Il était assez surpris, curieux de savoir pourquoi on le rappelait. Depuis son arrivée au MIS, il avait eu des séances fréquentes avec le psy et ça l'avait beaucoup aidé à reprendre goût à la vie après les horreurs qu'il avait vécu. Malgré quelques réticences, il avait fini par se libérer de certaines choses des camps qu'il n'avait jamais dit à personne, et bizarrement il s'était senti mieux après. Le psy avait sû trouver les mots justes... Bien sûr, il n'avait jamais tout dit pour autant, il y avait beaucoup de souvenirs sombres qu'il gardait bien cachés et qu'il ne ressortirait pour rien au monde. Mais depuis ces séances, il allait mieux, et ses entrevues avec le psy s'étaient espacées pendant la première année, jusqu'à disparaître complètement. Il fut donc bien surpris devant cette convocation, surtout il ne comprenait pas ce que le psy aurait à lui dire. Il n'avait pas eu de mauvais comportement dernièrement, pas de problème particulier... Qu'est-ce qu'on pouvait bien lui reprocher ? Avant, il avait des séances systématiques lorsqu'il venait de faire une connerie. Mais ça faisait très longtemps qu'il se tenait à carreau, et qu'il maîtrisait ses nerfs à la perfection. Il avait trouvé un certain calme intérieur. Qu'est-ce qu'on lui voulait alors ?

Comme d'habitude, Kathleen l'accompagna jusqu'au bureau du psy. Au début il pensait que c'était pour être sûre qu'il allait bien aller au rendez-vous, mais avec le temps il avait bien remarqué que le psy était très ami avec la directrice. Alors il soupçonnait qu'elle l'accompagnait pour avoir une excuse pour passer voir son ami. C'était drôle, il se sentait vraiment chez lui ici, il connaissait toutes les petites habitudes des gens comme s'ils étaient des membres de sa famille - c'est d'ailleurs ce qu'il ressentait pour eux. Bref, il était bien ici. Et il était pressé de ce que le psy aurait à dire.

Il s'installa calmement dans le fauteuil indiqué, serein, le visage calme. Ses exploits en cours d'allemand ? Il ne comprenait pas. Il savait que le prof le détestait, qu'il l'avait toujours dans sa ligne de mire quoiqu'il fasse, mais qu'est-ce qu'il était allé raconter pour qu'il finisse chez le psy ? Il n'avait rien fait de mal. "Exploit" ? Il n'avait ni crié dans la salle, ni mis le bazar, ni organisé une mutinerie...Ca, ç'aurait été un exploit. Mais là non, il ne voyait pas où le psy voulait en venir au juste...

Ah, ces dessins ! Il les avait oublié. Oui, c'est vrai qu'il était énervé à ce moment là. Mais ces dessins étaient tout à fait appropriés sur le moment, Gabriel ne comprenait pas ce qu'il y avait de mal à ça.

" - Oui, j'aime bien dessiner. C'est un moyen d'expression que j'apprécie, c'est pacifique et ça ne gêne personne. Et puis théoriquement, ça reste personnel, un peu comme un jardin secret. C'est important pour moi de m'évader par ce biais là. Le dessin ça me canalyse beaucoup. C'est mieux que quand je me mettais en colère l'année dernière, vous ne trouvez pas ? "

Gabriel sourit chaleureusement au psy. Oui, il en avait entendu des vertes et des pas mûres de la part du blondinet, et il devait quand même être content que Gab' se soit vraiment calmé depuis. Ses mauvaises périodes s'étaient beaucoup espacées et il n'explosait plus comme avant. Pas de quoi se plaindre ou s'inquiéter. Gabriel ne comprenait toujours pas ce qu'il faisait là, en fait.


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Le Schizophrène

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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Dim 19 Juil - 12:30

[Le Psy, Allan Jones]

La réponse de Gabriel était pleinement satisfaisante, selon le Psy, Allan. Néanmoins, ce n’était pas pour ça qu’il était là. C’était pour la haine viscérale qu’il vouait à l’Allemagne et à ses habitants, exception faite de Matthias Speth, son ami.

Cette haine, le personnel du MIS avait du mal à la comprendre. Plus précisément, pourquoi elle persistait dans la tête du petit garçon. Parce qu’après analyse du récit du professeur d’allemand, Albert Kurtzmann, elle ressortait clairement.

Voilà à peu près ce que l’homme lui avait dit l’autre jour, quand il était venu après le fameux cours d’allemand. Le psy soupçonnait l’homme de légèrement exagérer la situation, mais il y avait forcément une part de vérité dans son discours :

Gabriel est un enfant qui travaille généralement bien et qui a fait de bons progrès. Mais ce qui ne progresse pas - ce que je regrette fortement -, c’est son aversion pour ma langue, ma culture, mon pays. Bien sûr, avec ce qu’il se passe actuellement dans le monde, c’est compréhensible. Mais avec tout le bagage intellectuel que nous leur inculquons, Gabriel devrait être à même de comprendre que ce qui est arrivé en Allemagne aurait pu arriver n’importe où dans le monde, même en France, d’où il vient. Je n’arrive pas à m’expliquer ce phénomène. Ce matin, au cours, il jouait avec son ami Matthias. Rien de grave jusque là, ce sont des enfants. C’est normal d’être parfois dissipé. D’autant plus qu’ils sont généralement sages. Je n’ai que très rarement dû leur faire des remarques ! Là où ça me semble plus inquiétant, c’est la réaction de Gabriel suite à ma remarque. En effet, au cours d’une interrogation surprise, le garçon a commencé à griffonner des dessins à travers des gestes brusques et rageurs. Des dessins bien noirs, de surcroît, provenant d’un garçon de son âge […]N’y aurait-il donc pas un trouble plus profond à ce qu’il s’est passé ?

Le psy n’en était pas vraiment sûr, mais ça ne lui coûtait rien de convoquer Gabriel. D’autant plus que ça c’était toujours bien passé par le passé. Allan pensait pouvoir raisonner le garçon quant à sa haine envers les allemands. Et puis, mieux vaut prévenir que guérir, comme dit le célèbre dicton.

« C’est effectivement beaucoup mieux, Gabriel. Néanmoins, c’est plutôt la raison de cette colère qui fait l’objet de cette visite, mon garçon. Nous avons un petit peu de mal à comprendre pourquoi elle persiste. Bien sûr, il y a des mauvais souvenirs, très mauvais même. Les qualificatifs pour les décrire ne sont pas suffisants. Néanmoins, nous avions travaillé l’année passée ensemble pour que tu puisses les mettre de côté. Or, cette fois-ci, ça ne semble pas avoir été le cas. J’ai eu la version des faits de ton professeur, M. Kurtzmann, j’aimerais bien avoir la tienne, maintenant. Qu’est-ce qu’il s’est passé à ce cours, de ton point de vue ? »
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Lun 20 Juil - 0:00

Gabriel était très attentif aux paroles du psy, au début il était plutôt réticent mais avec le temps il s'était rendu compte que c'était vraiment un homme de confiance qui était là pour l'aider. Il l'aimait bien, finalement, et il le respectait beaucoup. Il accordait donc beaucoup d'importance à ce qu'il disait. Et lorsqu'il expliqua enfin le problème qui touchait Gabriel, ce pourquoi il avait été convoqué, le blondinet se mit à se dandiner sur son fauteuil d'un air mal à l'aise, le regard baissé. Il adoptait cette attitude chaque fois qu'il était pris en faute, ou que l'on touchait à quelque chose de trop personnel en lui. Comme ses parents et l'homosexualité en général. Ou bien comme son passé en camp de concentration. Bref, il savait qu'il allait devoir s'expliquer au psy, et cette perspective ne l'enchantait pas vraiment. C'était jamais une partie de plaisir de parler de ces choses là, c'était intime et douloureux à la fois. Mais il savait que c'était pour son bien. Il se lança donc, non sans un malaise nettement visible.

" - Eh bien... Avec M. Kurtzmann c'est toujours un peu compliqué. Je sais qu'il ne m'aime pas. Et la façon dont il me parle... Il ne me traite pas comme les autres élèves. Je sens qu'il me méprise vraiment. Et quand il me parle avec mépris en allemand, vous savez... ça me rappelle certaines choses. Au dernier cours, j'ai eu cette impression encore plus fort que les autres fois. C'est comme si je revivais, vous savez... les traitements des camps. Je sens que le professeur ne me respecte pas comme un être humain, et vous savez, je sais que c'est mal, mais je ne peux pas m'empêcher de faire des comparaisons. Il ne m'aime vraiment pas vous savez, moi en particulier. Et il le montre devant tout le monde en cours. C'est humiliant."

Gabriel n'osait pas relever les yeux vers le psy. Il savait qu'il avait tort, de toute façon, les adultes ont tous les droits et il se doit de les respecter, c'est dans l'ordre naturel des choses et dans la hiérarchie de base de l'institut. Mais il se livrait honnêtement au psy, comme il l'avait toujours fait, car il savait que c'était la meilleure chose à faire. Il se demandait bien comment, cette fois, le psy allait réussir à régler le problème. Il avait toujours réussi, mais celui ci semblait plutôt insoluble pour le blondinet.


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Le Schizophrène

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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Mer 22 Juil - 12:28

[Le Psy, Allan Jones]

Lorsque le psy expliqua au jeune Gabriel la raison de sa présence ici, le petit se mit à se dandiner de malaise. Évidemment, le psy nota tout cela attentivement : le regard baissé, les joues légèrement empourprées, la position de ses mains par rapport à son corps, tout ça était très révélateur. Et très important pour un bon diagnostic, pensa Allan.

La gêne qui s’était emparée de lui était encore plus visible par le ton de sa voix, qui exprimait un certain malaise quant au sujet abordé. Le psy y avait été confronté de nombreuses fois au cours de sa carrière qui commençait d’ailleurs à cumuler quelques années. Ce ton du patient qui parlait avec réticence, mais qui parlait quand même. C’était pour leur bien, après tout.

L’explication du garçon était attendrissante, quelque part assez… naïve. Ça ne correspondait pas vraiment – voire pas du tout – à la façon dont Albert Kurtzmann avait décrit son élève. Néanmoins, ce que disait le blondinet était révélateur, et il devrait en toucher un mot au professeur d’allemand. Mieux valait ne pas tout de suite affoler Kathleen. Allan la connaissait bien, sa Kathleen. Il savait qu’elle ne devait pas l’affoler pour rien. En toucher un mot au professeur serait probablement suffisant. Il ferait plus attention. Et si ce n’était pas le cas… Eh bien alors, le psy en parlerait à la directrice. Mais dans un cadre strictement professionnel alors.

Lorsque Gabriel eut fini son explication, le psy commença le sien. Il était temps de mettre les choses au clair. Des deux côtés.

« Eh bien, Gabriel, je ne serais pas aussi sûr de ce que tu racontes à propos de M. Kurtzmann. Quand tu dis qu’il ne t’aime pas. Je ne suis pas sûr que ce soit vrai. J’ai discuté avec lui, l’autre jour. J’ai noté ce qu’il avait dit. Je vais te lire quelques phrases de ce qu’il a dit spontanément – et je peux te dire qu’il pensait réellement ce qu’il disait… Je peux voir ça.»

Allan ressortit donc le bout de papier avec ses notes de sa poche, et commença à lire quelques extraits :

« Gabriel est un enfant qui travaille généralement bien et qui a fait de bons progrès.[...] Ce matin, au cours, il jouait avec son ami Matthias. Rien de grave jusque-là, ce sont des enfants. C’est normal d’être parfois dissipé. D’autant plus qu’ils sont généralement sages. Je n’ai que très rarement dû leur faire des remarques ! […]»

« Il te décrit plutôt positivement, non ? » surenchérit le psy. « Maintenant, je vais te dire pourquoi il réagit comme ça avec toi. Je vais lire un autre extrait de ce qu’il m’a dit… »
« Mais ce qui ne progresse pas - ce que je regrette fortement -, c’est son aversion pour ma langue, ma culture, mon pays. Bien sûr, avec ce qu’il se passe actuellement dans le monde, c’est compréhensible. Mais avec tout le bagage intellectuel que nous leur inculquons, Gabriel devrait être à même de comprendre que ce qui est arrivé en Allemagne aurait pu arriver n’importe où dans le monde, même en France, d’où il vient. Je n’arrive pas à m’expliquer ce phénomène. […] »


« Il parle ensuite du dessin, et finit par dire : "N’y aurait-il donc pas un trouble plus profond à ce qu’il s’est passé ? " Je crois qu’il s’inquiète pour toi ! Que penses-tu de tout ça ?»

Néanmoins, tout n’était pas encore dit…

« Bon, mais d’après ce que tu me dis, il n’a pas toujours une réaction adéquate avec toi. Est-ce que tu voudrais que j’aille lui en toucher un mot ? Peut-être qu’il ne s’en rend pas compte non plus. » Et de confesser, amusé, à son jeune patient. « Tu sais, les adultes sont loin d’être parfait, comme on laisse souvent croire aux enfants ! Ils ont même beaucoup de défauts. Que penses-tu de tout ça, alors ?»
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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Mer 22 Juil - 17:04

Gabriel fut très surpris par la réponse du psy. Il lui lut des extraits du mot que lui a fait passé le professeur d'allemand. C'était très inhabituel, en général les mots que se passaient les adultes entre eux ne venaient jamais à l'oreille des agents. C'était le système secret de fonctionnement du MIS, la communication entre le personnel encadrant, et les enfants n'avaient pas le droit d'y mettre le nez. Cette règle était d'ailleur scrupuleusement respectée par les gamins, et surtout par Gabriel, par respect naturel de l'autorité des adultes. Il leva les sourcils sans dissimuler sa surprise. Néanmoins, il ne fit aucun commentaire et se contenta de hocher la tête. Il ne savait pas quoi répondre, mais au fond, ces mots là ne voulaient rien dire. Il savait très bien ce que le prof pensait de lui, il le sentait lorsqu'il l'avait en face de lui, il le voyait dans son regard et dans le son de sa voix. Il avait appris à voir ces choses là durant sa vie. Le mot qu'il avait écrit au psy était très formel, il ne voulait rien dire. Le prof n'aurait de toute façon jamais parlé de ce qu'il pensait personnellement de Gabriel, ça n'aurait pas été professionnel du tout il n'en aurait jamais parlé à ses collaborateurs du MIS. Mais Gabriel, lui, savait ce qu'il en était. Et ce n'était pas une note de service qui allait le berner, non. En vrai, le prof' n'avait pas menti, mais il avait décrit des choses très factuelles, des observations objectives. Il ne parlait absolument pas de son état d'esprit personnel, ce qui était normal dans son métier. Raison de plus, ces mots ne prouvaient rien...

Gabriel haussa les épaules. Il ne pensait rien de tout ça. Il pensait que le prof faisait très bien son job, professionnellement parlant. Il pensait que le prof avait néanmoins un grief personnel contre lui, mais que ça, par professionnalisme, il ne le dirait jamais au psy. Et Gabriel n'allait pas lui en parler non plus, ça ne servirait à rien. Ce serait comme "hors sujet", et il ressortirait le joli mot bien écrit du professeur. De toute façon, tant que le psy ne voyait pas le regard méprisant que le prof' lui jetait en cours, son ton acerbe quand il s'adressait à lui devant tout le monde, il ne le croirait pas. Et c'était évident que le prof ne montreraient jamais ce comportement là devant ses collègues. Bref, ça ne servait à rien d'en dire plus au psy...

" - Non, c'est gentil, mais je ne pense pas qu'en parler au professeur arrangerait vraiment les choses. J'espère juste qu'il va cesser de me prendre pour cible devant les autres, mais si vous dites qu'il m'aime bien et qu'il s'inquiète pour moi, il devrait arrêter de lui-même. Ne l'ennuyez pas pour moi Monsieur. "

Non, c'était sûr qu'il ne voulait pas que le psy en parle au prof. Ca ne pourrait qu'empirer les choses. Un gamin qui demande l'aide au psy pour que le prof soit plus gentil avec lui... C'était voué à l'échec. Le prof le détesterait encore plus après. Non, il valait mieux ne rien faire, et Gabriel prendrait sur lui. Après tout, il n'avait pas tant de cours d'allemand que ça dans la semaine, et parfois ça se passait normalement. Pas de quoi s'inquiéter, de toute façon la prochaine fois, il garderait ses dessins pour lui, c'était certain.


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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Sam 25 Juil - 19:18

[Le Psy, Allan Jones]




Le psy fut légèrement étonné de la réponse que lui donna Gabriel. Il avait utilisé un ton complètement différent des explications qui avaient précédées. Un ton neutre, posé, comme s’il n’y avait rien de grave. Mais était-ce réellement le cas. Allan ne pouvait pas en être sûr. En fait, si. Bien entendu qu’il y avait un problème. Avec le professeur, ça c’était certain. Même si on ne pouvait totalement effacer ses préférences et qu’on était forcément au moins un peu subjectif, le psy pensait qu’il fallait tout de même trouver un certain équilibre, qui là, pour le coup, manquait. Ça crevait les yeux.

Bien sûr, le psy respecterait la décision de l’enfant, de ne pas aller lui en parler spontanément. Néanmoins, que ferait Allan si Herr Kurtzmann venait lui demander ce que Gabriel lui avait dit ? Évidemment, il y avait toujours l’option du secret professionnel, bonne technique de fuite. Mais ne devrait-il pas en parler au professeur quand même ? Allan était là face à un dilemme. Peut-être qu’après tout, il ferait mieux d’en parler à Kathleen, son amie de toujours. Elle saurait surement que faire…

Tout n’était pas réglé, néanmoins. Il restait un point délicat, dont le psy devait quand même discuter avec Gabriel. Celui du respect de la culture. Certes, l’enfant avait fait d’énormes progrès là-dedans. Mais continuait-il à considérer tous les allemands comme des petits nazis ?

Allan prit la parole.

« Je respecterai ce choix, Gabriel. C’est toi qui vois. Il reste un extrait de ce que ton professeur d’allemand a dit – et j’insiste sur le fait qu’il a dit tout ça à haute voix – dont j’aimerais bien discuter avec toi. Et je vais te demander pour cela de mettre le cours d’allemand que tu as ici de côté pour répondre à ça. Et comme d’habitude, je te demande d’être honnête avec moi, sinon ta présence dans mon bureau ne sert à rien. Qu’est-ce que tu ressens par rapport à la langue et à la culture allemande ? »

Après ce sujet clôt, la visite de Gabriel le serait aussi. Le Psy n'avait plus grand chose à lui dire et le garçon savait que s'il avait un problème dont il voulait parler à quelqu'un, la porte de son cabinet était toujours ouvert...
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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Dim 26 Juil - 15:57

Gabriel ne savait pas trop ce que le psy allait en penser, mais le blondinet était persuadé que l'inaction était la meilleure des solutions dans ce genre de contentieux avec des personnes. Après tout s'il ne réagissait pas, le prof allait bien finir par se lasser de le prendre pour cible et il allait passer à autre chose, c'était logique... Il inclina légèrement la tête en signe de remerciement lorsque le psy dit qu'il respecterait son choix. C'était très gentil de sa part, après tout les adultes ont tous les pouvoirs et il pouvait bien faire ce qu'il voulait de son côté.

La question suivante le désarçonna un peu. En fait, il était surpris que le psy lui en parle encore. Ca faisait très longtemps que Gabriel était passé au-delà de ça, en quelques mois après son arrivée au MIS il avait déjà radicalement changer d'idée sur les Allemands en général. Il ne comprenait pas pourquoi le psy lui en reparlait encore deux ans après. Comme s'il voulait ressortir de vieux problèmes réglés depuis longtemps. Ou alors il le pensait vraiment aussi mauvais et rancunnier au fond ? Est-ce qu'il avait l'air d'avoir un mauvais fond, fait de jugements injustes ? C'était pas très gentil de penser ça de lui... Le blondinet en était presque vexé. Il répondit quand même aussi poliment qu'on le devait avec les adultes.

" - Merci Monsieur. Ce que je ressens ? Ca fait longtemps que j'ai compris que les Allemands, c'était un peuple européen comme les autres, avec une culture et une langue propre, et que les nazis, ce sont des fous extrémistes qui peuvent être de n'importe quelle nationalité. Je fais bien la différence entre une origine ethnique et une idéologie Monsieur. "

Il avait dit ça d'un ton sûr de lui, presque indigné. Oui en arrivant, il avait des difficultés avec la langue allemande, mais il fallait le comprendre, il ne l'avait entendue que dans les camps de concentration ! Il était assez intelligent pour avoir changé très rapidement d'avis au MIS. Il se sentait comme pris pour un petit monstre stupide, mais il essaya de ne pas faire paraître son mécontentement. Ca faisait quand même deux ans qu'il était là, il était l'un des premiers agents recrutés, il s'attendait quand même à un peu plus de considération de la part du personnel...

Après bien sûr, lorsqu'il entendait quelqu'un crier en allemand, avec énervement et mépris, il avait toujours des frissons dans le dos. Mais ça, il ne pouvait rien y faire, et ce n'était pas pour ça qu'il en pensait du mal. C'était une réaction humaine, non ?


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MessageSujet: Re: Visite chez le psy   Jeu 30 Juil - 8:30

[Le Psy, Allan Jones]

Le petit Gabriel sembla légèrement vexé, alors que ce n’était bien entendu absolument pas le but recherché par le psy. C’est vrai que parfois, peut-être, il formulait mal ses questions ou ses observations. En même temps, jouer avec les émotions était une bonne façon de voir ce qu’il se passait réellement dans la tête de ses patients.

Et c’est à cette politesse légèrement exagérée qu’Allan pouvait deviner que le petit était vexé. Son ton n’était pas assez naturel. Cela étant dit, le petit avait l’air tout à fait honnête, et le psy était disposé à le croire. C’était tout de même essentiel qu’il place une certaine confiance en ses patients… C’était quelque chose, il le savait bien, que ceux-ci pouvaient ressentir, ne fût-ce qu’inconsciemment.

Avec tout ce qui avait été dit, ce court entretient pouvait maintenant être clôturé comme il se devait, après quoi, Allan irait rédiger un petit rapport qu’il devrait aller glisser dans le dossier de l’agent. C’était une règle. C’était la façon du MIS de tenir à jour ses dossiers. C’était important. En tous les cas, Allan approuvait cette façon de fonctionner.

« Eh bien, merci Gabriel. Tout va bien, il n’y avait pas de raison de s’inquiéter de ton côté. Si tu as des questions, ou si tu as envie de parler de quelque chose, tu sais que je suis toujours disponible. » dit-il donc à l’enfant en souriant bravement. « Sinon, je te souhaite une bonne journée » conclut-il de façon amusée.
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