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 Le grand frisson

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Alassane Ndiaye
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MessageSujet: Le grand frisson   Sam 25 Juil - 17:02

[25 juillet 1942]

Alassane vivait à l'institut depuis une dizaine de jours. Il avait assez vite pris ses marques dans cet endroit, l'ensemble du personnel était très courtois, il se sentait déjà presque chez lui. Il ne s'attendait pas à un accueil aussi chaleureux à vrai dire, il s'attendait à davantage d'indifférence, au mieux. Il était donc très agréablement surpris par la mentalité qu'il rencontrait ici, ça dépassait même ses espérances, il était très heureux d'avoir atterri ici. Quelle chance il avait eue !

Il commençait à prendre une routine assez sympa ici. On mangeait bien, il s'était fait de bonnes connaissances dans le personnel enseignant, un peu moins avec le personnel de terrain - ses plus proches collègues - car la plupart était en opération. Mais ça ne devrait pas tarder... Sa chambre était aussi très confortable. Il avait un nouveau dans sa chambre depuis peu, mais ils vivaient à des horaires décalés et ne s'étaient pas encore beaucoup croisés, il n'avaient pas eu le loisir de discuter pour le moment.

C'était dimanche, jour de repos. Il se demandait ce qu'il allait faire aujourd'hui... Il avait occupé toute sa semaine en réunions, avec Kathleen et quelques entraîneurs, pour connaître la politique de l'établissement, la méthode pédagogique en vigueur, les objectifs principaux... Le tout lui plaisait beaucoup pour le moment. Tout était centré sur le bien être des enfants, c'était ce qui importait le plus pour lui. Ca lui plaisait beaucoup de donner sa carrière à ces enfants exceptionnels, qui pour certains venaient de très loin. Il avait pris beaucoup de notes et s'était efforcé de retenir toute cette masse d'informations dans la semaine. A présent, il était rompu à tous les principes de fonctionnement du MIS. il était prêt pour commencer son entraînement au SIS. Et à vrai dire, il avait hâte de prendre pleinement ses fonctions à l'issue de ce programme d'entraînement initial... Même s'il savait qu'il allait en chier, ça ne pouvait pas être pire qu'à l'armée en France. Il en était plus que certain.

Il avait passé ces dix jours à marcher sur le site de l'institut en long, en large et en travers. Il connaissait l'endroit comme sa poche à présent. La Chapelle était le seul endroit qu'il n'avait pas encore visité, avec le cimetière. Il passait souvent devant, mais il n'avait jamais eu l'envie de l'approcher de plus près. Il n'avait aucune affinité pour ce genre d'endroit. Mais il songea que pour vraiment se sentir chez lui ici, il fallait qu'il connaisse en détails les moindres recoins de l'institut, et malheureusement, cette fichue chapelle en faisait partie...

En entrant, il constata aux signes religieux en place que c'était une Chapelle historiquement protestante. C'était un bon point, il ne pouvait pas saquer les catholiques et il ne connaissait pas vraiment la religion "rivale", peut-être qu'elle était moins chienne ? Il observait le lieu, les symboles en général. L'enceinte était totalement vide, les gens ici n'avaient pas l'air très pieu, ce qui était extrêmement rassurant. Ce qui corroborait cette hypothèse c'était aussi l'état relativement délabré de la Chapelle... Autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle était beaucoup moins rénovée que le reste des bâtiment de l'institut, c'est bien qu'elle n'était pas d'une grande importance dans la vie des gens.

Alassane s'assit sur un banc au premier rang, fixant l'autel d'un regard vide. Soudain, la porte d'entrée grinça et des pas se firent entendre. Le jeune homme ne se retournait pas mais d'instinct, un grand frisson lui parcourut le dos. Ses cicatrices dorsales commençaient à lui picoter sérieusement, c'était le souvenir de la cruauté du prêtre catholique qui remontait. Il détestait cet endroit, il n'y reviendrait pas souvent c'était certain.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Dim 26 Juil - 19:40

Nikita allait mieux maintenant. Il était là depuis une dizaine de jour comme un autre adulte fraîchement recueilli par le MIS avec qui il partageait sa chambre. C’était un homme noir, d’origine africaine. Nikita n’avait pas vraiment l’habitude de voir ça, mais il n’en avait rien à faire de sa couleur de peau. C’est vrai, qu’est-ce que ça changeait ? Un homme reste un homme. Les rares fois où ils avaient discuté ensemble, d’ailleurs, Nikita avait eu son comportement habituel qu’il adopte avec quelqu’un qu’il ne connait pas : il était froid et neutre.

Mais ce n’était qu’arrive une fois ou deux, en fait. Parce que Nikita était resté allongé une bonne partie de la semaine précédente à l’infirmerie et qu’il venait tout juste d’aménager dans leur chambre deux jours avant.

Maintenant qu’il pouvait librement marcher avec ses deux jambes, il en profita pour faire un tour complet du domaine. Difficile à faire en seulement deux jours. Il y avait tellement de recoins, tellement de détails qui avaient dû échapper au russe. Mais il avait parcouru le gros de l’institut. Restait à présent la chapelle, qu’il n’avait pas encore visitée.

Était-il orthodoxe ? Nikita n’en savait trop rien. En URSS, la religion était proscrite et formellement interdite. Lui, comme ses parents, respectaient plutôt scrupuleusement les règles. Et c’est d’eux qu’il devait tirer ce trait de caractère sans doute. Ils n’avaient donc jamais été aux rares cultes qui avaient encore lieu, dans les rares églises qui étaient encore debout. Beaucoup de bâtiments à caractère religieux avaient été brûlés par les bolcheviks. Ils n’avaient jamais réellement parlé de Dieu à la maison, non plus. Comme beaucoup d’autres choses dans sa jeunesse, Dieu ne l’intéressait pas. Et si, avec les voyages, ça avait quand même changé, la religion restait un domaine qui laissait le jeune russe complètement froid. Il n’avait jamais eu besoin de Dieu pour avancer dans la vie, et il ne voyait pas pourquoi ça changerait.

Néanmoins, la chapelle, et le cimetière qui allait avec, faisaient partie de l’institut. Et Nikita sentait donc qu’il devait au moins aller y faire un tour. Quelqu’un avait eu la même idée que lui, au même moment. Coïncidence, il s’agissait d’Alassane.

Nikita avança dans la petite salle, en ne sachant que faire. Il espérait une réaction de son collègue. Mais celui-ci resta de marbre. Bien. Que faire ? Le nier et aller dans un autre coin de la chapelle ? Ou aller lui parler ? Bien sûr, Nikita n’avait pas très envie d’aller parler à un inconnu. Mais en même temps, il ne savait pas trop que faire ici. Il n’allait quand même pas prier Dieu ? Il ne voulait pas bêtement rester planté là, à ne rien faire. Le jeune se décida finalement, mais avec réticence, à prendre la parole, dans son anglais tinté d’un fort accent russe. Il faisait encore des fautes, mais suivait déjà des cours d’anglais pour parfaire sa maîtrise de la langue de Shakespeare.

« Tu viens souvent prier ici ? » demanda-t-il donc finalement d’un ton neutre et légèrement plus chaud que d’habitude. Mais la différence était à peine perceptible, en fait. Surtout pour quelqu’un qui ne connaissait pas Nikita et qui n’était pas habitué à des tons froids.
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Alassane Ndiaye
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Lun 27 Juil - 16:25

Des frissons me parcouraient toujours le dos, alors que je revoyais la cruauté du curé devant moi, aussi nettement que si j'y étais encore. Ces bâtards n'ont aucun respect de l'enfance et de la différence, il n'y a aucune tolérance dans leur coeur. Cette chapelle sentait la même odeur que celle qui m'assaillait dans ces églises bourrées de blancs puant l'encens. J'avais oublié que la porte de la chapelle avait grincé avant et la personne qui était entrée était si discrète et silencieuse que je me croyais de nouveau seul dans l'enceinte.

Sur le moment, j'aurais voulu répéter les prières de ma mère, mais ça aurait été une offense à ma famille de faire ça dans une église chrétienne. Et puis, au fond, je ne croyais même pas aux prières que je pouvais faire ici, je savais qu'il n'y avait personne pour les entendre car oui, s'il y avait quelqu'un là-haut qui exauçait les voeux des gens, ça se saurait ! On ne verrait pas tant d'horreurs ici-bas... Je secouai la tête, agacé. C'est bon, j'étais venu visiter l'institut, j'avais vu l'intérieur de la Chapelle, elle était décrépie, avec de vieilles statues noircies par le temps. J'étais venu, j'avais vu et vaincu, je pouvais repartir. Sauf qu'une voix se mit à raisonner sous le haut plafond de la chapelle.

Je sursautai vivement. J'avais oublié ce nouveau venu. Je reconnus vaguement cette voix, sans pouvoir vraiment lui mettre un nom. Je me retournai vers la personne, et reconnus mon camarade de chambre, qui semblait avoir le même âge que les plus vieux agents mais qui avait le même poste que moi à l'institut. Il s'appelait Nikita et il était russe, c'était à peu près tout ce dont je me souvenais. Nos rapports avaient pour l'instant été très limités, on avait eu des contacts assez froids mais je ne m'en formalisais pas, après tout on ne se connaissait pas encore c'était normal qu'il se méfie de moi. Je viens souvent prier ici ? Je souris à mon coloc'. Non, c'était vraiment pas dans mes habitudes.

" - C'est la première fois que je viens, je n'avais pas encore visité cette partie là du campus. Je n'ai pas vraiment l'habitude de prier. Et toi, tu viens souvent ici ? "

Je n'étais pas un bon musulman, ni un bon chrétien, je n'étais ni l'un ni l'autre d'ailleurs. Je n'étais qu'un fils du monde et de la terre, je ne croyais en rien d'autre qu'en la nature et en mes ancêtres. Je savais d'où je venais et où je voulais aller, c'était ça l'important. Et surtout, je savais que je ne pouvais compter que sur moi-même pour y arriver...

Je me demandais vaguement ce que Nikita pensait de la religion. Je ne connaissais pas du tout les coutumes russes, en fait je ne savais presque rien sur l'URSS, à part qu'ils étaient communistes. Est-ce qu'ils étaient croyants ? Est-ce qu'on pouvait déconner avec eux sur la religion, ou alors c'était vraiment un truc à ne pas faire ? Je ne savais pas, et dans le doute, je ne préférais pas tenter le diable. Je ne voulais pas me mettre à dos mon coloc' de chambre dès la première semaine. J'espérais quand même bien m'entendre avec lui, à la longue, on était amené à partager beaucoup de choses à l'avenir, autant avoir de bonnes relations.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Mar 28 Juil - 20:44

L’homme en face de Nikita sursauta brièvement puis sourit à la question posée. Se moquait-il donc du Russe ? Celui-ci n’aurait su dire, mais il n’avait pas grand-chose à en faire à vrai dire. Mais au vu de sa réponse, le marin se dit qu’Alassane devait plutôt sourire parce qu’il ne semblait pas très croyant.

En même temps, le jeune homme n’y connaissait vraiment rien en religion. Ça ne lui inspirait rien non plus d’ailleurs. Ni crainte, ni bonheur. Rien du tout. Dieu n’était qu’un concept vague qu’un vieux fou avait inventé un jour et que tout le monde avait adopté, aux yeux de Nikita.

« Non… » répondit simplement le garçon, avant de s’avancer un peu plus, vers l’autel délabré. La chapelle n’était pas en bon état. C’était évident. Elle n’était pas entretenue au même rythme que le reste de l’infrastructure du MIS. Que l’institut consacre son argent à autre chose qu’à ça, approuvait justement le Russe. Il s’abaissa vers un portrait vieilli d’un saint quelconque, puis vers une statue poussiéreuse représentant la Vierge Marie. Enfin, là, sur le mur, à côté du vitrail, avait été peinte en grand la crucifixion du Christ. Nikita prit une mine dégoutée et se retourna vers son interlocuteur.

« La Religion a été abolie en URSS, » poursuivit soudainement Nikita. Il savait qu’il pouvait se permettre ça vu qu’Alassane n’avait pas l’air trop croyant. Et de toute façon, il accordait peu d’importance à ce que l’autre pouvait penser de lui. « et ils ont eu bien raison, je crois… Je n’aime pas cet endroit.»

Nikita continua néanmoins son tour de la petite salle. Il était à la fois fasciné et profondément dégouté. Il était rentré une fois dans une église en Russie, et ça brillait d’or partout, alors qu’ici, l’ambiance était sombre et pesante. Le Russe se demandait comment les catholiques avaient envie de passer du temps ici. Lui, au contraire, avait envie de partir au plus vite. Il frissonna légèrement, alors qu’il observait suspicieusement un confessionnal, qui autre fois avait été soigneusement sculpté. Mais maintenant, les gravures s’étaient plus ou moins effacées avec le temps et le bois avait l’air juste abimé. Le tissu, de couleur verte, qui couvrait les fenêtres, était rongé par les mites. Et Nikita avait déjà un peu oublié qu'il n'était pas seul...
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Alassane Ndiaye
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Dim 2 Aoû - 18:49

Cet endroit m'inspirait toujours les pires craintes, je détestais tout ici. Comme dans beaucoup de lieux de cultes chrétiens, catholiques ou protestants, c'était la même chose. Ils avaient tous le même Dieu, je n'avais jamais trop compris pourquoi les religions se tapaient sur la gueule entre elles d'ailleurs, ni pourquoi le curé m'avait interdit de prier à ma façon puisqu'on s'adressait à la même personne. Ca avait réglé le problème : maintenant, je ne prie plus du tout, et j'emmerde ceux qui veulent que je le fasse. Personne ne me le demande à présent, de toute façon. Et c'est bien mieux comme ça.

Je souris en entendant la réponse de Nikita. Je ne le connaissais pas encore, mais ça nous faisait au moins un point commun : nous ne sommes pas pratiquants tous les deux. Je n'allais pas lui demander s'il était croyant, c'était une question un peu trop personnelle. Mais tant qu'il ne passait pas sa vie à se prosterner ou à venir dans cette Chapelle délabrée, ça m'allait très bien et d'une certaine façon, ça nous rapprochait. Ca aurait été un peu gênant sinon.

" - C'est sûr... "

Ils ont eu raison, c'est le moins qu'on puisse dire. Quelle bonne idée d'abolir la religion... Ca permettait aux gens de se concentrer sur les choses importantes de la vie - le travail, la famille... et ça éloignait les gens des conflits inutiles et des intolérances déplacées.

Bref, je commençais à avoir de la sympathie pour mon coloc', même sans le connaître pour le moment.

" - J'aime pas cet endroit non plus. On peut sortir prendre l'air ? "

Ca sera plus agréable, moi j'étouffais ici j'allais péter un câble si je restais là encore. J'entendais la ceinture du curé siffler dans l'air, j'allais devenir fou si je restais enfermé dans ces ruines. Je sortais autour de la Chapelle, avec Nikita, pour visiter les alentours. C'était pas vraiment plus gai : il y avait des tombes en ruines tout autour... Mais j'étais curieux de voir ça, ça n'avait rien à voir avec nos cimetières au Sénégal. C'était une découverte culturelle intéressante. Je me penchais sur les tombes, tentant de comprendre ce qui était gravé dessus. Je me demandais ce qu'en pensait Nikita.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Mar 4 Aoû - 22:34

Alassane sembla approuver ce que le Russe venait de dire en ajoutant qu’il souhaitait sortir. Nikita avait fait le tour de la chapelle et savait à présent qu’il n’avait rien raté dans sa jeunesse. La religion, c’était pas son truc. Il haussa légèrement les épaules en signe d’approbation et suivi l’autre homme dehors. Là, des tombes tenaient encore d’avoir l’air crédible dans leur fonction. Ce n’était pas très réussi.

Les sculptures en pierres n’étaient plus entretenues depuis longtemps, et ça se voyait. La mousse avait recouvert la plupart de celles-ci. Sans doute que la moisissure et la pluie fréquente de l’écosse étaient venu rompre le matériau jusqu’à son cœur, dispersant par la suite de ses morceaux un peu partout. Les rares pièces qui tenaient encore debout étaient devenues illisibles et ne commémoraient donc plus vraiment les cadavres enterrés en-dessous de leurs pieds. Bref, étant mort, on pouvait rêver meilleur cimetière pour être mis en bière.

Nikita n’avait personnellement jamais connu la mort. C’était une chose presque inconnue pour lui. Ses parents étaient certes morts, entre temps, mais ça, il ne le savait pas. Personne ne l’avait mis au courant. Il avait également vu des lointains collègues périr durant leur mission, mais ça ne l’avait pas vraiment affecté parce qu’il ne les connaissait pas. Il n’avait pas peur de la mort. Il voyait plutôt celle-ci comme une libération éternelle de la vie quotidienne et de la fatigue qui s’accumulait au cours de la vie. Nikita n’avait beau avoir que 21 ans, ses récentes découvertes sur le système général du monde militaire lui pesaient encore clairement sur les épaules. Il se demandait ce qu’Alassane en pensait, de la mort. C’était peut-être un peu direct, comme question. Mais le tact n’était pas exactement le point fort du Russe.

« As-tu peur de la mort ? »

C’est vrai. Il n’avait jamais trouvé quiconque aussi serein que lui par rapport à ça. Peut-être qu’Alassane serait cette première personne ? C’est peut-être ça qui l’avait motivé à poser cette question, à sa propre surprise, puisqu’il était d’un naturel taiseux.
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Alassane Ndiaye
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Mer 5 Aoû - 16:55

Alassane observait les tombes avec curiosité. Elles étaient en très mauvais état, couvertes de mousses et la plupart des tombes était brisée par le milieu, comme si la foudre était tomber sur le mort pour lui fendre le crâne en deux, et que la pierre tombale avait pris en premier. C'était une atmosphère largement aussi glauque qu'à l'intérieur de la Chapelle, mais le jeune homme y voyait moins de signes religieux ce qui le mettait de suite beaucoup plus à l'aise. Il essayait de déchiffrer les écriteaux mais il n'y avait rien à y faire : ils étaient en bien trop mauvais état pour être lus. Il ne pouvait que deviner une lettre par pierre, et ce n'était pas suffisant pour comprendre. L'humidité et l'érosion avait vraiment bien fait son oeuvre ici, et à présent, qui que soient ces personnes qui étaient enterrées ici, puisque le site était militaire à haut niveau de sécurité, personne ne pouvait se recueillir ici. Les personnes d'ici étaient bel et bien vouées à l'oubli, et certainement déjà oubliées. Ce n'étaient pas des gens connus du MIS c'était évident, l'institut était bien trop récent pour ça. Il devait y avoir un ancien village, ici... Et les résidents avaient abandonnés ces morts là.

C'était souvent ça, l'oeuvre du temps. C'est pour ça que ses ancêtres donnaient beaucoup d'importance à l'esprit des morts, ça permettait de ne pas oublier les vies passées. Car physiquement, elles retournent poussière, mais si quelqu'un s'en souvient, les personnes vivent encore quelque part. Ces gens enterrés sous ces pierres, c'était comme s'ils étaient morts deux fois : une deuxième fois le jour où l'humanité les avait complètement oubliés...

La phrase de Nikita fit sursauter Alassane, perdu dans ses pensées. Est-ce qu'il n'avait pas peur de la mort... Il l'avait vu de si près au champ de bataille qu'il avait appris à la dédiaboliser, voire à la tourner en dérision. Il avait développé un certain humour noir sur le front,  c'était un gage de bonne santé mentale pour les hommes qui font la guerre, un moyen efficace de garder espoir et optimisme au milieu du carnage. Depuis, il ne s'était pas trop posé la question... Au fond, il n'avait pas spécialement peur de la mort, il savait que c'était une étape de la vie. Il avait plus peur de l'oubli, mais il savait que quelque part, au Sénégal, des gens se souvenaient de lui et s'adresseraient toujours à son esprit lorsqu'il sera mort. Certains le faisaient peut-être déjà, beaucoup de membres de sa famille devaient le croire mort... il devait vraiment retourner là bas un jour, pour revoir tout le monde. Mais pour l'instant, non, il n'avait pas peur de la mort. A l'époque quand il était de la chair à canon, il en avait encore moins peur car il voyait la mort comme une délivrance, une libération suprême. Aujourd'hui, il avait un job qui le passionnait et il tenait beaucoup plus à la vie. Est-ce que tenir à la vie signifie forcément qu'on a peur de la mort ?...

" - Je ne crois pas avoir peur de la mort. Je l'ai trop souvent côtoyée pour avoir encore peur d'elle. Et toi ? Elle te fait peur ? "

Alassane songea que ce russe ne devait avoir peur de rien, surtout pas de la mort. Il se détacha de la tombe devant il était prostré depuis quelques minutes et s'approchait de Nikita pour parler plus événement. C'était impressionnant comme son visage était lisse et neutre, il avait un air un peu flippant, sans expression il faisait extrêmement froid. Surtout en parlant de la mort... Alassane n'était pas facilement impressionnable, et c'était heureux. Si c'était un gamin qui se trouvait là en face de lui, il aurait pu s'enfuir en courant.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Ven 7 Aoû - 23:11

Les deux jeunes hommes commençaient à faire connaissance. Pour le moment, Nikita appréciait plutôt bien Alassane. En tous les cas, il ne lui semblait ni antipathique, ni méchant. Bien sûr, ce n’était pas pour autant que le Russe serait tout de suite plus chaleureux, mais c’était un bon début. C’est des choses qui, chez le marin, allaient très lentement. Il ne s’était jamais réellement fait des amis, alors il ne savait pas trop à quoi ça ressemblait. Et donc, naturellement, il restait méfiant. Il tenait à garder ses réserves. Il ne connaissait rien de l’homme noir qui était en face de lui, après tout. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs…

Leurs regards se croisèrent et Nikita sût que ce n’était pas gagné de l’autre côté non plus. L’autre semblait… pas vraiment effrayé, mais pour le moins étonné du comportement du jeune russe. Voire refroidi, et c’était le cas de le dire. Mais Nikita avait l’habitude à vrai dire, et ça ne le dérangeait pas. Ils se découvriraient bien en temps voulu.

Sa réponse leur faisait un deuxième point commun, si ce n’est que l’Africain avait trop souvent côtoyé la mort pour avoir peur d’elle. Nikita lui répondit brièvement et simplement, avant de retourner analyser les tombes. Il y avait quelque chose de bizarre dans ce cimetière…

« Non, je n’en ai pas peur. Mais je ne l’ai jamais réellement côtoyée… »

Quelque chose d’étrange, oui… Mais quoi ? Nikita n’arrivait vraiment pas à le dire, et il avait beau observer l’ensemble le plus attentivement possible, rien n’y faisait. Ce cimetière restait un grand mystère pour le garçon. Il avait déjà vu celui de Nijni Taguil, d’où il venait. Des usines, au loin, dans le fond qui crachaient de la fumée se mélangeant au ciel gris qui surplombait le tout. C’est étrange, Nikita ne s’en souvenait qu’avec de lourds nuages dans les airs. Les pierres tombales n’étaient pas vraiment en meilleur état qu’ici, mais elles étaient différentes aussi : plus brutes, et surmontées d’une étoile soviétique. Chacun était entourée d’un grillage que l’humidité ambiante avait tôt fait de rouiller. Partout, la brousse et les hautes herbes envahissaient les petits chemins de graviers peu précis. C’était ni joyeux, ni glorieux. Celui-ci était quand même différent. Il fût un temps où il devait être un lieu de recueillement pour les morts bien « agréable », si tant est qu’un cimetière peut être agréable. Ici, la mort régnait tellement qu’elle avait même finie par tuer les tombes, comme dans le cimetière de sa ville natale. Heureusement que ceux qui vivaient ici ne vivaient plus…

« Je n’aime pas beaucoup plus ce lieu que la chapelle, par contre. » finit par rajouter Nikita. Bien que le silence qui s’était installé ne le gênait pas.
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Alassane Ndiaye
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Sam 8 Aoû - 23:32

Alassane était pensif, mais tout de même attentif à la réponse de Nikita. Même si le jeune homme était assez froid et peu avenant au premier abord, Alassane le trouvait quand même intéressant, cet homme était un mystère qu'il aurait voulu percer. Et puis, il sentait qu'il avait aussi beaucoup de choses à apprendre de lui, car il devait avoir une expérience très différente de la sienne. De plus, son point de vue sur les choses comme la religion lui plaisait assez... Même si les débuts n'étaient pas très faciles, quelque chose poussait quand même Alassane en lui donnant envie de mieux connaître son collègue. Et puis, quitte à partager la même chambre, autant bien s'entendre avant aussi.

Il n'avait jamais côtoyé la mort ? Alassane haussa les sourcils de surprise. C'était rare, en temps de guerre. Surtout en Russie où les soldats étaient très exposés. Même la grande majorité des enfants de l'institut avaient connu la mort avant de venir, parfois même dans leur famille. Nikita avait eu de la chance d'être épargné, pour le moment. Peut-être n'avait-il pas beaucoup de proches aussi ? C'était une possibilité. Pendant qu'Alassane réfléchissait, un long silence calme s'était installé. Le genre de silence naturel qui ne gêne aucun des protagonistes. Nikita finit quand même par le rompre. Alassane sourit légèrement, pensif.

" - Ah oui ? Je trouve ce lieu quand même plus agréable que l'intérieur de la Chapelle... Il est un peu glauque certes, mais l'absence de signe religieux est tout de même moins oppressante. "

Oui, il se sentait plus libre ici qu'à l'intérieur, où il avait l'impression d'être fliqué par le curé d'outre-tombe. Ici, ça puait la mort, même les tombes étaient mortes après avoir servi à enterrer les morts eux-mêmes. Mais c'étaient des phénomènes naturels, le temps qui passait, ça avait quelque chose d'apaisant, comme si aucune religion n'avait d'emprise sur ces choses là finalement. Et c'était une bonne chose de laisser faire la nature, dans la mort comme dans l'érosion des tombes... Alassane se sentait apaisé, étrangement. Il espérait juste ne jamais voir sa famille dans un tel endroit. Il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose pour savoir ce qu'ils sont tous devenus depuis toutes ces années... Depuis son enfance, en fait.

Alassane se demandait vaguement si Nikita était à l'aise ici ou pas. Il lui semblait que non, mais après tout ce russe semblait hyper courageux et il ne devait avoir peur de rien. Alors pourquoi ça le dérangerait de rester ici ?

Le ciel se couvrait rapidement, la pluie arriverait bientôt. Alassane n'avait pas encore l'habitude du climat ici... Dommage pour lui, il finira trempé.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Mar 11 Aoû - 21:56

L’autre était, selon ses dires, plus à l’aise ici qu’à l’intérieur. Ce qu’il disait était vrai, quelque part, il y avait effectivement beaucoup moins de signes religieux à l’extérieur que dans cette chapelle, mis à part les croix qui, de toute façon, étaient en ruine. Enfin, ce n’est pas comme si Nikita était réellement mal à l’aise, c’est juste qu’il aurait préféré être autre part qu’ici. Non, le seul endroit qui le mettait mal à l’aise était le cirque avec ses clowns effrayants. Brrr, il en tremblait encore avec leur maquillage glauque et leur sourire pervers. Il se souviendrait probablement toujours de cette scène, avec son père. Mieux valait ne pas y penser. Ses parents étaient probablement morts à l’heure actuelle.

Un peu comme dans son souvenir du cimetière à Nijni Taguil, les nuages commençaient à s’amasser dans le ciel, à s’enrouler et jouer entre eux, à se mélanger avec la fumée qui sortait des différentes cheminées qui ponctuaient le toit du bâtiment principal. Et bientôt, Nikita sentit une goutte venir s’abattre sur son épaule droite, rapidement suivie de plusieurs autres grosses gouttes. Bientôt, la pluie tombait avec une telle intensité qu’il ne voyait pas plus loin qu’à cinquante centimètres. C’était du rarement vu, même ici, en Ecosse. Nikita frissonna. Il faisait froid, maintenant. Et il avait perdu de vue l’autre jeune homme, qui devait encore être dans les parages, sans doute. À moins qu’il se soit déjà barré…

« Alassane ? Je ne te vois plus ! »
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Mer 12 Aoû - 14:40

Les nuages noirs s'amoncelaient dans le ciel à une vitesse impressionnante. Mais ce n'étaient pas n'importe quels nuages. C'étaient des nuages de déluge total. Alassane savait que l'Angleterre était un pays pluvieux, car c'était connu, c'était la réputation de ce pays dans le monde. Mais à ce point... Il n'imaginait pas. Ce qui se mit à tomber égalait presque les averses tropicales de la saison des pluies en Casamance. A la différence qu'ici, en plus, il y avait un épais voile brumeux qui s'abattait en même temps que la pluie et qui faisait qu'en deux minutes, tu ne voyais pas plus loin qu'un à deux mètres devant toi. Un brouillard aussi opaque, Alassane n'en avait jamais vu. Ca l'intriguait beaucoup d'ailleurs. Il devrait aller à la bibliothèque pour en apprendre plus sur ce phénomène météorologique surprenant, il était curieux de comprendre comment c'était possible. Comme la météo pouvait aveugler les hommes en un rien de temps. Il avait déjà vu des tempêtes du désert au nord de son pays, quand le sable t'oblige à fermer les yeux. Mais si tu les gardes ouverts, tu vois toujours à travers le sable... Ta visibilité est réduite, mais pas à néant comme ici. C'était surprenant. Ca devait être une toute autre forme d'humidité...

Et voilà, Alassane était trempé. Heureusement qu'il n'avait pas beaucoup de cheveux, sinon ils dégoulineraient sur son visage. Non, l'eau ruisselait sur sa peau noire comme si elle dévalait une cascade. Il entendait Nikita qui l'appelait en criant presque pour se faire entendre à travers le déluge. Son appel sonnait presque inquiet, Alassane lui était totalement décontracté malgré cette météo pourrie. Guidé par le son de sa voix, Alassane s'approcha de lui et arriva dans son dos. Là, noyés sous le déluge et l'obscurité du brouillard, le jeune homme posa sa main sur l'épaule de Nikita assez brusquement pour lui signifier sa présence. A ce moment là, c'était au tour d'Alassane d'être totalement flippant, sortant de nulle part comme ça. Finalement, le jeune russe n'était peut-être pas si inquiétant que ça. Peut-être qu'ils étaient tous les deux au même niveau, question mec flippant, seulement dans des circonstances différentes...

" - Je suis là. Bon, on va rentrer hein qu'en dis-tu ? "

Il souriait de toutes ses dents, seule sa dentition blanche ressortait de sa peau noire qui se noyait dans le brouillard. Comme le chat d'Alice dont on ne voit que le sourire lorsqu'il disparaît. Alassane était très amusé par la situation, c'est pour ça qu'il souriait largement comme ça. Mais ils n'allaient peut-être pas non plus restés plantés là sous la pluie, à part si elle cessait aussi rapidement qu'elle était arrivée.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Jeu 13 Aoû - 23:43

Nikita attendit une réponse, qui n’arrivait pas. En même temps, avec le déluge autour d’eux, plus aucun son n’était audible. Peut-être était-il rentré à l’intérieur s’abriter, sans se soucier du Russe. Oh, si c’était le cas, il ne pleurerait pas. Ça lui était égal. Il leva ses épaules trempées, comme si ça lui était égal, et fit un bond en avant lorsqu’il sentit quelque chose remuer dessus. Il se retourna et vit Alassane. Mais à moitié, en fait. Le brouillard était décidemment trop épais. Seul son sourire blanc était très clairement visible, tel un ilot isolé au milieu d’un océan. Nikita se ressaisit très rapidement, si bien que ce qui s’était passé était à peine perceptible, et même peut-être passé inaperçu avec la pluie.

Alassane lui proposa de rentrer, ce que Nikita accepta avec plaisir. Il préférait vraiment la neige, en fait. Il aimait bien le climat russe, bien froid. Aussi froid que lui parfois. Ça lui allait bien, comme météo. Alors qu’ici… Avec toute cette pluie, c’était…

Et puis, en plus, le Russe ne se sentait pas très à l’aise dans le cimetière, pas plus que dans la chapelle. Ah non, là, vraiment, il n’avait pas envie de sitôt de retourner dans ce lieu sinistre. Les deux hommes se dirigèrent donc vers le bâtiment principal, où ils trouvèrent enfin un abri à cette douche qui ne semblait pas vouloir finir. En parlant de douche, Nikita en aurait bien prise une et se serait bien changé, parce que ses vêtements étaient tellement trempés qu’il n’était pas sûr de pouvoir les retrouver secs un jour. Et ce n’était pas très agréable. Il déclara alors simplement et froidement à son collègue qu’il montait s’habiller autrement, et sans un mot de plus, se retourna et emprunta l’escalier. Il se demanda brièvement ce que l’autre allait faire, mais fût interrompu dans ses pensées par deux jeunes enfants – il ne les connaissait pas encore tous, et surement pas les prénoms – qui courraient dans l’escalier. Il continua donc tranquillement son chemin, l’esprit vide.
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Alassane Ndiaye
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MessageSujet: Re: Le grand frisson   Ven 14 Aoû - 17:52

Les deux hommes rentrèrent dans le bâtiment principal en silence, en même temps il aurait été difficile de se parler sous cette pluie torrentielle le bruit de l'eau qui martelait le sol aurait masqué le son de leurs voix respectives. Mieux valait laisser la météo se déchaîner à son aise, après tout on ne peut rien contre la colère de la nature... Alassane songea que la météo étant aussi maussade ici, la colère du ciel était bien fréquente. Ca prouvait bien qu'il y avait d'autres mécanismes que la religion qui guidaient le temps qu'il faisait. L'Angleterre n'était quand même pas un pays assez diabolique pour avoir mérité tant de précipitations... Il y avait forcément une explication scientifique là dessous. Une preuve de plus qui discréditait l'existence d'un Dieu quelque part. Il était devenu athée par désespoir, mais il se confortait dans sa décision par la science. Tout allait dans le même sens, en fait.

Il se demandait quand même s'il allait réussir à s'habituer à la météo un jour. Il avait eu du mal à s'habituer au froid et à l'humidité hivernale en France, mais ça semblait être encore pire ici... Comment garder le moral éternellement avec une grisaille pareille ? Il espérait qu'il serait souvent parti en mission pour ne pas passer trop de temps ici... Malgré les infrastructures sensationnelles que ce site offrait.

Il monta les escaliers à la suite de Nikita, pressé de changer de vêtements. Une douche n'était pas spécialement au programme, il se sentait bien assez propre après avoir été lessivé de la sorte par la pluie. Il voulait juste se retrouver au sec, et mettre à sécher ses vêtements détrempés en espérant qu'il les retrouverait secs un jour. Alors que son colocataire se dirigeait vers les sanitaires, Alassane se changea en quelques secondes et mit ses vêtements mouillés à sécher sur son bois de lit. Il espérait que le bois n'allait pas trop gondoler, mais il n'avait pas vraiment d'autre endroit pour sécher ses habits... Il entendait les enfants chahuter dans les couloirs à l'étage du dessous et ça le fit sourire : c'était attendrissant.
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