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 Un kilomètre à pied, ça use, ça use...

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Nikita Rekov
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MessageSujet: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Mar 28 Juil - 21:12

[le 28 juillet 1942]

Nikita se plaisait plutôt bien au MIS. Il avait maintenant complètement recouvré les capacités de son corps. C’était quelqu’un qui aimait bien prendre soin de lui, aussi allait-il courir tous les matins le long de la rivière, dès l’aube, en prenant bien soin de ne pas réveiller Alassane. Le médecin lui avait d’ailleurs conseillé de faire des exercices afin de rééduquer son corps et ses muscles.

Le Russe se leva donc dès que les premiers rayons du soleil pointaient le bout de leur nez et se dirigea vers la salle de bain, juste à côté, ses vêtements de sport à la main. Il se rafraîchit le visage, puis prit une douche froide pour se réveiller complètement, et finalement s’habilla de façon adéquate, chaussures de sport aux pieds.

Il descendit ensuite l’escalier assez rapidement et se dirigea en trottant vers le lac. Il le contourna pour atteindre la rivière qui coulait depuis l’étendue d’eau. Il se demandait d’ailleurs comment c’était possible, mais n’était pas géographe, après tout. Parfois, l’eau se déversait par flot torrentiels en cas de forte pluie, mais là, c’était calme et paisible. Le temps était au beau fixe. Mais bien sûr, ce n’était ni la pluie ni la neige qui allaient freiner le jeune garçon. Il en avait vu d’autres en Russie.

Il essayait tous les jours d’aller un peu plus loin en indiquant, à la craie, sur un arbre non loin de l’eau, jusqu’où il était arrivé la veille. Il avait commencé doucement, parce que son pied le tendait encore un peu, et avait allongé la distance petit à petit. Aujourd’hui, il avait retrouvé ses pleines capacités.

Il était bien, seul, à courir. C’était agréable de traverser la forêt silencieuse, seulement troublée de temps à autre par le chant des oiseaux. Il trouvait une paix intérieure, il était serein. Après sa course à pied, il se sentait prêt à attaquer la journée, qui était toujours bien remplie au MIS.

Il allait accélérer, lorsqu’il entendit quelqu’un derrière lui. Il se retourna, méfiant, toujours en trottant. Qui donc venait déranger son jogging quotidien si précieux ?
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Jeu 30 Juil - 19:06

C'était une belle journée d'été, la météo était clémente pour une fois en Angleterre. Riza était en était ravie et elle avait l'intention de profiter à fond de ce moment. C'était l'anniversaire de la mort de sa mère, et elle allait sortir dehors pour vénérer l'umuzimu de sa mère. C'était nécessaire pour le respect de son esprit, ainsi elle continuera toujours à la protéger comme elle l'a fait jusqu'à maintenant. Ca ne faisait aucun doute que l'esprit de sa mère la protégeait, elle avait eu une chance inouïe pour atterrir au MIS et son PEI et sa première mission s'était très bien déroulées. C'était aussi un peu grâce à cette protection ancestrale que Riza était une tête brûlée et qu'elle n'avait pas toujours conscience du danger... Elle savait que quelque chose la protégeait dans l'au-delà.

Elle s'habilla avant l'aurore et sortit dans la zone de détente. C'était là où elle pouvait le plus communier avec la nature, là où les humains avaient le moins d'emprise. C'était un lieu calme et propice à la communion avec la terre. Riza s'arrêta un instant devant le lac, cet endroit qu'elle avait finalement réussi à dompter avec Thomas. A présent, l'eau profonde et froide n'était plus un danger pour elle. Mais elle n'était pas venue là pour ça. Elle continua son chemin et réunit quelques brindilles ramassées dans les arbres. Elle les disposa en croix au milieu des fourrées, selon un motif très spécial hérité des ancêtres. Le motif entier était dirigé vers le soleil levant, alors la lumière commençait à pointer à l'horizon. Elle alluma un feu sur ses branchages, et les première flammes crépitèrent en même temps que les premiers rayons du soleil qui réchauffaient son visage foncé. En sentant la chaleur des flammes et du soleil sur son visage en même temps, elle ferma les yeux et fredonna des chansons en l'honneur de sa mère. Elles racontaient en kinyarwanda le courage de sa mère et de ses aïeux, la bonté de son esprit. Sa voix n'était pas très forte mais malgré la jeunesse de son timbre, elle maîtrisait très bien ces chants. Puis lorsqu'elle eut fini, elle admira la fumée du feu monter vers le ciel. C'étaient les restes du corps de sa mère resté sur terre qui s'élevait vers l'au-delà. Elle voulait prendre de la hauteur, elle monta dans l'arbre le plus proche pour suivre sa mère dans son chemin vers le ciel, ne serait-ce que pour ce tout petit bout d'ascension qu'elle pouvait faire avec elle. Elle se posa sur une branche bien confortable, et, fixant toujours la fumée, elle se reposait, l'esprit en paix, sous le soleil qui montait dans le ciel. Au fil du temps, le feu s'éteignit pour ne laisser que des braises. Son regard était toujours rivé sur ces branchages qui crépitaient encore des braises fumantes. Elle était ici depuis au moins une heure, mais elle avait perdu la notion du temps. Elle était apaisée et heureuse d'avoir renoué avec son identité, elle avait l'impression d'avoir revu sa mère, de lui avoir parler, ça lui faisait un bien fou.

Elle entendit quelqu'un arriver au bruissement des pas sur l'herbe. Elle était aux aguets et écoutait tous les bruits de la nature dans cet arbre, jusqu'au chant des oiseaux. C'était un homme qu'elle ne connaissait pas qui faisait son jogging. Curieuse, elle attendit que le jeune homme passe juste devant son arbre pour sauter de sa branche. Elle atterrit juste derrière l'homme et prit la parole de sa voix fluette d'enfant.

" - Bonjour Monsieur. Belle matinée n'est-ce pas ? Je ne vous ai jamais vu ici je crois, vous êtes nouveau ? "

Sa matinée à écouter les chants de la nature l'avait apaisée, elle était bien plus ouverte et curieuse qu'à l'ordinaire. Jamais elle n'aurait abordé quelqu'un de la sorte sinon...
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Dim 2 Aoû - 19:55

C’était une petite fille d’origine africaine qui semblait avoir sauté de la branche. Avec son petit côté sauvage, c’était rigolo à voir, pensa Nikita, sans aucune arrière-pensée raciste néanmoins. Ce n’était vraiment pas son genre. Elle devait être une des agents de l’Institut. Nikita n’en connaissait encore aucun. Il ne savait pas dire s’il avait hâte ou pas. Il avait peur surtout. Il ne savait pas comment s’y prendre avec des enfants…

Mais il avait pu voir ce dont ils étaient capables, et il avait été terriblement impressionné. Mais donc il restait méfiant, même avec eux. Il essayait de se montrer plus amical avec eux, après tout, il savait qu’il devrait travailler avec eux. Il n’était pas vraiment sûr de bien faire ça, pour le moment. C’était plutôt un piètre acteur.

La voix de la fille était chantante et fluette. C’était mignon… Mais il ne savait pas quoi répondre d’autre qu’un « oui », qui apparaîtrait froid et distant. Ce qu’il était, d’ailleurs. Le Russe se creusa la tête pour trouver quelque chose d’autre à dire, mais les discussions, ce n’était pas vraiment son truc. Et comme la petite fille la suivait, il était obligé de répondre. Finalement, il opta pour ça :

« Oui, je suis nouveau. Toi, tu es un agent du MIS ? »

Le ton se voulait un peu plus amical que d’habitude, mais c’est un ton qu’il n’arrivait à bien faire qu’avec sa mère. Avec les autres personnes, il n’avait pas l’habitude, surtout dans une langue étrangère. Son ton était déjà moins froid que d’habitude, voire légèrement chaleureux et curieux. Nikita espérait vraiment que la petite fille serait contente avec ça, il ne voulait pas non plus être l’ennemi de tous les enfants ici. Peut-être pas leur ami, ça il s’en foutait un peu, mais pas leur ennemi.

Il continua à son rythme plutôt rapide, mais ne se faisait pas de soucis. Il savait que la fille, entraînée par l’Institut, était tout à fait capable de le suivre.
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Mar 4 Aoû - 14:57

Le monsieur courrait quand même assez vite. Riza le suivait sans trop de peine mais avec ses petites jambes d'enfant, l'effort était quand même présent. Elle faisait deux pas quand il en faisait un seul, et pourtant il n'était pas si grand que ça non plus. Il avait l'air gentil, en tout cas il répondit gentiment comme pour faire la conversation. Riza apprécia ça car elle n'était pas du tout douée pour faire la conversation, elle. En plus, elle aimait bien les membres du personnel qui parlaient aux enfants d'égal à égal. Ca changeait de certains profs hautains et méprisants, ils paraissaient plus humains comme ça. Est-ce qu'il était entraîneur, prof ou contrôleur de mission ? Elle n'en savait rien. En tout cas si c'était un prof, il serait sûrement sympa. Elle répondit en souriant, mais un peu essoufflée tout de même.

" - Oui je suis dans l'unité A, je m'appelle Mutamuriza. D'où venez-vous ? Je ne reconnais pas votre accent. "

C'était en effet un accent totalement inconnu pour elle, ni anglais ni français ni belge. Elle ne connaissait pas beaucoup de pays d'occidents en définitive, elle avait encore beaucoup de choses à apprendre sur cette partie du monde qui avait, elle aussi, des cultures riches et variées. Elle avait toujours cette soif de connaître le monde, dans son entièreté, de comprendre chaque région du globe et de comprendre chaque population. Elle était donc très curieuse d'en savoir plus sur cet homme inconnu qui venait d'une contrée toute nouvelle pour Riza. Elle voulait en connaître le climat, le relief, mais aussi les traditions et les langues. Les religions aussi. Tout. Elle n'avait rien vu d'aussi exotique pour elle que cet homme, depuis très longtemps. Car pour elle, l'Angleterre et l'Europe de l'ouest n'avaient plus rien d'exotique pour elle. Même la Pologne, elle connaissait depuis son entraînement initial. D'ailleurs là bas l'accent était un peu le même que cet homme... Etait-il possible qu'il vienne de... là-bas ? Cette frontière qu'elle avait traversé au péril de sa vie avec Thomas ? Ce froid glacial sub-polaire ? C'était vraiment l'autre bout du monde pour elle. Mais elle en était revenue. Un homme originaire de là-bas, c'était en définitive super intéressant pour la gamine. Elle allait lui poser plein de questions.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Mer 5 Aoû - 22:30

En fait, la fillette devait quand même faire plus d’efforts que ce que Nikita aurait cru pour qu’elle puisse le suivre. Néanmoins, il ne ralentit pas son rythme. Il ne l’avait en aucun cas obligé à le suivre, loin de là. Faire causette et paraître gentil lui demandait déjà un assez grand effort comme ça. D’autant plus que la fille se mit à poser des questions. C’était parti pour un long interrogatoire, visiblement. Mais il savait d’un autre côté que pour faire un bon contrôleur de mission, il ne devait pas être trop brusque avec les enfants. Avec les adultes, c’était différent. Certains, il avait pu l’observer, étaient un peu comme lui. Alors tout le monde devait être habitué. Le seul adulte avec qui il était prêt à faire un effort particulier, c’était Alassane, parce qu’ils dormaient dans la même chambre, et il ne voulait surtout pas être en mauvais terme. Pas qu’il voulait être en bons termes, hein. Mais il savait que si l’ambiance était mauvaise, on l’emmerderait encore plus. Moins il avait d’ennuis avec les autres, plus on lui foutrait la paix. Nikita trouvait son plan parfait.

Mais il avait tout de même cette discussion à mener. Une discussion avec un enfant. Que pouvait-il dire ? Que ne pouvait-il pas dire ? Devait-il s’y prendre d’une manière différente pour parler à ces… créatures bien étranges ? Il était perdu. Il l’était depuis qu’il était arrivé ici, à vrai dire. C’était un monde tellement différent. Une vie tellement différente. Les gens avaient d’autres habitudes ici, qu’en Russie. Et puis, en Russie, c’était normal d’être froid. Ici pas. Et comme Nikita tenait absolument à son poste, – il se doutait bien que s’il le perdait, il n’aurait plus rien. Jamais plus rien –, il savait qu’il devait faire un effort. Il était habitué à faire des efforts. Après tout, il avait toujours été d’un naturel exigent avec lui-même. C’était juste un effort un peu différent, cette fois-ci. La clé était d’être et de rester rigoureux.

Il se rappela qu’il devait répondre à la question de la gamine. Merde. Évidemment, il avait été cramé par son accent. Il devrait absolument travailler ça pour ses missions. Avec un accent british. Arrêter de rouler les r. Pfff. Mission impossible.

« Je viens de la Russie. C’est plus à l’est. » Il fit un geste en l’air pour indiquer que c’était quelque part par là-bas, très très loin d’ici. « Et toi ? D’où viens-tu ? »

C’était bien de renvoyer les questions. Ça faisait la conversation. Muta… quelque chose, la fin de son long nom lui avait échappé, ça ne sonnait pas très anglais. Il n’était pas très doué en prénoms, non plus.
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Ven 7 Aoû - 19:59

La fillette débordait de curiosité. Ses yeux n'avaient pas brillé comme ça depuis longtemps. Depuis qu'elle s'était habituée à la vie monotone de l'institut, et à la météo pluvieuse, ses yeux ne brillaient pas beaucoup. Ils ne s'allumaient vraiment qu'en mission, mais elle n'avait eu l'occasion de partir qu'une seule fois et le terrain lui manquait déjà. Elle s'était sentie bien là bas, utile, efficace, forte, invincible. Elle voulait revivre ces sensations extraordinaires que lui avaient refilé l'adrénaline et l'excitation du voyage. Mais la mission avait été bouclée en une seule journée, très - trop - efficace... Elle voudrait repartir mais ce n'était pas tout de suite possible. La directrice n'avait pas d'opération pour elle... Ses yeux s'allumaient aussi en cours de géographie, lorsqu'ils apprenaient des choses sur de nouveaux pays qu'elle ne connaissait pas. Mais c'était beaucoup moins important qu'en mission, elle ne pouvait pas les visiter en vrai... Mais ça participait à connaître le monde et pour elle, c'était une belle chose. Elle voulait tout savoir des pays du monde entier. Tout, et tous.

Elle sourit. La Russie, elle avait bien deviné alors ! Elle répondit de sa petite voix fluette animée. Elle était un peu essoufflée, quand même, elle ne parlait donc pas très vite. C'est qu'elle avait des petites jambes pour suivre l'adulte...

" - Oui je connais la Russie ! J'ai passé mon entraînement initial à la frontière, nous l'avons même traversé avec mon binôme pour passer agent opérationnel. "

C'était évident pour Riza, mais est-ce que le monsieur connaissait, lui, le système de grades pour les agents ? S'il était nouveau il ne connaissait peut-être que le système du personnel... Elle ne se posa pas la question. Les adultes savaient tout, c'était évident.

" - Je viens du Rwanda. En Afrique de l'Ouest, vous connaissez ? Ca fait partie de la Tanzanie allemande et... c'est un pays magnifique. "

Là, elle en avait des étoiles dans les yeux. Qui pétillaient et brillaient de mille feux. Mais elle avait plein de questions sur la Russie. Elle ne l'avait pas oublié.

" - Il fait froid en Russie non ? Quand j'y étais c'était la première fois de ma vie que je voyais de la neige... C'est beau aussi la neige. Il y en a aussi en été ? Ou alors vous n'avez pas de saison vous non plus ? C'est quoi votre système politique ? "

Oui, elle voulait tout savoir sur la Russie. Et sur le monde, mais puisqu'elle avait un russe en face d'elle... De toute sa vie, elle n'avait jamais été aussi bavarde. Elle commençait à être vraiment à l'aise à l'institut. Surtout aujourd'hui, qu'elle avait réussi à mettre en place les rites de son peuple en terre Anglaise. Peut-être qu'elle commençait à se sentir chez elle ainsi. Personne n'avait remarqué les braises qui fumaient au loin, d'ailleurs. C'était son petit secret, qu'elle ne partageait qu'avec sa mère et les esprits de ses ancêtres.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Lun 10 Aoû - 10:27

La fillette parlait beaucoup, mais vraiment, vraiment beaucoup, et Nikita n’avait pas la patience de subir un interrogatoire pareil durant toute sa course. Lui qui rêvait d’un jogging calme. C’est plutôt raté. En plus… quel intérêt de parler d’un pays qu’il ne reverrait probablement plus jamais… En tout cas, plus jamais du même œil. Le Russe hésita à piquer un sprint pour semer la petite, mais se rappela la promesse qu’il s’était fait. Il avait bien vu combien Kathleen Stevenson tenait au bien-être des enfants. Il savait qu’il se ferrait mal voir s’il ne respectait pas ceux-ci.

Elle lui parla d’abord très brièvement de son entraînement initial, qui avait eu lieu dans un pays limitrophe à l’URSS. Nikita se demanda brièvement de quel pays il pouvait bien s’agir… La Suède ? La Pologne ? Ou carrément la Chine ? Le jeune homme se demandait en quoi consistait le PEI des enfants, quoiqu’il ne sût même pas à quoi ressemblerait le sien, qui allait avoir lieu dans quelques jours, selon ses suppositions. Il préférait ne pas aborder la question avec l’enfant, parce qu’il ne savait pas ce qu’il pouvait dire ou non. Heureusement, Mutamuriza aborda directement un autre sujet de conversation.

Il ne connaissait pas le pays d’origine de la jeune fille. Le nom lui disait peut-être vaguement quelque chose, mais il s’en voulait à présent de ne pas avoir plus écouté au cours de géographie qu’il avait eu l’école. Si, il avait écouté quand le prof parlait des mers, ça l’avait même passionné. Mais le reste ne l’intéressait pas vraiment. Aussi n’écoutait-il qu’à moitié. Là, maintenant, il se trouvait bien embarrassé face à la Rwandaise. De quoi aurait-il l’air, lui qui voulait faire bonne impression, s’il en connaissait moins qu’elle, alors qu’ils devaient avoir une dizaine d’années de différence ! C’était un peu la honte, quand même. Mais bien entendu, son visage resta complètement impassible, comme d’habitude. Il aurait pu avoir l’air concentré sur le chemin qu’ils empruntaient. En fait, non, il commençait à le connaître, d’autant plus qu’il l’empruntait maintenant tous les matins. Il décida d’être honnête. Tant pis. Il n’aimait pas mentir à des enfants, il ne trouvait pas ça constructif. En plus, il pourrait en profiter pour retourner les questions que la petite était déjà en train de poser sur son pays natal.

« J’avoue ne pas vraiment connaître le Rwanda… À l’école, j’étais plutôt intéressé par les mers que par les terres, à vrai dire… »

L’Africaine avait une conversation très versatile… Elle passait de la météo à la politique… Plus grand écart que ça, tu meurs ! Surtout que Nikita n’y comprenait pas grand-chose aux politiciens, plutôt par manque d’intérêt que par manque de discernement. Devrait-il là aussi faire un effort ? Nikita soupira, mais ce n’était pas remarquable, car cela se confondait aisément avec une reprise de souffle en pleine course à pied. Il tenta tant bien que mal de répondre aux interrogations de la jeune fille, toujours en ne sachant pas combien de temps il allait tenir à ce petit jeu. Il se faisait déjà violence pour ne pas craquer, mais c’était difficile pour le jeune Russe.

« Il fait vite froid en hiver et vite chaud en été, les saisons changent très vite. » Ça, pas besoin de grandes leçons à l’école pour s’en rendre compte… « En URSS, nous sommes communistes… C’est compliqué à l’expliquer, j’espère que tu as vu ça à l’un de tes cours… » et qu’elle ait mieux écouté que lui ne l’aurait fait… « …parce que je ne suis pas sûr d’être capable de te l’expliquer, surtout en anglais. »

C’est vrai, quoi… Autant mettre les choses au clair directement !

« Et au Rwanda, ça se passe comment ? » Ça fonctionnait plutôt bien jusqu’ici, la discussion. Nikita était plutôt content de lui, même s’il avait de plus en plus de mal à refouler son ton froid qui cherchait sans cesse à reprendre le dessus.
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Mer 12 Aoû - 18:50

Riza était contente de cette conversation enrichissante culturellement avec le professeur. D'ailleurs, elle ne savait toujours pas comment il s'appelait... Ce serait une bonne question à poser, ça. Elle ne se demanda même pas si elle ennuyait ou pas le monsieur, à vrai dire c'était tout nouveau pour elle de parler autant. Elle qui avait été muette pendant plusieurs années, c'est comme si elle avait du temps à rattraper en parole et en communication avec les autres. Elle se surprenait elle-même, mais elle ne trouvait pas ça désagréable. Néanmoins, ça n'allait peut-être pas durer car ce n'était quand même pas dans sa nature de beaucoup parler. Elle était plutôt renfermée d'habitude, et même dans son village natal elle ne parlait pas beaucoup avec les autres. Juste parce qu'elle n'avait pas grand chose à leur dire. Elle préférait écouter et apprendre. Mais puisque cet homme ne parlait pas si on ne lui posait pas de question... Elle était obligée de parler, non ?

Elle sourit, le monsieur avait quand même l'air gentil. Même s'il courait un peu vite pour elle. Elle était très intéressée par ses explications sur les saisons, ainsi il y en avait et elles changeaient très vite, alors il ne neigeait pas toute l'année et il pouvait aussi faire très chaud ! Elle n'aurait pas deviné comme ça, elle trouvait ça intéressant. Le communisme oui elle avait vu ça en cours au MIS... Elle avait trouvé ça passionnant aussi. Elle s'était aussi dit que c'était un système politique idéal, s'il ne supposait pas la dictature.

Il lui renvoyait la question. C'était drôle, elle ne pensait pas qu'il serait intéressé par son pays. Après tout, qui s'intéresse à un pays perdu d'Afrique orientale ? Personne ne lui avait jamais vraiment posé de question sur son chez elle, à part un peu Thomas... Elle était assez surprise. Touchée aussi. Elle baissa la tête d'un air triste. Elle était triste de devoir dire ce qu'était devenu son pays depuis l'arrivée des blancs... Et pourtant c'était la vérité. Elle devait en parler.

" - Le Rwanda on l'appelle le pays des mille collines. C'est un pays très luxuriant parce-que la saison des pluies dure assez longtemps. Pendant la saison sèche, les puits donnent quand même assez d'eau pour tout le monde. D'un point de vue politique... Avant, nous étions dans l'empire d'Ethiopie. Maintenant, on a été annexés à la Tanzanie par les colons allemands. Et depuis leur défaite de la Grande Guerre, on est dominés par les Belges. On a toujours gardé nos fiertés et nos traditions, mais on ne peut plus vivre comme avant à cause des blancs... "

Elle était vraiment triste en disant ça et sa voix baissait, elle sentait sa gorge se serrer. Non elle ne pleurerait pas, c'était dans son nom, Mutamuriza signifiait "ne la faites pas pleurer" en kinyarwanda et elle honorerait toute sa vie le nom que sa mère lui a donné. Elle n'avait pleuré qu'une seule fois dans sa vie, et elle ne recommencerait pas. Elle se demandait ce qu'un russe pouvait penser de la colonisation. Mais elle ne savait pas trop si elle pouvait se permettre de poser la question à un professeur. Après tout, il était blanc, mais l'URSS n'avait pas d'empire colonial. Il lui semblait qu'elle avait juste annexé des pays autour d'elle qui étaient favorables à leur système politique. En tout cas, c'est ce qu'elle avait lu dans certains livres de la bibliothèque.

" - Qu'est-ce que vous pensez de la colonisation Monsieur ? "

Elle tentait le tout pour le tout. Elle l'appelait Monsieur, au cas où ça passerait mieux comme ça. De toute façon elle ne connaissait pas son nom. S'il voulait la renvoyer sur les roses, il le pouvait bien. Mais elle savait que beaucoup de blancs voyaient la colonisation d'un bon oeil. Comme quoi ça aidait l'Afrique à avancer, à avoir des infrastructure et que ça éduquait sa population sauvage. Beaucoup de blancs disaient que la colonisation, c'était humaniste. Riza rigolait bien à ces propos mensongers, elle savait bien que c'était juste pour l'argent, au fond. Mais qu'en penserait un Russe devenu Anglais de 'force' ?
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Ven 14 Aoû - 13:06

Nikita écouta avec un certain intérêt ce que la fillette lui racontait, et il en fût étonné lui-même. Ce n’était pas vraiment dans ses habitudes de s’intéresser à autre chose qu’aux bateaux et à la mer. Après tout, c’était là que se faisait sa vie. Mais il fût surpris et saisi par l’émotion qui teintait à présent la voix de la petite africaine. Elle semblait réellement triste de ce qu’elle avait à dire, comme si c’était une mauvaise nouvelle. Comme le Russe était maintenant concentré sur autre chose que sur sa course, il baissa légèrement son rythme sans y faire attention.

Son pays avait donc une histoire compliquée, comme la Russie. Nikita ne connaissait pas bien l’histoire de son propre État. Il se souvenait des grandes lignes, surtout de Pierre le Grand qui l’avait fasciné, mais c’était à peu près tout. C’était beaucoup trop riche et complexe pour que sa petite tête retienne tout ça… Dans les détails, en tout cas.

La question prit Nikita de court. Pour deux choses, d’une part le Monsieur. Il n’avait pas l’habitude qu’on l’appelle comme ça, et il n’aimait pas ça vraiment à vrai dire. Il n’aurait su dire pourquoi. Encore une fois, il se surprit grandement à dire à la jeune fille :

« Appelle-moi donc Nikita… » C’était dit de façon machinale, plutôt par réflexe que par signe d’amitié, mais c’était dit, au moins.

D’autre part, le Russe n’avait jamais réellement réfléchi à la colonisation. Et à vrai dire, il n’en pensait pas grand-chose. Il savait maintenant, suite à son amère expérience en Russie, qu’on ne pouvait réellement dire qu’un État valait mieux qu’un autre. Il ne comprenait pas non plus cette envie frénétique de conquérir de nouvelles terres… La mer était tellement plus passionnante ! Il sentait bien que s’il ne disait rien, ou s’il disait qu’il s’en foutait, la petite le prendrait mal. Il se rappela sa promesse et répondit du mieux qu’il put, même s’il n’avait pas toujours l’air très sûr de lui.

« Quant à la colonisation, je ne vois pas de quel droit les États Européens s’immiscent dans les affaires d’un autre État. Crois-moi, les pays occidentaux ne valent pas toujours mieux que les pays d’Afrique, loin de là… »

Nikita était plutôt content de sa réponse… Maintenant qu’il avait dit cela, il accéléra à nouveau légèrement, mais de façon imperceptible.
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Ven 14 Aoû - 18:08

Mutamuriza remarqua que le professeur n'était pas ravi qu'elle l'appelle ainsi. En même temps, elle ne connaissait pas son nom avant il ne s'était pas présenté... Ca lui faisait une belle jambe, elle connaissait son prénom mais pas son nom de famille. Pas très pratique pour un professeur. Elle ne l'appellerait pas par son prénom, c'était évident, elle ne pourrait pas se le permettre. Elle ne l'appellerait pas tout court, alors. Ce serait plus simple. Et puis elle ne serait probablement jamais aussi bavarde avec lui qu'actuellement. C'était purement exceptionnel vu son caractère.

Mais cette conversation prenait un cours qui lui tenait à coeur... Elle voyait que l'homme réfléchissait. Elle était interloquée, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi il était nécessaire de réfléchir pour lui. C'est vrai quoi, on est soit pour soit contre, pas besoin de réfléchir pour ça non ? Elle ne concevait même pas que l'on pouvait ne pas avoir d'avis prédéfini sur la question. Pour elle, il y avait les amis et les ennemis de l'Afrique. Point barre. On ne pouvait pas être indifférent sur une question aussi importante... Et pourtant, elle ignorait encore bien des choses sur ce qui pouvait se passer dans la tête des adultes.

La fillette acquiesça à la réponse du professeur, mais elle la trouvait un peu simplette. Les pays occidentaux ne valent pas mieux que les pays d'Afrique ? Et comment !! Il n'y a même plus de pays d'Afrique !! Etait-il au courant que les pouvoirs en place avaient été destitués ? Que les pays Africains avaient été carrément annexés à l'occident d'un point de vue administratif ? Qu'aucun pays n'était plus africain d'un point de vue diplomatique ? La réponse de ce professeur était bien naïve... On ne pouvait même plus parler de pays Africains aujourd'hui. On ne pouvait plus parler que d'ethnies africaines et de peuples africains. Mais des pays Africains... Non, ils avaient tous disparus. Détruits par la colonisation qui ont suivi des siècles d'esclavage. Les blancs avaient entièrement détruit les structures sociales et étatiques africaines. Sur la carte de l'Afrique aujourd'hui, ce beau continent était devenu européen...

La fillette fronça les sourcils. Elle était quelque peu déçue en fait. Elle songea qu'elle aurait peut-être préféré que son professeur se dise pour et qu'ils aient un vrai débat. Au lieu de ça, il semblait tellement peu au courant des choses que c'en était inquiétant. Elle ne pouvait pas laisser faire une indifférence pareille - on peut toujours broder, mais il y a des signes qui ne trompent pas... Totalement innocemment, elle se décida à confier une partie de son passé qu'elle n'avait dit à personne. Si tu veux changer les mentalités, il faut y mettre les moyens... Conscientiser les gens sur les problèmes de son pays. De l'Afrique entière. Elle avait une carte à jouer ici. Oui, elle n'était qu'une enfant et elle s'apprêtait à donner une leçon à un adulte. Et elle l'assumait totalement.

" - Vous savez, les blancs - les belges en l'occurrence chez nous - ont essayé de tuer ma mère un jour. Je les ai vu faire. Elle leur avait reproché d'avoir détruit les tombeaux sacrés de nos ancêtres sans raison. Ils l'ont violée et ils ont voulu la tuer. Je l'ai vu. Je suis sûre qu'ils font ça partout en Afrique. "

Elle avait la mine sombre mais ses yeux déterminés et sa voix étaient fermes. C'était son devoir de dénoncer ces choses là. Sûrement que Nikita n'y pouvait rien, mais s'il pouvait l'aider à dénoncer ça en Europe - car il était européen lui aussi maintenant - elle n'allait pas rester sans rien faire.

" - Il n'y a pas que les pays qui sont condamnables. Il y a les gens aussi, sur le terrain. Ceux qui obéissent à leur mère patrie assoiffée de pouvoir et qui font du zèle pour leur plaisir sadique. Ils ne respectent pas les êtres humains. Je ne sais pas si c'est à cause de notre couleur de peau ou de nos croyances. Qu'en pensez-vous ? "

Pas de Monsieur, pas de Nikita. Elle avait au moins le droit de le vouvoyer, ou...? Ah, vive l'Angleterre, cette question ne se posait même pas.
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Nikita Rekov
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Lun 17 Aoû - 15:11

En fait, si Nikita était satisfait de sa réponse, la petite ne le semblait pas du tout. Nikita serra les dents. Bordel. Non, vraiment, ce jogging n’était pas réussi, mais pas du tout. C’est pour ça qu’il préférait être seul. Et puis, qu’est-ce qui lui avait sérieusement pris de renvoyer la question ? Il se trouvait là, maintenant, à traiter d’un sujet hyper complexe en langue étrangère. Nikita souffla. Il devait prendre sur lui, toujours se rappeler sa promesse. C’était important.

Et puis, elle s’imaginait quoi ? Que c’était réellement mieux ici ? Oui, pour les chefs d’États, certes. Mais en Russie aussi, on tuait pour n’importe quelle raison. En Russie aussi, c’était la dictature. Elle voulait peut-être comparer le nombre de morts de la faute de Staline ? Bien sûr, ce qu’il se passait en Afrique était terrible et affreux. Mais dans le fond, si on retirait le mot « colonisation », c’était partout pareil, surtout en temps de guerre. Nikita le savait, ça. Il l’avait vécu. L’homme n’était plus qu’une chair à canon.

Devait-il dire ça à la jeune fille ? Devait-il lui dire que, dans le fond, si ce n’était pas les blancs qui l’auraient fait, c’eut été des africains eux-mêmes ? Ou devait-il la laisser croire que c’était mieux ici ? Il ne savait pas. Il était perdu. Il ne souhaitait plus avoir cette discussion, si jamais il l’avait souhaitée. Et ce, même si l’histoire de la gamine était très touchante. Il décida d’être franc. Tant pis. Cela lui semblait être la politique de l’institut, après tout.

« Tu m’as mal compris… Ce que je voulais dire, c’est que ce n’est pas mieux ici, même si ça à l’air différent. Dans mon pays natal aussi, on massacre pour rien. Oh, oui, c’est vrai, ce sont des russes qui massacrent d’autres russes, mais dans le fond, qu'est-ce que ça change ? Les gens au pouvoir n’en n’ont plus rien à faire de la vie humaine, nous sommes juste bons à crever pour qu’eux puissent rester tranquille et en sécurité, et à leur poste surtout. Le colonialisme est tout à fait déplorable, dans le sens où les Européens n’ont rien à faire chez vous. Mais crois-moi, si ça n’avait pas été les blancs qui massacraient les populations locales, ça aurait été les africains eux-mêmes de toute façon. Parce que c’est partout pareil, partout dans le monde. Mais dans des contextes différents… Les plus forts écrasent les plus faibles pour assurer leur position.»

Il espérait à présent que ça calmerait la petite fille qui était quasi occupée à l’agresser. Il n'avait pas été spécialement brutal en disant cela, selon lui du moins, mais il était mal à l'aise. Il espérait néanmoins avoir été assez clair. Il aurait pu étayer ses propos de sa propre expérience, mais ne le souhaitait pas. Il n’avait pas envie de prendre en otage la fillette comme elle venait de le faire avec lui.

Ah vraiment, elle commençait super bien, cette journée !
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Un kilomètre à pied, ça use, ça use...   Mar 18 Aoû - 15:06

Riza ne comprenait vraiment pas ce monsieur. Qu'est-ce qu'elle avait mal compris ? Elle avait raconté un passage de sa vie dont elle n'avait jamais parlé à personne. Ce n'était pas une question de compréhension ça... Mais lui en revanche se fichait complètement de la confession qu'elle venait de faire. C'était la première fois de sa vie qu'elle s'ouvrait à un inconnu dans ce pays. Elle ne risquait pas de le faire deux fois vu ce qu'il lui répondait. Elle allait naturellement se renfermer dans son mutisme. Elle ne voyait que cette issue là, face à des gens comme ça.

La fillette se trouva tout à fait révoltée contre les paroles de ce Nikita. De quel droit affirmait-il des choses pareilles ? Ce n'était pas parce-que chez lui, les gens s'entretuaient que c'était pareil partout... Ne connaissait-il pas l'empire de Koush ? Les royaumes d'Ethiopie ? Bien avant que ne commence l'esclavage des Arabes et la colonisation des blancs, les Africains vivaient en harmonie et le souverain était aimé de tous. Il ne massacrait pas son peuple et il respectait chaque vie humaine. Car la culture africaine respectait l'être humain et la vie que les ancêtres ont perpétuée. De quel droit disait-il que si les colons n'avaient pas été là, l'Afrique se serait détruite d'elle-même ? Il ne connaissait rien de l'histoire du continent, ni des hommes de là bas. Il ne connaissait que la petite partie de l'humanité qu'il avait vu chez lui, et en Europe, et il en faisait une généralité à la planète entière. C'était puéril et irréfléchi, selon la fillette. C'était comme si elle avait décidé à partir de son expérience dans son village que tous les blancs étaient des monstres assoiffés de sexe et de sang. Elle ne serait même pas là si elle avait eu la même mentalité que Nikita... Ainsi il avait une vision de l'humanité homogène et pessimiste. Et il jugeait l'humanité entière sans en connaître un dixième. Il réduisait tous les hommes à un désir de pouvoir qui le menait à toutes les extrémités. Il se permettait d'étendre ses jugements à l'Afrique où il n'avait jamais mis les pieds. C'était un comportement honteux, songeait Riza. Elle ne comprenait pas comment un adulte pouvait avoir un tel raisonnement alors qu'elle, fillette en pré adolescence, avait su relativiser et chercher le bon en l'homme blanc malgré son passé.

Et elle comprit qu'elle ne pourrait jamais discuter avec ce monsieur. Que s'il faisait des généralités aussi grossières, il avait des idées très arrêtées sur le monde et il en avait une vision immuable. Il ne se remettrait jamais en question, surtout pas à cause d'une fillette qui venait d'un pays lointain. Son regard se ferma complètement, elle n'avait qu'une seule envie, retourner sur les cendres de sa mère qu'elle avait allumé ce matin pour lui demander pourquoi elle lui interdisait de pleurer dans des moments pareils. En plus elle sentait bien qu'elle l'ennuyait, c'était assez clair à présent. Il ne voulait même pas discuter de ces choses là. Elle n'avait rien à faire avec un simplet qui se complaît dans son ignorance. Même s'il avait dix ans de plus qu'elle. Sans ajouter un mot, le visage soudain fermé et aussi neutre que celui du Russe, elle ralentit son allure, laissant l'autre partir devant. Elle ne voulait plus jamais le voir ou lui parler. Elle espérait qu'elle ne l'aurait jamais en professeur ou en mission.
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