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 Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire

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Kathleen Stevenson
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MessageSujet: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Dim 2 Aoû - 22:03

[2 août 1942]

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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Mar 4 Aoû - 15:48

J'étais plutôt stressé pour cette mission. Ca faisait longtemps que je n'avais pas été en opération sur le terrain, depuis l'opération Barbarossa en fait... Elle avait été une grande réussite et ça m'avait plutôt rassuré quant à mes capacités. Je m'étais rendu compte que la formation au MIS était vraiment bien adapté à ce que l'on doit faire à l'extérieur. Mais je n'étais pas sorti de l'institut depuis longtemps maintenant... Et c'était ma première missions sans mon ami Matthias. J'étais en binôme avec Jorgue Puedos, c'était un agent expérimenté que j'appréciais et que je respectais beaucoup. Mais je ne le connaissais pas aussi bien que Matthias... j'avais peur que nous ne nous comprenions pas aussi naturellement qu'avec mon petit frère. Et si nos coups d'oeil ne fonctionnaient pas ? Et si on ne pensait pas la même chose au même moment ? Ca pourrait faire foirer la mission, ou nous faire faire une erreur qui nous mettrait dans une situation dangereuse...

Oui j'avais un peu plus peur du danger qu'avant. Maintenant que je vivais au MIS depuis deux ans, dans une situation plutôt confortable, je m'y étais un peu habitué. A part la mission de l'année dernière, je n'avais pas été confrontée au danger depuis longtemps et oui, j'appréciais ma vie confortable à l'institut. Même si j'avais toujours des souvenirs de mon ancienne vie, j'en faisais encore des cauchemars de temps en temps, je n'étais plus vraiment ce garçon intrépide que j'étais à mon arrivée. Comme si le fait de grandir m'avait donné une nouvelle conscience du danger, aussi. J'étais aujourd'hui profondément attaché à ma vie aussi, bien plus qu'avant, et ça me faisait moins plaisir aussi de me confronter au danger. Mais j'étais toujours aussi motivé dans mon engagement, je n'avais toujours aucun doute sur mon désir d'anéantir les nazis. Et pour ça, j'étais encore prêt à tout.

Ce qui me rassurait, c'était que cette mission n'était pas spécialement dangereuse. Elle se déroulait à Londres, où, malgré les bombardements réguliers, la population était encore hors de contrôle des nazis. J'aimais bien cette idée de liberté dans ce pays, oui, à part la météo, j'aimais bien l'Angleterre finalement. J'étais maintenant parfaitement bilingue et je maîtrisais la langue de Shakespeare aussi bien que celle de Molière. J'avais appris mon ordre de mission par coeur avec Jorgue, j'étais plus studieux qu'avant surtout en sa compagnie, car lui-même était encore plus studieux que moi par nature. Nous en avions beaucoup parlé avec notre contrôleur de mission aussi, bref, nous étions fin prêts.

On partit donc à Londres. Dans le trajet en véhicule militaire camouflé civil, j'étais quand même un peu stressé. La pression montait et je ne parlais pas beaucoup, même avec Jorgue. On arriva assez rapidement à notre point de chute à Londres où on s'installa rapidement. Une mission à Londres, c'était sûrement le temps de transport le plus rapide de l'histoire de l'institut pour une opération terrain. Je regardai Jorgue, maintenant que nous étions sur place, j'avais hâte que l'on commence le travail de terrain. L'adrénaline me poussait vers l'action.

On sortit déambuler dans la rue pour prendre nos marques avec le quartier. Le lieu de notre point de chute avait été choisi parce-qu'il est connu pour abriter plusieurs résistants de diverses origines. Rien d'organisé ni d'officiel, mais beaucoup de sabotteurs viennent d'ici. On avait donc des chances de trouver notre groupe de résistants dans ce secteur...


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Jorgue Puedos
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Mer 5 Aoû - 23:30

Une nouvelle mission. La précédente avait été une réussite, mais j’espérais que cette fois-ci, je ne la finirais pas seul. Bon, il y avait moins de risque, aussi, à Londres même. La mission me semblait légèrement plus facile cette fois-ci. Et je connaissais quand même un peu Gabriel. Suffisamment du moins pour savoir que je pouvais compter sur lui. Il me semblait que le garçon était un bon agent et qu’il avait réussi sa première mission avec brio. Bien. Il n’y avait pas de raison que l’on échoue cette fois-ci, même si, bien sûr, le risque zéro n’existe pas. Mais nous étions prêts et nous avions toutes les cartes en main.

Au début, quand nous nous étions rendus dans le bureau des missions, nous avions été surpris, parce que nous n’étions pas dans la même unité. D’habitude, les missions se passaient en unité. Le mélange était une première pour le MIS, qui comptait déjà un bon petit nombre de missions, maintenant. La directrice pouvait être fière, selon moi, du résultat obtenu. Toutes les missions avaient été une réussite, il n’y avait jamais eu d’accident grave, jamais de réels soucis. Bref, on formait tous une bonne équipe.

J’étais le plus âgé de tout l’institut, et j’avais peut-être un peu plus de recul que les autres. Était-ce vraiment juste, ce que le MIS nous offrait ? Je veux dire, avaient-ils le droit de nous confronter à toutes ces horreurs. Bien sûr, on nous donnait le choix, mais quand même… Cela dit, en contexte de guerre, tout le monde était confronté à la guerre, donc ce n’était pas vraiment scandaleux. Je me demandai brièvement ce que deviendrait le MIS après la guerre… Fermerait-il ? Aurait-il encore une raison d’exister ? Serait-il encore aussi légitime qu’en temps de guerre ? Et puis, quand est-ce qu’elle allait finir, cette foutue guerre ? Ça faisait bientôt plus de deux ans qu’elle avait lieu, ça commençait à bien faire, de se taper sur la gueule comme ça. Tout ça pour un vieux fou et ses lubies débiles. Qu’on l’envoi au cachot et qu’on en parle plus !

J’étais plutôt détendu, je ne stressais pas. La pression n’était pas énorme pour cette mission, le risque était quasi nul. Gabriel avait l’air plus anxieux, par contre. Nous arrivâmes dans la capitale anglaise où on avait une chambre à trois, avec le contrôleur de mission, dans un petit hôtel miteux près de la Tamise. Ce n’était clairement pas le luxe, mais nous ne devions pas rester bien longtemps dans cette ville à priori. On s’en contenterait bien. De toute façon, ce n’est pas comme si nous avions le choix.

L’hôtel n’avait pas été choisi par hasard. Il se situait dans un quartier où les résistants avaient pour habitude de se réunir. C’est ce que nous avait dit le MIS. Ils devaient sans doute avoir eu l’info du SIS, ou quelque chose comme ça. Le plus simple était donc de simplement marcher au hasard dans les rues, en faisant attention à ce que nous croisions. Et faire attention à ne pas se perdre, aussi.

Ils n’avaient pas dit un mot depuis qu’ils se baladaient, je me décidai donc à briser le silence.

« Bon… Tu as déjà repéré quelque chose d’intéressant ? »

C’était un peu comme rechercher une aiguille dans une botte de foin. Donc ce n’était pas évident. La chance que l’on tombe sur un quelconque indice était quasi nulle. En plus, nous ne connaissions pas le nom de l’organisation.

Mais justement, nous arrivions sur une petite place, et un magasin attira mon attention. Il vendait plein de babioles. Mais une chose en particulier retenait mon regard sur la vitrine… Mais quoi ? Il y avait des jouets en bois et en métal, des mécanos. Il y avait aussi des petites voitures, un cirque miniature avec des petites calèches et quelques animaux. Le tout avait l’air assez vieux, comme si c’était là depuis beaucoup trop longtemps. Une seule chose dans l’ensemble semblait toute neuve, et c’est pour ça que je bloquais dessus. Une assez jolie maquette avec un train qui roulait sur ses rails, tranquillement, sans fin. C’était aussi le seul jouet qui bougeait. Je me retournai vers Gabriel avec un regard du style Tu penses à ce que je pense ?



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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Dim 9 Aoû - 15:38

Les deux agents marchaient au hasard dans les ruelles de Londres, à l'affut du moindre signe de présence de résistants. Pour le moment, rien à signaler, ils marchaient à l'aveugle sans savoir où aller... Gabriel songea que ça pouvait prendre du temps à ce rythme là, mais en même temps, par où commencer ? Ils avaient très peu d'informations, c'était à eux d'aller les chercher, c'était d'ailleurs le premier objectif de la mission.

Ce fut Jorgue qui repéra ce magasin en premier, et qui resta interdit devant. Gabriel observait la devanture, perplexe. Il ne comprenait pas pourquoi son coéquipier s'était arrêté devant, mais il devait bien avoir une raison, non ? Il avait confiance en Jorgue et en son flair, après tout il était plus vieux et plus expérimenté que lui. Ce ne fut que lorsqu'il le regarda dans les yeux avec un regard entendu qu'il comprit. Le train ! Les opérations de sabotage du réseau ferroviaire allemand... Ce devait être un signe de ralliement fort discret...

Gabriel acquiesça, et suggéra à Jorgue d'entrer dans le magasin naturellement, comme des enfants - deux frères - attirés par les jouets. Ils auraient ainsi l'occasion d'observer le lieu sous une couverture insoupçonnable.

Le blondinet s'approcha et poussa la porte avec un air naïf et émerveillé à la fois. Il s'agripait au t-shirt de son coéquipier.

" - Regarde ce train ! Il est trop cool ! "

Pour attirer un peu l'attention des résistants, qui peuvent sortir de leur cachette soit en les accueillant chaleureusement, soit avec de la méfiance. Mais face à des enfants, pourquoi se méfieraient-ils ?


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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Jeu 13 Aoû - 22:58

Après un instant de perplexité, le blondinet comprit enfin où je voulais en venir. Le Train. Il proposa alors d’entrer dans le magasin, comme si de rien n’était. Après tout, quoi de plus normal que des enfants qui rentrent dans une telle échoppe ? Bien sûr, j’étais un poil âgé pour tout ça, mais je pouvais accompagner mon petit frère, par exemple. Et puis même, le vendeur serait sans doute trop content d’avoir des clients que pour se plaindre.

Gabriel jouait très bien la comédie du gosse très excité à l’idée d’acheter un nouveau jouet. Ou bien était-ce vrai ? C’était peu probable. J’observai les alentours attentivement, alors que déjà Gabriel se précipitait vers une locomotive qui brillait fièrement d’un rouge métallique tout en s’exclamant que ce train était trop cool. Je ne me dirigeai pas tout de suite vers lui, néanmoins.

De hautes étagères en bois laqués s’élevaient vers le plafond et exposaient des jouets nettement plus jolis que ceux exposés en vitrine. Il y avait des pantins en métal soigneusement peints, des petites poupées méticuleusement tissées, des petites pièces de dinette, des robots à l’allure futuriste ou encore des petites voitures à remontée mécanique. Des bateaux en bois finement sculptés ornaient les murs couverts de papier-peint vif et coloré et un cheval à bascule se dandinait paresseusement devant le comptoir. Celui-ci aussi était en bois massif et exposaient toutes des petites babioles idéales pour les plus petits budgets. Le monsieur qui se tenait derrière releva brièvement la tête de sa caisse compteuse pour nous saluer, avant de replonger dans ses calculs.

Finalement, je m’approchai de Gabriel qui était fasciné par le train. La maquette était très bien réalisée, c’était surement un passionné qui avait fait ça.

« C’est vrai qu’elle est jolie, la maquette, Gabriel. Mais tu sais bien qu’on n’a pas d’argent… » Je pris un air triste des plus convaincants. « La guerre a ruiné notre famille, il nous reste à peine assez pour nous nourrir de manière suffisante. » continuai-je d’un air dépité, comme si cela me rendait triste de ne pas pouvoir faire plaisir à mon frangin. Je pense d’ailleurs que si j’avais réellement été dans cette situation, ma réaction n’aurait pas été si différente, mais bien réelle. « Si seulement on pouvait faire quelque chose contre ces sales nazis ! » m’exclamai-je en parlant un peu plus fort pour que le vendeur m’entende à coup sûr. Je lui tendais une perche énorme, là, alors s’il ne la saisissait pas… J’espérais réellement qu’il tombe dans le panneau.
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Ven 14 Aoû - 18:25

Les talents de Jorgue à jouer la comédie étaient très impressionnants. Sa phase d'approche était naturelle et efficace, Gabriel était très honoré de faire une mission avec lui. Ca se voyait qu'il avait de l'expérience et qu'il avait des idées très rapidement, sûrement que son âge lui donnait un avantage, en tout cas le blondinet songeait qu'il apprendrait beaucoup de choses en mission avec lui. Il embarqua donc dans son jeu en espérant être à la hauteur de la supercherie. S'il ne jouait pas aussi bien que lui, ça pouvait tout faire capoter. Et il n'avait pas envie d'être le boulet de cette mission, c'était un peu sa hantise quand il voyait les compétences de son partenaire... Il baissa la tête et commença à renifler. Lorsque Jorgue parla de la ruine de la famille, Gabriel commença à pleurer réellement. Il ne pensait pas être capable de pleurer sur commande, c'était la première fois qu'il expérimentait ça dans une mission mais ça marchait plutôt bien. Il n'avait qu'à imaginer que ce que disait Jorgue était réel et que c'était vraiment sa vie - une vie de merde qui donnait à coup sûr envie de pleurer. Le blondinet répondit à son "grand frère" d'une voix tremblotante, les yeux humides.

" - Tu as raison... Tu ne crois pas que le monsieur de la boutique pourrait nous aider ? Qu'il baisserait un peu le prix pour nous... Peut-être que lui non plus n'aime pas les nazis ? "

L'avantage dans ce pays, pas encore occupé, c'est qu'on pouvait dire ça librement. Partout ailleurs en Europe, de tels propos pouvaient vous valoir de gros ennuis avec la Gestapo. Mais ici, la liberté de paroles était encore possible, et comme la plupart des gens étaient anti-nazis à Londres - c'était quand même le fief de la résistance internationale - il y avait peu de risque à proférer ce genre de choses... Surtout quand on est enfants.

Gabriel pleurnichait toujours et prit subitement un air de gamin en colère.

" - Si je le pouvais, j'exterminerais tous les nazis du monde ! Ca leur apprendra ! "

Oeil pour oeil, dent pour dent. Gabriel était un peu extrême pour ces choses là dans sa tête, sa haine était telle qu'elle avait légèrement altérée son sens moral. Et en réalité, ses pensées étaient vraiment extrêmes en ce qu'il désirait franchement faire subir aux nazis. Il jouait la comédie, mais pas uniquement, lorsqu'il disait ça. Il le pensait aussi...

" - Mais on est tous seuls hein... Tu es même pas adulte encore... On est trop petits, qu'est-ce qu'on peut faire tous seuls ? "

Gabriel prit un air faussement désespéré. Le monsieur au comptoir finit par relever la tête et par adresser un signe de tête aux enfants, leur indiquant la réserve où il se retira. Après tout, dans un pays libre, autant de précautions n'étaient peut-être pas nécessaires... Mais ils avaient raison de se protéger d'éventuels espions allemands. Ils avaient un système de renseignement très efficace dans les pays ennemis... Particulièrement l'Angleterre qui était le pays ennemi n°1 avec l'URSS.

" - Ecoutez les enfants je suis désolé pour vous... Les nazis ont fait du mal à beaucoup de gens, et ils continuent encore. Vous voulez vraiment faire quelque chose contre eux ? Peut-être que je peux vous aider. "

Ca n'allait quand même pas être aussi facile... Si ?


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Jorgue Puedos
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Lun 17 Aoû - 15:56

Je pouvais être plus que satisfait du jeu de Gabriel, car celui-ci se mit à pleurer, à sangloter. On pouvait voir des larmes couler sur ses joues, même moi j’y aurais presque cru. Mais je savais qu’il n’était pas vraiment triste. Ou du moins, pas pour ça. Peut-être était-il réellement peiné pour quelque chose et qu’il en profitait pour attendrir le vendeur.

En tous les cas, ça fonctionnait du tonnerre. L’homme derrière son comptoir ne tarda pas à se faire remarquer. D’un signe de tête, il indiqua la réserve du magasin, que l’on pouvait atteindre derrière le comptoir. Le message était clair. Je jetai un rapide coup d’œil à mon partenaire, avant de me mettre en route vers l’endroit indiqué.

Un gros rideau de velours vert séparait les deux zones. Celle-ci était d’ailleurs beaucoup moins bien rangée. Des caisses s’étalaient un peu partout, et il y faisait également beaucoup plus sombre. Une série de caisses étaient entassées contre le mur, de manière particulièrement peu pratique. Comme si on souhaitait cacher quelque chose…

Je me reconcentrai sur le bonhomme en face de nous. C’était facile. Beaucoup trop facile. Il nous proposait déjà de les aider. Ainsi donc ne se méfiait-il même pas ? Bon, d’accord, ils avaient bien joués la comédie. D’accord, ils étaient des enfants, et donc personne ne les soupçonnait naturellement comme on peut douter d’un adulte au premier coup d’œil. Mais quand même… Enfin bon, ça, ça viendrait plus tard. Pour le moment, ils devaient faire les gentils enfants naïfs. Mais sur leurs gardes quand même… Et si c’était un piège ?

Comme j’étais l’aîné, c’était naturellement à moi de prendre la parole. Il fallait quand même faire attention à ce qu’on disait. Et on devait avoir l’air de ce que nous aurions dû être en temps normal, c’est-à-dire si nous n’avions jamais mis les pieds au MIS : des garçons innocents et quelque part inconscients. Aussi m’exclamai-je avec vigueur lorsqu’il eut fini sa proposition, en prenant soin d'agrémenter ma figure d'un sourire de triomphe.

« Oui, nous le souhaitons vraiment. Monsieur. » Avant d’ajouter avec cet air triste si efficace : « Il est vraiment temps que cette guerre cesse. » Puis de reprendre de la vigueur. « Que pouvons-nous faire pour vous, Monsieur ? »

On allait bien voir ce qu’il allait répondre…
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Mar 18 Aoû - 15:43

La proposition du vendeur tomba à pic, et Jorgue s'empressa de répondre avec l'expertise du grand frère sage. Sa réaction était tout à fait appropriée, ni trop enthousiaste ni pas assez. Ils faisaient un très bon duo d'excellents comédiens. Gabriel qui avait eu des doutes sur leur collaboration au départ était tout à fait rassuré. Il voyait qu'ils se comprenaient assez facilement et que leur travail de binôme se faisait naturellement. C'était très bon pour la mission.

A la question de Jorgue, le monsieur en question prit un air méfiant. C'était plutôt rassurant en fait, s'il leur avait fait confiance trop vite, ça aurait été suspect quand même, ça aurait senti le piège. Remarquez... Cette solution là aussi sentait un peu le piège, mais Gabriel était facilement un peu parano dans un lieu inconnu pour lui. Il essayait de se dire que tout allait bien se passer, après tout il était avec Jorgue le garçon le plus vieux et le plus expérimenté du campus - c'était le seul qui avait réussi une mission en solo. Alors il n'avait pas à s'inquiéter de la suite...

" - Je ne peux pas vous en dire plus ici. Revenez ce soir à 22h la nuit sera tombée ce sera plus discret. Vous rentrerez par la porte de service du magasin qui se trouve à l'arrière et qui donne directement sur la réserve. Nous avons une réunion avec mes camarades, à laquelle vous pourrez participer. C'est du sérieux attention les garçons il ne faut pas prendre ça à la légère. Vous ne pouvez en parler à personne. Mais si vous êtes vraiment motivé, votre petite taille pourrait nous aider. Voici le mot de passe, vous devrez le donner pour rentrer. "

Il refila un petit bout de papier avec un code griffonné dessus à Jorgue. Gabriel regarda son grand frère avec un air mi-apeuré mi-motivé. C'était à lui de prendre la décision, naturellement. Pour le bien de la mission ça ne faisait aucun doute qu'il allait accepter. Mais c'était assez risqué comme rendez-vous, si c'était un piège ils n'avaient aucun filet de sécurité. Ils devraient en parler longuement dans l'après midi avec leur contrôleur de mission pour adopter une stratégie sécuritaire. Et surtout une solution de repli si les choses tournaient mal.

Les deux gamins sortirent du magasin en silence, la tête baissée, comme triste de n'avoir rien pu acheter. Gabriel lançait des coups d'oeil fréquents à Jorgue, jaugeant le moment où ils pourraient parler librement.

" - C'est bien que ça avance aussi vite, mais... C'est quand même assez risqué tout ça. "

Oui, Gabriel était un peu inquiet pour la suite des événements. Il n'était vraiment pas du genre à foncer dans le tas tête baissée, il fallait réfléchir à une stratégie béton.


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Jorgue Puedos
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Mar 26 Juil - 21:47

L’homme nous toisa d’un regard profond et grave. Il ne semblait pas sûr de ce qu’il faisait tout, ce qui était plutôt logique vu qu’il allait engager des enfants dans un mouvement de résistance. C’était rare, les adultes qui prenaient les enfants au sérieux. Suspect aussi. Cela étant dit, si cet homme était réellement dans la résistance, c’était déjà un signe d’une certaine sagesse.

Et puis, il avait un visage qui inspirait confiance. Bien sûr, les apparences sont trompeuses, mais on avait envie de se confier à lui, d’entendre ses conseils avisés prononcés de sa voix grave et reposante au travers de sa barbe blanche de quelques centimètres. Il avait tout du grand-père aimant qu’on rêvait tous d’avoir.

Enfin il se mit à parler, et je me concentrai pour tout retenir : ce soir 22h, porte de service, réunion sérieuse, mot de passe. C’était noté. Le vieux me donna un papier où était griffonné en anglais notre sésame vers la suite de la mission : Lose Or Neglect. J’aurais le temps d’analyser sa signification plus tard.

« D’accord, Monsieur. » Il est temps de conclure pour maintenant « Merci, Monsieur » Dis-je en quittant la petite boutique. On marcha en silence à travers les rues de Londres pendant un bon moment, silence que Gabriel finit par interrompre.

Je ne répondis pas tout de suite. Oui, c’était risqué, c’est vrai. Mais c’était un risque à prendre. C’est donc ce que je lui dis.

« Le risque zéro n’existe pas de toute façon. Mais t’inquiète pas, Gab’, s’il y a un problème, on forme la paire, je suis sûr qu’on s’en sortira ! »

Je savais qu’en vrai, on avait peu de chance de nous en sortir vivant s’il s’agissait de Nazis qui nous piégeaient. Mais piéger des enfants, c’est du gros n’importe quoi… Comme cette guerre, c’est vrai…

On finit par rentrer chez nous, où notre contrôleur de mission nous attendait de pied ferme. On lui raconta donc tout, avant de monter dans notre chambre. Il fallait attendre 22h, maintenant. Anton était formel, nous devions y aller.

La maison où nous logions était plutôt confortable et bien aménagée, quoique petite. Dans la chambre, nous disposions chacun de notre lit. La fenêtre était ouverte et les rideaux écartés. Je fermai la fenêtre et la porte. Nous ne devions pas être entendus. Le tapis plein au sol absorbait les sons, c’était parfait.

« Tu l’interprètes comment, le mot de passe ? Je suis sûr qu’il y a une signification derrière… Mais quoi ? »
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Ven 9 Sep - 12:00

Les deux agents rentrèrent dans leur habitation re joignirent leur contrôleur de mission. Ce dernier leur dispensa quelques conseils sur la marche à suivre, mais en général ce n'était que des rappels de ce qu'ils avaient déjà appris en cours à l'institut. Ca n'était pas pour rassurer Gabriel car finalement, le contrôleur de mission n'énonçait que des principes mais ne les aidait pas spécialement à élaborer un plan béton comme ce qu'il souhaitait. Jorgue était beaucoup plus rassurant, sa confiance mettait Gabriel à l'aise. Oui, tous les deux, ils allaient s'en sortir à merveille. Au fond, le contrôleur de mission ne leur était pas franchement utile, n'est-ce pas ? Ils étaient parfaitement autonomes sur le terrain.

A sa question néanmoins, Gabriel buta. Il ne s'était pas du tout posé la question. Il se mit à bafouiller d'un air gêné.

" - Euh... Je sais pas... Je pensais que c'était juste un mot de passe au hasard, tu crois que ça veut vraiment dire quelque chose ? "

Ca voudrait dire que pour gagner, il faut négliger. Négliger quoi ? Son apparence, sans aucun doute. Mais tout le monde avait un air misérable par les temps qui courent, ce n'était pas difficile de se fondre dans le paysage.

" - Ecoute, j'ai pas d'idée... On peut y réfléchir en chemin ? C'est presque l'heure. "

Ils n'avaient toujours pas de plan plus précis mais partaient confiants. Après tout, ils étaient entraînés pour improviser, ils s'en sortiraient toujours. Ils arrivèrent devant la porte de derrière du magasin, bien camouflés, et frappèrent discrètement. Jorgue donna le mot de passe et la porte s'ouvrit sur la réserve. Une vieille table longue y était installée, un bon nombre d'adultes s'y trouvaient mais aussi des jeunes adolescents de l'âge de Jorgue. Gabriel était le plus jeune, mais il ne dénotait pas trop dans le décors. Serait-ce aussi la stratégie des résistants, d'utiliser des enfants pour les sabotages ? Allaient-ils découvrir la signification cachée de ce mot de passe ? Jorgue avait peut-être déjà une idée sur la question... Car ce mystère restait désespérément creux pour Gabriel.


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Jorgue Puedos
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Ven 4 Nov - 9:52

Gabriel me jeta un regard interloqué, comme si je venais de sortir une énorme bêtise. Ou un caprice. Est-ce que ce mot de passe devait forcément avoir une signification ? Non, bien sûr. Mais je sentais que ces termes n'avaient pas été choisis par hasard.

Lose or neglect... Perds ou néglige... Ça n'avait pas de sens... De prime abord du moins. Je réfléchis aux différentes possibilités. Perdre. Que pouvait-on perdre ? En ces temps sordides, l'on pensait immédiatement à la guerre. On pouvait perdre un être proche, un objet important... Négliger. À part sa tenue, comme l'avait lancé Gabriel, je ne voyais pas. Ou bien c'était une référence à l'activité du groupe secret ? Casser des rails pour arrêter les trains de déportation. Était-ce une forme de négligence ?

Si on prenait les 3 premières lettres: LON. Londres ? Aucun autre mot ne me vint en tête. Je soupirai dans une moue dédaigneuse. Mes épaules s'affaissèrent. "Oui, mettons nous en route..."

Je sautai de mon lit et enfilai mes chaussures. Ce n'était pas le moment de se laisser abattre. La lumière viendrait peut-être plus tard. La mission, après tout, venait à peine de commencer.

On arriva au magasin, le petit train mécanique rutilant tournait toujours fièrement dans la vitrine. On contourna la vieille bâtisse. Elle était là, la porte en bois qui donnait sur la réserve. J'y frappai doucement pour éviter de faire du bruit pour toute la ville. Une fente s'ouvrit presque aussitôt.

"Mot de passe ?", demanda une voix légèrement voilée.

Je déglutis. "Lose or neglect", murmurai-je. Une raie lumineuse s'échappa de l'ouverture qui se dessinait devant nous. Je laissai Gabriel entrer en premier et le suivis immédiatement.

Un escalier en colimaçon grimpait à l'étage. Les marchés étaient étroites et escarpées, rendant l'escalade relativement compliquée. Le bois craquait sous nos pas. Heureusement que nous n'étions pas en plein exercice d'infiltration.

Nous arrivions enfin dans la salle de réunion, qui se situait en fait dans le grenier. D'épaisses poutres traversaient le toit de part et d'autre. Des toiles d'araignées s'entendaient dans les coins sombres. Il y avait des trous ça et là dans le toit. Quelques tuiles avaient du s'échapper au cours d'une tempête. Un léger courant d'air un peu désagréable rafraîchissait l'endroit. Quelques gouttes tombaient. Il avait commencé à pleuvoir. Ça arrivait vite en Angleterre.

Une grande table bordée de part et d'autre de tabourets trônait au milieu de la pièce. Plusieurs personnes s'y étaient déjà attelé. Des hommes, des femmes. Des plus jeunes, des plus vieux. Ils discutaient vivement ensemble et semblaient contents de se revoir. Quelqu'un lança une blague que je n'eu pas le temps d'entendre, et les autres rirent bruyamment.

Des papiers s’étalaient un peu partout sur la table: schémas, plans, cartes, graphiques. Tout ça avait l'air bien complexe. Je cherchai le vendeur du regard, mais ne le vis pas. Il y avait deux tabourets de libre, que je montrai à Gabriel. J'en pris un et m'assis dessus. Je mis mes mains dans mes poches. J'avais froid. J'étais mal à l'aise. Je ne connaissais personne ici. Je ne parlais pas. Je n'avais pas envie. Et rien à dire non plus. La présence du vendeur m'aurait rassuré.

Après une ou deux minutes, j'entendis des pas monter l'escalier. Il était là, son visage toujours aussi rassurant. Nos regards se croisèrent, et il vint vers nous. Il avança une main que je m'empressai de serrer.

"Bonsoir !" Dit-il d'un air enjoué "Content de voir que vous êtes venu. On va commencer..." Et il s'éloigna vers le bout de la table. La réunion pouvait maintenant débuter.
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Lun 5 Déc - 18:10

Les deux garçons entrèrent dans l'antre du loup et s'installèrent dans la salle de réunion, autour de la table. Ils avaient des places quelconques, on voyait qu'il n'y avait pas de hiérarchie ou d'organisation qui plaçait les participants à un endroit précis. Chacun s'asseyait où il voulait, manifestement en fonction des affinités entre les gens, et ceux qui ne connaissaient personne s'installaient dans les emplacements vides au hasard. L'absence de hiérarchie ici était un bon point pour les deux agents, ils pourraient peut-être s'exprimer plus librement ou du moins être un peu pris au sérieux, en tant que jeunes résistants prêts à en découdre.

La réunion commença. Celui qui avait pris la parole montrait sur les cartes les voies ferrées où transitaient les convois de juifs, et de temps en temps certains participants se manifestaient pour dire "je m'en occupe". Pas d'information précise. Pas de quand, ni de comment... Était-ce dû à la présence des deux enfants ? Ou bien est-ce que ce groupe de résistance n'avait effectivement pas plus d'organisation que ça...? Il était difficile de le savoir. Une bonne demi-heure était passée, et aucune information précise ne permettrait au SIS d'entrer en action. Aucune information n'était assez précise pour être communiquée au contrôleur de mission, d'ailleurs. Mise à part les supports graphiques qui étaient assez précis, mais qu'ils ne pourraient en aucun cas ramener, dessiner à la limite... Mais ces cartes montraient ce qui existait, il n'y avait pas vraiment d'annotation sur les activités prévues... Comme si ces cartes officielles n'avaient même pas été travaillées, elles servaient comme en décoration du propos.

Gabriel ne savait pas comment les chemins de fer étaient choisis pour être attaqués, ni pourquoi telle personne prenait telle portion. Il lui semblait que c'étaient surtout les zones les plus proches d'ici. Est-ce que c'était par confort ? Ou bien y avait-il une autre raison que personne n'abordait ? Tant pis, il allait mettre les deux pieds dans le plat. Après tout, il était le plus jeune, il était le plus légitime à jouer le petit innocent qui ne comprend rien.

" - Euh, pardon de vous interrompre... Je ne comprends pas trop votre projet. Pourquoi choisissez-vous ces tronçons de voies ferrées ? Est-ce parce-que ce sont les chemins qui transportent le plus de déportés ? Avez-vous des données là-dessus ? Excusez-moi je n'ai pas compris grand chose pour le moment... "

Il prenait son air tout fragile de petit garçon débile. Cette mine fonctionnait à merveille, il était tout à fait crédible. Certains participants se regardaient entre eux d'un air gêné. C'était donc ça : ils n'avaient vraiment, mais vraiment, aucune organisation...


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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Jeu 15 Déc - 16:06

Je regardai l'homme s'éloigner vers le devant de la table pour concentrer l'attention des participants. Cet homme avait de la prestance, une certaine classe, qui me plaisait. Sans doute une traduction de l’absence parentale.

Sa présence suffit à faire taire la foule, rendant la pièce tout à coût très silencieuse. On pouvait entendre les courants d'air siffler avec violence à travers les trous de la toiture, ce qui ne manqua pas de me faire frissonner. Mais bientôt, l'homme - dont j'ignorais toujours le nom - commença à parler et capta toute mon attention, ainsi que toute celle de l'assistance.

"Bonsoir, mes amis ! Bienvenue, ce soir encore, dans mon humble demeure." Ainsi, nous étions dans sa maison. Toujours bon à savoir. "Je suis heureux de vous voir toujours plus nombreux, notre mouvement prend de l'ampleur et j'espère que les résultats vont en découler. Bien, lançons-nous à présent dans le vif du sujet..."

Et le vif du sujet, j'avais du mal à le suivre. Immédiatement au ton de sa voix, le monsieur perdait un peu de son assurance. La différence était minime et sans doute pas frappante pour quelqu'un qui n'y prêtait pas attention, mais elle était tout de même présente.

Les informations étaient diffuses et éparses. J'arrivai bien à récolter çà et là quelques bribes, mais rien de plus, et bien vite mon attention décrocha.

Je jetai un coup d'œil à Gabriel et nos regards se croisèrent. Il semblait consterné. Sa grimace était amusante. Il pensait la même chose que moi aussi, ça se voyait. Ces gens étaient parés de bonnes intentions, mais ils semblaient n'avoir aucune notion d'organisation.

L'intervention de Gabriel fût géniale. C'était exactement ce qu'il nous fallait pour avancer et les aider. J'avais envie de l'enlacer dans mes bras, mais ce n'était pas l'endroit ni le moment.

Il avait parfaitement joué la comédie de l'enfant innocent et le résultat fût pour le moins intéressant. La salle se plongea dans le silence et les adultes s’échangèrent des regards gênés. Qui allait prendre la parole ? Et qu'allait-il bien pouvoir dire ? Ce fût le chef qui prit la parole après quelques secondes de réflexion, le tout dans un ton posé et calme. C'était difficile de l'imaginer énervé, en fait.

"Il est vrai que nous manquons d'informations officielles et sûres." dit-il en regardant en profondeur Gabriel dans les yeux. "Mais je suis un ancien conducteur de train et je connais assez bien le réseau ferroviaire britannique. Je peux donc supposer d'où les trains partent et par où ils passent."

Il marqua une pause et sembla réfléchir brièvement à la suite.

"Et il est vrai que nous ne donnons pas beaucoup d'informations ici. J'en donne plus en privé à chaque personne qui se porte volontaire. C'est une façon de se protéger, si tu veux. Si tout le monde est au courant de tout, il y a plus de risque de dénonciation. Bien sûr, j'accorde une confiance relative à tous les individus présents ici... Mais on ne sait jamais, par les temps qui courent."

Je donnai un coup de coude à Gabriel et lui soufflai dans l'oreille :

"Dis, on ne prendrait pas une mission à nous deux, pour voir comment ça se passe ?"
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Jeu 21 Déc - 15:17

La remarque de Gabriel fut assez appréciée par l'ensemble de l'assemblée. Les participants le trouvèrent sûrement trop mignons puisque des regards compatissants convergèrent vers lui. Bien loin d'être pointé du doigt - il avait eu peur de ne pas avoir le droit d'intervenir - le leader le regarda droit dans les yeux et lui répondit d'un ton parfaitement sérieux. C'était assez impressionnant, un adulte qui prend au sérieux un gamin comme ça. C'est fou ce que les adultes sont poussés à faire en temps de guerre...

Gabriel acquiesçait gentiment en secouant la tête aux explications de l'homme. Il gardait son air tout mignon et sérieux à la fois, comme un gamin trop grave pour être encore un gamin.

En même temps, la remarque de Jorgue lui montra que son intervention était bonne. Parfait, il allait continuer sur sa lancée. Sans même accorder un regard à son partenaire, ce qui aurait éveillé les soupçons, il continua la conversation avec le leader, le regard toujours rivé sur lui.

" - Merci Monsieur... Je comprends mieux... "

Après un bref silence où Gabriel baissa soigneusement les yeux d'un air timide, il releva des yeux mouillés pleins d'espoir vers l'homme.

" - Nous voulons participer aussi. Vous savez, comme on est petit, on peut faire plein de choses sans que les adultes s'en rendent compte, et... "

Ses yeux se mouillèrent de larmes en même temps que sa voix de brisa.

"... les nazis nous on fait des choses que vous ne pouvez pas vous imaginer, et... ils ne peuvent pas continuer ce qu'ils font... Je vous en prie... Donnez-nous une mission, même toute petite... "

Une larme roula sur la joue du blondinet sur la fin de sa phrase. C'était la première mission où il n'avait presque pas besoin de mentir, finalement. Cela rendait son jeu d'acteur encore plus crédible, mais cela rendait aussi le détachement dans l'action bien plus compliqué...

Le leader regarda les membres de l'assemblée et chacun acquiesçait gravement. Oui, Gabriel avait touché tout le monde, et par son innocence, ils allaient être intégrés au mouvement en un temps record.

" - Très bien. Il reste ce tronçon... "

L'homme montra un point sur la carte.

" - Je vous expliquerai en détail votre rôle à la fin de la réunion.
Est-ce que tout le monde a bien compris son rôle ? Avez-vous une suggestion particulière avant de clore la séance ?
"


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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Lun 5 Mar - 21:52

Gabriel hocha discrètement de la tête à ma remarque. Il était d’accord. Et semblait vouloir prendre les choses en main, ce que je lui laissai faire. Il avait beau être beaucoup plus jeune que moi, il était doué. Ça ne faisait aucun doute. À cet instant, mon rôle à moi était de m’assurer que tout se passe bien, et qu’il ne commette pas d’impaire.

Ainsi, je l’observai attentivement. Quoi de plus normal qu’un grand frère qui veille sur son cadet ? Il jouait vraiment bien la comédie. Il devrait faire du théâtre. Dommage qu’il n’y avait pas de troupe au MIS. Je mis cette idée intéressante dans un coin de ma tête en me promettant d’en parler avec la directrice à notre retour, et me reconcentrai sur la situation. Le temps que mon esprit vagabonde, l’affaire semblait réglée, car j’entendis le leader prononcer les mots « Il reste ce tronçon, je vous expliquerai en détail votre rôle à la fin de la réunion. »

Quand Gabriel vint se rassoir sur son tabouret, je lui chuchotai à l’oreille un « Bravo, petit frère, bien joué » accompagné d’un clin d’œil. J’étais réellement admiratif, en fait. Je lui fis une tape amicale sur l’épaule. Personne dans l’assemblée n’eut de suggestion, aussi la réunion se clôtura-t-elle.

Nous restâmes là, assis, à attendre que le monsieur nous appelle. Il attendait que tout le monde soit parti. Petit à petit, la salle se vidait tandis que les membres discutaient entre eux avec animation, certains d’entre eux nous faisant un bref signe de tête. Une fois tous seul avec le chef, celui-ci nous fit signe d’approcher. Nous nous levâmes d’un bon et le rejoignîmes. Il se mit aussitôt à parler.

« Bon, les enfants. Voilà comment nous fonctionnons. Chacun d’entre nous reçois un tronçon de chemin de fer à l’issue de la réunion. En fait, les tronçons sont souvent partout en Europe, ailleurs qu’en Angleterre, car peu de Juifs sont déportés depuis notre pays. Cela dit, comme vous êtes jeunes, c’est peut-être un peu compliqué de vous amener dans une autre contrée… Surtout par temps de guerre, vos parents ne vous laisseraient pas partir. Comment pourrait-on faire ? » Il s’arrêta et réfléchit.

Il nous fallait vite trouver une bonne excuse pour pouvoir quand même partir avec lui. Trouver une bonne excuse pour prouver que nos parents seraient d’accord de nous laisser partir. Je lui lançai un regard pour lui faire comprendre cela, tandis que j’activai mes méninges le plus rapidement possible.
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Mar 6 Mar - 17:05

Gabriel était très touché de la réaction de Jorgue, son coéquipier approuvait ses méthodes et ça lui faisait chaud au coeur. Pour une mission sans son petit frère, il était très bien tombé, et à présent il comptait Jorgue parmi ses plus proches amis et coéquipiers de confiance. Ils faisaient un super duo en mission.

Les participants à la réunion mirent un temps fou à partir - en tout cas ce temps parut interminable à Gabriel. Et finalement, lorsque tout le monde fut sorti, l'homme s'approcha des deux frères pour expliquer le contexte. Et la question qu'il posa fut délicate... Sur le coup, Gabriel eut un trou noir. C'était quoi leur couverture déjà ? Ils avaient des parents, oui ou non ? Ils vivaient où ? Le blondinet avait beau se creuser les méninges, il ne parvenait pas à se souvenir des détails de leur couverture... Il allait donc falloir improviser. En espérant ne pas faire d'impair trop grave...

" - Vous savez Monsieur, nos parents ont tout perdu à cause de la guerre. Ils nous laissent sortir comme on veut pour que l'on puisse trouver quelque chose car ils ne peuvent plus nourrir toute la famille correctement. Si on leur dit qu'on a trouvé un petit travail intéressant qui nous permettra de gagner notre pain, ils seront contents pour nous et davantage rassurés que si l'on restait avec eux... on n'est pas obligé de leur dire où nous irons. "

Les yeux de Gabriel pétillaient d'enthousiasme. Oui, il voulait cette mission coûte que coûte, autant qu'il fallait que la mission réussisse pour le MIS. Ce n'était vraiment pas difficile de jouer la comédie pour cette fois.

" - Parfait. Cependant, vous devez savoir que je n'accompagne jamais les résistants sur le terrain. Je m'occupe de tout en sous-marin pour essayer de ne pas rester isolé, et de communiquer avec le réseau international de résistants... "

L'homme suspendit ses paroles. Gabriel sentait qu'il était sur le point de les laisser partir seuls, ce qui leur allait très bien.

"...cependant, j'ai un coeur et je ne peux pas laisser des enfants si jeunes que vous partir seuls en zone occupée. C'est beaucoup trop dangereux... "

Gabriel pouvait voir dans ses yeux un combat interne assez violent. Comment allait-il s'en sortir ? Son coéquipier et lui ne pouvaient rien faire pour orienter cette décision. Ils étaient sensés être des gamins pauvres et débrouillards, mais pas non plus entraînés à pénétrer en zone occupée.

" - Le tronçon que je vous ai montré est en Pologne, où l'occupation nazie est intense. Je vais venir avec vous. Rentrez chez vous et dites au revoir à vos parents. Retrouvez-moi ici, à 5h du matin pour que l'on parte avant l'ouverture du magasin. "

Et l'homme disparut. Gabriel attendit d'être seul avec Jorgue pour lui sourire. Cette mission, même si elle prenait une tournure périlleuse inattendue, était bien engagée.


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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Jeu 8 Mar - 14:56

Comme je pouvais m’y attendre, Gabriel improvisa avec brillance encore une fois. Son excuse était tout à fait crédible, même si bon, si nous avions vraiment des parents, et qu’ils avaient vraiment tout perdu, ils risqueraient de perdre leurs enfants aussi, avec cette façon de voir les choses. Je regardai avec un peu d’anxiété, tout à fait légitime dans la situation donc pas forcément à cacher, la réaction du monsieur. Il sembla nous croire sans remettre en doute notre parole. Parfait ! Nous étions décidemment efficaces, sur cette mission.

L’homme hésita à voix haute sur le fait de nous accompagner ou non. Je ne savais pas ce que Gabriel en pensait, mais j’espérais secrètement que l’organisateur décide de venir avec nous. Après tout, au-delà de venir les aider, nous étions surtout là pour récolter des infos sur leur façon de procéder, leurs méthodes. Et s’il ne venait pas avec nous, nous n’avancerions pas d’un pouce dans ce domaine-là.

Finalement, il se décida et s’engagea à nous accompagner en Pologne, lieu de notre première mission. Nous avions rendez-vous à 5h du matin devant sa boutique le lendemain matin. Entre temps il était déjà minuit passé, nous n’aurions pas beaucoup d’heures de sommeil. Au pire, nous pourrions toujours récupérer sur la route vers la Pologne.

Sans en dire plus, l’homme nous raccompagna vers la porte et nous souhaita la bonne nuit avant de retourner à l’intérieur de sa maison. Nous traversâmes quelques rues désertes sans dire un mot, et après un coup d’œil à gauche, à droite pour s’assurer que nous n’étions pas suivis, je commençai à parler en chuchotant.

« Je pense qu’on peut être content de nous pour le coup ! Ça c’est de l’efficacité. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais c’est fantastique : on a réussi à avoir une mission importante, et en plus il vient avec nous. Ça veut dire qu’on va pouvoir récolter le max d’infos !! Maintenant dépêchons-nous pour avoir la nuit la plus longue possible, parce qu’on va encore devoir débriefer avec Anton. »

Et c’est effectivement ce qu’il se passa une fois à l’hôtel. Heureusement, notre contrôleur de mission ne nous garda pas très longtemps et nous pûmes vite aller au lit. Il était très content de nous, il nous suivrait de plus ou moins près jusqu’en Pologne, histoire de toujours rester dans les environs. Nous nous endormîmes tous les trois aussitôt : au MIS, on apprenait quelques techniques pour s’endormir en moins de deux.

Le réveil mécanique nous réveilla les tympans beaucoup trop tôt. Nous avions à peine eu un cycle de sommeil, ce qui n’était pas suffisant, surtout pour la journée qui nous attendait. Mais bon, peu importe. On avait eu l’habitude de ce genre de situation avec le PEI. Et puis l’excitation de l’action faisait monter l’adrénaline d’un cran, ce qui donnait de l’énergie supplémentaire à notre corps. Le réveil était un réveil très discret. On ne pouvait pas prendre le risque de réveiller tout l’hôtel ! J’allai le désactiver. Nous mangeâmes en vitesse avant de chacun son tour prendre une petite douche histoire de se rafraichir. Et puis, en route.

Nous rejoignîmes assez vite le magasin, Anton quelque part loin derrière nous. Une fois devant la vitrine du magasin, grillagée par un volet, le monsieur sembla sortir de nulle part et vint à nous. Nous n’échangeâmes pas beaucoup de mots. Il fallait être le plus discret possible. Il nous dit de le suivre et nous mena à la gare, pas très loin. De là, nous prîmes le train qui reliait Londres à l’Italie. Les wagons allaient alors sur un bateau équipé de rails avant de rejoindre Ostende, en Belgique, d’où il pourrait continuer son trajet sur le continent.

L’homme nous expliqua brièvement notre trajet : une fois arrivé à Ostende, le train continuait vers Bruxelles. De là, nous pouvions prendre un train vers Berlin, puis vers la Pologne. Le trajet serait long, et c’est pour ça que nous étions partis aussi tôt. J’espère qu’Anton arriverait à nous suivre. Le monsieur acheta les tickets et nous allâmes nous asseoir dans le train qui partirait dans vingt-cinq minutes. Nous étions dans un compartiment vide, nous pouvions donc discuter tranquillement… Même si, bien sûr, quelqu’un pourrait nous rejoindre à tout moment.
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Jeu 8 Mar - 17:04

Gabriel et Jorgue rentrèrent à l'hôtel avec leur contrôleur de mission, comme prévu. Ce dernier n'avait pas l'air particulièrement inquiet, et pourtant, le blondinet était de plus en plus stressé : ils allaient tout de même passer en plein territoire allemand, ce qui n'était pas du tout au programme à la base sur cette mission! Anton semblait prendre cela un peu à la légère... Il allait "essayer de nous suivre le plus loin possible"... Mais comment ça ? Pour leur sécurité, il avait plutôt intérêt à les coller au train oui!

Gabriel commençait à paniquer légèrement. Oui, il n'était jamais allé en territoire allemand depuis sa première mission. Mais là, il n'était pas avec Matthias. Il était certes en confiance avec Jorgue, mais le fait de retourner sur des terres allemandes, d'être de nouveau confronté aux mêmes nazis que ceux qui ont brisé sa famille et sa vie... C'était plus dur qu'il ne l'aurait imaginé. Il stressait à mort, et il faisait tout pour ne surtout pas le montrer.

Les deux autres s'endormirent très vite, mais pas lui. Il ressassait en boucle dans sa tête les images effrayantes des dignitaires nazis de sa première mission. Il essayait de se rassurer, en se souvenant comment, avec Matthias, ils s'étaient brillamment débrouillés pour réussir cette mission et sortir indemne. Il devait à tout prix se rappeler qu'il était un enfant insoupçonnable... Mais rien à faire, ce virage dans la mission le faisait flipper à mort, et il ne parvint pas à dormir de la nuit à cause du stress. Il était content que cette mission avance si vite, mais pas comme ça...

Au moment du réveil, Gabriel avait tout juste réussi à s'assoupir. Ils rejoignirent rapidement le magasin de jouets où l'homme leur expliqua le trajet qu'ils allaient prendre. Ca avait l'air long et périlleux sur la fin, le blondinet cachait une fois de plus son stress. Ils allèrent à la gare puis s'installèrent dans le train avec le résistant. Le silence s'installa, Gabriel jouait nerveusement avec ses doigts.

" - Ca va gamin ? "

Le blondinet, surpris, sortit de sa rêverie anxieuse.

" - Euh...oui. "

Ce n'était pas très crédible tout ça. Décidément, cette mission rendait la réalité et le rôle à jouer difficiles à distinguer pour Gabriel, et ce depuis le début.

" - Enfin... C'est un peu stressant, mais c'est normal... On va aller dans un endroit dangereux. Mais c'est très important pour nous de faire ça, car on veut se battre! Et puis vous pourrez nous protéger des nazis, n'est-ce pas ? "

Cette dernière phrase s'adressait plutôt à Anton en réalité - mais où pouvait-il bien être ?!
Cependant, il la dicta avec une crainte si enfantine qu'elle criait de vérité. Le résistant en était attendri.

" - Bien sûr, c'est pour cela que j'ai voulu vous accompagner, chose que je ne fais jamais d'habitude !"

Etrangement, cela rassurait Gabriel...

Le train filait assez vite à travers l'Angleterre. L'embarquement sur le bateau se fit sans encombre, le débarquement non plus. Le voyage jusqu'à Berlin fut assez calme.

A partir d'ici, les choses devenaient plus compliquées. Les nazis contrôlaient les papiers de tout le monde à la gare. Au bord de la panique, Gabriel se calma dès que le résistant présenta ses papiers et expliqua que Jorgue et moi étions ses enfants. Quel espion expérimenté ! Vu l'organisation de son groupe, c'était difficile d'imaginer cela au début... Les nazis nous laissèrent passer sans encombre. Enfin installés dans le train qui les emmenait en Pologne, Gabriel commença à souffler et à se détendre. Il devait avoir confiance en Jorgue, comme en Matthias, et ne pas compter sur Anton qui n'avait pas forcément saisi ni le danger ni réussi à les suivre. Oui, en cas de pépin, il savait que Jorgue serait là...

" - Bien les enfants, maintenant que nous sommes seuls... Vous souvenez-vous du tronçon que je vous ai montré sur la carte ? C'est sur le chemin d'Auschwitz, le premier camp de concentration et d'extermination d'Europe. Nous voulons perturber l'approvisionnement. La portion que je vous ai montré est le noeud de communication principal du camp, passage obligé pour tous les convois de déporté pour y arriver. Il faut rendre cette portion inutilisable pour le plus longtemps possible... Pour cela, c'est simple : faire sauter les rails. C'est ce qu'ils mettent le plus longtemps à réparer. Il est beaucoup plus difficile d'arrêter les locomotives car elles fonctionnent en charbon et l'on en trouve partout, alors... Voici notre mission. J'ai un circuit pour récupérer les explosifs. Votre rôle à vous, sera de les poser et de les faire exploser. Ce sera beaucoup moins suspect que si je le fais moi-même... Grâce à votre âge, vous savez. Voulez-vous toujours le faire ? C'est très périlleux pour des enfants, je le sais... "

Les yeux de Gabriel s'écarquillèrent et se noircirent en même temps. Il regarda Jorgue dans les yeux, totalement paniqué. Il transpirait à grosses gouttes et était plus pâle que jamais. Il avait besoin de s'isoler avec Jorgue, mais il ne savait pas comment s'y prendre, il ne gérait plus rien dans sa tête.

Un camp d'extermination ? C'était quoi ça ? Oui, il savait que les gens mourraient dans les camps... Mais à cause des maladies, de l'épuisement, de la faim... Ses parents étaient peut-être toujours ici! Extermination ?! Le statut d'espion de Gabriel était bien loin dans son esprit, maintenant qu'il se rapprochait du lieu où il avait vu ses parents pour la dernière fois...


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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Dim 11 Mar - 23:45

Le voyage se poursuivit sans trop de difficultés, à part quelques contrôles pénibles aux frontières. Une fois dans le train en Pologne seulement, l’homme commença à nous expliquer avec plus de précision la mission qui nous attendait. Pourquoi maintenant seulement ? Pour éviter qu’on fasse marche arrière, qu’on se dégonfle ? Je dois dire que malgré tout ce qu’il nous disait, j’arrivais étonnamment à rester relativement serein. Je savais que l’adrénaline viendrait au dernier instant, au moment de passer à l’acte. Je voyais que Gabriel en menait beaucoup moins large, par contre, et ça m’inquiétait un peu.

Il y avait de quoi, cela dit. L’homme venait de nous révéler l’existence de camps d’extermination. Rien que ça. Les camps de concentrations étaient déjà une belle horreur, mais là, ça montait encore d’un cran. Mais jusqu’où pouvait aller la folie humaine ? Mais étonnamment, j’arrivais réellement à garder un détachement par rapport à la situation. Je savais aussi que tout ça me tomberait dessus une fois la mission finie, une fois de retour au MIS. Pour le moment, je me concentrais sur ce que nous avions à faire. Aller poser des explosifs que lui récupèrerait.

Mon coéquipier était devenu très pâle. Terriblement pâle. On aurait dit qu’il allait tomber dans les pommes. Il fallait que je lui parle seul à seul, pour le rassurer. Il était totalement terrifié. La dernière question du monsieur tomba à pic. Voulez-vous toujours le faire ?

Je pris immédiatement la parole. Je doutais de toute façon que Gabriel sache dire quoi que ce soit.

« Est-ce que ce serait possible qu’on parle juste entre frères quelques instants avant de vouloir dire si on veut réellement le faire ? » Je ne voulais en aucun cas forcer Gabriel à le faire s’il ne le voulait pas. Mais je pouvais essayer de le rassurer. L’homme accepta et dit qu’il en profiterait pour acheter quelque chose à manger et passer à la toilette. Une fois seul, je vins m’asseoir à côté de Gabriel et me collai à lui. Le contact physique pouvait rassurer. Je ne savais pas trop par où commencer… J’adoptai le ton le plus rassurant possible.

« Je sais que c’est stressant et fort. C’est important de garder la tête froide et de mettre tout ça de côté. Je sais que c’est pas facile, mais on peut essayer d’un peu faire de la relaxation, si tu veux. Je connais deux-trois techniques très utiles. Et puis, je te rassure, on n’est pas seul. Le monsieur est là. Anton est là aussi. Je sais qu’on ne le voit pas, et on pourrait facilement se dire qu’il n’a pas réussi à nous suivre. Mais je suis sûr et certain qu’il nous voit, et peut-être même nous entend à l’instant. C’est son métier de suivre les gens sans être vu. Si ça tourne mal, il interviendra. Sinon, il n’a aucune raison de se montrer, tu comprends ? Même pour nous… On doit pouvoir agir de manière autonome. Mais en vrai, on est surveillés en permanence. Si tu décides de continuer, on va bien s’en sortir, j’en suis sûr. Tu es un excellent agent et on forme une bonne équipe. Mais si tu préfères rentrer et tout arrêter là, on arrête tout. Et ça ne sera pas grave. Le MIS n’attend pas de toi que tu sois un super-héros. Alors, qu’en penses-tu ? Comment te sens-tu ? »
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MessageSujet: Re: Mission n°5 : Un petit coup de pouce nécessaire   Mar 27 Mar - 10:54

Heureusement Jorgue décela immédiatement la panique de Gabriel et proposa tout de suite une discussion en privé. Le blondinet était finalement rassuré d'être parti avec lui. Certes, ce n'était pas Matthias, mais Jorgue était tout de même très à l'écoute, et son expérience le rendait inébranlable. Un peu sur un grand frère sur qui s'appuyer... La respiration de Gabriel se calmait progressivement alors qu'il écoutait son binôme le rassurer. Selon lui, Anton était là... Le blondinet en doutait vraiment, mais bon. De toute façon, en mission il n'avait jamais eu besoin d'une intervention du contrôleur de mission, ce dernier était toujours resté en retrait et avait écouté le débriefe à la fin. Il n'y avait pas de raison pour que cela change !

" - Merci Jorgue, tu as raison... C'est juste, cet endroit, tu sais, mes... mes parents sont peut-être là-bas, tout près... Et ce que le Monsieur a dit sur les camps... Comment cela peut être possible... "

Gabriel se coupa pour reprendre son souffle. Il fit quelques exercices de respiration, comme le psy du campus le lui avait appris.

" - Mais cela n'a rien à voir avec la mission, n'est-ce pas ? Au fond ce qu'on a à faire n'est pas si compliqué... On y va, Jorgue. Tu as raison, on forme une bonne équipe, à nous deux, on peut le faire. "

Gabriel lui adressa un faible sourire pour le rassurer. Il continuait à respirer bien profondément et essayait de ne pas penser à ses parents, et à ces camps de l'horreur qui se rapprochaient.

En revenant dans le compartiment, Gabriel regarda le Monsieur et lui répondit dans les yeux.

" - Excusez-nous Monsieur. C'est un peu impressionnant pour moi tout ça... Mais nous allons le faire. Ce n'est pas si dangereux que ça, et puis c'est pour une bonne cause ! "

Le train était arrivé à la destination finale du trio, en Pologne. Ils descendirent et marchèrent silencieusement dans la campagne gelée polonaise sur plusieurs kilomètres. Le Monsieur s'absenta quelques dizaines de minutes sur le chemin, et rejoignit le binôme à un point de rdv convenu à l'avance. Il présenta un gros sac d'explosifs aux enfants et montra du doigt la voie ferrée à quelques dizaines de mètres :

" - C'est ce tronçon les enfants. Vous savez ce que vous avez à faire... "

Gabriel s'avança et s'empara du sac. Le binôme marchait discrètement à couvert vers la voie ferrée. Ainsi, ils étaient indétectables. Le regard de Gabriel balaya les environs, selon les techniques d'espionnage apprises au MIS. Deux SS armés arrivèrent dans son champ de vision. Ils montaient la garde autour de la voie ferrée, car la prochaine gare était toute proche en aval et attendait un nouveau convoi. L'esprit de Gabriel disjoncta totalement à la simple vue de ces deux nazis. Alors qu'ils arrivaient tout juste à la lisière des bois et qu'ils entraient en terrain découvert, Gabriel refila le sac à Jorgue et se mit à courir en sens inverse. Il se cacha dans les bois et se mit en boule derrière un arbre, à pleurer, terrorisé. Il ne laissa pas le choix à Jorgue qu'il laissa en situation extrêmement périlleuse : ce dernier était obligé d'effectuer la mission en vitesse, seul, sans quoi il serait repéré d'une minute à l'autre par les SS avec son sac d'explosifs. Oui, Gabriel avait totalement disjoncté.


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