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 Mutamuriza

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Mutamuriza Karinga
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Messages : 45
Date d'inscription : 11/09/2013

Carnet de bord
Unité: A
Âge du personnage: 13 ans
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MessageSujet: Mutamuriza   Mer 11 Sep - 1:57

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Mutamuriza
KARINGA





        © Obsession

        • NOM : Karinga
        • PRÉNOM(S) : Mutamuriza (ne-la-faites-pas-pleurer en kinyarwanda)
        • NÉ(E) LE : 21 mars 1929
        • À : Nyamugari, Rwanda
        • AGE : 11 ans
        • NATIONALITÉ : Rwandaise d’origine Tutsi, elle prendra la nationalité anglaise en arrivant au MIS…
        • TYPE DE PERSONNAGE : Agent
        • UNITÉ : Unité A





    • POIDS : 19 kg

    • TAILLE : 1m23

    • CORPULENCE : Légèrement maigre, ce qui est normal pour son âge. Elle reste néanmoins musclée.

    • YEUX : Noisette au soleil, ils virent au noir dans l’obscurité. Son regard est en général assez fermé, preuve qu’elle a encore du mal à s’ouvrir à ce monde qui lui paraît si lointain de ce qu’elle a connu jusqu’à présent. Mais ses yeux papillonnent dès qu’un  joli paysage ou qu’un objet d’art s’offre à son regard. Avec les gens, son regard devient très droit et franc, sans peur : elle n’hésite pas à regarder ses interlocuteurs dans les yeux.

    • CHEVEUX :  La chevelure de Riza est à l’image de celle de sa mère : noire, épaisse et crépue. Cette masse de cheveux volumineuse lui retombe sur le visage mais l’habitude fait qu’elle n’en est nullement gênée. Depuis son arrivée au MIS, elle se les coiffe régulièrement, ce qui les rend légèrement plus lisses et soyeux, même si ces soins restent rares.

    • AUTRE :Riza a l’allure d’une petite fille fluette mais vive. Sa démarche est rapide et assurée, mais en même temps discrète, ce qui lui donne parfois des allures de féline. Cette discrétion corporelle issue des habitudes de chasse se révélera très utile en espionnage. Son corps est globalement bien proportionné, bien que de petite taille. Malgré une légère maigreur, elle est très musclée pour son âge, et ses membres sont secs et forts. Elle possède une résistance à l’effort hors du commun pour son sexe, ses poumons et son cœur ont des capacités qui lui permettent de faire beaucoup de sport intense sur de longues durées. Quant à son visage, il est assez fin et bien dessiné, doté d’un petit nez pointu et de deux joues un peu joufflues caractéristiques de l’enfance. Son menton discret et son visage ovale lui donnent une bouille assez plaisante, malheureusement ses habitudes d’hygiène ne sont pas encore au rendez-vous. Ce mignon petit visage est souvent couvert de poussière et de crasse, de même que ses habits largement élimés. Mais elle se soucie si peu de son apparence que ses attitudes négligées ne sont pas prêtes de changer. En outre, son dos reste marqué par de profondes cicatrices imprimées par la nature en furie, souvenir le plus cuisant de son ancienne vie.




    • PHOBIE : La seule phobie de Mutamuriza est la peur de l’eau. Cette peur la suit depuis qu’elle a failli se noyer dans la rivière où elle a perdu sa mère, le milieu aquatique reste donc ancré comme un espace funeste dans son esprit, et elle n’est pas prête d’apprendre à nager. Elle a aussi des réticences à voyager sur voie maritime ou fluviale, mais cette gêne est loin d’être insurmontable avec un peu de volonté – elle évite même de montrer cette peur-là. A part cette puissante hydrophobie, Riza n’a peur de rien et est prête à affronter tous les dangers, avec plus ou moins de répartie…

    • CARACTÈRE : Mutamuriza a un naturel assez fermé depuis le décès de sa mère. Son long mutisme laisse de nombreuses traces dans son caractère en société et beaucoup la trouvent encore silencieuse et renfermée sur elle-même. Pourtant, elle est très à l’écoute des gens et peut se révéler extrêmement compréhensive. Son intelligence hors du commun lui permet de trouver des solutions rapides à toute sorte de problèmes théoriques ou réels, sa vivacité d’esprit est reconnue de tous. Elle a une grande confiance en elle, presque excessive sur le terrain, ce qui pourra lui valoir des problèmes par la suite. Mais elle est surtout dotée d’un sens critique aiguisé et sa nature innocente d’enfant sauvage lui permet de distinguer le bien du mal au premier abord. Elle a donc de profondes valeurs de justice, c’est d’ailleurs de là que vient son désir de se battre. En effet, elle a hérité de ses ancêtres d’un esprit extrêmement combatif et débrouillard. Indépendante, elle n’a besoin de personne pour s’en sortir, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’aime pas les gens ou refuse leur aide. Elle fait confiance aux adultes qu’elle juge qualifiés pour la former. Elle est aussi capable de se lier d’amitié assez facilement, en admettant que la personne fasse le premier pas vers elle. Cette démarche n’est pas encore naturelle à cause des différences qui régissent le monde qu’elle connaissait de celui-ci. Néanmoins, elle désire s’intégrer dans celui-ci et pourra rapidement se révéler amicale et pleine d’entrain avec un enfant qui saura lui manifester son intérêt. A la vue de toutes ces qualités et défauts, nous pouvons bien évidemment conclure que Riza est une fillette agréable et intelligente, mais assez peu bavarde.






    • NAISSANCE : Je suis née au Rwanda, dans le pays des mille collines. Mon village à Nyamugari, au sud-ouest du territoire, était l’un des plus beaux : entre marais, volcans et forêts, il ne manquait de rien. De nombreux lacs apportaient l’eau dont la population avait besoin ; le village était à deux pas de la source du Nil.

    Ma mère était Tutsi. Issue d’une grande famille d’éleveurs Abenengwe, le clan du léopard, elle était la fille du Mwami. Elle devait donc hériter d’un troupeau conséquent et était respectée au sein du village. Le Rwanda était sous domination belge depuis le Traité de Versailles, qui avait interdit à l’Allemagne d’avoir des colonies. Mais la population ne voyait pas vraiment la différence – la façon d’administrer le pays était la même. Dans notre clan, il y avait quelques Hutu et Twa, ils étaient en minorité mais bien intégrés dans la communauté. Le clan vivait heureux, malgré la pression colonialiste.

    Un matin, un groupe de blanc envahit notre village. Ils se présentèrent comme des soldats venant nous aider à apprendre les bonnes manières. Ma mère, l’Umubyeyi, qui avait l’âge auquel les femmes se marient en général, tomba sous le charme d’un beau soldat belge qui travaillait à la construction d’un dispensaire au village. Mais un jour, il repartit et personne ne le revit jamais au Rwanda. Ma mère, éplorée d’avoir perdu l’amour de sa vie, honteuse d’avoir succombé à un blanc indigne, refusa toujours de s’offrir à un homme à nouveau. Je poussai mon premier cri dans ce même dispensaire.


    • ENFANCE:
    La légende voulait que notre peuple Tutsi était venu d’Ethiopie pour régner sur le Rwanda, parce-que du sang royal coulait dans nos veines. C’était ce que les blancs nous enseignaient à l’école, mais ma mère me disait de ne pas y croire – on était tous rwandais, et nos visages fins ainsi que notre peau plus claire ne nous démarquaient en rien. Moi, j’étais la plus claire de tous les enfants du village, à cause de mon père. Personne n’en parlait, et c’était mieux ainsi – c’était un réel déshonneur pour la famille. Certains me surnommaient Mukagatare, Celle-de-la-Pureté, à cause de ma blancheur immaculée. Cette couleur était bien entendu toute relative… Mais c’était un surnom gentil, j’étais une fille respectée à cause du rang de ma mère.

    Ma vie était heureuse, je ne manquais de rien. J’allais à l’école dispensée par les blancs, j’aidais à m’occuper du bétail le reste du temps. Je jouais avec mes amies lorsque l’heure était venue de s’amuser. Avec Nyiramasuka, Celle-de-la-Houe, je faisais les quatre-cents coups, elle était incroyablement créative et je ne m’ennuyais jamais avec elle, courant souvent de tous les côtés. Avec  Tumurinde, Protégez-La, j’étais plus calme et nous parlions beaucoup plus sérieusement de tous les problèmes que nous rencontrions dans la vie. Nous échangions nos idées et ces discussions étaient déjà beaucoup trop matures pour nos âges... A l’école, les blancs nous parlaient de leur Dieu machin-chose, moi je ne croyais qu’en nos esprits. Je savais que seuls les Umuzimus, les esprits des morts, pouvaient nous faire du mal. Leur enfer, je m’en contre-fichais. Je croyais en nos nombreux dieux, je dansais et chantais pour eux lors des cérémonies, je les considérais comme mes amis car ils m’offraient des moments de joie intense. Il n’y avait aucune tension dans cette société bien organisée. Jusqu’au jour où un nouveau groupe de belges s’installa au village, pour construire une église… Nos petits monuments constitués de pierres et d’offrandes furent détruits sans que l’on nous demande notre avis.

    Ce jour-là, j’avais fini au bétail et je me promenais seule dans la campagne, respirant l’air frais et priant les dieux de donner une bonne récolte aux Hutus cette année – car ils étaient plus pauvres que nous. C’est ainsi que, cachée derrière un buisson, je vis ma mère, représentante de la communauté, entrer dans une rage folle. Elle était avec les blancs sur le chantier et leur ordonna et déguerpir, de laisser leurs dieux en paix et d’arrêter de souiller leurs terres. Les blancs éclatèrent de rire et avec des sourires mauvais, commencèrent à encercler ma mère. Je voulais leur hurler d’arrêter, mais je ne comprenais pas ce qu’ils faisaient, je ne comprenais pas leur monde d’adultes. Je savais que les blancs constituaient une menace, mais j’avais toujours promis à ma mère de ne pas les approcher… alors j’obéis. Je ne vis pas tout, mais j’entendais ma mère hurler, je l’apercevais se débattre comme une lionne entre ces hommes-animaux qui l’encerclaient… comme s’ils étaient possédés. Puis je vis l’un d’entre eux, celui qui se tenait le plus proche de ma mère, s’écrouler. Il était nu, une mare de sang s’élargit rapidement autour de son bassin tombé à terre. Je vis ma mère courir vers moi, le couteau de son père ensanglanté entre les doigts. Elle ne me voyait pas. Je sifflai comme pour rappeler les bêtes le matin, c’est alors qu’elle me remarqua et s’empara de mon poignet. Elle courut, aussi vite qu’elle put, aussi longtemps et aussi loin que possible. Rapidement, je n’arrivai plus à la suivre, elle me porta jusqu’aux rives du Nil, qui assuraient la frontière avec la Tanzanie.

    Assise au bord du fleuve, lovée contre ma mère exténuée, je ne comprenais pas ce qui venait de se passer, je pleurai pour la première fois de ma vie. C’est alors que ma mère m’expliqua que nous ne pouvions plus retourner au village, car les blancs nous retrouveraient pour la tuer. Nous devions nous enfuir loin d’ici, et recommencer une nouvelle vie… j’avais peur, je n’avais jamais connu que cette vie, je n’avais pas envie d’en changer. C’est alors que ma mère se mit à me bercer, à me rassurer et à me dire que je ne devais pas pleurer, tout irait bien…

    Le lendemain matin, un groupe de pêcheurs qui descendait le Nil nous réveilla. Ma mère leur expliqua notre situation, elle avait vu que c’étaient des frères et qu’ils pourraient nous aider. Ils nous proposèrent de monter à bord de leur embarcation, car ils allaient au lac Victoria pour la pêche et pourraient ainsi nous déposer en aval du fleuve, plus loin de la frontière rwandaise. La rivière était calme au début, mais devint rapidement plus agitée. Des rochers ainsi que l’étroitesse du cours d’eau augmentaient la vitesse de son débit. Cette petite rivière calme de plaine devint rapidement un rapide dangereux… J’étais terrorisée, les pêcheurs ne semblaient pas préparés à ces difficultés. Leur embarcation avait du mal à tenir, et ils expliquèrent succinctement à ma mère qu’ils n’avaient rencontré aucune difficulté lors de la saison sèche… la saison des pluies venait de commencer, ce qui augmentait considérablement le débit d’un des plus petits affluents du Nil. Je m’efforçai de rester forte et malgré ma peur, je m’agrippai à ma mère sans dire mot. Nous n’échapperions pas cependant à l’inéluctable… au détour d’un énième rocher frôlé de trop près, l’embarcation de bois fragile se souleva et bascula brutalement à l’envers. L’ensemble de l’équipage, soient cinq personnes en tout, fut projeté dans l’eau rageuse et assourdissante. Le courant m’entraîna rapidement vers le fond, je perdis la main de ma mère dans la violence de l’instant. L’eau était glacée, je la sentais limer ma peau de toutes parts. Un rocher me coupa le souffle alors que j’essayais de remonter vers la surface. Le choc dans mon dos força mes poumons à se vider d’un coup. Je commençai alors à avaler de l’eau, mais refusant de céder à la panique, je m’agrippai à ce rocher qui m’empêchait de dériver plus loin vers  le courant. Je parvins je ne sais comment à escalader le rocher jusqu’à retrouver l’air libre. Je pris alors une grande bouffée d’oxygène et sentis la vie revenir en moi, comme si elle n’avait jamais eu l’intention de me quitter, voyant ma force et mon envie de me battre. Je m’assis alors sur le rocher et commençai à hurler le nom de ma mère, pour la retrouver. Mais je ne voyais rien ni personne, sinon les remous de l’eau furieuse et blanchâtre. Après plusieurs heures à attendre ici, je me décidai à redescendre le cours de la rivière à pieds en longeant la rive, bien décidée à retrouver ma mère coûte que coûte. Le soleil commençait à descendre, et je n’avais plus que quelques heures devant moi avant le crépuscule. Je devais faire vite. Je m’écorchai plus d’une fois sur les rochers, mais je parvins à descendre rapidement le cours d’eau, entre course et désescalade. Quelques kilomètres en contrebas, la rivière se fit subitement plus calme, menant doucement au lac. Mes oreilles furent enfin libérées du brouhaha incessant de l’eau déchaînée, et le silence soudain m’effraya, me laissant plus seule que jamais. Je tentai de combler ce vide en appelant ma mère, mais je n’entendais que l’écho de ma voix se perdre dans les hauteurs. J’atteignis la rive du lac Victoria lorsque j’aperçus une masse noire flottante qui avait dérivé sur le bord, comme une chevelure libérée. Je courus vers ce corps, reconnaissant celui de ma mère. Je me jetai sur elle, tins sa tête entre mes mains pour la réveiller. C’est alors que je vis cette blessure béante derrière sa tête, qui devait être l’œuvre d’un rocher de même type que celui qui m’avait abîmé le dos un peu plus tôt. De cette blessure s’écoulait un mince flot de sang qui se diluait rapidement à l’eau douce et glacée du lac. Un peu plus loin dans le lac dérivaient les pièces détachées de l’embarcation de bois que nous avions empruntée dans la journée. Je ne cherchai même pas à retrouver les corps des trois pêcheurs, leur sort ne m’intéressait plus. Je sortis le corps de ma mère de l’eau avec d’immenses difficultés, et parvins à m’allonger à ses côtés au bord du lac. Je ne pleurai pas, je ne pleurerai plus jamais d'ailleurs, je tenais à honorer le nom que ma mère m’avait donné. Je m’endormis rapidement, épuisée, lovée comme la veille contre le cœur de la femme qui m’avait donné la vie, même si cette nuit, ce cœur ne battait plus.

    Le lendemain, dès l’aube, je me levai pour préparer une sépulture digne de ce nom pour ma mère. Je passai la matinée à creuser et à réunir branchages, pierres et fleurs pour assurer un enterrement dans les traditions et le respect des ancêtres. A midi, le soleil était à son zénith, le corps de ma mère était recouvert de tout ce que j’avais pu réunir pour elle. J’entamai alors les chants que je connaissais, donnant toute mon âme à cette cérémonie d’adieu. Je tenais à ce que l’esprit de ma mère puisse retrouver les dieux et trouver la paix dans cet autre monde. Une fois les chants terminés, je mis feu aux branchages et vis l’esprit de ma mère s’élever dans le ciel avec la fumée du bûcher. Le cœur léger, je repris la route, heureuse d’avoir réussi à sauver l’esprit de ma mère. A présent, je savais qu’il ne pourrait rien m’arriver, car son Umuzimu royal veillerait sur moi où que j’aille.


    • ARRIVÉE À L'INSTITUT  :

    Je ne sais plus trop combien de temps je passai à déambuler autour de l’immense lac. Mon quotidien consistait à survivre avec les petits animaux que je trouvais et les plantes que je savais comestibles. Le savoir ancestral de mon peuple me permettait de survivre facilement dans toutes les régions naturelles des environs. Je pris l’habitude de la solitude, je ne cherchais plus à rejoindre une autre communauté… je n’avais pas de but particulier. Jusqu’au jour où un groupe de blanc s’approcha de moi. Ils virent immédiatement que je me méfiais d’eux, et j’étais prête à m’enfuir, le regard mauvais. Mais ils s’approchèrent avec précautions, et me tendant de la nourriture que je n’avais encore jamais vue, je ne pus m’empêcher de les laisser venir à moi. Ils me parlèrent doucement dans une langue que je ne connaissais pas. Ils me montrèrent quelques appareils bizarres, me posant des questions sur ces choses. Si j’avais entendu l’une de leur transmission ? Qu’est-ce que ça aurait changé, je ne comprenais même pas ce qu’ils me disaient… Finalement, ils me proposèrent de les accompagner. J’acceptai de les suivre, n’ayant aucune idée de ce que je pouvais encore faire sur ces terres magiques que les blancs détruisaient au fur et à mesure. Et puis ces blancs-là étaient différents des belges que j’avais connu, comme si leur langue inconnue m’inspirait plus de respect. Ils m’offraient de la nourriture en abondance et me firent beaucoup voyager.

    Sans savoir où ils allaient, je les suivais, et au fil du voyage je commençais à comprendre leur langage. Rapidement, je compris qu’ils voyageaient aussi clandestinement que moi. Ils tentaient de gagner la « terre libre »… je ne savais pas où c’était, je ne connaissais que le nom de ce pays – l’Angleterre. Ils me posaient de nombreuses questions, d’où je venais, qu’est-ce qui m’était arrivé pour atterrir ici seule à mon âge… je ne répondais pas, feignant de ne pas comprendre leur langue. En réalité, je la comprenais de mieux en mieux, mais je n’avais pas envie de leur parler. Je n’avais rien à leur dire, je n’appartenais pas vraiment à leur monde… j’attendais de savoir où ils m’emmenaient. Nous traversions terres et mers, je m’émerveillais de chaque lieu, moi qui n’avait jamais rien vu d’autre que mon village natal. J’ignorais que j’étais en train de traverser la moitié des latitudes du globe, mais je savourais déjà la chance que j’avais de découvrir l’extraordinaire diversité du monde dans lequel je vivais… jamais je n’aurais imaginé que celui-ci était aussi vaste. Subitement, j’eus envie de le connaître dans sa globalité, de comprendre son fonctionnement, ses richesses, ses règles. Ma soif de connaissances s’éveilla d’un seul coup, et ce désir de compréhension globale devint mon principal moteur à présent. Chacun a besoin d’un but dans sa vie, et j’avais enfin compris le mien.

    Plus nous allions au nord, plus les températures baissaient. Mais si cette progression était lente, ce qui l’était moins était la fréquence des bombardements. Le premier que j’entendis me fit peur à tel point que je commençai à m’enfuir avant d’être rattrapé par un des résistants anglais qui m’avait recueilli – j’en savais plus sur leurs activités à présent. La terreur m’avait tellement envahie que je me débattais, je ne voulais plus suivre ces hommes si c’était pour être sous la menace de ces monstres volants qui tuaient des dizaines de personnes en même temps. Heureusement, ils eurent la présence d’esprit de me calmer en douceur pour m’expliquer tout ce que je ne comprenais pas dans ce nouveau monde. Pour la première fois, je les regardai dans les yeux en acquiesçant chacune de leur phrase, montrant que j’avais compris, même si je ne souhaitais pas leur parler. Un dialogue silencieux s’était tout de même installé… J’appris alors que le nord du monde était plongé dans un chaos terrible, opposant plusieurs nations dotées d’armes terribles capables de décimer les populations innocentes. Je compris qu’une nation en particulier, l’Allemagne – celle-là même qui avait asservi mon pays quelques années plus tôt – tentait de faire plier le monde entier à ses pieds. Le dirigeant de cette mascarade prônait les exterminations de personnes différentes de celles qu’il considérait comme la seule race supérieure méritant de régner sur le monde. Je fronçai les sourcils, comprenant l’absurdité et l’horreur de l’idée… pourquoi massacrer ces peuples innocents, juste à cause de leur différence ? Mon amie Nyiramasuka était une Hutu, elle était issue d’une race différente, mais nous avions vécu tellement de bons moments ensemble, de quel droit ce dictateur tuait-il les gens différents ? L’absurdité de ce raisonnement me dépassait totalement. J’aurais pu mettre ce genre de pensée sur le compte de la mentalité blanche. Chez nous, de telles oppositions n’existaient pas. Les clans se battaient entre eux pour le partage des terres et des ressources alimentaires, rien de plus. Et ces batailles ne tuaient personne ou presque, les conflits se résolvaient la plupart du temps de manière pacifique… comment les choses avaient-elles pu dégénérer à ce point ? Pourquoi décider de tuer même les plus purs des innocents ? Malgré tout, la position des résistants Anglais me prouvait que les Blancs sensés existaient aussi, et que nous étions du même bord eux et moi. Ils me promirent que si je les suivais, je pourrais les aider à faire cesser cette horreur générale. Je leur adressai un sourire pour la première fois depuis notre rencontre : un pacte venait d’être scellé.

    La fin du voyage fut la partie la plus compliquée du périple. Les ennemis étaient partout, nous devions nous cacher avec la plus extrême prudence. J’étais la plus apte à trouver de la nourriture pour chacun, grâce à mon jeune âge et à ma discrétion naturelle. En ville, cette tâche était beaucoup plus compliquée pour moi et j’étais obligée d’improviser. De plus, les bombardements étaient très rapprochés dans le nord de la France, ce qui rendait chaque pas plus dangereux que le précédent. C’est d’ailleurs dans cette région que je montai dans le dernier navire de notre expédition. Je détestais les embarcations, et les Anglais le voyaient bien, mais je n’avais pas vraiment le choix, j’avais été obligée de naviguer plusieurs fois depuis notre départ du Lac Victoria. Cette traversée, bien que totalement clandestine, fut étonnamment longue et calme. Notre bateau accosta le long d’une plage. Ma surprise devait se lire sur mon visage… il n’y avait ni port ni ville, nous avions jeté l’ancre en pleine côte sauvage. Les Anglais, étrangement silencieux, traversèrent la plage et m’emmenèrent au cœur d’une forêt de pins côtiers. C’est alors qu’apparut un grand bâtiment d’aspect moderne, où je pouvais déchiffrer les mots « Modern Institut of Seafront ». Je ne comprenais pas bien ce que nous faisions ici… c’est alors que l’un des Anglais m’expliquai que je ne pouvais pas rester avec eux car leurs missions étaient trop risquées et seuls les adultes pouvaient les accomplir. Mais ils me promettaient qu’ici, je pourrais me battre contre l’envahisseur blanc injuste qui voulait décimer les populations étrangères à ses critères de perfection. Ici, on s’occuperait de moi comme il faut, je serai avec d’autres enfants de mon âge et je pourrai me servir de mes forces pour servir une cause juste, celle que j’avais découverte très récemment mais qui me tenait déjà beaucoup à cœur. Lorsque l’Anglais me poussa affectueusement vers la porte d’entrée du bâtiment d’accueil, je me retournai vivement et l’enlaçai avec force. Chaque résistant qui m’avait accompagné lors de ce voyage eut droit à la même démonstration d’affection. Finalement, je poussai seule les portes de l’institut, prête à prendre ma vie en main. En me retournant une dernière fois, j’adressai à ces résistants un dernier « merci » sonore : je venais de sortir de mon mutisme, et j’étais prête à entamer la bataille de ma vie. C'est ainsi que j'ai choisi mon unité d'action... dans le but de revoir mon pays un jour, libéré de ses oppresseurs.

    • FAMILLE  : Mutamuriza a perdu sa mère quelques mois avant son arrivée au MIS. Elle n'a jamais connu son père qui a quitté le pays bien avant sa naissance. Le reste de sa famille est resté au Rwanda.





Dernière édition par Mutamuriza Karinga le Dim 10 Nov - 20:53, édité 1 fois
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Mutamuriza Karinga
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MessageSujet: Re: Mutamuriza   Mar 29 Oct - 3:03

Nom de l'agent: Mutamuriza Karinga
Choix des cours:

  • Ma/mes langue(s) maternelle(s) : Français (faute de Kinyarwanda à l'institut) et Anglais (langue bien maîtrisée même si ce n'est pas une langue maternelle à proprement parler)
  • Choix de la nouvelle langue : Arabe
  • Mes deux sports de combat: karaté et taekwondo
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Le Schizophrène

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MessageSujet: Re: Mutamuriza   Mar 28 Juil - 12:27

[Rapport réalisé par le contrôleur de mission, Anton Priedvedev]



Rapport de mission




Nom de l'agent : Mutamuriza Karinga
Matricule de l'agent : A1A9

Événement de carrière : Mission

Résumé des faits : Mutamuriza Karinga et Thomas Fauconnier sont partis à Bagdad pour arrêter un gang de jeunes terroristes opposés à un armistice entre l’Angleterre et l’Iraq.

Remarques & Résultats :
-Préparation de mission : Mutamuriza avait l’air très sûre d’elle. Elle a pris fort à cœur la mission, mais avait l’air à certains moments de prendre plus la défense des petits terroristes que de l’Angleterre. Ce qui peut s’expliquer par ses origines et son passé de victime du colon envahisseur blanc.
-Déroulement de la mission : Elle et Thomas semblent former un duo de choc. Ils ont été très efficaces et ont pris moins de temps que prévu. Mutamuriza était à nouveau très sûre d’elle, quitte parfois à un peu écraser Thomas et prendre des décisions sans vraiment écouter son compagnon. Heureusement pour elle, ses décisions sont généralement bonnes.
- Objectifs & résultats : La mission poursuivait l’objectif d’infiltrer le groupuscule et de trouver l’emplacement de leur QG. Cet objectif est atteint. Les Agents se sont arrangés pour également rapporter tout le plan d’action prévu pour les jours à venir, ce qui permettra d’arrêter les terroristes plus facilement.
- Autres remarques : Cette mission est une grande réussite.

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MessageSujet: Re: Mutamuriza   

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Mutamuriza

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