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 Continuons les belles aventures

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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Continuons les belles aventures   Mer 23 Oct - 16:09

Amanda se réveilla aux aurores. Elle avait mal dormi, son sommeil avait été quelque peu agité. Elle avait rêvé de son fils, ça faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. C'est ce rêve qui l'avait réveillée. Elle aurait voulu que ce rêve soit réel. Qu'elle ait l'occasion de tout recommencer et de se comporter en vraie mère... comme elle était prête à le faire avec un inconnu, son invité. Elle espérait vivement avoir des nouvelles du gamin après ce weekend passé. Il avait fait renaître (ou naître tout court) son instinct maternel, ce qui n'était pas rien...

Ca ne serait à rien de rester dans son lit, même à une heure aussi matinale, Amanda savait qu'elle ne pourrait pas se rendormir. Elle se tira de son lit et recommença le rituel de la veille : elle prit quinze minutes à choisir sa tenue dans son dressing, avant de faire glisser sur sa peau sa robe de chambre en soie qui tomba délicatement à ses pieds. Puis elle choisit sa tenue, une robe bleue de bon goût mais de forme typique des femmes de son âge - des vieilles, donc - robe qui lui arrivait presque jusqu'aux chevilles. Elle y assortit un collier et un bracelet en véritables perles de nacre, puis elle partit dans sa salle de bain personnelle en laissant sa tenue sur le lit. Elle prit une douche relativement rapide avant de s'habiller. Puis elle entreprit le plus gros boulot de la journée, à savoir le maquillage. La veille, il avait assez bien tenu après la deuxième application. Le but de la journée était d'obtenir le même résultat dès la première application... Elle ne lésina donc pas sur les couches de fond de teint, de mascara et de far à paupière. Après avoir passé, repassé et corrigé le tout plusieurs dizaines de fois, elle s’estima satisfaite et termina par le rouge à lèvre – le plus rapide à appliquer. Elle était ainsi parfaite, prête à sortir jusqu’à l’usine, et prête à voir Martin aussi.

Elle descendit au rez-de-chaussée, où elle trouva avec surprise Antoine en grande conversation avec Bernard. Elle avait mis très longtemps pour le maquillage, elle n’avait donc pas vu l’heure… toute la maisonnée était réveillée et l’attendait.

«  - Le petit déjeuner est prêt madame.
- Merci Bernard. »

Un bon et gros déjeuner anglais, avec toasts, bacon, œufs… de quoi tenir jusqu’à la collation du midi, qui ne sera pas aussi riche. Amanda s’installa à la place du maître, en face d’Antoine qui se tenait à l’autre bout de la table interminable, la place de l’invité. Ce n’était pas très pratique pour discuter d’être aussi loin, mais c’était le protocole….

«  - Avez-vous bien dormi Antoine ? Cette journée sera assez riche pour vous je pense : nous allons à l’usine dès la fin du déjeuner, ainsi vous aurez le temps de voir le maximum de choses. Vous n’hésiterez pas à poser des questions s’il vous en vient, n’est-ce pas ? »

Elle offrit au gamin son sourire/grimace préféré, qui se voulait maternel. Oui, elle retombait dans un rôle de mère qu’elle n’avait jamais bien tenu pourtant, c’était un phénomène très, très étrange.


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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Mer 23 Oct - 16:09

Antoine :

Le soleil, levé à l’aube, me réveilla bien trop tôt. Pris dans mes pensées, hier soir, j’avais oublié de fermer les rideaux.

Comme je n’avais pas pu faire de bilan de ma première journée hier, j’allais profiter du temps qui m’était accordé maintenant pour en réaliser un. Je crois pouvoir dire que globalement je ne m’étais pas si mal débrouillé dans l’affaire. Après quelques heures un peu tendues, j’avais réussi à regagner l’affection d’Amanda, de manière plus forte, à la limite, que le matin même. C’était déjà une bonne chose. La discussion d’hier après-midi avait été vraiment intéressante, et Amanda avait même laissé passer quelques infos intéressantes. Bien sûr, j’avais tout enregistré, et des spécialistes se pencheraient sans doute dessus pour décortiquer ce qu’elle disait. Puis j’avais posé des mouchards un peu partout, et j’avais l’entièreté du disque dur d’Amanda sur ma clé USB.

Honnêtement, je doutais de l’utilité de tout ce que je faisais. Est-ce que des gens allaient vraiment se pencher sur tout ce qu’ils pouvaient trouver comme indices dans ce que je récupérais ? Je veux dire, c’est d’un intérêt minime, sans danger pour l’Etat, qui avait surement assez de fric pour pouvoir se passer de l’impôt sur ces quelques travailleurs effectuant peut-être leur boulot au noir. D’ailleurs, je n’étais pas sûr qu’Amanda engageait des gens ainsi, je n’avais eu aucune preuve. Peut-être me serais-je incrusté dans sa vie un week-end à la place du gagnant, pour rien du tout… Je ne sais pas très bien ce que je devais penser de tout ça. Au moins, pour le moment, le but de la mission s’annonçait mieux atteint que la fois passée.

Je sortis de mes couvertures, et me dirigeai doucement vers la salle de bain privé, pris une douche rapide, et m’habillai. Puis, je descendis dans la salle à manger, et m’assis dans un canapé. Il était moelleux et confortable, si bien que je faillis me rendormir ici, avant que le Majordome ne vienne me réveiller par son entrée dans la salle. Je ne savais pas quelle heure il était, et j’avais la flemme magistrale de ma lever et de marcher jusqu’à la pendule, là-bas, dans le coin opposé de cette immense salle.

Nous discutâmes un peu de tout et de rien. Il me posa pas mal de questions sur ma vie : en exercice de prise d’identité dès le matin !

Heureusement, Amanda vint mettre un terme à cette torture, que j’avais subit tant bien que mal. Nous prîmes place de chaque côté de l’immense table en bois laqué. Nous mangeâmes à notre faim pour prendre des forces pour la visite de l’usine. Là-bas, tout était encore à faire. J’essayais de me remémorer les plans qu’il y avait dans mon dossier. Ça va, ils apparaissaient à peu près. Puis, nous nous levâmes de table. Amanda me donna cinq minutes pour me brosser les dents, et une fois fait, nous nous retrouvâmes ici pour se rendre à l’usine.


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Soan Knight

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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Dim 10 Avr - 17:51

Le déjeuner s'était déroulé dans les règles de l'art. Le gamin était propre et bien habillé, bien peigné, tout ce qu'Amanda appréciait. Elle ne put retenir son regard doux maternel lorsqu'elle regardait l'enfant manger - comme son défunt fils, mais en mieux élevé. Quelques banalités matinales furent échangées, mais la conversation n'était pas aussi riche que la veille au soir. Il fallait dire qu'Amanda n'était jamais très fraîche le matin, même après plus d'une heure de maquillage.

Quelques minutes pour se brosser les dents, et Antoine était flambant neuf, tout comme son hôte.

" - Parfait, Bernard a fait avancé la voiture, nous pouvons y aller. "

Le chauffeur attendait sa patronne de pied ferme, et lui tint la porte pour qu'elle s'installe à l'arrière de la limousine, à côté de son jeune invité. Elle faisait plus de rictus que d'habitude, trahissant sa légère anxiété que tout ne se passe pas comme prévu. Evidemment, elle avait fait doublement calfeutré la partie de l'usine (déjà simplement calfeutrée en temps normal) qui hébergeait les travailleurs népalais payés 1€ par jour qui travaillaient quasiment 24h/24, avec des vieilles machines à coudre rouillées sans respecter aucune norme de sécurité en vigueur. Il ne fallait surtout pas que le jeune garçon voit ça. Normalement, ça devrait bien se passer car la moitié de l'usine était tellement bien camouflée qu'elle était censée être une usine de cuir qui fabrique des sacs, dont Amanda n'est pas propriétaire - en somme des usines mitoyennes, et il se trouve qu'Amanda ne s'entend pas avec l'autre propriétaire, donc il n'est pas possible de négocier pour une visite... Il faut dire que 200 employés clandestins, ça ne se cache pas n'importe où. Il faut de la place. Et ça prend au moins une usine entière...

Et surtout, elle redoutait l'inévitable présentation du chef du personnel à Antoine... Qui n'allait pas tarder. La limousine était arrivée sur les lieux. Amanda sortit élégamment de l'engin, dressée haut sur ses talons aiguilles. Elle invita Antoine à la suivre avec son habituelle grimace-sourire forcé. Et c'est là que le fameux Martin vint les accueillir, sur le pas de l'usine. Derrière lui, un immense hall ivoire s'étendait sous un plafond vitré baigné de lumière. A l'étage, les bureaux encerclaient le hall derrière des vitres. L'espace était immense et bien éclairé. Le rez-de-chaussée correspondait à la partie légale de l'usine, avec les machines industrielles de production de vêtements, et le quelque personnel nécessaire pour faire tourner ces grosses machines. Ces pièces de production étaient les seules à ne pas être visibles depuis le hall, car des murs blancs les séparaient du reste et non des vitres. Mais l'ensemble formait un bâtiment très impressionnant et respectable. Seule une porte blindée séparait la partie officielle de l'usine et l'immense partie illégale. Comme justification, Amanda disait que c'était la salle des teintures, et qu'à cause de la dangerosité des produits utilisés la porte devait être blindée, c'était dans la loi. Par conséquent, Antoine n'y entrerait pas, pour sa propre sécurité.

Oui, Amanda avait tout prévu. Sauf l'épisode sulfureux d'hier soir. Tout ce qu'elle espérait, c'était que son jeune invité ne visualise pas la verge poilue de l'amant, maintenant qu'il l'avait devant lui bien habillé dans son accoutrement respectable de cadre.

" - Antoine, je te présente Martin, le responsable du personnel. C'est lui qui coordonne l'équipe de production et qui vérifie que la chaîne fonctionne bien dans son ensemble. C'est mon bras droit le plus fiable, si tu préfères. "

Elle fit carrément comme s'ils ne s'étaient jamais vus. En occultant tout à fait délibérément l'accident d'hier soir. Martin tendit la main avec un large sourire au jeune garçon, en guise de première présentation. Il devait être aussi gêné que sa patronne.

" - As-tu des questions, avant de commencer la visite ? "

Les trois acolytes se tenaient toujours dans l'entrée du hall, avant de débuter.



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Antoine Sirkis

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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Mar 12 Avr - 23:01

Le départ pour l’usine. C’est ici que la mission pouvait devenir plus risquée. C’est ici que je jouerais davantage à James Bond. Même si je n’étais pas vraiment sûr d’être aussi doué que lui. Il était temps d’embarquer dans la voiture, plutôt luxueuse par ailleurs. Était-ce étonnant ? Non. On était chez l’une des plus grandes créatrices de mode tout de même.

J’observai avec attention à Amanda. Si elle avait quelque chose à cacher, ça se verrait. Malheureusement pour son petit business, elle ne jouait pas aussi bien la comédie qu’elle le croyait. On pouvait voir dans son sourire crispé et dans ses gestes nerveux avec ses bras qu’elle semblait stressée. Et il y avait peu de chance que ce soit simplement parce qu’un invité aussi insignifiant que moi visite son usine. C’était suspect.

Les grands bâtiments, semblables à des hangars, s’étendaient devant nous sur plusieurs hectares. Si elle ne cachait rien, il devait s’agir de machines, ce qui pouvait expliquer l’inaugementation du personnel. Sinon… Mais il était temps de rencontrer le bras droit d’Amanda. Ou de revoir, plus tôt. Il s’agissait du monsieur que j’avais vu nu la veille au soir. Était-ce pour ça que la femme était mal à l’aise ? Elle avait trop de maquillage sur son visage, donc même si elle rougissait, je ne pouvais pas le voir. Martin, par contre, rougissait légèrement. Et ce n’est pas son large sourire, son assurance naturelle et ses beaux vêtements qui allaient effacer ça, même si, il fallait bien avouer qu’il arrivait à rendre ça assez subtile pour un garçon lambda… Ce que j’étais censé être. Je ne fis aucun commentaire. Je ne voulais pas m’attirer les foudres avant même de fouiner. Et puis, ça n’avait aucun rapport avec la mission. Enfin pas ce qu’il s’était passé hier, du moins.

La visite allait commencer, mais Amanda commit une erreur grave : me demander si j’avais des questions. J’en avais. Et je n’allais pas me gêner… En restant subtile, bien entendu. Je voulais voir comment elle se débrouillerait pour répondre, si ça restait cohérant, si elle ne s’emmêlait pas les pinceaux. Autant d’indices qui montreraient qu’elle cache quelque chose. Je réfléchis deux secondes à comment formuler mon interrogation.

« Elles sont grandes vos usines… Vous devez avoir beaucoup de personnel. Ce n’est pas difficile de gérer une telle équipe et de maintenir le niveau et la qualité de production ? »

Je commençais gentiment. Il s’agissait surtout de noter la moindre de ses paroles pour voir si elle ne se contredirait pas plus tard… J’étais prêt à passer à l’attaque.
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Soan Knight

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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Mar 19 Avr - 14:54

Une fois arrivée à l'usine, Amanda commençait à se détendre. Elle était dans son élément, le gosse n'avait pas réagi à la présentation de Martin, il ne posait pas de question trop indiscrète... Tout se passerait bien. Il avait beau être intelligent, ce gamin, il n'allait pas non plus découvrir un truc aussi bien caché qu'elle avait réussi à le dissimuler aux yeux de tous les autres, même des services de contrôle d'hygiène et à la médecine du travail.

En fait, la question d'Antoine était si peu indiscrète qu'elle fit légèrement sourire Amanda. C'était bien une question d'enfant ça... Elle était presque attendrie. Elle se contenta de sourire et d'inviter Antoine dans la pièce suivante : la grande salle de production, avec les immenses machines high tech et les techniciens en blouse blanche. Le tout était d'un ivoire étincelant. Pas une tache d'huile. C'était ça, l'image même de son entreprise. Elle se tourna vers son jeune hôte, et commença son explication d'une voix guillerette. Elle jubilait à l'idée d'expliquer la plus grande réussite de sa vie à ce petit à qui elle s'était déjà attachée malgré elle. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle n'avait plus l'air si vieille en parlant. Comme si parler de son métier avec passion lui redonnait une certaine jeunesse. Le sourire de son visage ne paraissait plus forcé, il était plus naturel. A force, elle finissait même par se convaincre elle-même que l'ensemble de son usine était à l'image de cette salle : clean...

«  - Voilà pour répondre à ta question : nous nous trouvons dans la salle de production principale de l'usine. Je voulais finir par ça, puisque c'est la pièce la plus complexe de l'usine, mais puisque tu as posé la question... Nous y voilà. »

Amanda avança entre deux rangées de grandes presses blanches et de machines ultra-perfectionnée. Elle s'arrêta entre la machine de coupe et la machine à coudre automatique. Elle reprit alors son discours professionnel formaté, le même qu'elle servait aux médias. Elle reprit en même temps son sourire/grimace mielleux et condescendant qu'Antoine devait déjà connaître par cœur.

«  - Comme tu peux le voir, nous n'avons pas besoin de beaucoup de personnel ici. En effet, la politique de notre usine est très familiale : je respecte mes employés, et j'ai bâti une vraie relation avec eux au fil des années. »

En réalité, c'était Martin qui le faisait. Elle ne connaissait même pas leur prénom. Mais pour elle, ça ne faisait aucune différence.

«  - Je peux dire que ces personnes travaillent avec moi depuis les touts débuts. Ils n'étaient que de modestes couturiers quand je les ai recruté. Au fil du temps, et de la modernisation de l'usine, j'ai insisté pour les garder tous, sans exception, même s'ils n'avaient pas les compétences requises pour gérer de tels engins. Nous leur avons dispensé des formations en interne et ainsi, chacun d'entre eux a pu évoluer positivement au sein de l'entreprise. Aujourd'hui, ils ont acquis énormément de compétences et par la mécanisation de notre production, nous avons pu accroître nos rendements, tout en gardant le même personnel qu'au début, et en amélioration leurs conditions de travail. Comme vous vous en doutez, ce développement leur a aussi permis une nette augmentation de salaire depuis leurs débuts ici. C'est ce que l'on peut appeler un cercle vertueux. »

C'était un texte appris par cœur pour la télévision il y a 5 ans. Mais elle le sortait aussi naturellement que totalement imperceptible... Elle avait l'arnaque dans le sang. Et c'était totalement, totalement impossible que ce sage enfant ne découvre quoi que ce soit de moins reluisant...



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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Mer 22 Juin - 23:00

Amanda se contenta de sourire à sa question et commença la visite comme si de rien n’était. Cachait-elle quelque chose ? Pas de conclusion hâtive. Ça ruinerait mon travail et rendrait mes questions trop évidentes. Cela étant dit, l’évidence pouvait avoir un effet bénéfique. Si par exemple, je posais une question piège très évidente, Amanda baisserait probablement sa garde me pensant totalement inoffensif. Après je place une petite question beaucoup plus subtile, et la voilà complètement déstabilisée. En théorie, ça pouvait fonctionner. En pratique… Restait à voir. Sans réponse de sa part, j’allais peu avancer, par contre.

Elle me mena dans une immense salle équipée de machines rutilantes qui s’activaient sans effort sur les textiles pour produire les beaux vêtements. Je ne pouvais pas tout voir parce que la pièce était vraiment énorme, mais tout semblait se passer ici. Pourquoi une si grande usine si tout tenait dans cette pièce ? Elle était certes énorme mais ne couvrait pas toute la surface du complexe industriel.

L’endroit était vraiment étincelant de propreté. Tout semblait neuf, tout juste installé. Je pouvais observer çà et là quelques ouvriers s’activer, mais tout semblait automatique. Par contre, aucune trace de technicien de surface. Travaillaient-ils de nuit ? Mystère. Cela pouvait faire l’objet d’une éventuelle question.

Mais la question que je posais portait sur un autre point. Mon dossier de mission faisait le point sur l’industrie du textile, et indiquait clairement que la grande majorité des grandes entreprises utilisaient encore aujourd’hui de pauvres asiatiques dans des usines qui menaçaient de tomber en ruine. Et ce pour un salaire de misère évidemment. Il ne fallait pas aller aussi loin pour voir ça, néanmoins. De telles activités avaient été observées en Europe de l’Est. Alors pourquoi pas en Angleterre ? Sous le nez des services d’inspection ?

Même si cela avait été découvert auparavant, il n’est pas certain que quelque chose ait été fait à ce propos. What’s Up avait une plus-value énorme pour l’économie anglaise. Elle apportait d’énormes bénéfices, surtout au moment des JO. Ce n’était vraiment pas le moment de se taper un scandale de ce style. Il fallait renvoyer une belle image du pays. Alors on pouvait bien passer sur ce genre de détail, non ?

Amanda finit par parler. J’avais étudié ses interviews à la télé, évidemment. Ça faisait partie de l’enquête. Et elle était en train de me ressortir mot pour mot ce qu’elle avait dit dans une émission de la BBC il y a quelques semaines de cela. Même si elle était convaincante dans son récital, j’en savais plus sur le dossier qu’elle ne le pensait. C’était une arme, précieuse, même. Il s’agissait de la garder pour moi, afin de frapper au bon moment, et par surprise.

Pas de conclusion hâtive… Pas de conclusion hâtive… Il fallait que je me montre curieux, admiratif, pas enquêteur.

« Comment arrivez-vous à cette prouesse (j’exagérais bien le mot pour marquer mon admiration) alors que la plupart des industries en sont incapables ? Vous avez une méthode secrète ? » Je lui fis un petit clin d’œil, du style ça restera entre nous. Suivi d’un regard ampli d’admiration parfaitement feinte. Il faut dire qu’Amanda était tellement imbue d’elle-même que c’était ce qu’il lui fallait pour éventuellement baisser sa garde.
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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Lun 27 Juin - 18:12

Amanda était sereine, la visite se passait parfaitement, son petit invité posait des questions divines, il avait l'air tout émerveillé. La vieille femme était tout simplement ravie et ses traits ridés et forcés avaient l'air un peu plus détendus qu'à l'ordinaire. Une méthode secrète ? Cette question était TROP mignonne. Cette fois, Amanda n'attendit pas de lui faire visiter les pièces suivantes avant de répondre à sa question :

" - Eh bien, c'est simple cher Antoine. Je crois que les autres entreprises n'ont pas... Notre sens de la famille. Vois-tu, à ma place, la plupart des entreprises se seraient débarrassés des couturiers pour embaucher des gens déjà qualifiés à la base. Ce n'est pas ce que nous avons fait. La différence chez nous, c'est que nos employés sont comme nos enfants, ils savent qu'ils sont l'âme de l'entreprise et ils donnent tout pour notre réussite. C'est ça la méthode secrète mon ami... Le sens de la famille. "

Amanda disait ça avec un sourire magnifique. Elle y croyait, à ce qu'elle disait, en plus. Alors qu'il était évident que si Antoine questionnait les employés de cette fameuse salle aseptisée, il verra bien que seulement un quart des employés est effectivement là depuis le début. Les autres, des ingénieurs recrutés sur le tard... Mais comme c'était Martin qui gérait ça, Amanda était convaincue de la véracité de ses beaux propos. Sans même avoir vérifié.

La vieille femme entraîna son hôte dans le hall pour la suite de la visite. Ils entrèrent dans un couloir blanc, faisant face à la grande salle des machines. Ici s'étendait un dédale de couloirs interminables, avec des bureaux dans tous les coins. Certains gardaient leur porte ouverte, d'autre non, mais tous étaient ouverts sur le couloir par une vitre bordée de stores ouverts ou non. Amanda s'arrêta devant le bureau de Martin, qu'Antoine connaissait déjà désormais - il connaissait même sa bite, pour dire. Amanda sourit alors largement à Antoine.

" - Tous les bureaux se trouvent ici. Bon, ce n'est pas le plus passionnant à voir, mais c'est le nerf de la guerre ici. Tous nos chefs de projets sont là, ce sont eux qui organisent la production avec sérieux et professionnalisme. C'est grâce à eux que nos activités sont rentables, ils gèrent les stocks et la comptabilité, la production et la commercialisation. Nos employés assurent la chaîne au complet, de l'approvisionnement initial à la vente finale, et c'est une spécificité de notre entreprises. Nous ne laissons rien au hasard, contrairement à la plupart des industries qui vendent à des grossistes. Nous n'avons aucun intermédiaire. Cela explique aussi le succès économique de notre entreprise. "

Ce topo économique était on ne peut plus objectif, cette fois ci. Mais puisqu'il ne s'agissait pas de famille, Amanda parlait plus mécaniquement, sans étoile dans les yeux. C'était pourtant la chose la plus vraie qu'elle confiait à Antoine depuis le tout début de son arrivée chez elle.

Le téléphone de Martin sonna. Il décrocha, et Amanda put voir sa mine renfrognée des jours de problèmes. Elle se pinça les lèvres. Elle n'avait pas besoin d'un incident aujourd'hui... Martin s'approcha d'elle et en un éclair, lui glissa quelques mots à l'oreille, trop rapidement et à voix trop basse pour qu'Antoine ait pu en saisir une bribe.

Quelle tuile. Amanda dut tourner les talons.

" - Je m'excuse Antoine je dois m'absenter quelques minutes. Un problème technique avec une machine de teinture. "

La salle de teinture : la salle interdite. Amanda partit presque en courant vers la fameuse porte blindée, celle qui menait à la partie illégale de l'entreprise. Elle laissa Antoine en compagnie de Martin en qui elle avait entière confiance. Elle savait qu'il saurait tenir son invité loin des secrets inavouables de l'usine.

Elle arriva dans l'atelier en béton fissuré rempli de crasse où s'entassaient les machines à coudre rouillées d'une autre époque. Une foule brune asiatique remplissait la salle, comme des fourmis, une personne devait une machine, tous alignés en rang. Une imbécile de femme était tombée de fatigue et s'était transpercée la main avec sa machine à coudre. Quelle incompétence ! C'est vrai qu'elle était maigre comme un cadavre, sûrement prête à mourir de toute façon. Quelle importance ? Pour le moment, elle allait salir les produits avec le sang qu'elle jetait partout ! D'habitude, Amanda ne s'occupait pas de ça, mais en la présence d'Antoine, elle devait s'assurer que tout cela allait rester bien caché, sans fuite. Elle emmena la femme dans une salle de teinture - une vraie salle de teinture cette fois, mais pas blindée du tout, les vapeurs toxiques s'émanaient librement dans l'espace restreint - et enferma la femme à l'intérieur. Ici, elle pouvait pisser le sang autant qu'elle voulait, elle n'abîmerait rien. Amanda sortit en prenant garde de bien verrouiller cette petite salle, puis elle revint dans le hall, la clé incriminante dans sa poche. Après ces sueurs froides, elle s'accorda une pause café dans le hall aseptisé avant de rejoindre son hôte dans le bureau de Martin.



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Antoine Sirkis

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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Lun 19 Sep - 20:46

Ça fonctionnait ! Elle était en train de fondre. Et donc de baisser sa garde. Je gardai ma tête d'admiration absolue devant ses propos, qui étaient on-ne-peut plus faux. Et ça, je le savais parce que j'avais les chiffres dans mon dossier. Première preuve concrète qu'elle cachait quelque chose.

Ce qui me laissait perplexe, par contre, c'était qu'elle avait tellement l'ai d'y croire. Il n'y avait aucun signe de mensonge. Amanda joue bien la comédie, mais quand même.

La partie dans les bureaux était moins intéressante, mais c'est à ce moment-là que l'instant propice arriva. Le monsieur reçu un coup de téléphone qui, à en croire l'expression de son visage, était plutôt embarrassant. Ce fût bref, et de ce côté du combiné très peu explicite.

Martin alla chuchoter quelque chose à l'oreille d'Amanda dont le visage sembla se décomposer. La femme se tourna ensuite vers moi pour me dire qu'il y avait un problème dans la salle de teinturerie. Sans dire quel problème. Bien sûr, le silence ne pouvait être gardé comme preuve, ni même normalement comme indice. Mais ça, c'était pour les juges, pas pour les espions.

C'est vrai, si ça avait été un problème aux machines - il n'y avait visiblement presque plus que ça - elle l'aurait dit, non ? Bref, il fallait la suivre à tout pris. C'était l'occasion où jamais.

J'attendis qu'elle s'éloigne un peu, pour la suivre à mon tour. Je me retournai brièvement vers Martin en prenant mon air le plus mignon possible :

"Un besoin pressant, je reviens !" avant de m'encourir à toute vitesse.

"Non, reviens ici !" cria Martin à travers le couloir. Je fis semblant de ne pas l'entendre. Il venait de donner la preuve qu'ils cachaient quelque chose. Je souris. Tout se passait à merveille. Je vis Amanda se précipiter dans un couloir perpendiculaire. Je devais faire vite, mais discrètement. Je la suivis à une certaine distance. Elle descendit jusqu'au rez-de-chaussée, là où la visite avait commencé. Elle avait l'air tellement pressée qu'elle fonçait sans jeter un coup d'oeil autour d'elle.

Lorsque j'arrivai, la zone interdite était ouverte. Et le spectacle qui s'affichait à mes yeux était désolant. Des centaines de pauvres personnes maintenanues dans des conditions d'esclavage absolument scandaleuses. Les gens (mais l'étaient-ils encore ?) s'esquintaient sans doute depuis des heures sur leur machine à coudre plus que vétuste. Ils étaient maigres à faire peur et semblaient n'avoir plus dormi depuis plusieurs jours. Soudain, une femme s'effondra par terre. Je ne compris pas ce qui se passait, mais Amanda la traina sans ménagement dans une pièce à côté. Du sang coulait derrière elle.

J'avais envie de vomir. Non, de m'enfuir très loin d'ici et d'oublier ce spectacle désolant. Comment un être humain pouvait-il faire ça ? Qui pouvait bien être Amanda pour agir comme ça ? À mes yeux, toute l'ambition du monde ne pouvait justifier la scène qui se présentait devant moi. Mais il fallait agir.

Je dégainai mon téléphone et pris plusieurs photos. Ca servirait de preuve. Mes yeux croisèrent ceux d'un enfant qui devait à peu près avoir mon âge. Je restai hapé à ce regard suppliant. Une larme coula le long de ma joue. C'était insupportable. Je tremblai de rage. Je me ressaisis.

Je lui montrai mon téléphone et lui fit un clin d'oeil, comme pour dire: "T'en fais pas
, on va te sortir de là !"


Maintenant, il fallait faire demi-tour et rejoindre Martin au plus vite, comme si de rien n'était. Si mes séances de course à pied intensifs de CHERUB m'aidaient à remplir le premier objectif, le second était, en revanche, nettement plus compliqué.

Je rejoignis Martin sans avoir l'air trop essoufflé.

"Excusez-moi"
lui dis-je tout sourire. C'était moins facile qu'on ne pourrait le croire... "J'avais vraiment besoin de faire pipi" Quoi de plus innocent qu'un enfant de 11 ans qui dit ça ? Comment le soupçonner ? C'était trop vite oublier que l'homme en face de moi et Amanda étaient des gens sans scrupules et visiblement sans fond humain...

Que me feraient-ils s'ils découvraient la vérité ? Peut-être qu'ils me transformeraient, moi aussi, en esclave ? Il fallait arrêter de penser à cela, sinon ils verraient que je sais, et comprendraient même peut-être qui je suis en réalité.
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Ven 2 Déc - 18:42

Amanda avait eu chaud, très chaud même. Elle se félicitait intérieurement de la façon dont elle avait géré l'incident, avec sans-froid et rapidité, efficace, comme toujours. C'était ça qui avait fait le succès de son entreprise : sa compétitivité, elle était toujours prête à aller de l'avant et à ne pas trop faire de sentiments. C'était ça, la clé de sa réussite, elle le savait à présent. Il ne faut pas être trop sensible pour faire tourner une entreprise et s'enrichir, ça non. Elle était au sommet aujourd'hui, et elle le devait à son seul caractère inflexible. Elle était fière de sa réussite, tellement fière... L'événement de la visite de son jeune invité était encore une preuve supplémentaire à son triomphe. Elle jubilait intérieurement lorsqu'elle rejoignit Martin en compagnie d'Antoine. Oui, ses sueurs froides avaient été bien vite oubliées.

" - Eh bien Antoine, tout va bien ? Tu ne t'es pas trop ennuyé avec Martin ? "

Un nouveau sourire mielleux d'apparence forcé déforma son visage fatigué et sur-maquillé. La visite touchait à sa fin, elle avait évité le drame, tout allait bien.

" - Les machines, les bureaux... Je crois que nous avons fait le tour des installations mon jeune ami. Y a-t-il d'autres choses que tu voudrais voir ? Des questions à poser ? N'hésite surtout pas. "

La fin du weekend approchait, déjà. Amanda avait presque un pincement au coeur, de voir partir ce petit garçon. C'était fou comme elle s'était attachée à lui en si peu de temps. Le petit garçon qu'elle n'avait jamais eu... Ou jamais su élever. Bref, elle ne voulait pas qu'il parte, déjà, et pourtant, la raison de sa présence ici était déjà remplie.


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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Continuons les belles aventures   Sam 10 Déc - 18:56

Son sourire mielleux. J'avais une furieuse envie de le lui arracher de la bouche, de me jeter sur elle et de la rouer de coups de poing. Vous voyez, cette rage que vous éprouvez, qui bouillonne en vous, face à une personne qui vous dégoûte au plus profond de votre être. Je sentais la chaleur monter en moi.

Ce sourire était non seulement artificiel et factice, mais en plus il cachait un cœur de pierre et un cerveau de monstre. Pas étonnant que son fils ait mal tourné dans ces conditions-là…

J'avais envie de pleurer, mais j'affichai mon sourire le plus enfantin et le plus joyeux possible à l'extérieur. Exploit coordinastique entre le cerveau et le visage. Mais après tout, je devais jouer dans la même cour qu'Amanda, alors quoi de plus normal ? Restait à voir qui était le meilleur dans ce petit jeu.

Non, je n'avais pas eu le temps de m'ennuyer avec Martin (c'est le moins que l'on puisse dire). Non, je n'avais pas envie de rester un instant de plus dans cet endroit qui me donnait la chair de poule. J’avais la nausée, il fallait surtout que je parte.

"C'est gentil, mais la visite a déjà été... Très éclairante !"

Et de toute façon, j'avais toutes les informations qu'il me fallait. Ça la vexerait probablement, mais franchement c'était maintenant le cadet de mes soucis. Tant que je ne grillais pas ma couverture, ça n'avait plus d'importance. Plus aucune. Je partais dans moins d’une heure de toute façon.

Et puis, il y avait cette question dérangeante qui commençait doucement à émerger dans ma tête. Et si c'était comme ça ailleurs ? Et si c'était comme ça partout ? Et si tous les directeurs d’entreprise disposaient de ce fond inhumain. Et si c’était une condition pour réussir dans notre magnifique société ? Non... Ce n'était pas possible. Cela ne pouvait être possible. Comment pourrais-je m’intégrer dans pareil environnement ?

Je tentai tant bien que mal de chasser ces inquiétudes de mon esprit, sans réel succès. La boule au ventre restait, et s'amplifiait, même. Je me tournai vers Amanda, sans vraiment la regarder, pour la suite du programme. Pour la fin du programme, si possible.


Un monde parfait? Regarde ce monde, c'est un grand carnaval !

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