Partagez | 
 

 I have a Dream [Antoine Sirkis]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Soan Knight

avatar
Messages : 49
Date d'inscription : 18/11/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage:
Missions effectuées: 0

MessageSujet: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Dim 31 Jan - 23:23

La douleur s'était envolée. La peine, la douleur physique et la torture mentale. Il était comme lavé de toute sa noirceur. Physiquement, il n'avait pas l'air changé. Il n'avait pas vraiment de corps non plus, comme si sa forme humaine était en réalité un hologramme parfait. Car c'était ça qui le définissait le plus : il était léger, comme jamais il ne l'avait été. Comme si son coeur était définitivement libéré. Au fond, il n'avait jamais connu une telle légèreté. Depuis qu'il avait commencé le poney et que sa mère était décédée, son coeur n'avait jamais été pur. Il avait commencé à se noircir très jeune, pour finalement être rongé puis détruit par la haine et la douleur. Aujourd'hui, il était lavé de tout cela, et il en était libéré.

Il ne pouvait pas dire qu'il était heureux non plus. Le bonheur appartient au monde des vivants, il n'y aurait plus jamais accès. Il n'y avait jamais eu droit et ne le connaitrait jamais. C'était un fait qu'il acceptait, à présent. Et qu'il ne regrettait pas. Car il n'avait aucun regret, à présent que le temps s'était arrêté pour lui. Il était là sans être là, il avait fait son temps et il avait été libéré à temps. Il avait gardé toute mémoire sur sa vie, mais détaché de cette dernière, il pouvait se retourner sur elle sans souffrance ni pensée. Il constatait, rien de plus.

Sa mémoire n'était en rien altérée. Il savait tout ce qui était derrière lui, et il ne souciait pas de l'avenir puisqu'il n'en avait plus. Et c'était bien mieux ainsi, car même sur terre, son avenir était terminé. Ici, il savait avec encore plus de lucidité qu'il n'aurait pas pu aller plus loin là-bas. Il ne se serait qu'enfoncé plus profondément, il aurait eu plus de souffrance en lui et il en aurait distribué en conséquence. Les choses s'étaient déroulées comme elles le devaient, et il était libéré de tout ça.

Au fond, il se rappelait que tout ça n'aurait été possible sans ce petit garçon. Il n'avait pas prévu de le voir aussi grand un jour. Ca l'avait blessé sur le coup, même si maintenant il réalisait que c'était aussi dans l'ordre des choses. Mais il revoyait ce visage, et bientôt ce petit garçon allait devenir réel, ou comme un hologramme en face de lui, tout comme ce qu'il était à présent. Il savait qu'il allait venir, il ne savait pas quand ni comment. Mais il avait tout son temps puisque son temps à lui s'était arrêté. Tout ce qui lui restait à présent, c'était de la reconnaissance. Il n'avait ni espoir ni regret, ni douleur ni bonheur. Il reconnaissait juste que ce petit garçon l'avait sauvé. Il ne pouvait pas dire qu'il était content de le revoir, ces sentiments de contentement ou de déception n'existaient plus dans son monde. Mais il se souvenait, et il constatait. Ce petit garçon l'avait libéré. Il lui avait donné la paix qu'il recherchait depuis si longtemps. C'était un beau retour des choses. Il n'avait plus de culpabilité envers lui, il ne ressentait plus rien à son égard. Ni plaisir ni douleur. Il n'était plus face à lui-même mais face au vide, dans toutes les dimensions. Il était en paix. Grâce à ce garçon.

" - Soan "

Il savait que le garçon viendrait. Son visage apaisé se tourna vers celui du garçon. Autant il n'avait rien oublié du passé, de sa vie là-bas, autant il ne se reconnaissait plus vraiment dans son prénom. Il savait qu'il s'était appelé ainsi, à l'époque. Mais ce n'était plus vraiment lui. Il faisait à présent face à son sauveur.



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antoine Sirkis

avatar
Messages : 17
Date d'inscription : 18/11/2014

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Sam 13 Fév - 0:48

Ah le doux monde du rêve. Enfin loin de toutes les horreurs de la vie. Parfois, je faisais des cauchemars, mais aujourd’hui, je savais que ce n’était pas le cas. Après une longue série de songes horribles ces dernières nuits, ça faisait du bien. Dans ce monde, je pouvais oublier tous mes problèmes. Ça faisait du bien. Quel soulagement.

D’une manière ou d’une autre, j’avais sans doute dû me retrouver dans un lit. Romane m’y avait peut-être conduit. Ou une infirmière ? Cela n’avait pas d’importance. Je n’avais aucun souvenir de ce qui était arrivé dans les dernières heures. Et ça valait mieux ainsi.

J’étais actuellement dans un lieu bien étrange. Je levai les yeux au ciel, mais une sorte de brume opaque m’empêchait de voir un plafond, si toutefois il y en avait un. Peut-être étais-je à l’air libre ? J’avançai doucement. Cette même drôle de brume recouvrait le sol, qui était par ailleurs doux et chaud, comme si une épaisse moquette le recouvrait. J’étais léger ici. Peut-être que je flottais. Je ne sais pas. Quelle importance ? Pour une fois que je n’avais rien que le moment présent en tête, et rien d’autre. Le silence régnait ici, berçait de par sa douce enveloppe. Je regardai autour de moi. Où étais-je ? À bien tendre l’oreille, j’entendais comme un bruit de vagues, au loin. Me trouvais-je donc près de la mer ? Il n’y avait rien de réellement concret autour de moi. Quelques bandes colorées qui s’échappaient par-ci par-là. Je me retournai.

Une silhouette se tenait là, debout. Je la reconnus immédiatement, et je prononçai son nom sans m’en rendre compte. Soan. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Ça n’avait pas d’importance. Le jeune homme se retourna et me regarda. Il était… différent. C’était le même, mais quelque chose avait changé en lui. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Il avait l’air tellement serein, tellement calme. Loin du tumultueux Soan que j’avais pu connaître.

Je répétai son nom. Soan. Je ne savais que dire. Pourtant, il fallait bien dire quelque chose…

Où sommes-nous, ici ?

Étrange. Le jeune homme n’était-il pas mort ? Cela ne me faisait pas mal d’avoir cette pensée, dans ce monde ci. C’était une constatation, voilà tout. Mais alors… Étais-je mort aussi ? C’était peut-être mieux ainsi. Quitter cet enfer pour enfin vivre dans la paix et la sérénité…

Tu es beau, Soan.

Plus de sentiments hasardeusement amoureux, ici. Juste une constatation, rien de plus, rien de moins.

Tu as un beau visage, quand tu es si paisible.

Nous savions tous les deux qu’il n’y avait aucune connotation sulfureuse, derrière mes paroles. Ici, on était à l’abri de toute dérive, de toute tentation. C’était tellement agréable.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Soan Knight

avatar
Messages : 49
Date d'inscription : 18/11/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage:
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Jeu 7 Avr - 21:01

Soan observait le jeune garçon prendre contact avec son environnement. Il regardait le sol, le ciel. Soan ne savait pas trop ce qu'il y voyait. Lui-même ne pouvait pas voir ce qu'Antoine voyait, même s'ils étaient ensemble en ce moment. Car lui n'était plus dans ce monde, et le monde des rêves ne lui était plus directement accessible. Juste comme une lointaine présence, comme s'il était nulle part et partout à la fois. Par conséquent, il ne savait pas où ils étaient. Et il ne savait pas comment Antoine percevait cet endroit. Il était légèrement curieux d'apprendre ce que son vieil ami pouvait voir ici. Comme une envie de savoir effacée, comme une interrogation fade sans vraiment d'importance. Plus rien n'était important, pour Soan. Même s'il savait qu'il y avait une foule de choses importantes dans le monde d'Antoine. Ce n'était plus le sien, il n'était plus concerné... C'était de là que venait sa sérénité. Il n'avait plus rien à voir avec la tourmente humaine. C'était ça, sa plus belle libération. Et le plus bel acte de bravoure d'Antoine.

Soan s'approcha d'Antoine, selon son ancienne forme humaine. Il était vaguement surpris que le garçon lui fasse remarquer, car il ne s'était pas vraiment rendu compte qu'il avait encore une forme. Il savait qu'il était là, son esprit en tout cas, mais qu'Antoine le voit comme il l'avait toujours connu... C'était sa perception dans son rêve. C'était une belle façon de se souvenir de lui, songea Soan.

" - Je ne sais pas où nous sommes Antoine. C'est à toi de décider cela. "

Soan lui souriait doucement. Comme un ami que l'on est content de retrouver en de meilleures circonstances. Il continuait de s'approcher d'Antoine mais s'arrêta à une certaine distance, celle qui devait séparer les morts des vivants. Même dans les rêves. Il sourit à la dernière phrase d'Antoine. C'était exactement le souvenir qu'il devait avoir de lui. Un homme apaisé.

" - C'est grâce à toi mon ami. Tu es un héros maintenant. "

Il ne pouvait pas dire "mon héros", car il n'était plus personne et aussi parce-qu'Antoine ne lui avait jamais appartenu, malgré tous les fantasmes incongrus et horrifiants qu'il avait eu de son vivant.

Soan trouvait Antoine apaisé aussi. Il avait l'air bien, au calme. Mais l'espoir du défunt était que son ami ne perde pas gout à la vie. Après avoir accompli une si belle action, il avait droit au bonheur à son tour. Tout comme Soan l'avait connu un jour, il y a très, très longtemps, si loin qu'il ne s'en souvenait pas vraiment, mais il savait qu'il avait déjà été heureux. Et il savait qu'Antoine devait l'être aussi, à l'avenir. Qu'il avait encore de belles choses à vivre. Il le savait d'une certitude étrange, comme une évidence qui touche les esprits une fois que l'heure est venue. Mais comment le dire à Antoine, lui faire savoir tout cela, sans outre-passer la distance qui doit séparer les morts des vivants ? Peu importe, ce n'est qu'un rêve, Antoine reste libre de l'interpréter comme il le souhaite. Mais Soan, lui, devait le lui dire. C'est en tout cas ce que lui insufflait son esprit flottant.



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antoine Sirkis

avatar
Messages : 17
Date d'inscription : 18/11/2014

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Dim 10 Avr - 22:58

La réponse de Soan me désarçonna quelque peu. Étais-je conscient d’être dans un rêve ? Peut-être… Le monde dans lequel nous nous trouvions semblait tellement irréaliste. Trop silencieux, trop voluptueux, trop doux. Rien qui ne corresponde à la vie réelle. Je pense que je serais bien resté, ici.

Alors où étions-nous ? Étonnement, je n’avais pas de doute quant à la réalité de cette discussion. Même si c’était dans le monde onirique, je savais que je m’en souviendrais en me réveillant. Le réveil. C’est étonnant, mais là, je ne suis pas sûr de savoir exactement de quel « réel » je viens. J’ai l’impression d’avoir deux scénarios en tête. D’un côté, je suis dans un lit d’hôpital, détruit. De l’autre, je suis, je pense, dans une chambre, j’ai 14 ans également. Mon corps me fait mal. Il me semble que mon père vit encore. Je n’ai donc jamais été à CHERUB, mais je semble tout aussi détruit.

On est bien ici, non ?

Je pense que nous sommes actuellement entre deux réalités. J’ai l’impression d’avoir deux origines… Un où j’ai été à CHERUB, et l’autre où je n’y ai pas été… C’est ici que je suis le mieux.

Est-ce que je vivais deux fois ? Non, l’idée des deux réalités me paraissait la plus possible. En vrai, c’était complètement irréaliste, mais il n’y avait pas deux Antoine. Ils vivaient dans des mondes distincts.

Penses-tu que, toi aussi, tu existes deux fois ? Enfin, tu existais deux fois, plutôt… ?

Mais alors, que valait ce monde ci ? S’agissait-il d’une sorte de lien entre les deux mondes parallèles ? Et puis, existait-il seulement deux mondes ? N’y en avait-il pas trois, cinq, dix, cent, mille ? Y avait-il des réalités très distantes de laquelle nous venions, Soan et moi ? C’était un peu vertigineux, comme pensée. Mais j’espérais que, quelque part – si on peut dire ainsi, du moins – une des réalités soit totalement pacifique, sans guerre, sans violence, où les gens aimaient vivre ensemble et arrivaient à voir une richesse en chacun de ses membres. Malheureusement, je n’avais pas atterri dans l’une d’elles.

Mon monde à moi, il était moche, pas gentil, triste, violent. Et en avoir conscience à 14 ans, c’est pas facile. En avoir conscience deux fois, c’est encore pire. Comment avoir l’espoir d’œuvrer pour un monde meilleur quand on est enfoncé dans le désespoir deux fois ?

Ici, c’était facile d’avoir ce genre de pensée, sans que cela nous écrase pour autant. Ce monde permettait de prendre une certaine distance avec notre vie. C’était bien. Je n’avais aucune envie de partir.

J’ai envie de rester ici. C’est bien ici. Tu vas rester, toi ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Soan Knight

avatar
Messages : 49
Date d'inscription : 18/11/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage:
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Lun 11 Avr - 19:33

Soan écouta attentivement la théorie d'Antoine sur le lieu où ils se trouvaient. Et il trouvait ça très instructif. Le jeune garçon était toujours aussi inspiré et plein de créativité, ça transpirait même dans ses rêves. Ce garçon était magique, Soan en était à présent convaincu. L'effet qu'il lui avait fait de son vivant n'était pas un hasard. Ni le fait que c'était lui qui l'avait sauvé. Ni le fait qu'ils se rencontrent aujourd'hui et maintenant, aussi directement. Rien n'était un hasard. Ce môme était spécial, il avait une destinée particulière.

Alors, son histoire d'exister deux fois dans deux mondes parallèles, ce n'était vraiment pas dénué de sens. Soan se tut assez longtemps, histoire de méditer sur la question - car il n'avait plus aucune notion du temps, et puisqu'il ne pouvait plus réfléchir sans cerveau, il pouvait encore méditer avec son âme. Et finalement, après une éternité relative, il répondit à son sauveur.

" - Je ne sais pas si j'ai existé deux fois. Ce que je sais, c'est que je n'existe plus. Je n'ai pas eu accès aux autres mondes, je n'ai que des souvenirs de celui que j'ai connu. Je ne peux pas découvrir de nouvelles choses si je n'existe plus. Toi, en revanche, tu peux voir plus loin que moi. Tu as sûrement raison. Tu as une destinée, je le sais. "

Très simple et factuel. Soan se demanda furtivement si Antoine allait se souvenir de son rêve, à son réveil. Il n'en savait rien à vrai dire. Il était mort, il ne voyait pas l'avenir.

La dernière phrase d'Antoine ne correspondait pas à ce qu'avait espéré Soan. S'il avait été vivant, il aurait été blessé par cette phrase. Mais puisqu'il ne pouvait plus rien ressentir, il laissait ce sentiment glisser sur lui comme dans le vide. Cela dit, il ne pouvait pas ne pas réagir à cela. Il sentait que c'était son devoir d'esprit de défunt, de rétablir la vérité à une âme en peine comme Antoine.

" - Je ne reste ici que si tu le veux. C'est ton rêve Antoine, c'est toi qui choisis. Moi, je n'existe plus, souviens-toi... "


Soan fit une pause, comme pour reprendre son souffle, sauf qu'aucun air ne pouvait traverser les poumons d'un fantôme. Après un silence, d'un temps hors du temps, il reprit.

" - En revanche, tu ne pourras pas toujours rester ici, toi. Si moche est cruel que soit ton monde, tu as encore un rôle à y jouer. Même si tu n'y crois plus, tu as encore des gens à rendre heureux et du bonheur à recevoir. Tu n'es pas encore comme moi, tu n'as pas tout perdu. Regarde celle qui t'aime. Elle te sauvera autant que tu la sauveras. Ce n'est pas le moment pour toi de me rejoindre. En me sauvant, tu t'es sauvé toi-même. Par ton geste noble tu es devenu meilleur. A présent, tu es armé pour relever la tête dans ton monde et pour triompher de son horreur. Ne te sous-estime pas. Je crois en toi plus que jamais. "



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antoine Sirkis

avatar
Messages : 17
Date d'inscription : 18/11/2014

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Jeu 14 Avr - 9:25

Le temps semblait s'écouler différemment ici. Mais après tout, cette notion est relative. On la mesure sur terre de manière fixe... Mais est-ce vrai ? Finalement, que vaut une minute, une heure ? Ces unités s'écoulent-elles réellement de manière aussi stable ?

Je pouvais dire que Soan prenait son temps pour répondre  à ce que je racontais. Et pourtant, je n'avais pas eu l'impression d'attendre longtemps. Les répliques de notre discussion étaient peut-être espacées d'une infinité de temps, mais comme je le vivais, comme je le ressentais, cela paraissait fluide. Le temps est trompeur, n'est-ce pas ?

J'espère pour toi que tu as eu d'autres vies, Soan. Et qu'elles ont été plus heureuse que dans le monde dans lequel on s'est connu. Des vies que je me connais, ce n'est pas mon cas. Mais je ne le ressens qu'ici. En me réveillant, je me souviendrai de ce rêve. Je le sais ! Je le sens ! Mais je ne ressentirai pas ces plusieurs vies d'où je viens comme je le ressens ici, maintenant !

Avais-je exprimé ça avant sa réaction suivante ? Après ? C'était un peu embrouillé dans ma tête, même si je me souviens très bien de ce que nous nous sommes dit. En tous les cas, j'ai eu l'impression d'enchaîner directement avec ce que j'avais expliqué avant, parce que le lien entre les deux est fort.

Mais je pense que tu trompes, Soan. Tu existes encore. Sinon, tu ne serais pas ici. Tu n'as plus de corps, en tout cas pas dans le monde où on s'est connu. Mais ton âme est toujours là. Peut-être même que ton âme est partagée entre plusieurs corps ! Et ce rêve, ce lieu, serait comme un pont jeté entre toutes ces vies qui semblent sans lien.

Je m'arretai. J'avais mal à la tête. C'était vertigineux. Avais-je le même corps, la même tête, le même prénom dans mes autres vies ? Avais-je le même caractère ? Difficile à dire, puisque je ne connais pas mon autre. Je le perçois, mais je ne le connais pas. Et ça remet en question mon identité même.

Je soufflai et pris ma tête entre mes mains. Comme si j'avais peur qu'elle tombe. Comme si je voulais l'empêcher de s'échapper trop loin.

C'est tellement... Compliqué. Je ne sais plus quoi penser. Cet endroit est perturbant, en fait...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Soan Knight

avatar
Messages : 49
Date d'inscription : 18/11/2014

Carnet de bord
Unité:
Âge du personnage:
Missions effectuées: 0

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Lun 25 Avr - 14:49

Soan sourit doucement à la remarque de son sauveur. Il était bienveillant, encore et toujours, même avec les morts. Elle était là, sa pureté d’âme, sa bonté infinie. Oui, cet enfant méritait de vivre, et d’avoir une belle vie, enfin. Et Soan songea qu’Antoine l’aurait sûrement, sa belle vie, au moins dans ce monde parallèle qu’il ressentait. Même s’il aurait dû avoir une belle vie dans tous les mondes, au moins qu’il y en ait un qui lui garantisse du bonheur… Soan ne l’avait pas eu ce deuxième monde. Ou peut-être que si, mais il ne le saurait jamais, puisqu’il est déjà mort.

Soan laissait le temps du rêve défiler entre les phrases de son ami et les siennes. Il écoutait attentivement Antoine qui lui apprenait encore des choses. Il sourit, encore une fois. Son âme était encore là ? Non, en vérité, Soan n’avait pas d’âme. Il était là juste parce-que son sauveur l’avait appelé en rêve, mais sans ça, à l’extérieur du rêve de l’enfant, Soan n’était plus rien, ni un corps ni une âme. Juste un souvenir dans l’esprit des vivants qui l’ont connu. Et peu se souviennent encore de son sombre passage sur la terre…

« - Je ne sais pas à qui appartient mon âme aujourd’hui, ni même si elle existe dans un autre monde. Mais ce que je sais c’est qu’aujourd’hui elle est en paix, grâce à toi. Il m’importe peu de savoir ce qu’il en est réellement de mon existence ou non. Mais si tu crois en ce que tu dis, alors ça devient réel, pour toi. »

Oui, pour lui uniquement, car au fond Soan savait qu’il n’était plus rien en dehors de ce rêve. Seul l’esprit d’Antoine lui donnait une existence. Mais qu’importe ? Les choses étaient bien comme elles étaient.

Soan se montra soudain un peu soucieux. Antoine n’avait pas l’air aussi serein qu’à son arrivée. C’était peut-être trop d’informations pour un seul rêve ? Il semblait avoir mal à la tête. Soan avait oublié ce que ça faisait, d’avoir mal quelque part. Il ne se souvenait même pas de la sensation de douleur physique. Il lui semblait juste vaguement que c’était assez désagréable. Mais il ne voulait pas que son ami soit en peine dans son propre rêve. Après tout, puisque tout venait de l’invention d’Antoine, il valait mieux que l’expérience soit agréable pour lui, au moins.

« - Ne te torture pas trop l’esprit, mon ami. Cet endroit est sensé t’apaiser et te reposer. Laisse couler les questions sans réponse sur toi. Laisse les glisser dans l’oubli. La réponse n’est pas importante, elle ne t’apportera rien. Mais le jour où elle te servira, elle s’imposera à toi comme une évidence. Tu n’as pas besoin de réfléchir à quoique ce soit, ici. Lâche prise et laisse les choses venir à toi. Laisse-toi porter par le vent et par la vie qui coule encore en toi. Oublie toutes ces choses qui te freinent et t’empêchent d’avancer. Lâche tout et laisse-toi porter… »

Soan sourit doucement d’un visage calme et apaisé une fois encore. A sa dernière phrase, son image commençait à se flouter, comme un hologramme fatigué. Le sommeil d’Antoine allait peut-être bientôt entrer dans une nouvelle phase, sans rêve. A moins qu’il n’en décide autrement. Soan était dans un entre-deux et attendait la suite, comme toujours : il n’avait rien d’autre à faire qu’attendre la fin des temps. Et un éventuel recommencement. Comme le conseil qu’il venait de prodiguer à Antoine, il se laissait porter par le vent et par le fil du rêve, sans aucune prise sur lui. Comme une ombre qui passe sans s’arrêter et sans rien toucher. Comme un souvenir lointain qui ne retient plus personne.



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Antoine Sirkis

avatar
Messages : 17
Date d'inscription : 18/11/2014

MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   Ven 9 Sep - 11:59

Soan me répondit alors même que son image commençait à se flouter. La salle commença à s’embrumer. Ou peut-être était-ce simplement ma vue. Le garçon s’éloignait de moi. Je luttai tant bien que mal contre ce flux qui tentait de me faire revenir à une de mes réalités. Qu’elles soient heureuses ou pas, j’avais l’envie de rester ici. Pour toujours. Dans cet endroit calme, éloigné de tout le tumulte incessant et lassant de la vie active.

Je mis toute la force de mes jambes pour me rapprocher à nouveau de Soan, mais je restais sur place. Je m’arrêtai un bref instant. Cette énergie passait autour de moi. Je la sentais, puissante, destructrice même. Elle ne me faisait plus reculer. J’observai l’autre garçon, son visage souriant, bienveillant. Il ne semblait pas être impacté par ce souffle. Peut-être même ne pouvait-il pas le voir ? Pourquoi n’avait-il pas pu être comme ça de son vivant. Malgré ce qui s’était passé, malgré ce qu’il avait fait, je restais convaincu que cet homme avait un bon fond, et que dans un contexte différent, il aurait grandi autrement. Mais maintenant, il était mort.

Je jetai un rapide coup d’œil derrière moi, et fus surpris de voir Ellana. Que faisait-elle là ? Elle aussi m’observait de manière bienveillante. Un peu, je suppose, comme une mère fière de son fils. Ou une sœur, plutôt. Elle avait l’air pleine de vie, joyeuse malgré la douleur qu’elle traversait – ou qu’on traversait ensemble–, prête à aller de l’avant, de se reconstruire, de nous reconstruire. Un pari plutôt osé, qui avait sans doute peu de chances de réussir. Mais pourquoi pas ? J’avais confiance en cette fille. Je savais qu’elle, et elle seule, pouvait réussir.

D’un côté la vie, de l’autre côté, la mort. Soudain, je compris : cette énergie, ce flux qui m’entourait m’invitait à faire un choix. Rejoindre Soan dans le calme et le repos éternel ? Retourner auprès d’Ellana dans cette folie qu’est la vie humaine ? C’était difficile. La première option était celle de la facilité. Elle me tentait, et je n’avais aucune honte à l’admettre. Qui, à part Ellana, pouvait s’en soucier de toute façon ?

Mais justement. Il y avait Ellana. Et puis, une petite lumière au fond de moi continuait à briller faiblement en espérant un jour trouver une source inépuisable pour éclater de mille feux : l’énergie du bonheur. Tant que cette petite lumière était là, je savais que je ne pouvais baisser les bras. Je me retournai vers Soan – qui avait sans doute compris la situation dès le début  –, un peu triste, pour lui annoncer ma décision.

Désolé, Soan. Je vais choisir l’autre côté. J’aurais tellement aimé pouvoir rester à tes côtés, mais il me reste cette lueur, cet espoir au fond de moi, qu’un jour je pourrai être heureux. Et je sais que ce sera seulement possible avec Ellana. Je ne peux pas laisser passer cette chance, tu comprends ? Mais qui sait ? Si ça ne fonctionne pas, et il y a de fortes chances que ce soit le cas, peut-être qu’on se reverra dans pas si longtemps. Ou peut-être que tu continueras à peupler mes rêves malgré ce choix conscient. Tu sais maintenant que tu es toujours le bienvenu.

J’avais envie d’aller l’enlacer, de lui faire un dernier câlin. Mais je ne pouvais pas. Si je le rejoignais, ça compterait comme mon choix définitif (bien que provisoire dans le sens que je choisis). Dans un autre rêve, peut-être.

Je me dirigeai de l’autre côté en mettant mes hésitations de côté. Une fois près d’Ellana, je me retournai une dernière fois, une larme au bord de l’œil.

À bientôt, Soan…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: I have a Dream [Antoine Sirkis]   

Revenir en haut Aller en bas
 

I have a Dream [Antoine Sirkis]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Dream of Ewilan
» 7 mois après la disparition de Lovensky Pierre-Antoine
» Where is Lovinsky Pierre-Antoine?
» Hollywood Dream Boulevard
» Dream ticket :Obama/Gore

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Modern Institute of Seafront :: Le monde parallèle-